Bartolomeo Sacchi

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Sixte IV nomme Platine préfet de la bibliothèque du Vatican, tableau de Melozzo da Forlì, 1477 (Pinacoteca Vaticana)

Bartolomeo Sacchi, dit « Platine » (il Platina) (né en 1421 à Piadena, village proche de Crémone, en Lombardie, dont le nom latin, Platina, est à l'origine de son surnom et mort le à Rome) est un humaniste, écrivain et gastronome italien de la Renaissance.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans sa jeunesse, Bartolomeo Sacchi entame une carrière militaire, mais il s'oriente rapidement vers les sciences humaines, avec comme guide, entre autres, Victorin de Feltre.

Il commence sa carrière en 1453 comme précepteur des enfants de Louis III Gonzague. En 1457, il se rend à Florence pour suivre les cours d'Argyropoulos et se lie d'amitié avec les humanistes de Florence, puis devient précepteur chez les Médicis.

Il ne fut pas seulement un éducateur mais aussi un humaniste de la Renaissance, étudiant la littérature et les traditions populaires : vers la fin de l'année 1461, il s'installe à Rome au service du jeune cardinal Francesco Gonzaga, en qualité de secrétaire ; il devient ensuite abréviateur[1] des papes Pie II et Paul II avec un succès mitigé : en 1467 il est emprisonné et torturé, sous l'accusation de complot contre le pape, et aussi d'avoir eu, de concert avec d'autres abréviateurs, des idéaux païens. Pour se venger, il dépeindra d'une façon défavorable la personnalité de Paul II dans la biographie qu'il lui consacra une décennie plus tard.

Acquitté à l'issue de son procès au début de l'an 1469, il voit la fortune lui sourire à nouveau sous le pontificat de Sixte IV, qui le nomme, le 15 juin 1475[2], directeur de la Bibliothèque du Vatican où il écrit le Liber de vita Christi ac omnium Pontificum, collection de biographies des papes qui avaient vécu jusqu'alors. À la même époque, il publie plusieurs ouvrages : De principe, De vera nobilitate et De falso et vero et bono.

Cependant sa principale œuvre, son De honesta voluptate et valetudine, est un bref traité de gastronomie. De honesta voluptate et valetudine, rédigé avant 1467[3], a été imprimé pour la première fois à Rome par Han en 1473 et 1475 (beaucoup penchent pour 1474), de façon anonyme et sans notes typographiques, et peu après, en 1475, à Venise (Platine de honesta voluptate et valetudine, Venetiis: Laurentius de Aquila, 1475) avec l'indication de l'auteur et notes typographiques. L'édition la plus « correcte », parmi les plus anciennes, selon l'italianiste Emilio Faccioli, reste celle publiée à Cividale del Friuli en 1480, premier ouvrage imprimé par Gerardo da Fiandra dans le Frioul. Dans cet ouvrage, Platine transcrit en latin toutes les recettes - écrites à l'origine en langue vulgaire - de Maestro Martino, qui est le cuisinier le plus célèbre du XVe siècle dont Platine loue l'inventivité, le talent et la culture. La force iconoclaste de Martino pousse Platine à des analyses aussi inédites que futuristes, sur la gastronomie, le régime alimentaire, la valeur des nourritures « du terroir », et même sur l'utilité d'une activité physique régulière. Cette édition de 1480 a été réimprimée en fac-similé en 1994 par la Società Filologica Friulana (Société philologique du Frioul).

En tant que préfet de la Bibliothèque du Vatican, dans une lettre datée de 1481, peu avant sa mort, il recommande le sculpteur Andrea Bregno à Laurent de Médicis afin qu'il puisse transporter à travers le territoire florentin jusqu'à Sienne des blocs de marbre pour la chapelle qui lui avait commandée le cardinal de Sienne. En effet, entre 1481 et 1485, Bregno travailla à la Chapelle Piccolomini, qu'il signa « Opus Andreae Mediolanensis MCCCCLXXXV », pour le compte du cardinal Francesco Todeschini Piccolomini, élu par la suite pape sous le nom de Pie III ; le maître-autel en l'honneur d'Enea Silvio Piccolomini (Pie II) est calqué sur celui des Borgia.

Œuvres publiées[modifier | modifier le code]

  • Contra amores (Contre les amours, 1471)
  • De honesta voluptate et valetudine (Du plaisir honorable et de la santé, vers 1465, imprimé en 1474)
  • Vitæ Pontificum (Vies des papes, 1479)
  • Historia inclita urbis Mantuæ et serenissimæ familiæ Gonzagæ (Histoire illustre de la ville de Mantoue et de la sérénissime famille Gonzague)

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Officier de la chancellerie romaine chargé de la rédaction des brefs pontificaux
  2. Melitta Weiss Adamson, Regional Cuisines of Medieval Europe. A Book of Essays, Routledge, New York, 2002, p. 86.
  3. Menagiana ou Les bons mots et remarques critiques, historiques, morales & d'érudition, de Monsieur Ménage recueillies par ses Amis, T. I, 3e éd., Florentin Delaulne, Paris, 1715, p. 70.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]