T-80

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T-80U
T-80B lors du défilé du Jour de la Victoire en 2005
T-80B lors du défilé du Jour de la Victoire en 2005
Production
Production 5404 exemplaires, toutes versions confondues
Caractéristiques générales
Équipage 3 (commandant, pilote, tireur)
Longueur 7,01 m
Largeur 3,60 m
Hauteur 2,20 m
Masse au combat 46 tonnes
Armement
Armement principal canon 125 mm 2A46M-1 stabilisé

T-80B (36 obus dont 28 préchargés)
T-80U & T-80UB (45 obus dont 28 préchargés)

Armement secondaire mitrailleuse PKT coaxiale de 7,62 mm (1250 coups)
mitrailleuse NSVT de 12,7 mm antiaérienne (500 coups)
Mobilité
Moteur T-80B : turbine à gaz SG-1000
1 000 ch (736 kW)

T-80U : turbine à gaz GTD-1250
1 250 ch (919,4 kW)
T-80UD : moteur Diesel 6TD-1
1 000 ch (736 kW)

Transmission T-80B manuelle à 5 rapports 5 (4 sur le T-80U)
Suspension barre de torsion
Vitesse sur route 70 km/h sur route
48 km/h en tout terrain
Puissance massique T-80B & T-80UD : 25.9 ch/tonne
T-80U : 27,2 ch/tonne
Autonomie 335 km (660 avec réservoirs largables)

Le char d'assaut T-80 est un développement du T-64, sur lequel pour la première fois en URSS fut adopté une propulsion par turbine à gaz. Le T-80 fut développé à la fin des années 1970, et commença à être déployé massivement à partir de 1983.

Produit parallèlement au T-72 plus rustique, il incorporait, comme son prédécesseur, les dernières évolutions en matière de blindage et d'armement de l'industrie soviétique, et était attribué aux unités d'élite de l'armée soviétique.

Après la dislocation de l'URSS, son développement ne fut poursuivi qu'en Ukraine à travers le T-84, sur le territoire de laquelle, se situait l'usine d'origine du char à Kharkov. La Russie, préférant s'équiper d'un dérivé du T-72, le T-90, moins coûteux à produire et à entretenir, dont la conception était menée dans l'Oural.

Histoire de la production[modifier | modifier le code]

Le T-80 a été souvent confondu avec le T-72, du fait de leur ressemblance externe, à tel point que les occidentaux se demandaient pourquoi les soviétiques avaient attribué deux désignations au même char. Cependant une étude des deux chars amène rapidement une réponse à cette question, les deux chars sont mécaniquement très différents et sont issus de deux bureaux d'étude différents, KMDB pour le T-80 et Uralvagonzavod pour le T-72. Ils n'ont en fait que l'apparence générale en commun, le T-80 étant la poursuite du développement du T-64, complémentaire du T-72. Le T-64 était le char combinant les dernières avancées de la technologie soviétique et destiné à équiper les unités blindés d'élite de l'Armée rouge (bataillons de chars indépendants auparavant équipés de chars lourds du type T-10 et divisions blindées), le T-72 étant lui un char conçu pour la production de masse et l'équipement du gros des unités de cette dernière (divisions d'infanterie mécanisée) et les unités des pays satellites.

L'amélioration du T-64 fut réalisée en remplaçant, le diesel original 5TD par une turbine à gaz, suivant l'exemple des américains avec leur M1 Abrams, alors en développement, mais surtout du T-64T expérimentale de 1963 équipé d'une turbine à gaz GTD-3TL de 700 ch. L'adoption d'un tel moteur donnait au char un ratio puissance par masse exceptionnel, encore plus que pour le M1, vu la masse et l'encombrement du T-80, ce qui lui valut souvent le surnom de char volant. Le montage d'un tel moteur n'était pas sans poser de sérieux soucis, car les premières turbines à gaz soviétiques manquaient de fiabilité et demandaient de nombreuses heures de maintenance. Même si ce fut en grande partie résolu, par l'arrivée de la turbine GTD1250, sur le T-80U, on développa parallèlement une version T-80UD équipé du diesel 6TD, le descendant du 5TD.

Par la suite, après l'éclatement de l'Union soviétique, c'est cette variante, moins gourmande en carburant et plus facile à entretenir, qui servira de base à la descendance du char, le T-84 ukrainien.

En 2014, les 4 500 exemplaires de l'armée russe ont été ou vont être placés en réserve d'ici 2015 vu leur coût de maintenance.

Au combat[modifier | modifier le code]

Leurs performances au combat durant la Première guerre de Tchétchénie, avec des équipages peu entrainé et une stratégie incompatible avec la guerre urbaine, ont été très faible. 62 T-80 et T-72 sur un total de 225 véhicules blindés sont détruit durant le premier mois du conflit[1].

Le lieutenant-général A. Galkin, à la tête du directoire des blindés, a convaincu le ministre russe de la Défense après ce conflit de ne jamais plus commander de chars avec des moteurs à turbine à gaz[2].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Comme tous les chars soviétiques, le T-80 souscrit à une certaine forme de conception du développement des blindés, alors en vigueur de ce côté du rideau de fer, visant à rendre les chars les plus compacts possible.

Ce choix du gabarit minimum présente des avantages certains, un T-80, représente une cible bien plus petite qu'un M1 Abrams, 1/2 ou 3/4 selon l'aspect, elle permet aussi une mobilité stupéfiante avec une masse bien inférieure, d'où découle une puissance massique importante comparable au Type 90 japonais, qui lui l'obtient par des choix technologiques d'automatisation.

Elle a cependant ses désavantages, avec des postes de combat de très faible volume, obligeant à sélectionner des équipages de petite taille. L'emploi d'un système de chargement automatique qui a permis cette diminution de taille, avec le passage de l'équipage de quatre à trois membres, se révèle aussi problématique, le tir est plus lent et le stockage des munitions sous la tourelle dans le carrousel d'alimentation peut être désastreux pour la survie de l'équipage en cas de pénétration du blindage, allant jusqu'à faire éjecter la tourelle en l'air.

Autre problème provoqué par la faible hauteur du char, la culasse du canon ne peut remonter bien haut et limite le champ de tir de ce dernier en dépression.

Un T-80UM-1 russe équipé du système de protection active Arena, a été montré au public à Omsk, à la fin de l'année 1997[3].

Variantes[modifier | modifier le code]

Prototypes[modifier | modifier le code]

  • Obyekt 219 sp. 1 (spetsifikatsiya) Groza : Essentiellement un T-64T équipé d'une turbine à gaz GTD-1000 d'une puissance de 1000 ch. 31 prototypes assemblé à partir de mai 1969 et testé en 1970.
  • Obyekt 219 sp. 2 : Nouveau châssis incluant des barbotins et des poulies de tension de plus grande dimension, nouvelle suspension, le nombre de galets de support de chenille passe au nombre de cinq, les roues sont revêtues de bande caoutchoutées pour limiter les vibration. 127 exemplaires de présérie construit entre 1971 et 1976.

Modèles de série[modifier | modifier le code]

  • T-80 Obyekt 219 : Premier modèle a être produit en grande série de 1976 à 1978, essentiellement un T-64 avec une turbine GTD-1000 de 1000 ch. Le nombre de galets porteurs de chenille est réduit au nombre de 3. Le T-80 possède aussi une lame de terrassement rétractable situé à l'avant de la coque.
  • T-80B nouveau blindage en céramique
  • T-80BV T-80B équipé de blindage réactif
  • T-80U version de 1985, nouvelle tourelle, turbine GTD-1250 de 1 250 ch, blindage réactif Kontakt-5, possibilité de tirer des missiles AT-11 Sniper.
  • T-80UK version de commandement du U, doté de l'équipement de contre mesure électro-optique Shtora.
  • T-80UD T-80U équipé du moteur 6TD Diesel de 1 000 ch, exporté au Pakistan.
  • T-80UDK version de commandement du UD, doté de l'équipement de contre mesure électro-optique Shtora.
  • T-80UM version russe pourvu d'un système de vision à intensification de lumière Buran, au lieu de l'infrarouge Luna.
  • T-80UM1"Snow Leopard" (Bars) prototype russe équipé avec le système de défense Arena.
  • T-80UM2 "Black Eagle" (Chorny Oriol) prototype russe, châssis rallongé avec une roue de route supplémentaire, nouvelle tourelle séparant équipage et munitions, soute à munitions équipée de panneaux pour évacuer le souffle, nouvel autochargeur, blindage réactif Kaktus, amélioration du système de visée.
  • T-84 développement du T-80UD par les Ukrainiens, moteur 6TD-2 de 1 200 ch, canon de 125 mm KBA-3.
  • P'okpoong-Ho (incorpore également des technologies du T-62, du T-72, du T-90, du Type 88 et du Ch'ŏnma-ho)

Données comparatives des différents modèles du T-80[modifier | modifier le code]

Dénomination T-80 T-80B T-80BV T-80U T-80UD
Constructeur LKZ à Saint-Pétersbourg LKZ à Saint-Pétersbourg LKZ à Saint-Pétersbourg LKZ à Saint-Pétersbourg KMDB à Kharkiv
Année d'entrée en service 1976 1978 1985 1985 1987
Dimensions et poids
Poids 42 tonnes 42,5 tonnes 43,7 tonnes 46 tonnes 46 tonnes
Longueur totale 9,656 mètres 9,651 mètres 9,651 mètres 9,556 mètres 9,69 mètres
Longueur du châssis 6,78 mètres 6,982 mètres 6,982 mètres 7,012 mètres 7,085 mètres
Largeur 3,525 mètres 3,582 mètres 3,582 mètres 3,603 mètres} 3,755 mètres
Hauteur du toit 2,3 mètres 2,2219 mètres 2,2219 mètres 2,215 mètres 2,285 mètres
Garde au sol 451 mm 451 mm 451 mm 451 mm 515 mm
Mobilité
Motorisation turbine turbine turbine turbine moteur Diesel
Modèle GTD-1000T GTD-1000TF GTD-1000TF GTD-1250 6TD-1
Puissance 1000 chevaux 1100 chevaux 1100 chevaux 1250 chevaux 1000 chevaux
Ratio poids/puissance 23,8 ch/t 25,8 ch/t 25,1 ch/t 27,1 ch/t 21,7 ch/t
Vitesse sur route 70 km/h 70 km/h 70 km/h 70 km/h 60 km/h
Capacité interne en carburant 1100 ℓ 1100 ℓ 1100 ℓ 1100 ℓ 1100 ℓ
Armement
Modèle du canon 2A46-1 2A46-2 2A46M-1 2A46M-2 2A46M-2
Munitions embarquées 40 38 38 45 45
Missiles tiré / 9K112 Kobra ou 9M119 Svir 9K112 Kobra ou 9M119 Svir 9M119 Svir ou 9M119M Refleks 9M119 Svir
Optiques et conduite de tir
Viseur du tireur DPT 2-49 1G43 1G43 1G46 1G46
Viseur de nuit TPN-1 TPN-3 TPN-3 TPN-4 Buran TPN-4 Buran
Protection
Blindage composite incorporant des balles de corindon composite de type Sandbar ou Kvartz avec des barres en céramiques composite de type Sandbar ou Kvartz avec des barres en céramiques composite à base de polymères semi-liquides composite incorporant des plaques en céramique
Blindage réactif / / 4S20 Kontakt-1 4S22 Kontakt-5 4S22 Kontakt-5
Protection active / / / / Shtora-1

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Lester W. Grau, « Russian-Manufactured Armored Vehicle Vulnerability in Urban Combat: The Chechnya Experience », sur Federation of American Scientists,‎ juillet 1997 (consulté le 27 avril 2014)
  2. Mikhail Zakharchuk, Uroki Chechenskogo krizisa, Armeyskiy sbornik, avril 1995, 46.
  3. Mikhail Baryatinskiy, Main Battle Tank T-80, Surrey, United Kingdom, Ian Allen, 2007, poche (ISBN 978-0-7110-3238-5) (LCCN 2009396685), p. 83

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]