Cristóbal Balenciaga
Cristóbal Balenciaga Eizaguirre, né le 21 janvier 1895 à Getaria, petit village de pêcheurs de la côte basque espagnole, et décédé le 24 mars 1972 à Xàbia, était un grand couturier.
Son style classique et épuré lui a valu de compter parmi ses clientes fidèles les Reines d'Espagne et de Belgique, la Princesse Grace de Monaco et la Duchesse de Windsor. Son travail a influencé de nombreux couturiers, tels que Oscar de la Renta, André Courrèges qui travailla dans son atelier, Emanuel Ungaro et Hubert de Givenchy. En 1968, le couturier décide de se retirer, c'est la fin de la haute couture pour la maison. La marque, appartenant de nos jours à PPR Luxury Group, est actuellement sous la direction de Alexander Wang depuis décembre 2012.
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Repères biographiques [modifier]
- 1895 : naissance de Cristóbal Balenciaga à Getaria en Espagne[1].
- 1907-1911 : installé à Saint-Sébastien, il devient apprenti tailleur.
- 1911 : à seize ans, il commence à travailler comme tailleur aux Grands magasins du Louvre à Saint-Sébastien, avant d'être nommé chef d'atelier de confection pour dames deux ans plus tard.
- 1914 : il part s'installer à Bordeaux et travaille un temps avec des amis.
- 1917 : revenu à Saint-Sébastien, il fonde sa propre entreprise, C. Balenciaga, sur la rue Vergara. L'année suivante, les sœurs Benita et Daniela Lizaso s'associent à lui et injectent des capitaux dans son entreprise qui portera désormais le nom de Balenciaga y Compaña.
- 1919 : ouverture de sa première maison de couture à Saint-Sébastien.
- 1924 : il installe une boutique de Couture sur l'avenue de la Liberté.
- 1925 : la renommée de Balenciaga s'accroît. Des membres de la famille royale et de la Cour font partie de sa clientèle.
- 1927 : il élargit sa clientèle en ouvrant une autre boutique plus traditionnelle, Eisa Costura sur la rue Oquendo, toujours à Saint-Sébastien.
- 1931 : des difficultés économiques obligent Balenciaga à revoir sa stratégie commerciale.
- 1932 : ouverture d'une maison de couture à Madrid, puis d'une autre à Barcelone, en 1935. Elles portent le nom d'Eisa, en référence à Eisaguirre, nom de sa mère.
- 1936 : Balenciaga fuit la guerre d'Espagne et arrive à Paris, après un détour par Londres, délaissant pour un temps ses trois boutiques espagnoles.
- 1937 : en juillet, il ouvre sa maison de couture au 10, avenue George-V[1], en partenariat avec Nicolas Bizcarrondo et Wladzio Jaworowski d'Attainville. Le 5 août, Balenciaga présente sa première collection. Le succès est immédiat.
- 1939 : un autre défilé, où il présente cette fois une collection inspirée du Second Empire français, remporte lui aussi un vif succès.
- 1943 : il introduit l'usage de la broderie et la passementerie dans ses robes su soir. Durant la Seconde guerre mondiale, il continue son activité, mais ce sont les années après guerre qui lui apportent le plus de succès[1].
- 1947 : lancement de sa ligne tonneau qui attire l'attention du public et de son premier parfum, baptisé « Le Dix », allusion à l'adresse de sa maison de couture à Paris.
- 1948 : ouverture de la boutique « Balenciaga », toujours au 10 avenue George-V, boutique conçue par le décorateur Christos Bellos. La collection de cette année là est encensée par Carmel Snow, qui décidera alors de ne plus porter que du Balenciaga toute sa vie[2].
- 1949 : lancement du second parfum : « La Fuite des Heures ».
- 1950 : ses créations font appel aux manches melon, aux jupes ballon et à des tissus volumineux et lourds. L'année suivante, Balenciaga revient à des lignes plus fluides, avec des tailleurs semi-ajustés, cintrés devant et vague derrière ; cette ligne sera appelée par Carmel Snow du Harper's Bazaar la « semi fitted look[3] ».
- 1955 : présentation de la tunique, robe étroite deux pièces aux lignes droites et épurées. Création de son troisième parfum : « Quadrille ».
- 1958 : le 12 mai, Balenciaga est fait Chevalier de la Légion d'honneur pour sa contribution à l'industrie de la mode. Il crée la même année les robes « Baby Doll » et en queue de paon, longues derrière et courtes devant.
- 1962 : lancement du parfum « Eau de Balenciaga ». Les parfums Balenciaga resteront une activité très annexe pour la maison[3].
- 1963 : Balenciaga lance une élégante ligne de vêtements de style sport et introduit les premières bottes haute couture.
- 1966 : Le Yorkshire Post titre « La bombe Balenciaga »[3].
- 1967 : son style devient de plus en plus épuré - à l'instar de la robe de mariée qu'il dessine cette année-là[4] - et est acclamé par la presse internationale.
- 1968 : Balenciaga décide de se retirer en Espagne, et ferme sa maison de couture à Paris. Les « années Courrèges » et de la mini-jupe, son refus de pratiquer le prêt-à-porter qui a révolutionné la mode depuis quelques années, auront eu raison de sa créativité[3] et il présente sa dernière collection haute couture[5].
- 1969 : le projet initié en janvier 1968 voit le jour : les uniformes[n 1] des hôtesses de l'air navigantes de la compagnie Air France, réalisés par Cristóbal Balenciaga qui s'est engagé pleinement dans cette commande, sont mis en service au milieu de cette année là. Deux ans plus tard, la maison équipe le personnel au sol d'une tenue différente. Malgré tout, dès le début, les uniformes rencontrent de nombreuses critiques[3],[n 2].
- 1972 : il crée la robe de mariage de Carmen Martínez-Bordiú y Franco. Il meurt à Xàbia, le 24 mars. Balenciaga est enterré dans le petit cimetière de Getaria.
Durant sa carrière, le couturier refuse la mode pour ce qu'elle est, préférant le travail de coupe et le dessin de la silhouette[3]. Les parutions dans les plus grands magazines de mode, grâce entre autres au soutient clairement affiché des influentes Diana Vreeland et Carmel Snow, les photos d'Henry Clarke ou Louise Dahl-Wolfe, la reconnaissance de Christian Dior qui appellera Balenciaga « Maître[1] », feront du couturier espagnol une « légende de la mode[3] » à l'influence très importante, symbole des années 1950.
Rachat [modifier]
- 1986 : acquisition de Balenciaga par le groupe Jacques Bogart[5].
- 1995 : premiers pas de Nicolas Ghesquière chez Balenciaga
- 1997 : Nicolas Ghesquière est nommé à la direction artistique[6], puis présente sa première collection de prêt-à-porter féminin. Il va transformer la marque dans les années suivantes[7].
- 2001 : acquisition de la Maison par la marque italienne Gucci, qui sera intégrée deux ans plus tard au département luxe du groupe PPR.
- 2011 : ouverture du musée Balenciaga au Pays basque[8],[9].
- 2012 : arrivée de Alexander Wang à la direction artistique[10].
L'œuvre [modifier]
Considéré comme un des grands couturiers du XXe siècle, l'œuvre de Balenciaga a accompagné de près l'évolution vestimentaire de la femme durant le première moitié du siècle. Son style se caractérise par la sobriété, les combinaisons de couleurs audacieuses et son inspiration espagnole, comme les robes infante.
Durant les années quarante, il introduit des broderies et de la dentelle. Balenciaga puise dans le passé pour ses robes aux formes amples et arrondies, à l'opposé des silhouettes cintrées de Christian Dior. Durant ses plus grandes années, vers 1950, il sera souvent opposé, avec ses lignes fluides, au New Look de Dior qui triomphe alors à Paris et dans le monde[1] à partir de 1947. Viennent ensuite les lignes tonneau, au dos arrondi et à la taille décentrée, semi-ajustée, en 1951, la veste ballon en 1953 enveloppant le haut du corps dans un cocon[1], la robe tunique deux ans plus tard, et la robe-sac en 1957.
À la fin de sa carrière, son style évolue vers de plus en plus de sobriété, sans ornements superflus, où il fait montre de sa profonde connaissance des tissus[11].
Musée [modifier]
Le Cristóbal Balenciaga Museoa a été inauguré en 2011 à Gentaria, la ville natale de Balenciaga. Il occupe deux bâtiments, l'ancien Palais Aldamar construit au XIXe siècle et une annexe moderne conçue par l'architecte Julián Argilagos. Le musée présente dans six salles la vie et l'œuvre de Balenciaga.
Tableau de son chien [modifier]
Cristóbal Balenciaga avait un chien nommé Plume, (un Yorkshire Terrier) qui fut portraituré par Bernard Buffet en 1963, huile sur toile de 50,5 × 65 cm, vente Alcala, Madrid 18-19 février 2009, lot 91.
Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
- Les uniformes des navigants féminins de la compagnie sont constitués d'un tailleur d'hiver composé d'une veste à la taille marquée, avec quatre poches, une jupe s'arrêtant au milieu du genou, avec les poches cachées dans les coutures, ainsi qu'un chemisier, un foulard, et une bombe à petite visière. Le reste de l'uniforme comprend un manteau et un imperméable tout deux identiques dans la coupe, un tailleur d'été avec un calot. Air France fournira en plus, pour la première fois, de nombreux accessoires : sac à main, escarpins et bottes, gants[3]…
- Il est principalement reproché à la compagnie d'avoir fourni un uniforme peu pratique, dessiné par un couturier hors des tendances de l'époque : à la fin des années 1960, André Courrèges, Pierre Cardin, ou Yves Saint Laurent triomphent et sont des couturiers adulés. Le prêt-à-porter a changé les tendances. L'uniforme signé Balenciaga est « trop parfait, trop couture, trop bourgeois[3] ».
Références [modifier]
- (en) Design Museum et Paula Reed, Fifty fashon looks that changed the 1950s, Londres, Conran Octopus, 2012, 112 p. (ISBN 978 1 84091 603 4), « Cristóbal Balenciaga 1953 », p. 30
- (en) Calvin Tomkins, « The world of Carmel Snow », The New Yorker, 7 novembre 1994, p. 148 à 158 (ISSN 0028-792X) [texte intégral]
- Florence Müller et Eric Reinhardt (Conception éditoriale), Élégances aériennes : une histoire des uniformes d'Air France, Air France, août 2004, 136 p., « l'uniforme « couture » de Balenciaga contesté par l'esprit de mai 1968 », p. 62 à 81
- Histoire de la maison Balenciaga, 8 novembre 2007
- Marie Ottavi, « Balenciaga bientôt de retour en haute-couture », Mode, sur liberation.fr, Libération, 7 décembre 2012. Consulté le 9 décembre 2012
- Anne-Laure Quilleriet, « Les hommes de Balenciaga », sur lexpress.fr/styles, L'Express, 30 septembre 2010. Consulté le 5 avril 2012
- Xavier de Jarcy, « Fraîches collections », sur telerama.fr, 5 mars 2011. Consulté le 9 décembre 2012
- Lucie Dancoing, « Balenciaga, immortalisé au musée », sur parismatch.com, HFM, 8 juin 2011. Consulté le 9 décembre 2012
- Caroline Pigozzi, « Un musée sur mesure pour Balenciaga », sur parismatch.com, HFM, 1er juillet 2011. Consulté le 9 décembre 2012
- Alexander Wang directeur artistique de Balenciaga, sur lepoint.fr, Le Point, 3 décembre 2012. Consulté le 9 décembre 2012
- Dépliant guide du musée Cristóbal Balenciaga Museoa
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
Ouvrage [modifier]
- Balenciaga Paris sous la direction de Pamela Golbin, Paris, Les Arts Décoratifs, 2004.
Livre publié à l'occasion de la rétrospective au musée de la Mode et du Textile à Paris.
Presse [modifier]
- Olivier Saillard (historien et directeur du musée Galliera), « Balenciaga l'hypermoderne », L'Express Styles, no 3168, 21 mars 2012, p. 58 à 59 (ISSN 0014-5270)
- Séverine De Smet, « Viva Balenciaga ! », Le Nouvel Observateur, no 2474, 5 avril 2012, p. 140 (ISSN 0029-4713)
Exposition [modifier]
- Cristóbal Balenciaga, collectionneur de modes, du 13 avril au 7 octobre 2012, les Docks, Cité de la mode et du design, Paris