Classe Alfa

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Classe Alfa
Projet 705
Lyra (Лира)
Image illustrative de l'article Classe Alfa
Un Alfa en 1984

Histoire
A servi dans Naval Ensign of the Soviet Union.svg Marine soviétique
Quille posée 1965 (K-377)
Lancement 1965 (K-377)
Armé 1972 (K-377)
Statut Le dernier fut retiré du service en 1997
Caractéristiques techniques
Type Sous-marin nucléaire d'attaque
Longueur 81 mètres
Maître-bau 9,5 m
Tirant d'eau 7,6 m
Déplacement 2310-2280 t en surface, 3180-3610 t en plongée
Propulsion 1 réacteur nucléaire OK-550 ou BM-40A refroidi par alliage Plomb-Bismuth PB-Bi
2 turbines à vapeur
1 hélice à 5 pales
2 propulseurs de manœuvre sur les dérives des barres de plongée.
Puissance 155 MW (réacteur)
Vitesse jusqu'à 41 nœuds en plongée

24 nœuds en surface

Profondeur 600 mètres (sécurité), 800 mètres (testée), en urgence 1 300 m
Caractéristiques militaires
Armement 6 x tubes lance-torpilles de 533 mm

avec 18 torpilless ou 20 VA-111 Shkval missiles : 21 SS-N-15 ou 12 SS-N-16

Rayon d'action 1 175 h à pleine puissance, 30 à 50 jours de vivres
Autres caractéristiques
Électronique radar Snoop Tray (recherche surface), Okean (sonar actif/passif)
Équipage 30 officiers de marine et 2 officiers mariniers
Chantier naval Chantier de l'amirauté, Léningrad

Le projet 705 ou Lyra' (en russe : Лира) est une classe de sous-marins nucléaire d'attaque soviétique, connue en Occident sous son code OTAN d'Alfa. Ils ont été les sous-marins les plus rapides au monde, et ceux à usage militaire pouvant atteindre les plus grandes profondeurs de plongée, seul le K-278 Komsomolets étant capable d'égaler leurs performances en plongée maximale. Malgré leurs remarquables caractéristiques, ces sous-marins se révélèrent difficiles à maintenir durant leur vie opérationnelle, et finalement leur utilité tactique fut vite contestée, même au niveau des instances soviétiques, ce qui limita leur rôle à un emploi presque expérimental, qui prit fin au début des années 1990. De nos jours, il n'existe plus qu'un seul exemplaire, non opérationnel, de ces navires, le K-373, stocké à Zapadnaya Litsa, tous les autres ayant été démolis.

Historique[modifier | modifier le code]

Un Alfa en surface en 1983.

Les Alfa sont nés en 1957 d'un besoin : disposer d'un sous-marin capable d'attaquer l'ensemble naval le plus puissant à ce jour, un porte-avions et son escorte. Il fallait pour cela un sous-marin extrêmement rapide, capable de rattraper un groupe aéronaval, filant à plus de 30 nœuds, mais aussi d'éviter les armes utilisées contre les sous-marins à cette époque, une vitesse supérieure à 40 nœuds s'avérait nécessaire.

A. B. Petrov, ingénieur en chef du bureau d'étude Malakhit, proposa alors un concept innovant pour atteindre ces performances. Pour diminuer la "surface humide" du submersible, c’est-à-dire la surface totale de l'objet en contact avec l'eau, il chercha à minimiser le volume de la coque du sous-marin, tout en soignant la ligne, pour obtenir la meilleure pénétration dans l'eau possible.

L'utilisation, pour la première fois, d'une coque interne, en alliage de titane, permettant à la fois, de rendre celle-ci compacte et légère. La propulsion serait assurée, par un des tous nouveaux réacteurs refroidis par un alliage Pb-Bi, dont deux modèles étaient en développement, l'OK-550 par OKBM à Nijni Novgorod et le BM-40A par Hydropress, à Léningrad, capables de fournir tous les deux, 155 megawatts de puissance, tout en restant très compacts.

Le navire fut conçu comme « intercepteur », incapable d'effectuer de longues croisières, il était censé rester au port, ou en patrouille le long des côtes, et lorsqu'une flotte ennemie était détectée, il se dirigeait alors vers elle à sa vitesse maximum. Ce type d'utilisation, combiné avec un important travail sur l'automatisation, permettrait de réduire l'équipage de façon drastique à juste seize hommes, tous officiers sauf le cuisinier, ce qui permettait outre la réduction du volume intérieur de la coque, une très grande réactivité, tout étant dirigé depuis le centre de commande.

Le projet, trop ambitieux pour son époque, car il rencontrait de nombreux problèmes pratiques et techniques, en 1963, il n'avait toujours rien donné de concret, Petrov fut limogé et déporté en Sibérie, d'où il ne revint que dans le milieu des années 1970. Il fut remplacé par M.G Rusanov, qui reprit le travail sur des bases plus conventionnelles. La coque fut allongée et la masse totale augmenta de 800 tonnes. Le nombre de compartiments internes passa de trois à six, et l'équipage fut presque doublé, passant à trente deux hommes. La technologie des coques en alliage de titane, put être expérimentée sur le K-162, dont on commença la construction, le 28 décembre 1963, et qui fut mis en service le 31 décembre 1969.

En 1965, la construction du prototype du projet 705, le K-377, commença au chantier de l'amirauté à Léningrad. Lancé en 1967, il fut mis en service en 1972 et commença ses essais, atteignant la vitesse de 41 nœuds. Mais, au cours des essais un accident survint obligeant l'équipage à arrêter le réacteur. Cette action sur ce type de réacteur provoque la solidification du circuit primaire rendant impossible le réamorçage ou le retrait du combustible. Le bâtiment fut alors désarmé en 1974, et son compartiment moteur fut stocké. Entretemps, les priorités stratégiques de la marine soviétique avaient changé, la menace des sous-marins lanceurs de missiles stratégiques étant devenu la principale menace à contrer, de plus l'emploi de missiles anti-navires sur les sous-marins permettaient à ceux-ci d'attaquer les groupes aéronavals américains à plus grande distance, et donc de façon plus sûre. Le projet 705 fut vivement critiqué en 1973 par le secrétaire du comité central pour la défense, l'amiral Oustinov, mais une production en série fut néanmoins maintenue. Un total de six exemplaires de série du projet 705 fut construit, entre 1974 et 1983, et mis en service au sein de la Flotte du Nord.

La vie opérationnelle des unités de la classe ne fut pas sans poser de nombreux problèmes, en particulier du fait de leurs réacteurs. En effet, si ceux-ci présentaient de nombreux avantages comme une forte puissance par rapport à leur masse et leur volume, la rapidité des variations de puissance et l'absence de pressurisation du circuit de refroidissement primaire, qui rendait peu probable une fuite de radioactivité, le métal se solidifiant très vite, ils présentaient un inconvénient majeur pour leur entretien, la nécessité de maintenir le fluide de refroidissement à une température supérieure à 125 °C, ce qui rendait problématique tout arrêt du réacteur pour des opérations de maintenance.

Variantes[modifier | modifier le code]

  • Projet 705 K
  • Projet 671 B

Liste des unités[modifier | modifier le code]

Nom Flotte Mise en chantier Lancement Mise en service Fin de service
K-377 Nord 1965 1967 1972 1974
K-316 Nord 1974 1979 1993 (en cours de démantèlement)
K-373 Nord 1976 1978 1993 (en réserve)
K-123 Nord janvier 1975 26/12/1977 1995
K-432 Nord 1978 1982 1995
K-463 Nord 1978 1982 1986
K-493 Nord 1981 1983 novembre 1997

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe et source[modifier | modifier le code]