Drapeau de la Belgique

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Drapeau de la Belgique
Drapeau de la Belgique
Drapeau de la Belgique
Utilisation Drapeau national Version officielle
Caractéristiques
Proportions 13:15
Adoption 12 octobre 1831
Éléments Tricolore de bandes verticales noire, jaune et rouge
FIAV 111100.svg IFIS De facto.svg Drapeau et pavillon civils en proportion 2:3 d'usage commun
FIAV historical.svg Tricolore datant de 1830 répartie horizontalement
Couleurs dites « de la Révolution brabançonne » (1789)
Drapeau du palais royal de Bruxelles
Grand drapeau au Cinquantenaire

Le drapeau de la Belgique est composé de trois bandes verticales ; noire (côté de la hampe), or et rouge. L'article 193 de la Constitution[1] mentionne les couleurs, les armes et la devise nationale : « La Nation belge adopte les couleurs rouge, jaune et noire, et pour armes le Lion du Royaume de Belgique avec la légende : l'union fait la force. »

De façon officielle, les dimensions du drapeau ont été fixées à 2,60 m de haut pour 3 m de large, ce qui donne une proportion insolite de 13:15[2]. Pour l'usage civil, une proportion de 2:3 est plus commune et d'ailleurs la proportion exacte n'est pas précisée par la Constitution.

Au-dessus du palais royal de Bruxelles, on peut trouver un drapeau de dimensions 4:3[3]. Ceci est dû à des raisons esthétiques, tenant compte de la perspective sur le drapeau qui est regardé d'en-dessous. Un large drapeau de conception similaire se retrouve souvent sous les arcades du Cinquantenaire.

Histoire du drapeau[modifier | modifier le code]

C'est la représentation de la Muette de Portici, donnée le 25 août 1830 au théâtre de la Monnaie de Bruxelles à l'occasion du 59e anniversaire du roi Guillaume d'Orange, qui déclencha les émeutes qui menèrent à la révolution belge et à la création de la Belgique.

Le premier drapeau déployé par les révolutionnaires belges ce 25 août à Bruxelles fut le drapeau français[4] . Il fut confectionné à partir des rideaux de l’appartement de Georges Libri-Bagnano rédacteur en chef d’un journal pro-orangiste, Le National, qui avait été détruit par les révolutionnaires[4].

Ce drapeau fut placé sur l’hôtel de ville, mais le 26 août Édouard Ducpétiaux l’enleva et lui substitua le drapeau brabançon décoré de la Croix de Fer[4]. Le 28 août, à la demande de Lucien Jottrand, Ducpétiaux se rend vers la Grand-Place, et à quelques pas de là, au coin de la rue de la Colline, entre dans le magasin d'aunage des époux Abts pour y demander la confection de deux drapeaux. Marie Abts confectionne sans tarder ces drapeaux composés de trois bandes de mérinos, placés horizontalement. Le premier alla flotter à l'hôtel de ville à la place de l'étendard français ; le second fut pris par un ami de Ducpétiaux, Alexandre Vanhulst, afin d'être brandi à la tête de la première compagnie de la Garde bourgeoise et de rallier le peuple bruxellois à la cause nationale.

La mythologie patriotique veut que ce drapeau tricolore, repris en 1830, ait déjà été celui de la révolution brabançonne de 1787-1790.

En réalité les drapeaux utilisés lors de la Révolution brabançonne étaient ornés d’armoiries, de figures religieuses ou allégoriques[5] . Pas un seul drapeau à bandes « noire-jaune-rouge » n’est mentionné dans les inventaires des emblèmes pris par les Autrichiens lors de la reconquête des États-belgiques-unis[5].

Le drapeau qui remplace alors le drapeau français n’est pas directement inspiré de celui de la Révolution brabançonne ; mais les couleurs brabançonnes ont inspiré Lucien Jottrand, avocat et journaliste à la rédaction du Courrier des Pays-Bas, pour l’élaboration d’un nouveau drapeau.

Quoi qu’il en soit le 30 septembre, le gouvernement provisoire adopte officiellement le drapeau national, imité bientôt par le Congrès national et le 30 octobre toute l'armée, y compris les Gardes urbaines, est tenue de porter la cocarde nationale noir-jaune-rouge.

Quelques mois plus tard, un arrêté du gouvernement provisoire du 23 janvier 1831, décrète la disposition verticale des couleurs[6], le rouge à la hampe. Le 7 février le drapeau national fait l'objet d'un article de la Constitution, et, le 12 octobre, sous l'impulsion du département de la marine qui veut faire concorder le pavillon maritime — accordé le 15 septembre 1831 par décision ministérielle[6]— et le drapeau national, le noir vient à la hampe. L'article de la Constitution n'ayant jamais été modifié, le drapeau ne suit pas littéralement l’ordre de la Constitution[7].

Description[modifier | modifier le code]

Le drapeau belge se compose de trois bandes d'égale largeur, noire, jaune et rouge, placées verticalement, et de proportions telles que la longueur du drapeau est à sa hauteur comme quatre est à trois.

L'ancienne disposition horizontale des couleurs fera une dernière fois son apparition vers septembre 1832 lorsqu'un arrêté royal octroie des drapeaux d'honneur, non destinés à être arborés, à cent communes qui s'étaient distinguées lors de la libération du territoire. Ces drapeaux commémorant les journées de 1830 respectent logiquement la disposition horizontale primitive des couleurs : trois bandes verticales noir, or et rouge.

Les couleurs du drapeau belge sont celles de l'écu de l'ancien duché de Brabant. Il représentait un lion d'or (jaune) sur fond de sable (noir), griffes et dents de gueules (rouge).

Le pavillon de la Marine[modifier | modifier le code]

Par décision du 23 février 1950, un pavillon de guerre nettement différent des drapeaux nationaux est créé. Il a les proportions 3:2.

Il reprend les trois couleurs nationales, en les associant avec du blanc, selon le modèle de White Ensign de la Royal Navy.

Le dessin reprend la Croix de Saint-André qui était l'emblème du grand État bourguignon de la fin du Moyen Âge. Saint-André était en effet le saint patron de cet ensemble politique qui s'étendait sur les États actuels de Belgique et d'Espagne et sur la Bourgogne située en France.

Ce pavillon fut hissé pour la première fois le 2 mars 1950.

Pavoisement des édifices publics[modifier | modifier le code]

le drapeau doit flotter au-dessus des bâtiments publics lors des occasions suivantes (ce ne sont pas toutes des jours fériés).

Date Nom Raison
20 janvier Anniversaire de la Reine Mathilde 20 janvier 1973
17 février Commémoration de tous les membres défunts de la famille royale Anniversaire du décès d'Albert Ier le 17 février 1934
7 avril Hommage aux militaires belges décédés lors de missions de paix Anniversaire de l'assassinat des dix paras belges au Rwanda le 7 avril 1994
1er mai Fête du Travail
5 mai Journée du Conseil de l'Europe  Anniversaire de la création du Conseil de l'Europe le 5 mai 1949
8 mai Victoire des Alliés en 1945 et fin du génocide Anniversaire de la capitulation de l'Allemagne le 8 mai 1945
9 mai Journée de l'Europe Anniversaire du discours fondateur de l'Union européenne, prononcé par Robert Schuman le 9 mai 1950
6 juin Anniversaire du Roi Albert II 6 juin 1934
11 juin Anniversaire de la Reine Fabiola 11 juin 1928
2 juillet Anniversaire de mariage du Roi Albert II et de la Reine Paola 2 juillet 1959
21, 22 et 23 juillet Fête nationale Prestation de serment du Roi Léopold Ier, le 21 juillet 1831
11 septembre  Anniversaire de la Reine Paola 11 septembre 1937
24 octobre  Journée des Nations unies Anniversaire de l'entrée en vigueur de la Charte des Nations unies le 24 octobre 1945
11 novembre Armistice de 1918
15 novembre Fête du Roi
Date mobile Élection du Parlement européen Élu au suffrage universel depuis 1979
Source : Gouvernement Fédéral Belge

Le drapeau peut également être hissé lors d'importantes cérémonies, lorsque les usages locaux le demandent, ou encore lors de la visite officielle d'un chef d'État étranger. Les Régions et les Communautés, en plus du drapeau tricolore, hissent leur propre drapeau le jour de leur fête. »

Couleurs[modifier | modifier le code]

Couleur Noir Jaune Rouge
Pantone Inc. Noir Jaune 115 Rouge 032
Quadrichromie 0-0-0-100 0-8.5-79-0 0-94-87-0
RVB 0-0-0 255-233-54 255-15-33

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article 193, Constitution du Royaume de Belgique du 17 février 1994
  2. Léon Nyssen, Les Drapeaux nouveaux de la Belgique fédérale, p. 142-145 in Fahnen, Flags, Drapeaux, Proceedings of the 15th International Congress of Vexillology, Zurich, 23-27 août 1993, cité dans http://flagspot.net/flags/be.html, 2010-06-07
  3. L. Nyssen,Vexillacta #3, Mars 1999, cité dans http://flagspot.net/flags/be.html, 2010-06-07
  4. a, b et c Anne Morelli, La construction des symboles « patriotiques » de la Belgique, de ses régions et communautés, in Les grands mythes de l’histoire de Belgique, de Flandre et de Wallonie, Evo-histoire, Bruxelles, 1995, p.192.
  5. a et b Roger Harmegnies, Couleurs et drapeaux, in Le Parchemin, n°265, janvier-février 1990, p. 33 à 35.
  6. a et b J.-B. Bivort, Code constitutionnel de la Belgique, Bruxelles, F. Parent, éditeur,‎ 1849, 418 p. (lire en ligne), p. 83
  7. Céline Bouckaert, « Le drapeau belge est à l'envers depuis 183 ans », Le Vif/L'Express,‎ 20 juin 2014 (lire en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]

  • J. Cuvelier, Le drapeau de la Belgique, Bruxelles, 1927, dans le Bulletin de l'Académie de Belgique, 5e série, tome XIII, pp. 234-260.
  • A. de Gerlache de Gomery, Comment naquit notre drapeau, dans Revue belge, n° spécial de septembre 1930.
  • L. Lecomte, Comment naquit notre drapeau, dans Carnet de la Fourragère, 2e série, n° 6, p. 481-493.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]