Caucus

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Un caucus est une réunion de personnes, généralement des sympathisants ou membres de mouvements politiques. Le mot est principalement employé dans le monde anglo-saxon, en Amérique du Nord ou en Suisse et son sens exact varie en fonction du contexte.

Origine[modifier | modifier le code]

L'origine étymologique du mot caucus fait débat :

  • Certaines sources[1] émettent une origine amérindienne, reprise par les algonquins sous la forme Caw-cawaassough / cau-cau-as-u soit "celui qui conseille". Mentionné dans le livre The General History of Virginia, New England and the Summer Isles publié en 1624 par le capitaine John Smith of Jamestown, ce mot aurait été répandu par le Parti démocrate à New York via le Tammany Hall, connu pour être friand de termes amérindiens. Que cette origine soit la vraie ou non, chaque tribu indienne avait des rites de conseils spécifiques, préfigurant la complexité de la mécanique électorale présidentielle américaine.
  • D'autres sources évoquent un dérivé du latin médiéval caucus, signifiant "abreuvoir".
  • L'origine la plus probable est la déformation du possessif du mot "caulker" (calfateur) utilisé dans le "Caulker's Club"[2] Phonétiquement Caulker's Club (\ˈkȯ-kərz ˈkləb\) s'est transformé en Caucus Club (\ˈkȯ-kəs ˈkləb\) d'où la graphie et prononciation qui s'ensuivirent. Le Caulker's Club est le premier syndicat organisé connu aux États-Unis, destiné à protéger les intérêts des ouvriers du port de Boston et dirigé par Samuel Adams, l'un des pères fondateurs de nation américaine et frère de John Adams qui deviendra le second président des États-Unis. Ce système d'organisation, parfois opaque, mais influent, est à la base du lobbyisme encore très pratiqué de nos jours. (Voir aussi Boston Caucus)

Quelle qu'en soit l'origine exacte, il est admis que ce mot vient de l'organisation des consensus aux États-Unis et qu'il s'est établi dans la langue anglaise en tant que nom commun dès son utilisation répandue dans les années 1760 et en tant que verbe dans les années 1850.

Élections présidentielles américaines[modifier | modifier le code]

Lors des élections présidentielles américaines, le terme caucus désigne le rassemblement de militants politiques locaux d'un parti pour choisir les délégués qui désigneront le candidat à l'investiture de ce parti dans la course à la présidence lors de la convention fédérale de leur parti. Le système du caucus pour la désignation des délégués n'existe que dans une douzaine d’États des États-Unis. Traditionnellement, le premier à désigner ses délégués par caucus est l'Iowa[3] au début du mois de janvier précédent l'élection.

Le caucus se déroule en plusieurs étapes. Les militants locaux, qui exercent une activité à l'échelon d'un bureau de vote, choisissent des délégués qui les représenteront aux réunions organisées à l'échelon du comté. Tous les électeurs d'un bureau de vote sont convoqués à la même heure. Ils se regroupent alors dans le bureau de vote par préférence derrière un capitaine qui soutient officiellement un candidat[3]. Le capitaine essaye alors de convaincre les indécis. Un candidat qui n'obtient pas 15 % des voix dans un bureau est éliminé et ne peut avoir de délégués pour ce bureau[3]. La critique faite à ce système est qu'il n'est pas pleinement démocratique : pas de vote à bulletin secret donc influence et pression possible auprès des électeurs surtout dans une même famille, le nombre de délégués ne correspond pas exactement au nombre de voix obtenues mais est issu d'un calcul particulier tenant compte de la participation[3], l'heure fixe et la courte période pour le rassemblement et le choix excluent les personnes ne pouvant se rendre au bureau de vote à ce moment-là[3]. Pour tenter de pallier ces problèmes, d'autres États votent à bulletin secret ou bien n'imposent pas de barre des 15 %.

Une fois les délégués élus au niveau des bureaux, ces derniers vont se réunir au niveau de chaque comté. Ces réunions permettent à leur tour de désigner des délégués aux conventions de l'État. Ces conventions sélectionnent ensuite les délégués à la convention nationale du parti, laquelle désignera le candidat officiel.

L'objectif du système des caucus est d'indiquer, par le biais du choix des délégués, la préférence des membres du parti dans les États ayant ce mode de désignation. Ainsi, la désignation du candidat national à la présidence s'exprime au niveau des bureaux de vote dans le processus de campagne. Par ailleurs, pour défavoriser les États qui, par exemple, ont devancé la date de leur caucus en 2008, leurs représentants à la convention fédérale ne seront pas pris en compte.

Les détracteurs du système du caucus eux reprochent principalement :

  • le fait que les premiers États en lice ne sont pas représentatifs au niveau social ou racial de l'ensemble de la population fédérale ;
  • le caractère peu représentatif des caucus. Vu l'effort en temps requis, moins de 10 % des votants participent à ces phases préliminaires. Dans l'Iowa en 2008, moins de 6 % des votants étaient représentés ;
  • un filtrage des candidats potentiels dans les premiers États, laissant peu de chances aux candidats mal placés dans les autres États qui organisent des élections des délégués plus tard (jusqu'en juin) : en effet, les candidats ayant reçu peu de support dans les premières pré-sélections abandonnent généralement la course à la présidentielle assez rapidement ;
  • la période longue durant laquelle se font les pré-sélections : les représentants des conventions choisis plus tard n'ont pas été choisis dans les mêmes conditions que les premiers sélectionnés.

Si une minorité d’États organise des caucus, la majorité organise des primaires où les membres des partis élisent leur délégué à la convention nationale. Dans ce cadre, chaque État a sa propre procédure de sélection des candidats à la convention nationale et organise son élection à une date différente.

The Caucus-Race, décrite en 1885 par Lewis Carroll dans Alice au Pays des Merveilles était déjà symptomatique du désordre généré par les caucus : organisée par un dodo, sans organisation aucune, chaque animal remporte finalement un prix. Les mauvaises langues disent que Lewis Carroll, lors de l'écriture de ce passage, voulait dénoncer le manque de clarté des systèmes d'organisation politique prévalant dans les pays du Commonwealth.

« Election day » : le vote populaire
C'est le moment où tous les électeurs américains sont appelés à se prononcer directement pour leur candidat préféré. Celui qui gagne, dans chaque État, à la majorité relative, remporte la totalité des grands électeurs de cet État. Il nomme ensuite son vice-président. L'enjeu est donc de taille pour les États les plus peuplés, qui comptent le plus de grands électeurs : la Californie (54), l'État de New-York (33), le Texas (32), la Floride (25).

L'élection par les grands électeurs
Le président et son vice-président sont finalement élus par le collège électoral, résultat du vote populaire. Les 538 grands électeurs votent pour le candidat qu'ils se sont engagés à soutenir, et qui doit obtenir la majorité absolue. L'investiture du nouveau président a lieu un mois plus tard, en janvier.

Parlement[modifier | modifier le code]

Dans certains pays du Commonwealth, aux États-Unis et parfois en Suisse, le caucus désigne la réunion des membres du Parlement ou du Congrès appartenant au même parti politique. Caucus est alors synonyme de groupe parlementaire.

Aux États-Unis, le terme caucus désigne également un regroupement d'élus au sein du Congrès sur une base d'affinités politiques ou ethniques, habituellement pour influencer la politique fédérale ou bien celle d'un État.

Le terme caucus peut également désigner un courant ou une sensibilité au sein d'un parti politique.

Sport[modifier | modifier le code]

Les Patriots de la Nouvelle-Angleterre en caucus. Le quart-arrière Matt Cassel (16) donne ses instructions pour le jeu qui va suivre.

Au football américain et au football canadien, le caucus (anglais en:huddle) est le court conciliabule que tiennent les joueurs de l'équipe à l'offensive juste avant un essai, et au cours duquel le quart-arrière annonce la stratégie pour le jeu qui va suivre. L'équipe dispose d'un laps de temps prédéterminé pour tenir son caucus, prendre sa position sur le terrain et mettre le ballon en jeu. Cette durée est de 20 secondes au football canadien[4] et, au football américain, de 40 secondes depuis la fin du jeu précédent ou 25 secondes à partir du signal de l'arbitre dans certaines circonstances[5]. Il arrive qu'une équipe ne tienne pas de caucus, soit qu'elle est pressée par le temps ou parce qu'elle veut prendre la défense adverse de vitesse.

Théâtre d'improvisation[modifier | modifier le code]

En match d'improvisation, le caucus est le moment de concertation entre le coach et ses joueurs, avant le début de l'impro, une fois le thème donné par l'arbitre. Le coach désigne le jouteur qui va entrer sur scène avec un personnage, une situation, un lieu, une intention, une manière, bref il élabore un coaching pour donner des repères, enfin il essaie… Le caucus dure vingt secondes. Si une équipe dépasse ce temps, elle commet une faute de retard de jeu. Ce sens du terme est dérivé du sens sportif ci-dessus.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. origine du mot caucus.
  2. "WINTHROP AND ADAMS", New York Times, mercredi 19 décembre 1876, Page 4, 1514 mots
  3. a, b, c, d et e « Avec Jacquie, dans les coulisses des caucus de l'Iowa », Le Monde, 3 janvier 2008
  4. Livre des règlements 2008 de la LCF, page 10
  5. NFL Rules Digest: Timing

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]