Hubert Marty-Vrayance

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Hubert Marty-Vrayance, policier français, a été commissaire à la Direction centrale des Renseignements généraux (RG).

Biographie[modifier | modifier le code]

Hubert Marty-Vrayance, né en 1958 à Perpignan, est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, licencié en droit et titulaire d'une maîtrise en droit public. Major de la 35e promotion des commissaires de police, il est l'un des rares commissaires de police à avoir aussi réussi les écrits du concours d'entrée à l'ENA, et aussi à l'ENM. Mais c'est le service de la police qui l'attire le plus, car il cherche l'action et l'accomplissement dans un métier de terrain.

Sa carrière débute aux Renseignements Généraux où il occupe des postes sensibles : chef du poste du Havre en 1985, il s'y fait remarquer dès décembre 1987 en réussissant une difficile opération anti-terroriste avec le RAID dirigé alors par Ange Mancini, succès qui lui vaut les félicitations personnelles du ministre Charles Pasqua.

Mais ce sont les socialistes revenus au pouvoir en juin 1988 qui lui offrent un poste très sensible en le nommant directeur départemental des Renseignements Généraux de la Nièvre fin 1988, après la réélection de François Mitterrand et le retour de Pierre Bérégovoy à la tête du ministère de l'Économie et des Finances.

Hubert Marty-Vrayance reste presque quatre ans dans ce poste qui permet alors de nombreux contacts dans les allées du pouvoir, mais est aussi témoin des malentendus qui surgissent entre les deux têtes de l'exécutif, le président et son fidèle argentier Bérégovoy, qui accède enfin au poste de Premier ministre le 2 avril 1992. Peu après, le commissaire est promu commissaire principal et nommé en Afrique début 1993, après un passage comme chargé de mission au cabinet du Directeur central des RG, Yves Bertrand.

Hubert Marty-Vrayance sert d'abord près de trois ans au Gabon, comme conseiller juridique du général d'armée, directeur général de la police gabonaise, qui lui permet de connaître des proches du président Omar Bongo Ondimba, et les arcanes de "la Françafrique" avant d'être promu en 1995 délégué du SCTIP au Burundi, attaché de police à l'ambassade de France juste un an après le génocide au Rwanda.

À Bujumbura, alors secouée par une guerre civile larvée entre l'armée à majorité tutsi et des mouvements de rébellion hutu, l'attaché de police Hubert Marty-Vrayance faillit être tué lors du vol à main armée de sa voiture de l'ambassade de France commis en mai 1996 par des voyous d'origine rwandaise, qui seront arrêtés plus tard, le chef de bande étant condamné à mort. La violence de son agression, qui relevait d'une série d'actions anti-françaises suite à l'opération Turquoise décidée pour contenir la progression du Front patriotique rwandais du major Paul Kagame, conduit les autorités françaises à cesser toute coopération avec le Burundi. C'est dans ces conditions que le commissaire rejoint Paris fin 1996 et qu'il est nommé dans les services de Premier ministre, au secrétariat général de la Défense nationale.

Doté d'un sens de l'adaptation aux nouvelles technologies, il s'initie à la cryptologie, à la certification et aux nouveaux mais importants problèmes de sécurité informatique au sein de son nouveau service, le SCSSI qui deviendra en 2000 la DCSSI, la Direction centrale de la sécurité des systèmes d'information.

Dans ce service, il fait le pont entre les différentes directions de la police, et ce centre interministériel de compétences et d'expertise qu'est la DCSSI, qui travaille dans l'ombre avec de nombreux partenaires français et étrangers dans le domaine des NTIC.

Il devient en quelques années un expert de ces questions en France (il enseigne alors au CEFSSI, à l'IHEDN, à l'IHESI) et à l'étranger (EUROPOL, SCHENGEN, et surtout les réunions du Groupe de Lyon du G8 où le commissaire défendit les positions françaises et européennes face à un certain hégémonisme américain…).

Le 31 mars 2002 il est promu commissaire divisionnaire. Le commissaire n'est alors connu que de ses collègues policiers ou privés travaillant dans son domaine : les TIC, et les problèmes juridiques posés aux États et aux individus qui découlent de la mondialisation des réseaux.

Affaires[modifier | modifier le code]

Ce sont de toutes autres activités qui vont lui donner une notoriété dont il se serait certainement passée : sa participation au fameux « cabinet noir » d'Yves Bertrand semble mettre un terme à une carrière qui s'annonçait brillante. En effet, en sa qualité d'ex-directeur des RG de la Nièvre (il quitte les RG fin 1992), Marty-Vrayance est chargé d'une enquête parallèle concernant la mort du premier ministre Pierre Beregovoy, en 1993. Selon lui, Yves Bertrand, directeur des RG, lui demande alors de creuser la piste de l'assassinat, parlant d'un commando ; Bertrand niera par la suite cette déclaration[1].

Alors qu'il n'est déjà plus aux RG, il travaille néanmoins entre 2000 et 2002 pour Yves Bertrand sur différents dossiers nébuleux et potentiellement gênants pour la République, comme les affaires Beregovoy (voir à ce sujet le film de Francis Gillery réalisé pour FR3 en avril 2008), l'affaire Yvan Colonna (à propos de l'assassinat du préfet Claude Érignac en 1998)[2].

En juin 2002, il porte plainte contre les éditions La Découverte pour obtenir le retrait des pages le concernant dans le livre des journalistes Jean Guisnel et Guillaume Dasquié, L’Effroyable Mensonge, qui critique les thèses conspirationnistes de Thierry Meyssan[3]. Selon le site internet Amnistia.net, il aurait aidé Meyssan, ainsi que le journaliste Jean-Paul Guillaume, à écrire leurs ouvrages (celui d'un autre journaliste, Pierre et non Jean-Paul Guillaume révèle le passé trotskyste de Lionel Jospin). Selon le magazine le Point, Hubert Marty-Vrayance aurait aussi été en contact avec le journaliste Jean-Paul Ney, mis en examen en 2007 pour « vol et atteinte au secret de la défense nationale » dans une affaire concernant le réseau Rimbaud (Réseau interministériel de base uniformément durci)[4]. Dans cette affaire compliquée, qui peut s'analyser comme un premier piège tendu dès 2002 au commissaire, ce dernier a en fait mis en garde les autorités gouvernementales sur les atteintes à la sécurité des communications qui auraient pu être commises par le biais des agissements de ce Jean-Paul Ney. Celui-ci sera arrêté quelques années plus tard et maintenu deux ans en détention par les autorités ivoiriennes pour atteinte à la sûreté de l’État ivoirien…

Après plus de deux années sans affectation, et une animosité certaine à son égard des directeurs de la police proches de Nicolas Sarkozy, principalement Claude Guéant et Michel Gaudin, le commissaire Marty-Vrayance retrouve la police active de terrain en juillet 2004, étant nommé commissaire central adjoint de Palaiseau, commissaire des Ulis (91) période où il doit notamment gérer les violences urbaines de novembre 2005 à la satisfaction générale des élus et de la population, avec qui il avait noué de bonnes relations.

Ce passage à Palaiseau-Les Ulis aurait pu constituer une étape pour reprendre le cours normal de sa carrière après ses ennuis administratifs et une campagne de presse virulente autour des attentats du 11 septembre et des enquêtes politiques des RG : en janvier 2006, il est arrêté par l'IGPN (les fameux « bœuf-carotte ») pour avoir fourni des informations tirées du STIC, un fichier de police, à un ancien gendarme, gérant d'une agence de détective privé travaillant en étroite liaison avec la DST[5]. Le 12 mai 2010, le tribunal de Versailles le condamne à dix-huit mois de prison avec sursis et à une interdiction définitive d’exercer une fonction publique, mais le relaxe totalement pour la divulgation d'informations émanant des fichiers de police à l'ancien gendarme, venu expliquer clairement à la barre qu'il était venu provoquer le commissaire à la demande explicite de ses officiers traitants de la DST, les commandants François Henrion et Patrick Geze.

Deux ans avant même le procès, le gendarme Patrick Baptendier s'était amplement expliqué sur sa démarche dans un livre intitulé Allez-y, on vous couvre !. Cet ancien maréchal des logis spécialisé dans les enquêtes financières à la Brigade de Recherche de Nanterre reconnaît et écrit que c'est expressément la DST, l'ancien contre-espionnage, qui lui avait demandé d'aller piéger le commissaire dans son bureau,…sinistre manœuvre digne des films d'espionnage. Suite à sa révocation intervenue en décembre 2006, décision qu'il a attaquée devant le Conseil d'État, le commissaire Marty est devenu consultant dans le secteur privé, notamment au Sénat en 2010 et dans un cabinet d'avocat jusqu'en 2012. Il se bat pour sa réhabilitation car son affaire n'a rien à voir avec celle de policiers ayant frayé avec le milieu ou commis des irrégularités graves, mais relève d'une persécution administrative puis judiciaire mise en œuvre par le cabinet de Nicolas Sarkozy à partir de juin 2002.

Vivement intéressé par les questions liées au développement et à la francophonie, il effectue aussi des missions humanitaires dans certains pays africains.

Attentats du 11 septembre 2001[modifier | modifier le code]

Invité le dimanche 11 septembre 2011 sur Radio Ici et maintenant dans une émission spéciale consacré aux attentats du 11 septembre 2001, se référant à des spécialistes des services américains, il soutient la thèse selon laquelle il n'y a jamais eu d'avion de ligne qui s'est écrasé sur le Pentagone et a ajouté que ce que les témoins oculaires avaient identifié comme un avion de ligne n'était en réalité qu'un hologramme. Il a réaffirmé ce qu'il a toujours dit depuis le 11 septembre 2001, à savoir que ces attentats sous fausse bannière avaient été préparés par les néo-conservateurs US proches du clan Bush pour légitimer leurs visées impérialistes au Moyen-Orient et plus largement dans le monde afin d'envahir l'Irak, l'Afghanistan, et étendre leur leadership sur le monde.

Hubert Marty-Vrayance a participé comme spécialiste du renseignement à l'ouvrage collectif intitulé Le 11 septembre n'a pas eu lieu paru en septembre 2011 aux éditions "Retour aux sources", étant interviewé par plusieurs radios libres, ou participant à des débats publics. Il a été l'un des premiers, avant même Thierry Meyssan, à contester la version officielle de ces attentats, étant attaqué au vitriol par Guillaume Dasquié dès avril 2002, début de ses tracas professionnels. Une première recension critique du livre L'Effroyable Mensonge (La Découverte, 2002) a été publiée par le site Enquêtes et faits divers. Le spécialiste de la mécanique des fluides, Jean-Pierre Petit, a présenté l'ouvrage de Jean Guisnel et Guillaume Dasquié comme « un tissu d'absurdités et de nullité, au plan technique », alors que ceux qui, comme le commissaire Marty, qui ont émis dès le départ des doutes sur la version officielle ont fait oeuvre salutaire pour les libertés publiques et individuelles. Ils l'ont souvent payé très cher, parfois même de leur vie (nombreuses morts violents inexpliquées d'Américains ayant remis en cause la version officielle).

Musique[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, Hubert Marty-Vrayance est également musicien ; pianiste dès son plus jeune âge, il a une formation d'organiste et de compositeur, étant membre de la SACEM depuis 1978. Il a tenu les orgues d'une église dans l'Ain pendant une quinzaine d'années et donné plusieurs concerts en France aux synthétiseurs. Il a produit deux albums 33 tours de ses compositions : en 1979 Aura par le duo EDEN qu'il avait formé avec un batteur-percussionniste, puis Landscape 8O double 33 tours dédié aux 4 éléments et à un ancien préfet, qu'il a sorti en 1986.

Très aériennes et inspirées, certaines de ses musiques ont été utilisées en illustration sonore par la télévision. Influencé par le compositeur de musique de films François de Roubaix, décédé en 1975, qu'il connaissait bien, Hubert Vrayance est surtout un adepte du compositeur grec Vangelis, avec qui il est en contact depuis une vingtaine d'années. La musique électronique évolutive est pour lui une passion qui l'amène à de nombreux contacts dans le milieu musical et une évasion certaine des turbulences professionnelles et médiatiques qu'il a connues ces dernières années.

Campagne législative dans la 6e circonscription de Paris[modifier | modifier le code]

En 2012, Hubert Marty-Vrayance se présente aux élections législatives dans la sixième circonscription de Paris, axant sa campagne sur la lutte contre la corruption et pour la souveraineté nationale. Il se présente en candidat indépendant et sans étiquette[6]. Après une campagne courte et intense marquée notamment par le thème de la corruption en France, il ne recueille que 75 voix soit 0,17% des suffrages exprimés. Il assure à cette occasion que la corruption deviendra un thème essentiel de débat dans la société française.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gorge profonde répond à Yves Bertrand, Bakchich, 6 novembre 2007
  2. Piotr Smolar, Un commissaire écroué dans une affaire de transmission de renseignements, Le Monde, 25 janvier 2006
  3. François Gèze, Les Éditions La Découverte assignées en référé, communiqué du 26 juin 2002.
  4. Secret défense - Espionnage - L'homme qui en savait trop, CHRISTOPHE DELOIRE, Le Point, 19 janvier 2007.
  5. Christophe Cornevin, Policiers et gendarmes consultaient les fichiers «au noir», Le Figaro, 15 octobre 2007
  6. http://hubertmarty2012.com/

Liens externes[modifier | modifier le code]

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