Triembach-au-Val

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Triembach-au-Val
Vue d'une rue de Triembach-au-Val.
Vue d'une rue de Triembach-au-Val.
Blason de Triembach-au-Val
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin (Strasbourg)
Arrondissement Sélestat-Erstein
Canton Villé
Intercommunalité C.C. du canton de Villé
Maire
Mandat
Jean-Georges Hirschfell
2008-2014
Code postal 67220
Code commune 67493
Démographie
Gentilé Triembachois(es)
Population
municipale
454 hab. (2011)
Densité 166 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 20′ 18″ N 7° 19′ 33″ E / 48.3383333333, 7.32583333333 ()48° 20′ 18″ Nord 7° 19′ 33″ Est / 48.3383333333, 7.32583333333 ()  
Altitude Min. 246 m – Max. 540 m
Superficie 2,74 km2
Localisation

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Triembach-au-Val est une commune française, située dans le département du Bas-Rhin en région Alsace. La dénomination actuelle de la commune date du  ; auparavant la commune s'appelait simplement Triembach.

Géographie[modifier | modifier le code]

Triembach-au-Val est situé à 1,5 kilomètre en aval de Villé et sur la rive gauche du Giessen, à l'intersection de l'ancienne route du Sel qui mène de Villé au vignoble de Barr (qui remonte un vallon issu de l'Ungersberg) et d'un second vallon descendu des collines de la Schrann. La localité s'étire le long de ces axes dominant le fond de la vallée (250 m) pour échapper aux crues du Giessen. Le finage de la commune s'inscrit en grande partie dans une zone de collines peu élevées (401 m dans le bois communal) présentant des versants bien exposés couronnés de forêts. Ce n'est qu'à l'extrême est du ban que les altitudes s'élèvent avec la présence des contreforts boisés de l'Ungersberg (427 à 450 m au Baerenberg). La surface totale du ban de Triembach-au-Val est de 274 ha.

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

Lieux et écarts[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

Situé au centre du Val de Villé, le ban communal de Triembach-au-Val s'inscrit entièrement dans le bassin d'effondrement de Villé. Le village a donné son nom à une "assise" des dépôts d'âge permien de ce bassin, formation qui se caractérise ici par des conglomérats à galets de rhyolite (près du cimetière), des arkoses (grès) à matrice argileuse) et schistes à plantes. L'épaisseur réduite de cette couverture sédimentaire laisse parfois affleurer localement le socle cristallin dont la minéralisation a fait jadis l'objet d'importantes exploitations. Le sommet des collines est parfois coiffé de dépôts plus résistants (tufs et brèches de l'assise de Meisenbuckel au bois communal). Les terrains permiens ont livré à Triembach-au-Val de beaux tronc d'arbres silicifiés.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Nom d'origine germanique n'ayant pas d'équivalent en français. On relève Truobenbach et Truebenbach en 1303, Druobenbach en 1362, Druegenbach au XVe siècle, Trembach en 1523, Trumbach en 1596, Druenbach et Trimbach en 1603, Trimbach au XVIIIe siècle. Le suffixe "au Val" date de 1946 pour éviter une confusion avec Trimbach près de Wissembourg. Le préfixe "Truob" de la première graphie ne signifie pas sale ou impur, mais serait plutôt synonyme de "lichtlos" ou "düster", soit obscur ou ombragé. Il caractériserait ainsi le cours d'eau traversant le village, comme c'est le cas pour plusieurs localités du Val.


Histoire[modifier | modifier le code]

L'apparition du village[modifier | modifier le code]

Le village de Triembach-au-Val a un passé prestigieux. Le village primitif se trouvait probablement à l'intersection de la route du Sel (Via Salinatorium) entre Barr qui relie la plaine d'Alsace et Ehl près de Benfeld. Cette route du Sel reliait la Lorraine en passant par Steige, la Salcée, Saales, Raon-l'Étape et Lunéville. Dans le Val de Villé, cette voie chemine à flanc de coteau, légèrement en surplomb de la vallée marécageuse de la Scheer. Elle devient ultérieurement une route stratégique d'une certaine importance, comme en témoigne de nombreux ponceaux de pierres de taille (Triembach, Thanvillé, Scherwiller) récemment inscrits à l'inventaire Supplémentaire des Monuments historiques.

La localité passe dans le domaine des Habsbourg[modifier | modifier le code]

Une rue de Triembach-au-Val - La pharmacie date de 1761 et occupait au XXe siècle une ancienne école.
Hôtel de ville

Triembach-au-val fait partie de l'Albrechtstal, possession des Habsbourg depuis le XIIIe siècle, avant même que Rodolphe de Habsbourg n'épouse en premières noces Gertrude-Anne de Hohenberg-Ortenberg (1225-1281) née en 1245 au château du même nom qui domine l'entrée du Val de Villé. Le village partage dès lors l'histoire mouvementée de la vallée albertine. "Truobenbach" apparaît en 1303 dans le terrier établi par Burckhart Von Fricke pour les Habsbourg. Son existence est probablement marquée, sans que l'on puisse le préciser avec certitude, par l'un ou l'autre des épisodes guerriers qui caractérisent le Moyen Âge du XIIIe siècle au XVe siècle (saccage des possessions des Habsbourg par les troupes épiscopales en 1262).

Incursion des Armagnacs[modifier | modifier le code]

Alors qu'en 1365, les premières bandes armées anglaises d'Arnaud de Cervole n'interviennent pas dans le Val, d'autres troupes commandées par Jean Ier de Lorraine se jettent sur le Val en 1473 et le saccagent parce que les Müllenheim ont procédé à des incursions dans les domaines ducaux par delà des Vosges. Après une période plus calme, le Val de Villé eut à souffrir de l'incursion des Armagnacs qui deviendront par déformation phonétique "die armen Gecken". On le désigne surtout sous le sobriquet de "Schinder", les écorcheurs. Ces mercenaires, laissés désœuvrés par la fin de la guerre de Cent Ans sévissent en Suisse où ils soutiennent la maison d'Autriche. A leur tête se trouve le dauphin, le futur Louis XI. Fin 1444, ses troupes prennent leurs quartiers d'hiver dans les territoires autrichiens d'Alsace. Alors que le dauphin reçoit un carreau d'arbalète dans le genou lors du siège de Dambach, ses mercenaires s'installent pour la mauvaise saison à Châtenois. Il est possible que les écorcheurs visitent et pillent tout ou partie du Val de Villé au courant de l'hiver. Au printemps suivant alors qu'ils regagnent la France en passant par Lièpvre ils sont attaqués par les paysans du Val de Lièpvre et du Val de Villé près du "Rocher du Violon" (Violon = Geiger, déformation de Gecken) et dépouillé d'une grande partie de leur butin.

L'insurrection des Rustauds[modifier | modifier le code]

La révolte paysanne placée sous le signe du soulier à lacets, culmine avec l'insurrection des "Rustauds" en 1525. C'est dans l'ombre que se prépare la conjuration qui allait aboutir au grand soulèvement des paysans. Les autorités, les nobles et la bourgeoisie ainsi que le clergé s'inquiétaient de la tournure des évènements. A la moindre alerte des décisions sont prises pour prendre des mesures énergiques contre les fauteurs de troubles. A Strasbourg, on apprend qu'une personne originaire du Val de Villé tient des propos suspects sur l'imminence du déclenchement d'un nouveau "Bundschuh". On se saisi immédiatement de la rumeur pour constater que le fils d'un nommé Osswald de Triembach aurait laissé entendre que le 21 janvier 1514, trois cents partisans du "Bunddchuh" doivent se réunir pour délibérer sur l'opportunité d'une insurrection. Le Grand Conseil s'adresse d'urgence à son homme de confiance de Sélestat qui contacte sur le champ le bailli de la seigneurie d'Ortenberg. Georges de Rathsamhausen s'adresse à la mairie de Villé compétente pour Triembach. Le lendemain le bailli avise les Sélestadiens de l'arrestation du suspect et de son incarcération au château de l'Ortenberg. En 1525 des bandes armées locales (Haufe) se forment. Celle du Val de Villé s'attaque à l'abbaye de Honcourt qui subit d'énorme dommages. Le soulèvement est écrasé à Lupstein, puis le 20 mai 1525 par les troupes du duc Antoine de Lorraine à Scherwiller.Triembach figure parmi les communes condamnés en 1526 pour avoir participé au sac de Honcourt.

La guerre de Trente ans[modifier | modifier le code]

Ce conflit est une séquelle des terribles guerres de religion qui secouent le XVIe siècle. Ils s'amplifie par l'antagonisme politique entre la Maison d'Autriche, l'électeur palatin Frédéric, roi de Bohême, les rois du Danemark et de Suède, secrètement soutenus par Richelieu. Les hostilités commencent en 1618 et s'achèvent, après l'entrée en scène de la France, par les Traités de Westphalie en 1648. L'Alsace sera ruinée et dévastée de cette épreuve. Le Val de Villé sera épargné jusqu'en 1632. Le 27 mai 1633, le rhingrave Otto entre dans la vallée à la tête de 2000 cavaliers et 600 mousquetaires. Des habitants essayent en vain de s'opposer à ces troupes supérieures en nombre et en arme, près du Kirchnfeld. Ils sont poursuivis jusqu'à Villé où ils croient trouver les Français de Vergennes qui entre tempos, se sont éclipsés. Le bourg brûle comme de la paille. Plus au nord, une troupe menée par un certain Kesselbring de Saint-Pierre-Bois, s'oppose à la soldatesque au « Haiti », près d'Itterswiller. Un monument rappellera son sacrifice. Depuis leur quartier générale de Sélestat, les Suédois pillent systématiquement la vallée et commettent des atrocités dont le souvenir persiste encore dans la mémoire populaire. Le Traité de Westphalie rattache le Val à la couronne de France. La guerre de Trente ans provoque le dépeuplement d'une grande partie du village vers 1633. Il faut attendre la fin du siècle et surtout le XVIIIe siècle pour que le village se repeuple grâce à l'immigration. Avec la paix retrouvée le travail reprend et les habitants reprennent espoir.

Le repeuplement[modifier | modifier le code]

Certaines familles qui s'étaient mises à l'abri pendant la guerre de trente ans reviennent. Louis XIV encourage le repeuplement des territoires dévastés en accueillant des immigrants pouvant produire leur certificat de baptême catholique. Les terres des familles disparues leur sont attribuées, ainsi que le bois d'œuvre pour édifier leurs maisons. La vie reprend ainsi progressivement vers la fin du XVIIe siècle avec l'arrivée de Lorrains, d'allemands, de Suisses, de Tyroliens, voire de Languedociens, puis plus tard d'anabaptistes chassés du canton de Berne, appréciés pour leurs qualités d'agriculteurs.

La période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

La Révolution passe avec son cortège d'animosité, d'excès, mais aussi de libertés nouvelles. On plante un arbre de la Liberté devant l'actuelle mairie-école. Il a résisté jusqu'en 1974. Au cours de la période révolutionnaire, la municipalité se voit contrainte de fermer le 6 août 1791 l'église construite en 1777, puis subit la confiscation des cloches du nouveau « Temple de la liberté ».

La période allemande entre 1871 et 1918[modifier | modifier le code]

Ancienne fontaine à Triembach-au-Val.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 20 juin 1940, avec l'arrivée des troupes allemandes, le village déplore la mort de 14 personnes dont huit civils à la suite d'un tir d'artillerie. En novembre 1944, lors de la Libération, des tirs occasionnent l'incendie de deux maisons, la scierie et également l'église. Le village déplore la mort de 25 personnes au cours de ce conflit.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Triembach-au-Val

Les armes de Triembach-au-Val se blasonnent ainsi :
« Coupé : au premier d'argent au tilleul de sinople mouvant de la partition, au second d'azur à la fasce ondée d'or. »[1].

Il représente l'ancien tilleul, arbre de la liberté qui a résisté jusqu'en 1974, au-dessus d'une rivière ondée. Création d'armes montrant le tilleul de la place, ancien arbre de la Liberté, aujourd'hui disparu, évoquant également les anciennes mines d'argent par le métal qui l'entoure, et le symbole de la rivière ondée. Cet élément apparaît, en même temps qu'une branche d'arbre et la croix de l'abbaye d'Andlau sur un claveau sculpté daté de 1619, provenant sans doute de l'ancienne chapelle.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours Jean-Georges Hirschfell[2]    
mars 2001 mars 2008 Jean-Georges Hirschfell    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 454 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
472 474 524 592 615 544 528 579 599
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
576 594 608 577 570 548 503 509 489
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
494 455 463 412 388 418 380 334 327
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
384 384 437 420 393 449 460 460 463
2011 - - - - - - - -
454 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4])
Histogramme de l'évolution démographique

[5]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint Christophe[modifier | modifier le code]

Église Saint-Christophe
Intérieur de l'église Saint-Christophe
Piéta placée dans l'église Saint-Christophe
Tableau du XIXe siècle représentant Saint-Christophe

Triembach-au-Val reste longtemps une dépendance de Villé. Une ancienne chapelle probablement édifiée au XVIe siècle et dédiée à Saint-Christophe existe déjà à cette époque. Le claveau daté de 1619 et armorié (rameau de feuillage, onde stylisée et croix grecque) provient certainement de cette chapelle, reconstruite ou agrandie avant le déclenchement dans la vallée des hostilités de la guerre de trente ans. L'église actuelle remonte à 1777, alors que Triembach n'accède au rang de paroisse qu'en 1803.

L'église est consacrée à Saint Christophe. Celui-ci est le patron des voyageurs et le saint axiliaires qui préserve d'une mort subite.

Bois polychrome de Saint-Christophe[modifier | modifier le code]

Oratoire de 1740[modifier | modifier le code]

Situé su la route de Villé cet oratoire en grès remonte à l'année 1740. Encastré dans un mur de pierre, il est surmonté d'une croix dont les extrémités tréflées sont tronquées. Sur le fronton figurent, avec la date d'érection, les initiales du donateur.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Tout ou partie de cet article est issu de l'ouvrage "Le Val de Villé, un pays des hommes, une histoire" édité par la Société d'Histoire et la Communauté de communes du canton de Villé. L'article a pu être modifié partiellement ou en totalité depuis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.newgaso.fr (consulté le )
  2. [PDF] Liste des maires au 1er avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  5. source : Insee, enquête annuelle


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Val de Villé, un pays des hommes, une histoire édité par la Société d'Histoire et la Communauté de communes du canton de Villé, 1995

Liens externes[modifier | modifier le code]