Cornelius Jansen

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Cornelius Jansen
Image illustrative de l'article Cornelius Jansen
Cornélius Jansen par Jean Morin
Biographie
Nom de naissance Cornelis Jansen Acquoy
Naissance 28 octobre 1585
Acquoy
Ordination sacerdotale 1604
Décès 6 mai 1638 (à 52 ans)
Ypres
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 1636
évêque d'Ypres
1636 – 1638
Autres fonctions
Fonction laïque
recteur du collège de théologie de l'université de Louvain
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Cornelius Jansen, plus souvent connu sous la forme latine de son nom, Jansénius, né le 28 octobre 1585 à Acquoy[1] (Pays-Bas) et décédé le 6 mai 1638, fut évêque d'Ypres. Il est à l'origine du mouvement politico-religieux, le jansénisme, qui fut condamné par l'Église catholique romaine en 1653.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naquit dans une famille catholique aisée[2] à Acquoy dans la province d'Utrecht aux Pays-Bas. En 1602 il entra au Collège du Faucon de l’Université de Louvain[1], alors en proie à une controverse passionnée entre le parti jésuite, ou scolastique, et les disciples de Michael Baius, qui ne juraient que par saint Augustin. Jansen finit par s'attacher fortement à ce dernier parti et devint à cette occasion le grand ami d'un condisciple qui partageait ses opinions, Jean du Vergier de Hauranne, futur abbé de Saint-Cyran.

Son diplôme obtenu, il se rendit à Paris en 1609, en partie pour améliorer sa santé en changeant d'air, en partie pour étudier le grec. Finalement, il rejoignit du Vergier dans sa maison de campagne près de Bayonne où ils passèrent quelques années en enseignant au collège épiscopal. Tout son temps libre il le passait à étudier les Pères de l'Église avec du Vergier et à établir des plans pour une réforme de l'Église.

En 1617 il revint à Louvain[1] prendre en charge le collège de Sainte-Pulchérie[3], résidence des étudiants néerlandais de théologie. Comme maître d'études les élèves le trouvaient irascible et exigeant, ayant peu de relations avec les autres. Néanmoins, il prit une part active dans la résistance de l'Université contre les Jésuites, qui avaient établi leur propre école de théologie à Louvain, et qui se posait en rivale de la Faculté universitaire. Dans l'espoir d'empêcher leurs empiétements, Jansen fut envoyé deux fois à Madrid, en 1624 et 1626 ; la deuxième fois il échappa de peu à l'Inquisition. Il soutint chaleureusement l'évêque missionnaire catholique aux Pays-Bas, Rovenius, dans ses démêlés avec les Jésuites, qui essayaient de recatholiciser le pays sans tenir compte des vœux de l'évêque. Il affronta aussi plus d'une fois le Néerlandais Gisbertus Voetius[4], champion du calvinisme, dont on se rappelle encore les attaques contre Descartes.

Son antipathie envers les Jésuites ne le rapprocha nullement du protestantisme; au contraire, il aspirait à les battre avec leurs propres armes, surtout en leur montrant que les catholiques pouvaient interpréter la Bible avec autant de mysticisme et de piété qu'eux. Ce fut le grand objet de ses conférences, quand il fut nommé professeur d'exégèse scripturaire à Louvain en 1630. Il travaillait de plus en plus à son Augustinus, un énorme traité sur la théologie de saint Augustin, à peine terminé au moment de sa mort. C'était son occupation principale depuis son retour à Louvain.

Mais Jansen, selon ses propres mots, n'entendait pas rester un pédant de collège toute sa vie ; et il y avait des moments où il nourrissait des ambitions politiques. Il attendait avec impatience le moment où la Belgique secouerait le joug espagnol et deviendrait une république catholique indépendante sur le modèle des Provinces-Unies protestantes. Ces idées furent connues des Espagnols qui étaient les maîtres du pays et, pour les apaiser, il écrivit une philippique, Mars gallicus[5] (1635) ; c'était une attaque violente contre les ambitions françaises en général et contre l'indifférence du cardinal de Richelieu envers les intérêts catholiques en politique étrangère. Mars gallicus fit peu pour aider les amis de Jansen en France, mais il calma la colère de Madrid contre lui ; en 1636 il fut nommé évêque d'Ypres[1]. Mais il fut victime de la peste deux ans plus tard[1] et l’Augustinus, le livre de sa vie, ne fut publié qu'après la mort de l'auteur en 1640.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • (la) Augustinus seu doctrina Sancti Augustini de humanæ naturæ sanitate, ægritudine, medicinâ adversùs Pelagianos et Massilienses, Paris, Michel Soly,‎ 1641, in-folio, 492 - [20]- 48 p.
  • Discours de la réformation de l'homme intérieur (trad. Robert Arnauld d'Andilly), Houilles, Manucius, coll. « Le Philosophe »,‎ 1642 (réimpr. 2004), 17 cm, XII + 67 p. (ISBN 2-84578-038-9)

Postérité[modifier | modifier le code]

Allié de fait des courants gallicans de l'Église de France après la fulmination par le pape Clément XI de la bulle Unigenitus en 1713, le courant janséniste a connu un succès certain au XVIIIe siècle, ce qui s'accompagna toutefois de dérives sectaires. Ce mouvement religieux qui n'avait jamais constitué une doctrine véritablement établie, ne résista pas aux oppositions internes qui se manifestèrent au cours du siècle, qu'il s'agisse du schisme de l'Église d'Utrecht, de l'attitude à adopter vis-à-vis du phénomène convulsionnaire ou de la Constitution civile du clergé.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e D'après Charles G. Herbermann, Edward A. Pace, Condé B. Pallen, Thomas J. Shahan et John J. Wynne, S.J., Catholic Encyclopædia, The Encyclopedia Press, Inc.,‎ 1917, « Jansenius and Jansenism »
  2. Dans le Premier factum pour les neveux de Jansénius (1694), Antoine Arnaud indique que Jansénius est le fils de Jean-Otto Acquoy, et que son frère est Otto-Jansen Acquoy. Le nom civil de Jansénius aurait donc été Cornelis Jansen Acquoy (d’après Antoine Arnauld, Œuvres de messire Antoine Arnauld, vol. 30, Paris et Lausanne, Sigismond d'Arnay et Cie,‎ 1779, « Premier factum pour les neveux de Jansénius », p. 483-84).
  3. (en) Catholic Encyclopedia,‎ 1913 [détail des éditions], « Otto Cornelius Jansen »
  4. Gisbert Voet avait publié en 1631 un pamphlet intitulé Spongia notarum quibus Alexipharmacum aspersit Gisbertus Voetius, Jansen répondit en 1635, sous le pseudonyme d’Armacanus, par un autre pamphlet, Mars Gallicus : cf. infra.
  5. Sous le pseudonyme d’Armacanus : Alexandri Patricii Armacani Theologi Mars Gallicus, seu de justitia armorum regis Galliæ libri duo.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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