Stefan Uroš III Dečanski

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Stefan Uroš III Dečanski
Image illustrative de l'article Stefan Uroš III Dečanski
Titre
Roi de Serbie
Prédécesseur Stefan Milutin
Successeur Stefan Uroš IV Dušan
Biographie
Dynastie Nemanjić
Date de naissance v. 1284
Père Stefan Milutin
Mère Anne
Enfant(s) Stefan Uroš IV Dušan
Siméon

Stefan Uroš III Dečanski Nemanjic, en serbe cyrillique Стефан Урош III Дечански Немањић français: Étienne Decanski, Roi de Serbie de 1321 à 1331, souverain serbe de la dynastie des Nemanjić, fils du roi Milutin, et Saint de l’Église Orthodoxe.

Présentation[modifier | modifier le code]

Monnaie de Stefan Uroš

Stefan (Étienne) est né de l'union entre le roi Stefan Milutin et Anne, la fille de l'empereur bulgare Georges Ier Terter. Il est né vers 1284. Il a reçu le surnom de Dečanski, en raison de la fondation du Monastère de Visoki Dečani (les hauts Decani) en 1327.

Comte de Zeta[modifier | modifier le code]

Le père de Stefan, Milutin, avait donné à son fils l'administration des terres de sa grand-mère, la Sainte Hélène d'Anjou. Mais suite à sa réconciliation avec son frère Dragutin, Stefan prit peur, car il pensa que son père pouvait lui reprendre ses terres. Il décida, pour garder "ses terres", de chasser son père du pouvoir avec l'aide d'une partie de la noblesse serbe.

Milutin en apprenant la trahison de son fils, eut une terrible réaction. Il leva son armée, pénétra en 1314 dans la région de Zeta. Il fit enchainer son fils et l'emmena à Skopje. Là-bas, selon le rite hérité de Byzance, il lui fit crever les yeux. En effet, un aveugle n'a pas le droit au trône. Stefan fut alors exilé à Constantinople avec sa femme et ses fils, à la cour d'Andronic II. L'un des enfants de Stefan était le futur empereur Dusan.

Le futur roi fut enfermé au monastère du Pantocrator de Constantinople où sa douceur et sa patience lui attirèrent la bonté des moines, en dépit des terribles épreuves subies. C'est dans ce monastère que Saint Nicolas lui apparaîtra un jour et lui rendra la vue[1].

Lutte pour le Trône de Serbie[modifier | modifier le code]

À la mort de son père Milutin en 1321, Stefan revient en Serbie. Vladislav le fils de Dragutin a récupéré les terres de son père. Son demi-frère Konstantin était déjà en Serbie prêt à se battre pour récupérer le trône de Serbie. Mais très vite, Stefan réussit à s'allier avec l'Église Serbe et plus important encore, la noblesse. Sa vue normale étant revenue, Stefan devint roi de toutes les terres serbes et du littoral, le 6 janvier 1322, sous le nom de Stefan (Étienne) Uros III.

Il était donc roi des Serbes, mais il n'avait pas encore autorité sur toutes les terres serbes. En effet, son cousin Vladislav était encore à la tête du royaume de son père. En 1323, Stefan saisit l'occasion de déclarer la guerre à son cousin lorsque celui-ci ne respecta pas l'accord passé entre les deux rois au sujet de la mine d'argent de Rudnik. Jusqu'en 1326, la guerre se poursuivit entre les deux cousins jusqu'à la victoire de Stefan. Vladislav s'enfuit en Hongrie.

Dubrovnik choisit le camp de Vladislav[modifier | modifier le code]

La République de Dubrovnik, elle, choisit de soutenir Vladislav. Stefan fait intervenir les chevaliers serbes contre la cité marchande. Très vite, ne pouvant résister aux chevaliers serbes sur les champs de bataille, les soldats dalmates se retranchent derrière les murs de la ville. Les Serbes, eux, ne peuvent prendre d'assaut les murs de la ville. La situation restera bloquée jusqu'au 26 mars 1326 où la paix sera signée.

Le règne[modifier | modifier le code]

En 1327, Stefan se mit au service de l'empereur Byzantin Andronic II, qui était en conflit pour le trône de Constantinople avec son petit-fils Andronic III. Andronic III avait le soutien de l'empereur Bulgare Michel Sismanivic. En 1330, Andronic III et Sismanivic décident d'attaquer la Serbie. Stefan Decanski rassembla une armée composée de soldats serbes d'expérience qui avaient déjà combattu à plusieurs reprises contre son cousin, avec en plus des mercenaires catalans, saxons et surtout une troupe d'élite de cavalerie serbe préparée et dirigée par Dusan. La bataille de Velbazhd, près de Kyoustendil, le 28 juillet 1330, est un tournant dans l'histoire de l'Europe du Sud-Est, les Bulgares et l'armée d'Andronic III furent sévèrement battus. Michel Sismanivic trouva la mort pendant la bataille. Cette bataille victorieuse marque le début de la domination serbe en Europe du Sud-Est, jusqu'à la Bataille de Kosovo Polje de 1389.

Pour faire définitivement disparaître la « menace » bulgare, Stefan installa sur le trône de Bulgarie le fils de sa sœur Anne, Ivan Stefan. Puis, il rassembla son armée pour occuper les villes byzantines de Vélès, Chtip, Prosek et Dobrun.

Stefan Decanski se consacra ensuite à la construction de son monastère, le monastère Decanski. Sa construction avait débuté en 1327, mais Stefan ne verra jamais son monastère terminé. Son fils Dusan qu'il avait eu avec sa première femme Théodora et qui avait vécu avec lui son exil à Constantinople, organisa le désordre en Serbie et profita d'une trêve avec son père pour lui prendre la couronne. Il enferma son père à Zvečan où celui-ci mourut en prison, sûrement empoisonné. Stefan qui avait organisé la rébellion contre son père Milutin a subi la même loi de la part de sa progéniture.

Malgré un règne court, Stefan a donné à la Serbie une puissance militaire et le monastère de Decanski, achevé quatre ans après sa mort, en 1335. Il aura aussi eu un second fils, Siméon (en serbe : Siniša), avec la princesse Marie Paléologue, qui comme Dusan sera empereur. Stefan fut canonisé par l’Église en raison de sa vie sainte, et ses reliques sont encore aujourd'hui incorrompues.


Sources[modifier | modifier le code]

  • Dusan Batakovic, Histoire du peuple serbe, Éditions L'Âge d'homme (ISBN 282511958X)
  • Donald M. Nicol, Les Derniers siècles de Byzance, 1261-1453, éditions les Belles Lettres (ISBN 2251380744)

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]