Lucky Luciano

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Lucky Luciano dans les années 1930 (cliché de la police).

Charles « Lucky » Luciano (24 novembre 1897, Lercara Friddi, Sicile, Italie - 26 janvier 1962, Naples, Italie), est un criminel italo-américain né sous le nom de Salvatore Lucania. Il fut certainement le criminel dont l'influence historique fut la plus grande. Deux versions différentes expliquent son surnom de « Lucky » (le « Chanceux ») : la plus vraisemblable le rattache à un passage à tabac, en 1926 (un « long tour » en argot, la victime étant emmenée en voiture dans un endroit tranquille). Selon les versions, il s'agissait des sbires d'un des deux principaux parrains new-yorkais, Masseria ou Maranzano. Il s'en était sorti miraculeusement vivant, gardant seulement plusieurs cicatrices faciales, dont une paupière endommagée, toujours à moitié fermée. L'autre version indique qu'il misait souvent sur le bon cheval lorsqu'il jouait aux courses.

Sommaire

[modifier] Jeunes années

Luciano immigra aux États-Unis avec ses parents en 1906. Il commença très tôt par le vol à l'étalage et le racket des garçons juifs plus jeunes en échange de sa protection. C'est ainsi qu'il rencontra Meyer Lansky, pour qui il conserva une indéfectible amitié. À 18 ans, Luciano fut arrêté (avec Armand Taheri, alors âgé de 15 ans) pendant qu'il livrait de l'héroïne et passa six mois en prison. Sa notoriété s'accrut au sein du Five Points Gang, dont les membres étaient aussi connus comme les « Five Pointers ». En 1920, il était un contrebandier important (anglais : powerful bootlegger), en association avec Frank Costello, Meyer Lansky et Bugsy Siegel, et accessoirement Joe Adonis et Vito Genovese. À la même période, Costello lui fit rencontrer Dutch Schultz et Arnold Rothstein.

[modifier] La guerre des Castellammarese

Article détaillé : guerre des Castellammarese.

Lucky Luciano rejoignit ensuite la famille d'un des plus puissants parrains de New York, Joe Masseria. Alors que Luciano enrageait de voir de nombreuses opportunités de business s'envoler en raison de l'antisémitisme de la mafia, Masseria se méfiait de son ambition.

De 1930 à 1931, la famille Masseria et celle de son rival Salvatore Maranzano s'affrontèrent au cours de la guerre des Castellammarese, avec pour conséquence plusieurs dizaines d'assassinats. Pour mettre fin à cette hécatombe (et préparant avec Meyer Lansky un plan pour prendre le pouvoir), Luciano passa un marché avec Maranzano pour trahir Masseria, assassiné alors qu'il se trouvait avec lui au restaurant (Luciano était passé aux toilettes pour son alibi). Il se retourna ensuite contre son nouveau patron.

La vision de Luciano, sa volonté de bousculer les vieilles traditions de la mafia, ses relations (en particulier Meyer Lansky) et son sens aigu de la stratégie, ainsi qu'un charisme indéniable, amenèrent Lucky Luciano, désormais parrain de l'une des cinq familles de la Cosa Nostra de New York, à devenir un membre important du Syndicat du crime.

[modifier] Ascension et chute

Luciano a été accusé d'organiser la prostitution selon des procédés d'optimisation industrielle. Luciano, jeune gangster brillant et avide de pouvoir arriver au sommet, devient une célébrité et amasse des sommes considérables pour l'époque. Son idée de décentralisation du crime avec à sa tête la commission lui octroie un pouvoir que plus aucun gangster ne connut après lui. Aussi il s'installe dans le luxe au Waldorf Astoria, porte des costumes différents chaque jour et fréquente les plus belles call-girls de New-York. Cependant, en 1936, le procureur Thomas Dewey monta un complot visant à soit-disant mettre a jour son réseau de prostitution et Luciano fut arrêté pour proxénétisme (bien des preuves montrent maintenant que cette histoire de prostitution avait été créée de toutes pièces, Luciano n'ayant jamais touché à la prostitution, car contraire aux règles de la mafia). Lors du procès, plusieurs prostituées et souteneurs furent appelés à témoigner, et Luciano écopa d'une peine de 30 à 50 ans d'emprisonnement. Son avocat parvint à le faire transférer à la prison de Dannemora (au lieu de la prison plus dure de Sing Sing). Grâce à ses accointances politiques, il put y bénéficier d'un traitement de faveur et recevoir régulièrement ses associés, ce qui lui permit de continuer à gérer son empire.

[modifier] La Conférence de La Havane

En janvier 1934, Luciano fut convié par Johnny Torrio à une réunion où étaient également présents: Abner Zwillman, Meyer Lansky, Bugsy Siegel, Lepke Buchalter, Bo Weinberg, Joe Adonis et Albert Anastasia. Cette réunion engendra la création du Syndicat du crime.

[modifier] La fin

En 1959, il piégea Vito Genovese lors d'une transaction d'héroïne dont furent averties les autorités fédérales. Au début des années 1960, il entra en conflit avec Meyer Lansky, qu'il soupçonnait de détourner des sommes qui lui étaient dues, mais renonça à agir. En janvier 1962, Lucky Luciano fut terrassé par une crise cardiaque à l'aéroport de Naples. Il a été enterré aux États-Unis, la loi américaine ne considérant pas qu'un cadavre ait une nationalité quelconque.

[modifier] Légende

La légende veut que dès décembre 1941, les services secrets de l'US Navy (l'ONI) approchent discrètement Lucky Luciano. Objet de la rencontre : le contrôle du port de New York dont les autorités américaines craignent qu'il ne fasse l'objet de tentatives de sabotage de la part d'agents nazis. Autant par intérêt que par patriotisme, Lucky Luciano aurait accepté de mettre l'Organisation au service de l'effort de guerre. Jusqu'en 1945, le Syndicat des dockers, totalement noyauté par la Mafia, aurait exercé ainsi un contrôle très ferme sur les installations portuaires. Cette collaboration aurait franchi une nouvelle étape en 1943 lorsque les services secrets américains lui demandent d'entrer en contact avec les principales " familles " siciliennes afin qu'elles facilitent le débarquement allié en Sicile. Sabotage, missions de renseignements... La Mafia aurait joué un rôle non négligeable dans la réussite des opérations militaires. Plus tard, les Américains lui demanderont de contenir l'influence communiste dans l'île.[réf. nécessaire]

Lucky Luciano nie cependant cette version des faits dans son livre testament[1].


[modifier] Films

  • Dans le deuxième film de sa trilogie sur la mafia (The Godfather), Francis Ford Coppola met en scène une rencontre des principaux parrains à La Havane et évoque les relations entre le gouvernement cubain de l’époque et le crime organisé.

[modifier] Livres

  • Mafia S.A de William Reymond
  • Lucky Luciano, Le Testament de Martin Gosch. Ce livre a été dicté par Lucky Luciano lui-même avec la condition sine qua non de ne publier ce livre que 10 après sa propre mort, pour le protéger lui ainsi que ses connaissances. Il est en paru en 1975

[modifier] Liens internes

[modifier] Notes et références

  1. Lucky Luciano, Le Testament, Martin Gosch.
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