Voie verte

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Signalétique française pour les voies vertes / Greenways
Voie verte à Langres
Voie verte aménagée sur l'ancienne ligne de chemin de fer à Langres
Piste cyclable, dont l'accès leur est réservé et interdit aux véhicules à moteur sauf services
Piste cyclable aménagée sur l'ancienne ligne de chemin de fer du littoral varois

Une voie verte est, en Europe[1], une voie de communication autonome réservée aux déplacements non motorisés, développée dans un souci d’aménagement intégré valorisant l’environnement, le patrimoine économique et industriel, et la qualité de vie, et réunissant des conditions suffisantes de largeur, de déclivité et de revêtement pour garantir une utilisation conviviale et sécurisée à tous les usagers de toute capacité.

À cet égard, l'utilisation des chemins de halage, anciens chemins ruraux, voies ferrées désaffectées sont des supports privilégiés de développement des voies vertes (Déclaration de Lille, 12 septembre 2000). S'ils sont gérés adéquatement (gestion différentiée et restauratoire, et sans pesticides des abords, qui peuvent alors éventuellement jouer un rôle dans la trame verte et bleue locale), les voies vertes sont un des éléments des politiques de développement durable des territoires concernés.

Pour les anglophones, le mot « Greenway » désignant les Voies Vertes, mais aussi de manière plus générique, « une route qui est bonne d'un point de vue environnemental » (Turner, 1995[2] ou - en Angleterre selon un sondage cité par Turner en 2006 - « un espace linéaire contenant des éléments planifiés, conçus et gérés à des fins multiples, y compris écologiques, récréatives, culturelles, esthétiques et autres compatibles avec le concept d'utilisation durable des terres ») ou un large éventail de stratégies de planification paysagère et urbaine incluant plus ou moins une préoccupation environnementale associée à une infrastructure de déplacement [3],[4], dont les abords ont souvent pris une valeur particulière[5] et parfois associés à la notion de corridor biologique en Europe[6].

Histoire et évolution des voies vertes[modifier | modifier le code]

Des années 1975 à 1995, les voies vertes se sont fortement multipliées dans les paysages urbanisés des pays dits développés[7]. À titre d'exemples plus de 500 communautés étaient en train d'en construire en 1995, rien qu'en Amérique du Nord. Elles répondent à de nouveaux besoins humains même si elles prolongent aussi une partie des fonctions des chemins ruraux séculaires. Plus que de simples équipements ou aménagements paysagers, elles visent de plus en plus à aussi fournir un contrepoint à la perte de paysage naturel dans un contexte durbanisation croissante et d'industrialisation de l'agriculture. Avec les temps qui changeaient, la notion de chemins verts oucorridors verts a évolué pour répondre aux nouveaux besoins et défis[7].
Trois étapes distinctes (ou «générations») de voie verte peuvent être identifiés en tant que forme du paysage urbain et périurbain ;

  1. une première génération a été celle des voies boisées, bordées de talus enherbés et fleuris ou des chemins de promenades ancestraux[7], complémentaire des réseaux routiers ;
  2. Des sentier récréatifs et de découverte, ou de déplacement hors des zones de trafic routier, donnant accès aux rivières, ruisseaux, crêtes, et au tissu urbain, aux jardins ouvriers, etc. ont suivi. En général, l'automobile en était exclue[7] (Voies réservées) ;
  3. La dernière génération est souvent plus multifonctionnelle, plutôt réservé aux déplacements doux et aux loisirs ainsi parfois qu'à l'embellissement du paysage, tout en cherchant à répondre à certains besoins vitaux de la faune, flore (et parfois fonge, avec conservation de bois mort). Des fossés, noues, zones inondables peuvent aussi jouer un rôle dans la gestion de l'eau et des crues (en milieu urbain ou rural). Les bords de chemins sont conçus et gérés pour pouvoir jouer le rôle de corridor biologique avec une éventuelle zone tampon. Tout comme les bandes enherbées ou d'autres types de zones tampon, certaines voies vertes contribuent à aussi à améliorer la qualité des eaux (avec par exemple des fossés et noues à vocation de lagunage naturel). Elles fournissent aussi des ressources pour l'éducation en plein air, la découverte et l'interprétation des paysages. Les aménageurs doivent alors s'inscrire dans des approches pluridisciplinaires et autrefois parfois opposées comme le génie civil, l'architecture et l'écologie du paysage, la gestion différentiée ou l'écologie des milieux humides[7]. En France la dénomination de voies vertes tend à se superposer à celle des voies vertes du réseau véloroute et voies vertes[8]

État du réseau (au début des années 2000)[modifier | modifier le code]

  • En Belgique, un réseau 2 200 km de voies vertes était déjà défini en 2003, dont 900 km étaient aménagés[9].
  • En France, un décret du 16 septembre 2004 a introduit les voies vertes dans le Code de la Route : les voies vertes sont définies comme des routes « exclusivement réservées à la circulation des véhicules non motorisés, des piétons et des cavaliers[10] ».

Caractéristiques et avantages[modifier | modifier le code]

Elles sont aménagées le plus souvent sur d'anciennes lignes ferroviaires, sur des chemins de halage, des routes fermées à la circulation automobile, des itinéraires culturels (chaussées romaines, routes de pèlerinage). Elles présentent certaines caractéristiques :

  1. facilité d'accès : leurs pentes, faibles ou nulles, permettent leur utilisation par tous les types d'usagers, y compris les personnes à mobilité réduite ;
  2. sécurité grâce à leur séparation physique par rapport aux voies carrossables et à l'aménagement approprié des croisements ;
  3. continuité des tracés avec des solutions alternatives en cas d'obstacle ;
  4. respect de l'environnement le long des voies et invitation pour les usagers à le respecter.

Les voies vertes sont aussi des services, localisés dans d'anciens équipements, également préservés, tels que les anciennes gares de chemin de fer et les maisons d'éclusier. Ces services peuvent être de différents types : logement, musées, location de vélo, hébergement de cavaliers, maisons de quartier, etc. Ils s'adressent aussi bien aux usagers locaux qu'aux touristes.

Plusieurs dizaines de kilomètres de l'ancienne ligne du littoral des chemins de fer de Provence ont par exemple été aménagés en piste cyclable entre Toulon et Pramousquier (commune du Lavandou).

Les voies vertes font l'objet d'informations (édition de cartes, de brochures, etc.) sur l'itinéraire lui-même et sur les sites situés à proximité.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Bonduelle, La France des voies vertes : cyclistes, rollers, randonneurs, Éd. Ouest-France, Rennes, 2003, 141 p. (ISBN 2-7373-3131-5)
  • Anca Duguet, Les voies vertes dans la région de Londres : rapport de mission (16 et 17 juin 1993), Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région d'Ile-de-France, 1993, Paris, 55 p. (ISBN 2-7371-0475-0)
  • Anca Duguet, Gérard Chanteloup, Emmanuelle Guedj (et al.), Les voies vertes en Ile-de-France, deux exemples : analyses de cas en France, Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région d'Ile-de-France, Paris, 1995, 71 p. (ISBN 2-7371-1077-7)
  • France à vélo, France des voies vertes : les clefs de la réussite, ODIT France, Paris, 2006, 104 p. (ISBN 2-915215-26-X)
  • Guide de bonnes pratiques des voies vertes en Europe : exemples de réalisations urbaines et périurbaines, Association européenne des voies vertes, Commission européenne, Direction générale de l'environnement, Bruxelles, 2000
  • Nicolas Mercat, Voies vertes : fréquentation et impact : panorama de l'offre, AFIT, Paris, 2003, 93 p. (ISBN 2-910388-94-8)
  • Guide corédigé par les ministères français de l'environnement, de l'équipement, des sports Fiche "choix techniques" véloroutes et voies vertes, 2000, 90 pages, (URL : http://www.enviplans.net/guidelines/reading/mobility/greenwaysBP_EUguide_05_fr.pdf)
  • Cahier des charges “Schéma national des véloroutes et voies vertes”, ministère de l’Aménagement du territoire et de l’environnement, ministère de l’Équipement, des transports et du logement, ministère de la Jeunesse et des sports ; secrétariat d’État au Tourisme - mai 2001 "
  • “Pistes cyclables - conception des structures” LCPC - Cetur, 1986, 50 pages
  • "“Recommandations pour les aménagements cyclables” Certu, avril 2000, 108 pages
  • "Fiches véloroutes et voies vertes 1 “Les relais vélo” et 2 “Traversées d’agglomération”, MEDD, Paris, octobre et novembre 2001
  • Mission nationale Véloroutes et voies vertes - MN3V, Véloroutes voies vertes l’avenir est aux circulations douces
  • Réseau vert européen, actes du colloque de Lille, septembre 2000
  • Agence française de l’ingénierie touristique (Afit) 2003, Voies vertes: fréquentation et impact, www.afit-tourisme.fr
  • Brigitte Le Brethon, Propositions pour encourager le développement de la bicyclette en France, mars 2004, La Documentation française

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site de l'Association Européenne des voies vertes
  2. Turner cité par lui même in TURNER T., 2006, Greenway planning in Britain: recent work and future plans, vol. 76, no. 1-4, pp.240-251 ([http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0169204604001434 Résumé)
  3. Jack Ahern (Department of Landscape Architecture and Regional Planning, University of Massachusetts), Greenways as a planning strategy ; Landscape and Urban Planning Volume 33, Issues 1-3, October 1995, Pages 131-155 Greenways doi:10.1016/0169-2046(95)02039-V (Résumé)
  4. ,FÁBOS J.G., 1995, Introduction and overview: the greenway movement, uses and potentials of greenways, Landscape and Urban Planning, vol. 33, no. 1-3, pp.1-13.
  5. Hobden D.W., Laughton G.E. et Morgan K.E., 2004, Green space borders, a tangible benefit ? Evidence from four neighbourhoods in Surrey, British Columbia, 1980-2001, Land Use Policy, vol. 21, no. 2, pp.129-138
  6. Jongman R.H.G., Külvik M. et Kristiansen I., 2004, European ecological networks and greenways, Landscape and Urban Planning, vol. 68, no. 2-3, pp.305-319.
  7. a, b, c, d et e Robert M. Searns , The evolution of greenways as an adaptive urban landscape ; Landscape and Urban Planning Volume 33, Issues 1-3, October 1995, Pages 65-80 Greenways doi:10.1016/0169-2046(94)02014-7 online 23 February 2000.
  8. Qu'est-ce qu'une voie verte ? Fiche illustrée (Comité départemental de cyclotourisme FFCT de la Sarthe)
  9. Source : 4e Conférence européenne sur les Voies vertes au Palais des Congrès de Liège, en Belgique
  10. Décret relatif à l’introduction des voies vertes dans le Code de la Route français