Massacre de la légion thébaine

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vue de l'église Saint-Paulin de Trèves
La basilique Saint-Paulin de Trèves rappelle une tradition concernant la légion thébaine.
fresques au plafond de l'église Saint-Paulin de Trèves, Allemagne
Fresques baroques au plafond de l'église Saint-Paulin de Trèves.

Le massacre de la légion thébaine (ou thébéenne) aurait eu lieu sous Dioclétien entre 285 et 306 à Agaune (aujourd'hui Saint-Maurice) en Valais.

Tradition[modifier | modifier le code]

Cité par une seule source, tardive et d'origine religieuse[1] et omis par les auteurs chrétiens de la période impériale romaine, cet épisode est considéré comme légendaire, notamment du fait de l'inexistence de cette légion dans la liste des légions romaines de l'époque.

Selon une légende, de passage à Agaune, saint Maurice, commandant de cette légion thébaine, et d'autres officiers refusèrent de sacrifier au culte de l'empereur lors d'une cérémonie païenne. Il fut mis à mort, ainsi que ses compagnons. Selon une autre légende, le coempereur Maximien Hercule fit appel en 286 à la légion Thébaine pour persécuter les chrétiens du Valais. La plupart des légionnaires étant chrétiens, ils refusèrent d'exécuter les ordres impériaux, sur quoi, ils furent massacrés jusqu'au dernier. Cette légion était constituée de 6500[réf. nécessaire] soldats coptes de la région de Thèbes (Égypte).

Un siècle plus tard, la basilique d'Agaune fut construite sur le lieu présumé du massacre. Les restes du martyr auraient été exhumés par Théodore, premier évêque nommément connu d'Octodure (aujourd'hui Martigny), fondateur du sanctuaire d'Agaune, qui prit le nom de Saint-Maurice. Ce sanctuaire devint l'abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune, en 515 sous le règne du roi burgonde Sigismond. Le premier roi de Bourgogne transjurane, le comte d'Auxerre Rodolphe, y fut couronné en 888.

Il est difficile de savoir si un événement historique est à la base de cette légende. Le règne de Dioclétien est une période fréquemment attribuée aux martyrs légendaires, et n'est donc pas une date fiable. Certains chercheurs ont émis l'hypothèse d'un rapport entre elle et la bataille qui semble s'être déroulée vers 275-277 où les Alamans, après avoir dévasté le Plateau suisse, semblent avoir été arrêtés à la cluse de Saint-Maurice, défilé facilement défendable. Une inscription latine parlant de Junius Marinus, mort en combattant l'ennemi, a été retrouvée à Saint-Maurice[2].

Selon une légende locale de Trèves, en Allemagne, la Légion aurait en fait été massacrée au nord de la ville de l'époque. De très nombreux crânes, attribués aux martyrs, ont en effet été découverts dans le sous-sol de la basilique Saint-Paulin. Des fresques baroques au plafond de cet édifice relatent l'épisode légendaire du massacre à Trêves de la Légion thébaine. Mais il a été établi qu'initialement, l'église avait été édifiée sur l'emplacement d'un cimetière romain, d'où la présence d'ossements nombreux.

Saint Victor, officier dans la légion thébaine, qui avait échappé au massacre d'Agaune et s'était réfugié à Marseille, subit le martyre — écrasé sous la meule d'un boulanger — dans cette ville le 21 juillet 303 (ou 304 selon d'autres sources) pour avoir refusé d'abjurer sa foi chrétienne.

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Codex 225, Stiftsbibliothek Abbaye de Saint-Gall - IXe siècle
  2. Iuni Marini / v(iri) e(gregii) ex ducena/rio hic ab / hostibus pu/[gnans occiso], CIL XII, 149

Articles connexes[modifier | modifier le code]