Anne-Pierre de Montesquiou-Fézensac

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Anne-Pierre de Montesquiou-Fézensac
Image illustrative de l'article Anne-Pierre de Montesquiou-Fézensac

Naissance 17 octobre 1739
Paris
Décès 30 décembre 1798 (à 59 ans)
Paris
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Arme Cavalerie
Grade Lieutenant-général
Années de service 17541792
Commandement Armée du Midi
Armée des Alpes
Distinctions chevalier de Saint-Louis
Ordre du Saint-Esprit
Hommages Arc de Triomphe de l'Étoile (23e colonne "MONTESQUIOU")
Autres fonctions Académicien
Président de l'Assemblée constituante
Famille Famille de Montesquiou

Anne-Pierre, marquis de Montesquiou-Fézensac, né le 17 octobre 1739 à Paris et mort le 30 décembre 1798 à Paris, est un général et homme politique français. Son nom figure sur l'Arc de Triomphe, 23e colonne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une très ancienne famille noble originaire de Gascogne, il fut élevé à la cour et menin des enfants de France. Il fut destiné à l'état militaire, entra, d'abord comme chevau-léger de la garde du roi en 1754, puis passa successivement lieutenant au régiment Royal-Pologne en 1756, capitaine au régiment du Roi en 1757, colonel aux Grenadiers de France en 1758, aide-maréchal des logis et colonel du régiment Royal-Vaisseaux en 1761, chevalier de l'ordre de Saint-Louis en 1763 et brigadier des armées du roi en 1768,

Il devient premier écuyer du comte de Provence, futur Louis XVIII, en 1771. Il est promu maréchal de camp en mars 1780 et reçoit le collier de l'ordre du Saint-Esprit en 1784.

Proche des Physiocrates, il hérite de son oncle et de son père un domaine à Mauperthuis dans la Brie qu'il développe considérablement, en créant notamment un élevage de moutons mérinos. Il y fait construire vers 1764-1766 un château et un jardin régulier par Claude Nicolas Ledoux, puis fait appel à Hubert Robert et Alexandre-Théodore Brongniart pour l'aménagement d'un parc à l'anglaise avec de nombreuses fabriques d'inspiration maçonnique. Toujours à la demande de Montesquiou, Brongniart remodèle totalement le village de Mauperthuis[1].

Il avait pris le goût des lettres dans la compagnie de Monsieur, et, à la mort de l'ancien évêque de Limoges, Mgr de Coëtlosquet, il brigua sa succession à l'Académie française. Il y fut admis le 29 avril 1784, et fut reçu par Jean Baptiste Antoine Suard le 15 juin 1784 ; le roi de Suède, Gustave III de Suède, voyageant sous le nom de comte de Haga, assista à sa séance de réception. Il a laissé des poésies et des comédies de salon.

La Révolution[modifier | modifier le code]

Élu député de la noblesse aux États généraux par la ville de Paris le 16 mai 1789, il fait partie des 47 députés de la noblesse qui se rallient au Tiers-État le 25 juin 1789. Il devient rapporteur du Comité des finances à l'Assemblée constituante. Au commencement de 1791, il devint président de l'Assemblée constituante, fut promu lieutenant-général le 20 mai 1791, et élu, le 29 octobre 1791, après la dissolution de l'Assemblée, administrateur du Département de Paris.

Général commandant de l'armée du Midi en 1792, il occupe la Savoie en septembre 1792 et pousse les habitants à demander leur annexion à la France.

Très attaché à la monarchie constitutionnelle, il avait, après le 10 août, fait les plus grands efforts pour rallier à ses idées le parti des Girondins ; il avait eu, à cette occasion, des entrevues avec Vergniaud, Pétion, Gensonné et Isnard, on le savait à la Convention.

Général en chef de l'Armée des Alpes, la Convention nationale lui donne l'ordre d'entrer à Genève, mais les Genevois ayant appelé à l'aide les cantons de Berne et de Zurich, le marquis de Montesquiou-Fézensac préfère négocier avec Genève, ce qui lui vaut un rappel par la Convention. Dubois-Crancé appuya, le 9 novembre 1792, un décret d'accusation contre lui, pour avoir compromis la dignité de la République en traitant, sans mandat, avec les magistrats de Genève, l'éloignement des troupes suisses. Prévenu à temps, Montesquiou se réfugia en Suisse, à Bremgarten, dans le canton de Zurich, où il resta jusqu'à la chute de Robespierre soutenant nombre d'émigrés dont le fameux François de Pange.

Le 22 juillet 1795, il adressa à Louvet une lettre dans laquelle il disait : « J'ai mérité plus que personne le titre de “constitutionnel”, non que j'eusse une passion aveugle pour la Constitution de 1791, mais parce qu'elle était la première digue contre l'abus du pouvoir arbitraire. J'ai haï de tout mon cœur la république de Robespierre, j'eusse préféré de vivre à Constantinople et au Maroc, au malheur d'habiter un pays où l'anarchie avait un code, des principes absolus et autant de bourreaux que de juges. » Il demandait aussi à rentrer. Prévenant la réponse, il rentra fin juillet ; mais sa demande ne fut officiellement accueillie que par un décret du 3 septembre 1795.

En 1797, il fit partie du « cercle constitutionnel » que le Directoire essaya d'opposer au club de Clichy : il fut aussi question de lui pour le ministère ; il mourut l'année suivante.

Son nom apparaît sous l'Arc de Triomphe de l'Étoile, 23e colonne.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Il est le fils du comte Pierre de Montesquiou (1687-1754), lieutenant-général des armées du roi, et de Gertrude Marie Louise Bombarde de Beaulieu.

Il est l'ancêtre de tous les Montesquiou-Fezensac et les Montesquiou-d'Artagnan actuels[2].En 1760, il épouse en premières noces Jeanne Marie Hocquart de Montfermeil, nièce de Gilles et de Toussaint Hocquart, d'où :

En 1798, le 3 septembre, il épouse en secondes noces, Anne-Louise de Domangeville (1762-1799), une amie veuve, mère de quatre jeunes enfants, rescapée in extremis des geôles révolutionnaires poursuivie par ses créanciers.

Le premier mari de la "Pauvre grande" - comme la surnommait sa cousine Pauline de Beaumont -, Antoine de Sérilly, est monté à l'échafaud avec Madame Elisabeth en 1794. Le second, François de Pange est mort de tuberculose en 1796 après une émigration et un exil douloureux. A chaque fois Anne-Louise est le soutien indispensable de ses proches. C'est elle qui veillera Anne-Pierre de Montesquiou, son troisième mari jusqu'à sa fin. Elle contractera sa maladie et s'éteindra le 17 avril 1799 à l'âge de 36 ans dans les bras de sa cousine Pauline de Beaumont.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Émilie ou les joueurs, comédie en cinq actes, en vers (1787)
  • Aux trois ordres de la nation (Paris, 1789)
  • Esquisses de l'histoire, de la religion, des sciences et des mœurs des Indiens, traduit de Crawford (Paris, 1791)
  • Mémoire sur les finances du royaume (Paris, 1791)
  • Mémoire sur les assignats (Paris, 1791)
  • Mémoire justificatif (1792)
  • Coup d'œil sur la Révolution française par un ami de l'ordre et des lois (Hambourg, 1794)
  • Correspondance avec les ministres et les généraux de la République pendant la campagne de Savoie et les négociations avec Génère en 1792 (Paris, 1796)
  • Du gouvernement des finances de la France

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Florence Collette et Denise Péricard-Méa, Le Temps des jardins, 1992, p. 103-110
  2. "Généalogie de la famille de Montesquiou-Fezensac, de la Révolution à nos jours", Comte A. de Montesquiou-Fzesanc, 1961

Sources[modifier | modifier le code]

  • Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux de la Révolution et de l’Empire, Paris, Georges Saffroy éditeur, coll. « Librairie Historique et Nobiliaire », 1934
  • Édith de Pange , Le chevalier de Pange ou la tragédie des trois frères, Metz, Éditions Serpenoise, 2011, p. 346-347

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]