Robert Antelme

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Robert Antelme est un poète et résistant français, né à Sartène le 5 janvier 1917 et mort le 26 octobre 1990 à Paris

Déporté aux camps de Buchenwald et de Dachau, il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont un livre de référence sur les camps de concentration : L'Espèce humaine, paru en 1947 aux éditions de la Cité Universelle.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1939, il épouse Marguerite Duras qui travaille alors pour une maison d'édition. Leur premier enfant, un garçon, meurt à la naissance en 1942. La même année Marguerite Duras fait la connaissance de Dionys Mascolo qui devient son amant.

Pendant l'Occupation, Marguerite Duras et Robert Antelme sont membres de la Résistance. Leur groupe tombe dans un guet-apens, Marguerite Duras réussit à s'échapper aidée par Jacques Morland (nom de guerre de François Mitterrand), mais Robert Antelme est arrêté le 1er juin 1944 et envoyé à Buchenwald par le convoi I. 265, dernier en partance du camp de Royallieu (Frontstalag 122) à Compiègne le 17 août 1944. Puis il est conduit à Bad Gandersheim, un petit kommando dépendant de Buchenwald, où il est logé dans une ancienne église désaffectée, à proximité d'une usine.

À la fin de la guerre, en avril 1945, François Mitterrand retrouve Robert Antelme dans le camp de Dachau, épuisé et miné par des mois de détention dans des conditions très dures (il souffrait du typhus), et organise son retour à Paris. Marguerite Duras a tiré de cette époque hors norme un récit intitulé La Douleur.

Robert Antelme a publié sur les camps un livre de grande portée, L'Espèce humaine, en 1947. Le livre est dédié à Marie Louise, sa sœur morte en déportation. Robert Antelme y montre des déportés qui conservent leur conscience face aux « pires cruautés humaines ». Les hommes qu'il décrit, réduits à l'état de "mangeurs d'épluchures", vivent dans le besoin obsédant mais aussi dans la conscience de vivre.

Robert Antelme fonda, en 1945, avec Marguerite Duras, les éditions de la Cité Universelle. Le couple divorça en 1946, mais ils travaillèrent encore ensemble, comme en 1959 où, à la demande de Raymond Rouleau, il adapta, avec Marguerite Duras, Les papiers d'Aspern, pièce de Michael Redgrave, d'après une nouvelle de Henry James. Après la guerre, il continue donc un travail discret dans les milieux littéraires, collabore à Les Temps modernes et milite au Parti communiste français, dont il est exclu en 1956, après la répression par les troupes du pacte de Varsovie de l'insurrection de Budapest. Pendant la guerre d'Algérie, Robert Antelme est signataire du Manifeste des 121.

Immobilisé à partir de 1983 par un accident cérébro-vasculaire, Robert Antelme meurt le 26 octobre 1990.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L'Espèce humaine, La cité universelle, 1947; rééd. Gallimard, Tel, 1957, 1999.
  • Textes inédits sur L'espèce humaine. Essais et témoignages, Gallimard, Blanche, 1996.
  • Vengeance ?, Farrago, 2005.
  • Vengeance ?, nouvelle édition avec une postface de Jean-Luc Nancy, collection « Le Bel Aujourd'hui », Éditions Hermann, 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marguerite Duras, La Douleur, POL, Paris, 1985.
  • Dionys Mascolo, Autour d'un effort de mémoire. Sur une lettre de Robert Antelme, Maurice Nadeau, Paris, 1987.
  • Martin Crowley, Robert Antelme, l'humanité irréductible, Éditions Léo Scheer, 2004
  • Georges Perec, Robert Antelme ou la vérité de la littérature, dans L.G., Une aventure des années soixante, Seuil, 1992
  • Maurice Blanchot, L'Entretien infini, Gallimard, 1969
  • Michel Onfray, Politique du rebelle dans chapitre I De la Genèse , Livre de poche, 1999

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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