Parfums Christian Dior

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Parfums Christian Dior

Création 1947
Dates clés 1969, création de Christian Dior Cosmetics
1984 rachat par Bernard Arnault
Fondateurs Marcel Boussac
Serge Heftler-Louiche
Personnages clés Maurice Roger (Directeur parfums dans les années 1970)
François Demachy (nez)
Siège social Drapeau de France France
Activité Parfums et cosmétiques
Produits Miss Dior
Poison
J'adore
Société mère LVMH (division Parfums & Cosmétiques)
Sociétés sœurs Guerlain
BeneFit

Parfums Christian Dior est une entreprise créée après la guerre par Marcel Boussac utilisant le patronyme du couturier Christian Dior. De nos jours, la marque de parfums et cosmétiques appartient au groupe LVMH, lui-même propriété de la holding Christian Dior SA.

Historique[modifier | modifier le code]

L'entreprise[modifier | modifier le code]

En 1946 Christian Dior s'installe avenue Montaigne, l'inauguration a lieu en décembre. L'année suivante, soutenant financièrement le couturier depuis ses débuts, Marcel Boussac[n 1] fonde, Société Christian Dior parfums, SARL nommée alors plus communément Dior Parfums[n 2], avec la participation de Moët et Chandon[1]. Serge Heftler Louiche, ami, et natif de Granville comme le couturier, et ayant travaillé pour Coty durant 25 ans, en prend la direction. En mars 1948, de l'autre coté de l'atlantique est fondé par l'association financière de Christian Dior, Heftler Louiche, et Boussac Christian Dior Perfumes New York ; apparaissent spécifiquement, pour ce marché, des eaux de toilette. Jusqu'ici fabriqué en sous-traitance, les parfums sont en 1949 maintenant fabriqués dans l'usine de l'entreprise.

En 1957, seulement deux ans environ avant Serge Heftler-Louiche, Christian Dior Meurt.

Mais dès 1962, le Crédit Lyonnais tire la sonnette d'alarme auprès de Marcel Boussac : l'entreprise Boussac va mal.

Afin de renflouer un peu l'entreprise, le 16 mai 1968, un accord est signé par l’entreprise Moët & Chandon pour l'acquisition à Boussac de 50 % de Dior Parfums SA[2], le groupe textile conservant la Couture. En 1971, la part de Moët & Chandon dans Parfums Christian Dior passe de 50 à 70 %, ce qui permet à Boussac d'obtenir des liquidités[3]. Moët devient propriétaire de la totalité du capital par la suite.

Serge Lutens, qui a travaillé au développement du maquillage en 1967, prend la direction artistique de l'entreprise de parfums l'année suivante. Christian Dior Cosmetics né en 1969 avec la première ligne de maquillage intitulée L'explosion de couleurs. 1970 voit le lancement de la ligne Christian Dior Monsieur.

À la fin des années 1970, le groupe Boussac est toujours en difficulté : il est mis en redressement judiciaire en mai 1978 et racheté par la Société fiduciaire et financière Agache Willot (qui deviendra Financière Agache par la suite) et est renommé Compagnie Boussac Saint-Frères. Marcel Boussac meurt en mars 1980. En juin de l'année suivante, Boussac-Saint Frères est en redressement judiciaire et intéresse Maurice Bidermann ; Bernard Arnault, par l'intermédiaire du groupe immobilier Ferret-Savinel, achète en décembre 1984 l'entreprise, toujours propriétaire entre autres de la marque Christian Dior (hors parfums), pour 40 millions de francs[4],[n 3].

En juin 1987, Moët & Chandon se transforme en LVMH par la fusion entre la maison de cognac Hennessy et le maroquinier Louis Vuitton avec la maison de champagnes[n 4].

Deux ans après, Bernard Arnault, qui a pris possession de LVMH via la Financière Agache, rassemble sous ce qui deviendra la holding Christian Dior les deux filiales parfums et couture[n 5],[5]. En 1997, LVMH fait l'acquisition de la chaine de distribution Sephora qui deviendra une « force de frappe » pour les parfums du groupe.

Les produits[modifier | modifier le code]

La première fragrance, aux accents chyprés, s'appelle Miss Dior. Ne seront diffusés que 243 exemplaires de ce premier flacon en cristal de Baccarat. Le parfum est commercialisé au public en décembre 1947, quelques mois après la collection qui sera intitulée New Look. Pour Christian Dior, qui prête une grande attention aux parfums et aux accessoires ayant compris très tôt l'importance de la diversification, le parfum « est le complément indispensable de la personnalité féminine, c’est la touche finale d'une robe. » Diorama[n 6] sort à la suite en 1948, premier parfum créé par Edmond Roudniska qui collaborera durant 45 ans avec la marque.

Lancement en 1955 des rouges à lèvres Rouge Baiser, d'abord en deux couleurs orange ou rose, mais qui seront déclinés jusqu'à plusieurs centaines de nuances différentes au cours des années ; ils prennent la moitié du marché des rouges à lèvres[6]. C'est également en 1955 que le parfum Eau Fraîche, premier parfum unisexe, sort. Le quatrième parfum Diorissimo de Dior, parfum inspiré du muguet vendu dans un flacon dessiné par le Couturier, l'année suivante ; ce dernier rencontre immédiatement le succès.

Articles détaillés : Miss Dior et Diorissimo.

La Crème Abricot qui fortifie les ongles apparait en 1963, la même année que le parfum Diorling. Après plusieurs années d'élaboration, Eau sauvage est commercialisé en 1966[7]. Il sera suivi de Eau Sauvage Extrême en 1984.

Les lancements se succèdent : la ligne de maquillage Diormatic, le parfum Diorella signé de nouveau par Edmond Roudnitska, avec comme souvent une affiche dessinée par Gruau, est commercialisé en 1972 ; celui-ci se voulait le pendant féminin d’Eau Sauvage. La première gamme de soin Hydra Dior l'année suivante, puis Dior-Dior en 1976, signé encore par Roudnitska, Dioressence trois ans après.

Les années 1980 débutent avec la sortie du parfum pour homme Jules qui marque la dernière publicité du fidèle René Gruau. Poison en 1985, le produit de soin Capture en sort l'année suivante, le parfum pour homme Fahrenheit en 1988.

Le parfum féminin Dune, qui sera suivi de Dune pour homme six plus tard, est commercialisé en 1991, Tendre Poison, la version à l'odeur plus légère que Poison en 1994, Dolce Vita[8] et Eau Svelte en 1995, Hypnotic Poison et sa touche de réglisse en 1998, ainsi que le soin Capture Rides un an après.

Les années 2000 débutent avec la sortie de Remember Me. Lancement du parfum pour homme Higher en 2001, de Forever and Ever, du rouge à lèvres Dior Addict et d’accessoires de maquillage la même année, suivi du parfum I Love Dior, puis Addict conçu par Thierry Wasser en 2002 et qui s'inspirera de Bardot pour sa publicité dix ans plus tard[9],[10]. Chris 1947 et Higher Energy en 2003. Hedi Slimane, alors chez Dior Homme, signe trois eaux de Cologne : Cologne Blanche, Eau Noire et Bois d'argent en 2004 ; Bois d'argent fera partie plus tard de la collection Couturier Parfumeur, renommée plus tard Collection Privée, ligne de parfums diffusée uniquement dans les boutiques Dior et qui comprend Grand Bal entre autres.
Toujours en 2004, apparition de Dior Me, Dior Me Not, Pure Poison, et de l'eau parfumée Sweet Sun, qui sera arrêtée en 2010. Le parfum Dior Homme sort en 2005 toujours sous la responsabilité du Directeur artistique de la ligne éponyme pour homme, Miss Dior Chérie, Diorskin Airflash un fond de teint sous forme de brumisateur, et les produits Diorbronze tous trois la même année. Forever and Ever Dior en 2006, Fahrenheit 32 en 2007, année de transition entre Slimane et Kris Van Assche, la même année que Midnight Poison signé par François Demachy.
En novembre 2007, pour l'anniversaire des dix ans de Galliano dans la maison, Dior édite une collection limitée de trois parfums dans un flacon en forme d’amphore, Passage no 9, Passage no 8 et Passage no 4[11].

Escale à Portofino en 2008 puis Escale à Pondichéry[12] en 2009, suivi l'année d'après de Escale aux Marquises[13], tous trois signés de François Demachy. Escale à Parati existe également depuis mai 2012 et vient compléter la ligne des Escales de Dior. Fin 2009, une nouvelle eau de Cologne, Ambre Nuit[14], toujours par François Demachy. La collection de « Cologne » est complétée également par Oud Ispahan[15].

Les parfums Christian Dior, avec Eau sauvage (3e parfum masculin en France[16]), l'ancien Miss Dior, Poison datant de 1985 et récompensé deux ans plus tard d'un FiFi Awards, ou J'adore créé en 1999 et première vente de parfum en France, sont des produits essentiels de la marque Dior.

« Voilà pourquoi je suis devenu parfumeur, parce qu’il s’agit d’ouvrir un flacon pour voir surgir mes robes. »

— Christian Dior

Égéries publicitaires, parfum et cosmétique[modifier | modifier le code]

Feminins[modifier | modifier le code]

Masculins[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes de contenu[modifier | modifier le code]

  1. Cette année-là, l'entreprise Boussac est une SARL propriété à 100 % de Marcel Boussac, leur histoire se confond.
  2. La même année, l'entreprise Boussac fonde également « Dior USA », filiale américaine pour la couture, ainsi que d'autres filiales par la suite pour les Antilles, l'Amérique du Sud, ou l’Angleterre avec « Christian Dior Models » en 1952.
  3. En fait, en juin 1991, Bernard Arnault sera condamné, par la Commission européenne, à payer à l'État français la somme de 356 millions de francs. Ceci en remboursement d'une partie des aides financières versées par l'État à l'époque, pour le soutien de Boussac et la préservation des emplois, par l'intermédiaire de l’Institut pour le développement industriel : IDI. Ces aides se chiffreront à 900 millions de francs, puis 560 millions au moment du rachat où Bernard Arnault obtient également l'effacement des créances dont une première fois 380 millions de francs, qui représentent une petite partie des dettes. Ceci afin, selon Bernard Arnault, de « maintenir la survie du groupe en évitant son démantèlement ».
  4. Parfums Givenchy, autre maison de parfums française importante, entre également dans le groupe LVMH
  5. De nos jours, la Couture appartient à 100 % à la holding Christian Dior SA. 42 % de LVMH (possédant les parfums) appartiennent à cette même holding par l'intermédiaire de la Financière Goujon.
  6. Diorama est également le nom d'une robe de la collection automne-hiver 1947

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Groupe Boussac », sur archivesnationales.culture.gouv.fr, Archives Nationales (consulté le 27 novembre 2012)
  2. « Répertoire Boussac », sur archivesnationales.culture.gouv.fr, Archives Nationales (consulté le 24 novembre 2012)
  3. « Journal de l'année Édition 1971 », sur larousse.fr, Éditions Larousse (consulté le 27 novembre 2012)
  4. Renaud Lecadre, « Bernard Arnault, prédateur de grand luxe », Économie, sur liberation.fr, Libération,‎ 4 novembre 2010 (consulté le 27 novembre 2012)
  5. « Bénéfices historiques pour Christian Dior », sur lsa-conso.fr, LSA,‎ 3 mars 2006 (consulté le 24 novembre 2012)
  6. Clair Mabrut, « 80 ans de baisers », sur lefigaro.fr, Madame Figaro,‎ 16 octobre 2007 (consulté le 8 décembre 2012)
  7. Stéphane Reynaud, « 1968, Eau Sauvage de Christian Dior », sur lefigaro.fr, Madame Figaro,‎ 17 août 2012 (consulté le 24 novembre 2012)
  8. Alain Jemain, « LVMH-L'oréal, Affrontements industriels pour deux parfums », sur usinenouvelle.com, L'Usine nouvelle,‎ 14 septembre 1995 (consulté le 24 novembre 2012)
  9. [image] « Et Dior créa la femme », Publicité, sur blended.fr,‎ 21 juin 2012 (consulté le 12 décembre 2012)
  10. Anaîs Giroux, « Le nouveau spot Dior Addict, hommage à Brigitte Bardot », Styles, sur lexpress.fr, L'Express,‎ 21 juin 2012 (consulté le 24 novembre 2012)
  11. « Dior se lance dans la « haute parfumerie » », sur auparfum.com,‎ 10 novembre 2007 (consulté le 25 novembre 2012)
  12. Lydia Bacrie, « Escale à Pondichéry ou le retour des Indes chez Dior », Styles, sur lexpress.fr, L'Express,‎ 29 mai 2009 (consulté le 24 novembre 2012)
  13. Hélène Tahi, « Invitation au voyage », Beauté, sur stiletto.fr,‎ 4 juin 2010 (consulté le 25 novembre 2012)
  14. Claire mabrut, « Ambre Nuit… et jour », sur lefigaro.fr, Madame Figaro,‎ 27 novembre 2009 (consulté le 24 novembre 2012)
  15. Yasmine Meurisse, « Le nouveau sillage des Cologne… », L'Express Styles, no 3201,‎ 7 novembre 2012, p. 64 (ISSN 0014-5270)
  16. « Eau Sauvage », Challenges, no 285,‎ 26 janvier 2012, p. 5 (ISSN 0751-4417)
  17. a et b Margault Antonini, Edson Pannier, « Dior, le bal des actrices », sur lofficielmode.com, L'Officiel,‎ 6 janvier 2012 (consulté le 30 mars 2012)
  18. Élisabeth Gouslan, « Charlize Theron, énervante ? Non, sublime surdouée ! », sur lefigaro.fr, Madame Figaro,‎ 13 octobre 2011 (consulté le 24 novembre 2012)
  19. Marion Dupuis, « Charlize Theron égérie de la Dior VIII » Madame Figaro, 12 mai 2011
  20. Richard Gianorio, « Rencontre avec Monica Bellucci », sur lefigaro.fr, Madame Figaro,‎ 1er avril 2010 (consulté le 24 novembre 2012)
  21. Kate Moss, égérie chez Dior ELLE, 15 février 2011
  22. Valentine Pétry, Natalie Portman, une Miss Dior Chérie, L'Express Styles, 22 février 2011
  23. Ingrid Bernard, « Mélanie Laurent, nouvelle égérie de Dior », France-Soir,‎ 03 octobre 2011
  24. Fabienne Reybaud, « Dior s'offre Delon », sur lefigaro.fr, Madame Figaro,‎ 29 avril 2009 (consulté le 23 novembre 2012)
  25. Géraldine Dormoy, « Alain Delon replonge dans La Piscine pour Eau Sauvage », sur lexpress.fr, L'Express,‎ 14 juin 2010 (consulté le 24 novembre 2012)
  26. Fabrice Léonard, « Dior Homme Sport », sur lepoint.fr, Le Point,‎ 12 avril 2012 (consulté le 23 novembre 2012)
  27. Jude Law pour Dior Le Parisien, 06 septembre 2010
  28. Thomas Lapointe, « Quand la pub de luxe se paie les pointures du 7e art », Culture, sur lexpress.fr, L'Express,‎ 7 septembre 2010 (consulté le 24 novembre 2012)
  29. Anaïs Giroux, « Robert Pattinson, nouvelle égérie des parfums Dior », Styles, sur lexpress.fr, L'Express,‎ 30 octobre 2012 (consulté le 24 novembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]