Téléphone rouge

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Page d'aide sur les redirections Pour film de 1963, voir Le Téléphone rouge.

Le téléphone rouge est une ligne de communication directe établie le 30 août 1963[1] entre les États-Unis et l’Union soviétique après que la crise des missiles a mené le monde au bord de la guerre mondiale en 1962. Cette dénomination est un raccourci lexical repris et popularisé par les médias, la ligne étant au départ une ligne de téléscripteur, sa supposée couleur rouge symbolisant simplement le fait qu’il s’agissait d’une ligne d’urgence. Ce téléphone rouge reliant la Maison-Blanche au Kremlin a permis, par la suite, de désamorcer des situations conflictuelles mettant aux prises les deux blocs, à savoir l'ex-URSS (Devenue Fédération de Russie) et les USA (États-Unis d'Amérique).

Le 5 novembre 2007, la Chine et les États-Unis ont décidé l’installation annoncée d’un téléphone rouge, à l’occasion de la visite en Chine du secrétaire à la Défense Robert Gates.

Sécurité des communications[modifier | modifier le code]

On pense que la ligne était chiffrée grâce au principe du masque jetable, avec des clés transportées par valise diplomatique. La clé était changée à chaque communication et détruite lorsque celle-ci était terminée. Ces informations n’ont jamais été confirmées mais l’utilisation du masque jetable est très probable pour plusieurs raisons.

C’est le seul chiffrement qui est théoriquement inviolable (si plusieurs conditions sont respectées) et les valises diplomatiques étaient une solution pratique pour un échange sécurisé des clés aléatoires. De plus, le principe de masque jetable était souvent utilisé par l’URSS et ses agents. Le masque jetable, système très simple et connu depuis 1917, évitait d’avoir à divulguer le fonctionnement d’un algorithme secret de chiffrement à une tierce partie. Les États ont toujours jalousement gardé secrets les rouages de leurs algorithmes même si cette pratique est potentiellement risquée (principe de Kerckhoffs).

Réalisation de la liaison[modifier | modifier le code]

Première génération[modifier | modifier le code]

La première génération ne transmettait pas la voix, car on estimait que les communications verbales spontanées pouvaient mener à de mauvaises interprétations. Il s'agissait d'une ligne télégraphique duplex. La ligne suivait le trajet Washington - Londres - Copenhague - Stockholm - Helsinki - Moscou. Au départ, la liaison Washington - Londres transitait par le câble TAT‑1, le premier câble téléphonique transatlantique. Il existait une liaison radio secondaire, Washington - Tanger - Moscou.

Les chefs d'État formulaient leurs messages dans leur propre langue ; les messages étaient traduits par le destinataire[2].

Seconde génération[modifier | modifier le code]

En 1971, les deux camps décidèrent d'améliorer le système, car de nouvelles technologies étaient désormais disponibles. Un téléphone fut installé, et la première ligne télégraphique fut complétée par deux liaisons radio par satellite, l'une composée de deux satellites américains Intelsat, et l'autre de deux satellites soviétiques Molniya II. La mise à niveau du système dura de 1971 à 1978, et à l'occasion la liaison radio Washington - Tanger - Moscou fut éliminée.

Troisième génération[modifier | modifier le code]

La dernière modernisation eut lieu en 1986. L’Union soviétique utilisa des satellites géostationnaires du type Gorizont de la flotte Statsionar pour remplacer les satellites Molniya II. Des fonctionnalités de fax à haute vitesse furent ajoutées. Ceci permet aux chefs d'États des deux pays d'échanger rapidement des documents et d'autres informations en plus des messages textuels et des communications téléphoniques.

Liaison New Delhi - Islamabad[modifier | modifier le code]

L'Inde et le Pakistan ont repris en 2004 le principe du téléphone rouge et cela en vue d'éviter un conflit. Ces deux pays, dotés chacun de la puissance nucléaire, sont en état de tension sur le Cachemire depuis les années 1940[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Allô les 50 ans du téléphone rouge ? », Laure Curien, Le Journal International, 1er septembre 2013
  2. CNN Cold War - Spotlight: The birth of the hot line
  3. Justin Huggler, « India and Pakistan to have nuclear hotline », the Independent,‎ juin 2004 (consulté le 20 avril 2011).