Sammy Davis, Jr.

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Sammy Davis Jr.

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Sammy Davis Jr. en 1986 (photo d'Allan Warren)

Informations générales
Nom de naissance Samuel George Davis, Jr.
Naissance 8 décembre 1925
Harlem, New York, États-Unis
Décès 16 mai 1990 (64 ans)
Beverly Hills, Californie, États-Unis
Activité principale Chanteur, danseur, acteur, musicien
Genre musical Jazz, swing, pop rock
Instruments Vibraphone, trompette, batterie
Années actives 1928–1990
Labels Decca Records, Rhino Records, Polygram, Motown, MGM, RCA Records
Site officiel Site Web Officiel

Sammy Davis Jr., de véritable identité Samuel George Davis, Jr., né le 8 décembre 1925 dans le quartier d'Harlem dans la ville New York aux États-Unis et mort le 16 mai 1990 à Beverly Hills, est un artiste américain aux multiples talents, à la fois danseur, chanteur, acteur, imitateur, musicien (vibraphone, trompette et batterie).

Biographie[modifier | modifier le code]

L'enfance[modifier | modifier le code]

Samuel George Sammy Davis Jr. naît dans le quartier de Harlem à New York. Il est le fils d'Elvera Sanchez, une danseuse, et de Sammy Davis Sr., un artiste touche-à-tout afro-américain. Le couple gagne sa vie en jouant dans des comédies populaires au théâtre. Nourrisson, il est élevé par sa grand-mère paternelle. Le petit Sammy n'est âgé que de trois ans lorsque ses parents divorcent. Pour éviter de perdre la garde de son fils, Sammy Sr. l'emmène avec lui en tournée. Au sujet de sa mère, Sammy Davis Jr. prétendra toute sa vie qu'elle était porto-ricaine, mais l'un de ses biographes affirme que celle-ci était en fait d'origine cubaine. Sammy aurait menti pour éviter d'être confronté aux sentiments anti-cubains de l'Amérique des années 1960, à leur apogée après la crise des missiles en 1962[1].

Enfant, il apprend la danse grâce à son père et à son « oncle », Will Mastin, le leader de la troupe où danse Sammy Sr. Bientôt, le jeune Sammy Jr. rejoint son père et Will Mastin pour former le Will Mastin Trio. Tout au long de sa carrière, Sammy Davis Jr. reversera une partie de ses cachets aux membres de son ancien groupe.

Sammy Davis Jr. lors d'un concert au club Birdland de New York, au profit de la National Urban League, le 10 juin 1956 (photo de Carl Van Vechten)

Son père et Will Mastin font tout pour protéger l'enfant du racisme ambiant. Ils lui expliquent, par exemple, que les railleries dont il est victime pendant la Seconde Guerre mondiale sont l'expression de la jalousie. Sammy Jr., qui est enrôlé dans les forces américaines, se voit alors confronté au racisme pour la première fois. Il racontera plus tard : « La nuit, le monde était différent. Ce n'était plus une question de couleur. C'est là que je me suis rendu compte que mon père et Will m'avaient protégé jusque-là. Ils avaient espéré que je puisse échapper aux moqueries et à la haine. Je leur en étais reconnaissant, mais ils avaient eu tort. C'était comme si j'étais passé par une porte battante pendant 18 ans, une porte qu'ils avaient secrètement toujours laissé ouverte. »

La carrière[modifier | modifier le code]

Malgré les railleries, Sammy Jr. rejoint une unité de divertissement pendant son service militaire, et découvre que les projecteurs constituent une sorte de bouclier contre le racisme. « Mon talent était une arme, une force, un moyen de me défendre. C'était le seul moyen dont je disposais pour tenter de faire réfléchir la personne en face de moi », a-t-il déclaré.

De retour à la vie civile, il participe à des spectacles de danse et de chant, et commence à connaître le succès. Il finit par se faire repérer par une maison de disques et enregistre un premier album en 1954, Starring Sammy Davis Jr. Un deuxième disque, Just for lovers paraît l'année suivante. En 1956, alors que sa carrière décolle, il décroche un second rôle à Broadway dans la comédie musicale Mr. Wonderful aux côtés de son père et de Will Mastin. Le spectacle est un succès, et connaîtra près de 400 représentations.

Sammy Davis Jr. (au centre) lors de la Marche vers Washington pour le travail et la liberté à Washington DC, en 1963.

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En 1959, son vieil ami Frank Sinatra l'invite à rejoindre le Rat Pack, un groupe créé et emmené par Frank Sinatra lui-même, et dont Sammy Davis Jr. et Dean Martin constituent les membres les plus populaires auprès du public. Le Rat Pack enregistre des dizaines de disques et tourne de nombreux films de qualité inégale, parmi lesquels L'Inconnu de Las Vegas (Ocean's Eleven) en 1960 ou Les Sept Voleurs de Chicago (Robin and the Seven Hoods) en 1964. De 1960 à 1966, la troupe (qui comprend de nombreuses autres stars de l'époque comme Peter Lawford ou Joey Bishop) joue à guichets fermés dans toute l'Amérique avec un spectacle mêlant musique et comédie. Le Sands Hotel de Las Vegas, véritable quartier général du Rat Pack (et propriété de Frank Sinatra) voit défiler les plus grandes célébrités des années 1960 (y compris des hommes politiques) qui viennent assister à des représentations faisant de la ville du Nevada le centre du monde du divertissement. Las Vegas n'est alors qu'un vaste terrain de jeu sans autre distraction que les nombreux casinos.

Devenu une star incontournable, Sammy Davis Jr. refuse de jouer dans les salles qui pratiquent la ségrégation. Ces refus auraient participé à l'arrêt des discriminations dans les clubs de Las Vegas et Miami Beach, et dans les casinos de l'État du Nevada.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Sa carrière faillit se briser le 19 novembre 1954 : il est victime d'un accident de voiture sur un passage à niveau de la Route 66 à hauteur de San Bernardino (Californie), alors qu'il se rend à l'enregistrement du générique du film de Tony Curtis La Police était au rendez-vous (Six Bridges to Cross). Il échappe de justesse à la mort mais perd l'usage de son œil gauche (il portera un œil de verre jusqu'à sa mort).

Pendant son séjour à l'hôpital, son ami Eddie Cantor lui parle des points communs entre la condition des noirs américains et du peuple juif. Davis se convertit finalement au judaïsme après la lecture d'un livre sur l'histoire des Juifs, toujours pendant sa convalescence. Un paragraphe évoquant la persévérance dont les Juifs ont fait preuve, le marque particulièrement : « Les Juifs ne peuvent pas disparaître. Trois millénaires d'enseignement prophétique les ont résignés, et ont fait naître en eux un désir de vivre qu'aucune tragédie ne pourrait anéantir. »[2].

Dans ses différentes autobiographies, Sammy décrit un style de vie dissolue, où se mêlent alcool, cocaïne et femmes. Il fait également état de problèmes financiers réguliers.

Sammy Davis Jr. dans le bureau ovale avec Richard Nixon, le 4 mars 1973

En 1960, il crée la polémique en épousant l'actrice d'origine suédoise May Britt, dans une Amérique encore profondément ségrégationniste. Il reçoit des lettres de menaces après avoir été choisi pour jouer à Broadway dans la comédie musicale Golden Boy en 1964. Ce qui ne semble pas ternir l'enthousiasme des fans : le spectacle est un succès (au début) mais s'arrête finalement après quelques représentations. Les mariages interraciaux sont alors interdits par la loi dans 31 États, des lois abolies par la Cour suprême américaine en 1967. May Britt donne naissance à une fille et le couple adopte deux autres enfants. Sammy, qui enchaîne les spectacles, passe peu de temps avec sa femme. Il avoue également entretenir une relation avec la chanteuse Lola Falana (sa partenaire dans Golden Boy), ce qui précipite le divorce du couple prononcé en 1968. Cette même année, Sammy Davis Jr. commence à fréquenter Altovise Gore, une danseuse rencontrée lors d'un show TV. Ils se marient en 1970 lors d'une cérémonie célébrée par le révérend Jesse Jackson, et resteront unis jusqu'à la mort de Sammy en 1990.

Il est l'une des premières célébrités masculines à admettre publiquement son goût pour les séries télé à l'eau de rose, particulièrement celles diffusées sur ABC. Un aveu qui lui permet de décrocher un petit rôle de toxicomane dans la série Hôpital central (General Hospital), ainsi qu'une apparition régulière dans la série On ne vit qu'une fois (One Life to Live) dans la peau de Chip Warren, un rôle pour lequel il est nommé aux Daytime Emmy en 1980 (les Daytime Emmy récompensent les programmes diffusés en journée aux États-Unis).

Peu avant sa mort, Sammy Davis Jr. se voit récompensé par la communauté noire lors d'une émission de télévision. À la surprise générale, il remercie Jésus pendant son discours, ce qui ne manque pas de provoquer une polémique finalement atténuée lorsque l'artiste explique que la phrase avait été sortie de son contexte, et ne faisait pas référence à ses convictions personnelles.

Atteint d'un cancer de la gorge, Sammy Davis Jr. meurt à Beverly Hills (Californie) le 16 mai 1990 (le même jour que Jim Henson) à l'âge de 64 ans, suite à des complications liées à sa maladie. Il est enterré au cimetière du Forest Lawn Memorial Park de Glendale (Californie), aux côtés de son père et de Will Mastin.

Une vente aux enchères est organisée peu après sa mort afin de régler ses nombreuses dettes, notamment des arriérés d'impôts réclamés par l'État fédéral.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Spectacles à Broadway[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Autobiographies[modifier | modifier le code]

  • Yes I Can : the story of Sammy Davis, Jr, avec Burt et Jane Boyar, New York, 1965 ; nouv. éd. 1990 (ISBN 0-374-52268-5) ; trad. par Alain Coblence et Hélène Seyrès, Paris, 1967.
  • Why me ? : the Sammy Davis, Jr. story, avec Burt et Jane Boyar, New York, 1980 (ISBN 0446360252) ; trad. par France-Marie Watkins, Paris, 1990 (ISBN 2-85565-526-9)
  • Sammy, an autobiography: with material newly revised from Yes I can and Why me?, avec Burt et Jane Boyar, New-York, 2000 (ISBN 0374293554).
    Reprend les deux livres précédents complété de textes inédits.
  • Hollywood in a Suitcase, New-York, 1980 (ISBN 0425050912).

Essais[modifier | modifier le code]

  • George Ayache, Une histoire américaine : Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Jr, Joey Bishop, Peter Lawford, Éditions Choiseul, 2010

Divers[modifier | modifier le code]

  • La chanson The Rhythm of Life, tirée de la comédie musicale Sweet Charity, a été utilisée pour une publicité de la marque de bière Guinness, une publicité qui remporta de nombreux prix ;
  • Sammy Davis Jr. est le chanteur du générique de la série policière Baretta diffusée par ABC entre 1975 et 1978 ;
  • Fan de longue date de la version américaine de La Famille en or, Davis s'est improvisé remplaçant du présentateur de l'époque Richard Dawson pendant une partie du programme, lors d'une émission diffusée en 1979 ;
  • Au Japon, il est apparu dans des publicités pour du café.
  • Alice Cooper lui rend hommage dans sa chanson Model Citizen sortie en 1980, dans la phrase : « Je suis peut-être le sauveur, venu pour vous / Je suis un ami de Sammy Davis / Par accident » ;
  • Tom Petty évoque Sammy dans sa chanson Swinging paru en 1999 sur l'album Echo ;
  • Michael Jackson a écrit une chanson sur Sammy Davis Jr. intitulée You Were There et l'a chantée lors d'une émission télévisée spéciale en 1990 consacrée à ce dernier :
    • « Tu étais là avant nous / Tu as encaissé les coups, tu as subi la honte / Ils ont dressé des murs pour te barrer la route / Tu les a vaincus, tu as triomphé / C'était méchant, c'était injuste / Tu leur a tout appris, tu les a sensibilisés / Oui, tu étais là, et nous t'en remercions / Tu nous as ouvert le passage / Et nous sommes là, pour que tout le monde voit / Donner le meilleur de nous / Oui, je suis ici parce que tu étais là avant » - Paroles et musique de Michael Jackson ;
  • Au moins deux chansons du groupe de métal américain GWAR lui font référence : Sammy parue sur l'album Carnival of chaos en 1997, et Child on parue sur l'album We kill Everything en 1999, avec cette phrase : "Elle n'a pas compris / Que j'étais un joyeux drille à la Sammy Davis Jr., mec" ;
  • Le groupe de punk californien Lagwagon lui rend hommage dans une chanson dont le titre renvoie au jour de sa mort, May 16 , parue sur l'album Blaze en 2003 ;
  • Sammy Davis Jr. est incarné par Don Cheadle dans le téléfilm américain The Rat Pack diffusé sur la chaîne câblée HBO ;
  • Bill Cosby, un ami de Sammy (il est d'ailleurs apparu dans un épisode du Cosby Show en 1989, l'une de ces dernières apparitions à la télévision), portait un pin's où l'on pouvait lire "SDJR" dans son show, de la mort de son ami en 1990 jusqu'à la fin de la série en 1992 ;
  • Les Soul Train Music Awards, qui récompensent chaque année les meilleurs artistes noirs américains, ont créé un prix appelé le "Sammy Davis Jr. Award" récompensant le meilleur artiste de l'année, toute catégorie confondue. Michael Jackson fut l'un des premiers à le recevoir.
  • Le groupe Will Haven a sorti en 2007 un titre s'intitulant Sammy Davis Jr's One Good Eye en l'honneur de l'artiste américain.
  • Se faisant refuser l'accès dans un restaurant à cause de sa couleur de sa peau, il achète le restaurant pour plus d'un million de dollars, renvoie tout le personnel et revend le restaurant pour 750 000 $.

Citation apocryphe[modifier | modifier le code]

  • « Je suis noir, je suis borgne et je suis Juif. » Cette citation apocryphe est faussement attribuée à Sammy Davis Jr., telle une légende urbaine. Dans son livre d'entretiens autobiographiques Yes I Can (1965, p. 322) il la considère clairement comme une blague raciste (« nuisible et insidieuse ») :

« [Question de Jane et Burt Boyar] :I read a joke in one of the columns that said you were playing golf on Long Island and the pro asked you for your handicap and you told him, "I'm a colored, one-eyed Jew — do I need anything else?" How do you feel about the Sammy Davis, Jr. jokes? »
[Réponse de Sammy Davis Jr.] « They're a hazard of the business and the fact is you're glad people know your name well enough to do jokes about you; but some I despise because they are destructive and insidious. »

que l'on peut traduire par

« J'ai lu une blague dans un journal : vous jouez au golf à Long Island, un pro vous demande quel est votre handicap et vous lui répondez : "Je suis noir, je suis borgne et je suis juif ; ce n'est pas suffisant ?". Quel est votre sentiment sur les blagues à propos de Sammy Davis, Jr. ? »
— « Ce sont les aléas du métier ; il faut dire que c'est agréable d'être connu au point que les gens font des blagues sur vous, mais certaines sont nuisibles et insidieuses, et je les méprise. »

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. In Black and White: The Life of Sammy Davis, Jr., Wil Haygood, 2003 (ISBN 0-375-40354-X).
  2. (en) Dans la Librairie juive virtuelle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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