Château de Coppet

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Château de Coppet
Image illustrative de l'article Château de Coppet
Le château de Coppet
Début construction XIIIe siècle
Fin construction vers 1730
Protection Bien culturel d'importance nationale
Coordonnées 46° 18′ 57″ N 6° 11′ 35″ E / 46.315852, 6.193048 ()46° 18′ 57″ Nord 6° 11′ 35″ Est / 46.315852, 6.193048 ()  
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Vaud
Commune Coppet

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Château de Coppet

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Château de Coppet

Le château de Coppet est un château vaudois située sur le territoire de la commune de Coppet, en Suisse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier château situé à Coppet remonterait, selon les archives, à l'époque de Pierre de Savoie ; dès 1300 en effet, le terme latin de castellum est utilisé dans différents documents de l'époque.

Ce château carré avec un donjon était entouré de fossés remplis grâce à une déviation de la Versoix[1].

Brûlé par les troupes bernoises lors de l'invasion de 1536, il est restauré et vendu successivement à plusieurs notables de la région (liste donnée par Vaillat - op. cit.) :

Michel de Viry,

Amédée de Beaufort, baron de Rolle,

Claude-Antoine de Vienne, seigneur de Clairvaut,

François de Bonne, duc de Lesdiguières,

Daniel de Bellujon, baron de Villeneuve,

le comte Frédéric de Dohna, gouverneur de la principauté d'Orange,

son fils,

le baron Sigismond d'Erlach, colonel des Cent-Suisses,

le banquier J.J. Hogguer, de Saint-Gall,

Gaspard de Smeth, négociant de Francfort, dont les armes ornent encore le fronton du péristyle du château,

le banquier suisse Georges-Tobie de Thélusson - pour la veuve duquel Ledoux édifia en 1778 un luxueux hôtel néo-palladien à Paris, détruit en 1826 - qui fut associé de son collègue

Jacques Necker, qui finalement acquit le domaine pour 500 000 francs français et s'y établit après son renvoi de son poste de Directeur du Trésor (les fonctions ministérielles françaises étant encore fermées aux protestants). Le nouveau propriétaire, lui-même protestant, s'engagea par contrat à « ne transférer aucune baronnie à aucun prince, seigneur ni particulier étranger sans en avoir obtenu la permission de Leurs Excellences de Berne, à l'exception des héritiers légitimes professant la sainte religion réformée », chaque transaction relative au domaine étant imposée d'une somme importante.

Son épouse morte près de Lausanne le 6 mai 1794, il resta seul avec ses enfants jusqu'à sa disparition (1804) à Coppet, qui échut alors à sa fille et héritière Anne-Louise Germaine, qui épousa en 1786 le baron Erik Magnus de Stael-Holstein, ambassadeur du roi de Suède en France, son aîné de 17 ans (cf. son portrait par le suédois Wertmuller, 1783), puis se remaria à 45 ans, d'un M. de Rocca, officier de 20 ans son cadet, dont elle eut un fils, Alphonse de Rocca.

Le 15 février 1816, sa fille Albertine (1797-1838) épousa à Livourne le diplomate et homme d’État Victor de Broglie, 3ème duc du nom; à la mort de Germaine de Stael l'année suivante, Coppet passa à son fils Auguste (cf. son portrait par Girodet) qui disparut en 1827, puis au fils de celui-ci (mort en bas-âge), puis à sa veuve, apparentée au théologien genevois Jacob Vernet - connu pour ses démêlés avec Rousseau et Voltaire - jusqu'en 1877, enfin à Louise-Albertine de Broglie (1818-1882), comtesse Joseph Othenin d'Haussonville (cf. son portrait par Ingres), qui le légua à sa fille ; sa descendance l'a conservé.

Ces nombreux détenteurs donnèrent progressivement son apparence actuelle[2] à cette maison, construite au XVIIIe siècle sur les ruines de l'ancien château fort du XIIIe siècle[3].

Il doit sa renommée internationale à Jacques Necker et sa fille, la future Germaine de Staël qui, exilée de Paris par Napoléon Ier y tiendra un salon pendant de nombreuses années[4].

Le bâtiment est inscrit comme biens culturels suisses d'importance nationale[5]. Propriété privée ouverte au public, il est desservi depuis 2004 par une association (l'association des amis du château de Coppet) chargée à la fois « de la conservation et la mise en valeur du Parc du Château de Coppet » et de l'organisation des différentes manifestations qui s'y tiennent[6].

Depuis 2003 l'institut européen de l'Université de Genève a installé au château son centre d'archives européennes[7], soit une cinquantaine de fonds d'archives « relatifs à la construction de l'Europe politique au XXe siècle. »[8]

Depuis 2013, une partie du château est réservée à l'accueil de séminaires d'entreprises.


Description[modifier | modifier le code]

Le bâtiment actuel est composé de parties distinctes : une tour médiévale, l'aide Sud construite en 1665, l'aile Nord et le corps central en 1715.

L'ensemble a été remanié et restauré à la fin du XVIIIe siècle[9]

Dans son article de 1913, Vaillat mentionne parmi les nombreux souvenirs historiques de la demeure, un buste en terre cuite de Buffon par Houdon, le mobilier d'acajou ayant servi à Necker, son "coffret ou portefeuille en cuir vert frappé d'une inscription en lettres dorées", dans une vitrine de la chambre de Mme de Stael, "les châles cachemires de l'Inde", et, dû au baron Gérard, le célèbre portrait de Corinne coiffée d'un turban de foulard blanc barré par un tortil en foulard de couleur noués "à la créole" et posé sur le front - dont selon lui une réplique était alors au château de Broglie (Eure); une autre copie est au musée de Versailles.


Un pèlerinage littéraire

Lors d'un 1er janvier du XXe siècle l'écrivain et éditeur André Fraigneau, "fuyant l'inhabitable Genève" visita ce "château sans morgue et sans fausses richesses" qu'il évoque ainsi dans une de ses chroniques :

"Je demeurai immobile, un instant, saisi par le silence, la noblesse simple, la familiarité de ce décor (...) le concierge-cicérone me fit traverser le vestibule blanc où une statue de marbre blanc héroise le bon M. Necker (par le sculpteur allemand Frédéric-Guillaume Tieck , 1817 (...). C'était bien un manoir de vacances où relire des auteurs difficiles, où jouer un peu de musique et préparer des comédies avec des camarades et de rieuses cousines (...). Le soleil entrait à flots, chassant tout mystère, toute tristesse, dorant les parquets vernis comme de beaux violons, touchant la harpe de Mme Récamier. (sa) chambre ruisselait de rayons. La petite chambre aux oiseaux que l'on réservait à la belle Juliette Récamier ne me déçut pas. Tout était clair et reposé et calme dans cet oratoire de la Beauté. Dans le grand salon, je découvris une miniature discrète, comme tolérée. Ces cheveux rouges, ce profil amer, c'était (Benjamin)Constant".

(Escales d'un européen - éditions du Rocher, 2005, pp 135 à 138).


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léandre Vaillat, Le château de Coppet (L'Art et les Artistes, n°100- juillet 1913, pp 161 à 172, ill. de photographies de vues et de plusieurs portraits conservés sur place - arch. pers.);
  • Béatrix Andlau, Le chateau de Coppet, Impr. du Courrier de La Côte,‎ 1962
  • Pierre Kohler, Madame de Staël au château de Coppet, Éditions Spes, coll. « Vieille Suisse »,‎ 1929

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le château de Coppet: une brève histoire du château », sur swisscastles.ch (consulté le 2 juillet 2012)
  2. Ric Berger, Jean-Gabriel Linder, La Côte vaudoise, Éditions Cabédita,‎ 1988 (ISBN 9782882950109), p. 150-151
  3. « Château de Coppet (hors Genève) », sur geneve-tourisme.ch (consulté le 2 juillet 2012)
  4. « Château de Coppet », sur chateaudecoppet.ch (consulté le 2 juillet 2012)
  5. [PDF] L'inventaire édité par la confédération suisse, canton de Vaud
  6. « L'Association des Amis du Château de Coppet (APCC) », sur jardinsenfete.ch (consulté le 2 juillet 2012)
  7. « Le Centre européen de Coppet », sur unige.ch (consulté le 2 juillet 2012)
  8. « Le centre d'archives européennes », sur unige.ch (consulté le 2 juillet 2012)
  9. « Du château fort à la résidence seigneuriale », sur coppet.ch (consulté le 2 juillet 2012)