Armand de Bourbon-Conti

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Armand de Bourbon-Conti
Armand de Bourbon-Conti
Armand de Bourbon-Conti

Titre Prince de Conti
(1629 – 1666)
Autre titre Grand maître de France (1656-1660)
Successeur Louis Armand Ier de Bourbon-Conti
Biographie
Naissance 11 octobre 1629
Paris
Décès 20 février 1666 (à 36 ans)
Pézenas, Château de la Grange-des-Prés
Père Henri II de Bourbon-Condé
Mère Charlotte Marguerite de Montmorency
Conjoint Anne Marie Martinozzi
Enfants Louis Armand Ier de Bourbon-Conti
François Louis de Bourbon-Conti

Armand de Bourbon, prince de Conti, né à Paris le 11 octobre 1629 et mort à Pézenas, au château de la Grange-des-Prés, le 21 février 1666, était le plus jeune des trois enfants et le deuxième fils d'Henri II de Bourbon, prince de Condé et de Charlotte Marguerite de Montmorency; il était le frère de Louis II de Bourbon-Condé, dit le « Grand Condé », et d'Anne Geneviève de Bourbon-Condé, duchesse de Longueville.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Baptisé le 23 décembre 1630 en l'église Saint-Sulpice, Armand de Bourbon-Conti a pour parrain le cardinal de Richelieu et pour marraine la duchesse de Montmorency. Le titre de prince de Conti est établi en sa faveur en 1629.

De santé délicate, légèrement bossu, il est destiné par ses parents à l'état ecclésiastique et formé par les Jésuites au collège de Clermont; selon la première biographie de Molière (préface de l'édition des Œuvres de 1682), il aurait eu pour condisciple le futur comédien, ce qui est très peu probable, Molière étant né presque huit ans plus tôt. Dès le 12 décembre 1641, il reçoit la commende de l'abbaye de Saint-Denis. L'année suivante, il est nommé abbé de Cluny, et recevra encore sept autres abbayes et cinq prieurés. Le 6 août 1643, il obtient son diplôme de maître des arts et, en 1646, celui de bachelier en théologie de l'université de Bourges. À la mort de son père, en cette même année, il est soumis à la décision d'un conseil de famille qui décide de le maintenir un an de plus chez les Jésuites, à son grand déplaisir.

L'épisode de la Fronde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fronde (histoire).

Au mois de janvier 1649, avec son beau-frère, le duc de Longueville, désireux d'obtenir le chapeau de cardinal, il prend parti pour la Fronde parlementaire, dont il devient le commandant en chef. Il est battu à Charenton le 8 février par son frère, le prince de Condé, resté fidèle à la Cour. Mais après la paix de Rueil, Condé se rallie à la Fronde, dès lors codirigée par Conti, Condé et Longueville. Le trio est arrêté au Palais-Royal le 16 janvier 1650 et emprisonné au château de Vincennes, puis au château de Marcoussis et enfin au fort du Havre.

Sa captivité le rendait fou, fou d'être séparé de sa sœur. Il tentait même d'entrer en contact avec elle par la magie. Au début de l'emprisonnement, il fut fort malade d'une blessure qu'il s'était fait à la tête volontairement. On disait que cet incident était arrivé en jetant un flambeau d'argent en l’air. Cette blessure fut néanmoins de quelque utilité aux princes, à qui on ne put dès lors refuser le secours des médecins et des chirurgiens dont certains leur portèrent secrètement des lettres de l'extérieur.

En 1651, devant la Fronde, Mazarin est obligé de s'exiler, Conti est libéré le 7 février. Son frère, devenu incontournable dans la direction de l'État, l'empêche d'épouser Charlotte de Lorraine (1627-1652), fille de la duchesse de Chevreuse, et confidente d'Anne d'Autriche. Réfugié à Bordeaux, dernière ville frondeuse, il capitule le 31 juillet 1653 et obtient l'autorisation de se retirer à Pézenas dans son petit château de La Grange-des-Prés. C'est le moment où, afin de distraire la petite cour qui l'avait suivi, il fait venir des comédiens et fait la connaissance de la troupe de Molière, qu'il autorise à porter son nom. Amnistié quelques semaines plus tard et désireux de rentrer complètement en grâce, il manifeste le souhait d'épouser l'une des nièces de Mazarin, d'obtenir le gouvernement de la Guyenne dont son frère Condé a été déchu, et le commandement d'une armée. Il épouse ainsi en février 1654 Anne Marie Martinozzi.

Retour en grâce[modifier | modifier le code]

Dès juin 1654, il doit quitter Paris et sa femme pour prendre le commandement de l'armée qui envahit la Catalogne. Il ne retrouve son épouse dans le Languedoc que le 30 novembre 1656, lorsqu'il vient ouvrir les États du Languedoc à Montpellier. Elle loge alors au château de la Grange-des-Prés à Pézenas. Dès le printemps 1657, il doit la quitter pour conduire les forces françaises en Espagne. Le 28 mars 1657, il est nommé Grand maître de France, ayant renoncé à sa vie libertine, souffrant d'une maladie vénérienne. Il reçoit le commandement de l'armée d'Italie et assiège sans succès la ville d'Alessandria en mai 1657.

La Grange des Prés (Pézenas)

Le 16 janvier 1660, Louis XIV lui accorde une pension annuelle de 60 000 livres. Vers 1655, grâce, en particulier, à l'évêque d'Alet Nicolas Pavillon, il se convertit et revient à la Foi, après une vie de débauche. Il se prête alors à la pénitence et aux mortifications, devient un confrère de la Compagnie du Saint-Sacrement et tend au jansénisme. Gouverneur du Languedoc en 1660, il se mêle à des actions dans le cadre de la Compagnie en multipliant les œuvres pies, en fondant des collèges, en œuvrant à la conversion des protestants. Il s'efforce également de moraliser la population tout en s'attelant à réduire son fardeau fiscal. L'administration de sa province avec justice et sagesse lui valut une grande popularité. Il est alors installé au château de la Grange-des-Prés, à Pézenas, et se consacre à l'étude et au mysticisme jusqu'à sa mort en 1666. Il est inhumé à la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon. Son tombeau est profané à la Révolution et ses ossements sont transférés dans la crypte de l'oratoire de Port-Royal des Champs en 1906[1].

De 1654 à 1656, il est le protecteur de la troupe de Molière, qui sillonnait alors le sud de la France et tout particulièrement le Languedoc et qu'il a rencontré à Pézenas. Après sa conversion, il compose un Traité de la comédie et des spectacles[2] (1666) dans lequel il condamne les tragédies de Corneille et les comédies de Molière. Il est également l'auteur d'un ouvrage intitulé Les Devoirs des Grands (1666).

Ascendance[modifier | modifier le code]

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

En 1653, Conti, qui s'était retiré à Pézenas, en Languedoc, fait sa soumission au roi et, réconcilié avec Mazarin, il épouse le 21 février 1654 Anne Marie Martinozzi (1639-1672), nièce du cardinal. Ils ont pour enfants :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Adrienne Charmet-Alix, « L'enterrement mystérieux du prince de Conti à Port-Royal des Champs en 1906 » dans Chroniques de Port-Royal, 2007, p. 253-270
  2. Texte