Savoyard (habitant)

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Savoyards

Description de cette image, également commentée ci-après

1er rang : Amédée VIII de SavoieFrançois de SalesClaude Louis Berthollet.
2e rang : Joseph de MaistreJacques BalmatAmélie Gex.
3e rang : Roger Frison-RocheAndré DussollierJeannie Longo.

Populations significatives par région
Savoie (France) 1 165 943 (incertaine)
Population totale incertaine
Autres
Régions d’origine

Sapaudie
Savoie

Langues

savoyard, français

Religions

Catholicisme (majorité)

Ethnies liées

Français, Italiens, Valdôtains.

Les Savoyards sont les habitants de la Savoie, berceau de la Maison de Savoie à l'origine d'un État indépendant, les États de Savoie. La Savoie est annexée à la France par le traité de Turin depuis 1860. Aujourd'hui, ce territoire est divisé en deux départements français : la Savoie et la Haute-Savoie.

Les termes « Savoyard » et « Savoisien » sont apparus quasiment tous deux au XVIe siècle[1].

Controverse[modifier | modifier le code]

Au cours de l'histoire, d'autres gentilés ont été utilisés comme celui de « savoisien », utilisé pour désigner les sujets du prince ou des objets, ou encore « savoyen », plus littéraire. Le terme originel pour désigner les habitants de la Savoie est « savoisien ».

Au XVIe siècle, le poète Marc-Claude de Buttet (né en 1530 à Chambéry), auteur de l'Amalthée, fait suivre son nom du qualificatif : « Gentilhomme savoisien ». François de Sales au XVIIe siècle, en résistance au roi de France déclara : « Si votre excellence me le permet, je lui dirai avec esprit de liberté, que je suis né, nourri et instruit, et tantôt envieilli en une solide fidélité envers notre prince souverain, à laquelle ma profession outre cela, et toutes les considérations humaines qui peuvent se faire, me tiennent étroitement lié. Je suis essentiellement "savoisien", et moi et tous les miens, et ne saurais jamais être autre chose. »[2] Au Piémont, au Moyen Âge, on employait en latin Savoinus, c'est-à-dire Savoyen [réf. nécessaire] .

Puis la traduction de l'italien « savoiardo » a fait naître le gentilé « savoyard », parfois utilisé dans le passé de façon péjorative eu égard aux nombreux conflits entre la France et la Savoie.

Exemples de définitions françaises marquant la connotation péjorative du terme « savoyard » :

  • « Savoyard : homme sale, grossier et brutal, on emploie le mot savoyard par mépris », (Dictionnaire Universel, Paris 1834)
  • « Savoyard : dans un langage très familier, on emploie ce mot pour désigner un homme grossier, rustre », (Dictionnaire des Dictionnaires, Paris 1837)
  • « Savoyard : paysan grossier, ramoneur, employé comme injure au XIXe siècle », (Dictionnaire de langue Française de Paul Robert, Paris 1989)

Depuis l'apparition de mouvements indépendantistes en Savoie (cf. Ligue savoisienne), le terme « savoisien » a tendance à être approprié par eux et pour leurs objectifs, ces derniers refusant l'appellation "française" et historiquement péjorative du nom des habitants de la Savoie[3].

Louis Besson, alors secrétaire d'État, faisait l'intervention suivante lors d'une séance au Sénat en octobre 1998, en évoquant les réticences à l'égard du mot « cumul » et de son dérivé « cumulard » : « Ce raisonnement me rappelle ce que disent les indépendantistes de ma propre région, qui veulent être désormais appelés « Savoisiens » et non plus « Savoyards » compte tenu de la connotation négative que revêt la terminaison "ard" ! »[4].

Aujourd'hui, le terme le plus utilisé, en Savoie comme en France, pour désigner les habitants de ces départements est « Savoyard » et est utilisé sans connotation péjorative.

Langue[modifier | modifier le code]

Les Savoyards utilisaient comme langue vernaculaire jusqu'à la moitié du XXe siècle le francoprovençal et des patois locaux qui en dérivent (le français étant la langue officielle et des élites administratives). Bien que toujours en usage dans certains villages, le savoyard est en voie de disparition en Savoie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Palluel-Guillard, L'Aigle et la Croix : Genève et la Savoie 1798-1815, Chambéry, éditions Cabédita,‎ 1999 (ISBN 978-2-8829-5260-8), p. 14-18.
  2. Extrait d'une lettre citée dans Vie de Saint François de Sales, évêque et prince de Genève par M. le Curé de Saint-Sulpice, André Jean Marie Hamon, 1855, p.414.
  3. Jean de Pingon, Savoie française. L'histoire d'un pays annexé, Cabédita, Collection « Archives vivantes »,‎ 1996 (ISBN 978-2-88295-184-7 et 2-88295-184-1), p. 31 à 39. Jean de Pingon est le fondateur de la Ligue savoisienne.
  4. « Séance du 28 octobre « Projet de loi organique relatif aux incompatibilités entre mandats électoraux »1998 », sur http://www.senat.fr/ (consulté le 5 mai 2010).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]