Soultz-les-Bains

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Soultz-les-Bains
Vue générale de Soultz.
Vue générale de Soultz.
Blason de Soultz-les-Bains
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin (Strasbourg)
Arrondissement Molsheim
Canton Molsheim
Intercommunalité C.C. de la région de Molsheim-Mutzig
Maire
Mandat
Guy Schmitt
2014-2020
Code postal 67120
Code commune 67473
Démographie
Gentilé Soultzois(es)
Population
municipale
947 hab. (2011)
Densité 267 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 34′ 20″ N 7° 29′ 18″ E / 48.57222222, 7.4883333348° 34′ 20″ Nord 7° 29′ 18″ Est / 48.57222222, 7.48833333  
Altitude Min. 166 m – Max. 359 m
Superficie 3,55 km2
Localisation

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Soultz-les-Bains
Liens
Site web www.soultz-les-bains.fr

Soultz-les-Bains (Sulzbad en allemand) est une commune française située dans le département du Bas-Rhin en région Alsace. C'est une station thermale.

Géographie[modifier | modifier le code]

Soultz-les-Bains est situé à 4 km au nord de Molsheim, au pied des collines sous-vosgiennes. Coincée dans un goulot d'étranglement entre le Jesselberg (363 m) au sud-ouest et le Sulzberg (293 m) au nord-est, la Mossig arrose la commune avant de se jeter dans la Bruche au sud du village.

La commune est traversée par la RD 422 reliant Molsheim à Marlenheim, qui forme la route des vins d'Alsace et donne accès, au-delà de Molsheim, à l'A352 par l'échangeur de Dorlisheim. Elle dessert également Dangolsheim par la RD 275 et Wolxheim (jusqu’à Strasbourg) par la RD 45.

Soultz disposait également d'un arrêt sur la ligne ferroviaire Molsheim-Saverne (fermée en 1965 et remplacée depuis par une piste cyclable). Cette liaison est actuellement desservie par bus.

La véloroute du canal de la Bruche (EuroVelo 5) en provenance de Strasbourg rejoint la véloroute du vignoble d'Alsace (EuroVelo 5) au pied de l'ancienne gare. Vers le nord, cette véloroute mène à Marlenheim, vers le sud vers Thann.

Le village disparu de Biblenheim (Bubilenheim au IXe siècle) se situait au nord-est de Soultz. Il reste actuellement le hameau du Biblenhof. Les communes limitrophes sont Scharrachbergheim-Irmstett au nord, Dahlenheim au nord-est, Wolxheim à l'est, Avolsheim au sud-est, Dangolsheim et Bergbieten à l'ouest.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom de Soultz, dérivé de Salz (sel en allemand), est lié à la source minérale et aux bains adjacents. Des tombes mérovingiennes furent exhumées lors de la construction de la ligne de chemin de fer Molsheim-Saverne en 1864. La dénomination du village, au travers des chartes et inventaires de biens, varie de Sulcia (737) à Sulze (XIIe siècle) ou Sulcen. À partir de cette époque, le nom de Soultz apparaît.

Appartenant en indivision à l'empereur et à l'évêque de Strasbourg au XIIe siècle, le village devint un bailliage épiscopal de Dachstein au XVe siècle. Il fut incendié par les Strasbourgeois en 1262 lors de la guerre des évêques, puis en 1444 et 1622 lors de la guerre de Trente Ans.

Des fortifications, démantelées en 1333, ont laissé une trace dans la toponymie locale (Biblentor, Molsheimertor, ... - tor signifie porte en allemand). La conformation du bâti ancien accrédite une localité fortifiée de manière sommaire. La commune est réunie à Biblenheim (Biblenhof sur les cartes topographiques IGN) depuis 1556.

En 1682, Vauban mit en exploitation trois carrières près de Soultz, sur le ban de Wolxheim, pour édifier la citadelle de Strasbourg et celle de Fort-Louis. Afin d'acheminer les pierres, il fit construire le canal de la Bruche au sud du village. Cette voie de communication a transformé un temps Soultz en centre d'approvisionnement de Strasbourg en matériaux divers (pierre, bois, ...).

Localité à dominante catholique, Soultz-les-Bains comptait depuis le XVe siècle une communauté juive bien structurée.

Les habitants sont surnommés Trapphiaenle (outardes).

Les bains de Soultz[modifier | modifier le code]

Le Sulzbad. On peut voir au fond la carrière de grès rose de Wolxheim.

Probablement plus anciens, les bains de Soultz n'ont été évoqués qu'à partir de 1484. Bien que situés sur le ban communal de Wolxheim, ils ont donné son nom à Soultz.

Une source dédiée à saint Amand, premier évêque de Strasbourg au IVe siècle ainsi que deux chapelles évoquent un lien entre le caractère religieux et les bains. Cultes païens et guérisons miraculeuses ont été évoquées par un médecin strasbourgeois, Melchior Sebitzius, en 1647. Les paysans se baignaient 24 heures durant dans la source dans l'espoir d'être épargnés par la maladie durant l'année à venir. En 1726, J. Schurer dans Disertio inaugularis de balneo Sulzensis signala des ex-votos, témoignages de guérisons miraculeuses de problèmes arthritiques.

À partir du XVIe siècle, scientifiques et médecins s'intéressèrent aux vertus curatives des eaux recommandées pour le traitement des calculs rénaux, des maladies cutanées, des affections rhumatismales et syphilitiques, des névralgies. Les eaux sont classées parmi les eaux salines (NaCl), iodurées et bromurées.

Les bains étant accompagnés de distractions diverses (casino, danse, etc.), ils ont attiré l'opprobre du clergé qui n'y voyait qu'un « lieu de perdition » et un « repaire de débauche ». Un incendie, le 11 novembre 1913 détruisit une grande partie des installations et mit un terme provisoire au thermalisme à Soultz.

Durant le XXe siècle, quelques tentatives pour relancer l'exploitation de la source (vente d'eau en bouteille sous la marque Saint-Amand, publicités vantant sa teneur en radium) se soldèrent par des échecs. Un second puits fut creusé sur le ban de Soultz mais sans que le dynamisme économique ne soit au rendez-vous.

Depuis 1999, le Sulzbad, un établissement de cure et de remise en forme tente de faire perdurer la vocation thermale de la commune.

Les carrières de Soultz[modifier | modifier le code]

La carrière royale.

Creusées dans le flanc sud-ouest du Silberberg sur la rive gauche de la Mossig, la carrière royale (Königsgrube) montre encore aujourd'hui un front de taille d'une vingtaine de mètres de haut. Composée de grès à voltzia et de grès datant du Muschelkalk, la carrière vit son exploitation cesser au cours du XIXe siècle. Elle a fait l'objet d'études géologiques approfondies et de récoltes de nombreuses plantes fossiles par Philippe-Louis Voltz, Guillaume Philippe Schimper et Mougeot.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Soultz-les-Bains

Les armes de Soultz-les-Bains se blasonnent ainsi :
« D'or à la croix d'azur, cantonnée de quatre aigles de sable. »[1].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Vue de la mairie de Soultz-les-Bains.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 en cours Guy Schmitt[2]    
1980 1995 Lucien Salomon    
1977 1980 André Bur    
1965 1977 Paul Dentz    
1958 1965 Georges Kauffer    
1947 1958 Charles Marck    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 947 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
741 750 735 898 996 979 958 918 949
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
891 826 860 814 810 823 772 740 745
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
715 644 679 627 596 600 571 573 589
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
601 618 628 696 654 693 791 784 913
2011 - - - - - - - -
947 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Le vignoble de Soultz-les-Bains, implanté à flanc de coteau sur des terrains argilo-calcaires, fait partie du « Vignoble de la Couronne d'or » et produit tous les cépages d'Alsace. Le riesling et le gewurztraminer y prédominent[5].

De par sa situation sur la route des vins d'Alsace, Soultz-les-Bains bénéficie d'une activité touristique basée non seulement sur sa production vinicole mais aussi sur son patrimoine historique reconnu.

le site thermal « Sulzbad » propose non seulement des soins à vocation thérapeutiques mais également esthétiques à base de produits de la vigne ainsi que l'accès à sa pîscine et à son « vaporium »[6].

On trouve à proximité de Soultz-les-Bains un producteur de foie gras artisanal, Lucien Doriath, quatre fois médaillé au concours général agricole (2010 et 2011)[7].

Soultz-les-Bains dispose également de quelques commerces de proximité et de restaurants.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La ferme du Biblenhof.

Église Saint-Maurice[modifier | modifier le code]

Cette église paroissiale fait partie des premières églises de style néo-gothique alsaciennes. Son clocher est le reste de l'ancienne église du XVe siècle. Son chœur polygonal situé en retrait et sa nef unique se terminant par la façade à portail sculpté composent cette construction. Ce fut en 1888 que la nef se retrouva couverte d'une voûte en berceau lambrissée. L'église possède un orgue de tribune[8], [9], [10], [11]. Elle a été inscrite sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques [12], [13], [14].

Carrières royales (grès) à Wolxheim[modifier | modifier le code]

C'est dès le XVe siècle que la carrière fut exploitée ; elle fut ouverte sur ordre de Vauban en 1682 pour en extraire les matériaux de construction de la citadelle de Strasbourg. Lors d'études géologiques qu'elle subit au XIXe siècle, des fossiles animaux et végétaux y furent découverts.

Ferme du Biblenhof[modifier | modifier le code]

C'est au nord-est du village que se situe la bâtisse. Son église était l'église mère de Molsheim-Biblenheim et fut détruite au XIXe siècle. La ferme constitue un ensemble de quadrilatère fermé par un mur de clôture qui comporte deux portes : une piétonne et l'autre cochère. Les bâtiments principaux datent du XVIIIe siècle et sont composés de logis, étables, écurie, hangar, grange, pressoir et cellier.

Moulin "Kollenmuhle" (XVIe au XIXe siècle)[modifier | modifier le code]

Cette ancienne propriété de l'Œuvre Notre-Dame établie sur la Mossig moulinait les grains grâce à sa roue à eau. L'un des étages du bâtiment principal possède un pan en bois crépi. Sur l'une des pierres est lisible la date de 1812. Elle correspond à la date de l'agrandissement du moulin. Par la suite, on ajouta au moulin une exploitation agricole ; le tout resta en activité jusqu'en 1977[15].

Ancien four à chaux[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, c'est au pied de la carrière que les fours à chaux furent construits. À la fin de la première guerre mondiale, une grande cimenterie fut installée sur les pentes du Soultzberg mais l'entreprise fit rapidement faillite. Depuis, les bâtiments de l'exploitation ont disparu mais on peut toujours voir le four à chaux sur le flanc de la colline ; il était alimenté par la carrière ouverte se trouvant plus haut dans les roches du calcaire coquillier[16].

Galerie photos[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Raymond Moser, « Soultz-les-Bains, traditions et mutations d'un village au passé millénaire », sur http://mairie.soultz-les-bains.pagesperso-orange.fr/index.htm (consulté le 21 janvier 2011)
  2. [PDF] Liste des maires au 1er avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  5. Voir la page de Soultz-les-Bains sur vignoble-couronne-or.com, consulté le 19 mai 2011.
  6. Voir le site du Sulzbad, consulté le 19 mai 2011.
  7. Voir le site de Lucien Doriath, consulté le 19 mai 2011.
  8. « Notice no PM67001093 », base Palissy, ministère français de la Culture orgue de tribune orgue de tribune église paroissiale Saint-Maurice
  9. « Notice no PM67000321 », base Palissy, ministère français de la Culture orgue de tribune : partie instrumentale de l'orgue église paroissiale Saint-Maurice
  10. « Notice no PM67000320 », base Palissy, ministère français de la Culture orgue de tribune : buffet d'orgue église paroissiale Saint-Maurice
  11. « Notice no IM67009623 », base Palissy, ministère français de la Culture Orgue église paroissiale Saint-Maurice
  12. « Notice no PA67000007 », base Mérimée, ministère français de la Culture Eglise catholique Saint-Maurice
  13. « Notice no IA67006055 », base Mérimée, ministère français de la Culture église paroissiale Saint-Maurice
  14. « Notice no IA67006056 », base Mérimée, ministère français de la Culture Cimetière
  15. « Notice no IA67006078 », base Mérimée, ministère français de la Culture moulin, ferme dit Biblenmuhle ou Kohlenmuhle
  16. « Notice no IA67006076 », base Mérimée, ministère français de la Culture four à chaux