Dušan Popov

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Dušan « Duško » Popov (serbe cyrillique Душан « Душко » Попов), alias Tricyle (pour les Anglais) et Ivan (pour les nazis), né en 1912 à Titel en Serbie, mort en 1981 à Opio sur la Côte d'Azur, était un agent double (anglais-allemand), qui a surtout travaillé en Europe. Pour créer le personnage de James Bond, Ian Fleming s'en est fortement inspiré, notamment lorsqu'il le rencontre à l’hôtel Palacio à Lisbonne pendant la Seconde Guerre mondiale où le Serbe mise, sur une seule donne, les 38 000 dollars de ses frais de mission sur une table de baccara et remporte le coup au bluff.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'une riche famille serbe, il passe son enfance à Dubrovnik puis devient un familier de la cour du Royaume de Yougoslavie. Polyglotte, il est envoyé, comme ses frères, parfaire ses études dans les meilleures écoles européennes. À 24 ans, Dusko Popov obtient son doctorat de droit à Fribourg où il devient l'ami inséparable de Johnny Jebson, bourgeois épicurien. Dandy, séducteur et bluffeur, l'étudiant libéral est mis en détention provisoire par la Gestapo. Johnny Jebson prévient le père de Dusko pour qu'il active ses relations afin de lui faire éviter l'internement en camp de concentration. Libéré, cet épisode fait de lui un anti-nazi convaincu[1].

Johnny Jebson est recruté par l'Abwehr et propose à son ami de devenir espion pour les nazis. Il prévient les services britanniques de renseignement quand il est recruté par l'Abwehr. Lorsque celle-ci l'envoie espionner au Royaume-Uni, il transmet à Berlin un savant mélange d'informations contenant vérités et mensonges bien étudiés, élaboré avec soin par le Comité XX britannique. Ayant une couverture d'homme d'affaires travaillant dans l'import-export, il devient un des piliers du Système Double Cross et se rend souvent au Portugal, pays neutre où son officier de liaison allemand le contacte au casino de l’hôtel Palacio à Lisbonne. C'est au casino Estoril (en) ou à l’hôtel Palacio que le croise l'agent du MI5 Ian Fleming alors qu'il bluffe un riche lituanien vantard au baccara[1]. Ce coup de bluff est immortalisé dans Casino Royale, premier roman de James Bond écrit par Fleming.

Quand les Japonais recherchent des renseignements en vue de l'attaque de Pearl Harbor, ils appellent leurs alliés nazis. Popov exécute la mission confiée à l'Abwehr. Il va sur place, muni d'un questionnaire très précis. Celui-ci passe par les services anglais, puis américains, qui seront au courant sans y croire - quatre mois auparavant - des intentions nippones, le directeur du FBI J. Edgar Hoover se méfiant de cet homme étant sous le coup du Mann Act (en) pour proxénétisme[1]. Déçu, il participe à l’opération Fortitude.

Après la guerre, il se marie et s'installe dans le sud de la France. Il divorce en 1961 et se remarie un an plus tard avec une étudiante suédoise de 19 ans, avec qui il a trois garçons. En 1974, il publie ses mémoires Tricycle, traduits en Spy/counterspy aux États-Unis où le FBI fait interdire sa publication pendant plusieurs années pour protéger la réputation de son ancien chef J. Edgar Hoover, car celui-ci n'a pas pris en compte les avertissements de Duško Popov concernant Pearl Harbor, avertissements qui se sont révélés fondés[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Mémoires et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tricycle, préface d’Ewen Montagu, Robert Laffont (collection "Vécu"), 1975, in-8°, 335 p.
  • Article du "Figaro" du jeudi 19 décembre 1974, page 28 : "Le véritable 007 va publier ses mémoires. James Bond existe : il s'appelle Popov."

Articles connexes[modifier | modifier le code]