Roger Gilbert-Lecomte

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Roger Gilbert-Lecomte, né à Reims le et mort à Paris le , est un poète français.

Il est un pilier de la revue Le Grand Jeu. René Daumal, le peintre Joseph Sima, Roger Vailland, Robert Meyrat, Pierre Minet et André Rolland de Renéville participèrent tous à l'élaboration de la revue, que ce soit de façon régulière ou temporaire.

La trajectoire de Roger Gilbert-Lecomte trouve ses racines dans le parcours de quatre jeunes lycéens à Reims, regroupés sous le nom des Phrères simplistes: Lecomte, Meyrat, Daumal et Vailland. Très jeunes, ils se posent la question d'un point de rencontre entre le visible et l'invisible, et tentent, à travers divers moyens (stupéfiants, perte de la notion d'espace, de temps, privation de sommeil, et plus précisément pour Lecomte, excès en tout et pour tout), d'« expérimenter Dieu ».

Malgré une persistante réputation de poète maudit, Roger Gilbert-Lecomte a été soutenu par des personnalités importantes, comme l'éditeur Léon Pierre-Quint, qui le soutient financièrement ou comme Jean Paulhan, qui le fait publier dans la NRF de Drieu la Rochelle, à des fins thérapeutiques, puis à titre posthume, en 1955 dans sa collection « Métamorphoses ». L'éditeur Bruno Roy lui donne une livrée à sa mesure ; Roland Dumas assure la défense juridique d'une œuvre posthume dont tous les ayants droit ne souhaitaient pas qu'elle vît le jour.

Lecomte ne laissera que peu d'écrits, suivant jusqu'au bout son processus d'autodestruction pour retourner « dans le ventre de la mère, plonger dans l'abîme, et retourner à l'un, Absolu ». Dans ses correspondances, une lettre à son ami René Daumal, marque sa volonté de continuer jusqu'au bout : « Toi, tu es foutu poète ! » lui écrit-il.

Encore aujourd'hui, une frange de la jeunesse rémoise se réclame de lui dans diverses revues gratuites, autoproduites, et qui ne circulent que de mains en mains, réaffirmant néanmoins son importance toujours vivace dans la cité des sacres.

Roger Gilbert-Lecomte reste toutefois un auteur méconnu, à l'instar de certains de ses partenaires du Grand Jeu. Cela est dû en partie aux pressions exercées sur eux par le surréaliste André Breton, lorsque ces derniers refusèrent d'adhérer au surréalisme, considérant ce mouvement comme une bureaucratie ayant abandonné ses idéaux. Mais il faut reconnaître aussi que cette marginalité par rapport au surréalisme a rendu les auteurs du Grand Jeu très identifiables. Roger Gilbert-Lecomte est aujourd'hui publié en livre de poche.

Il repose à Reims, au cimetière de l'Est.

Publications[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Le Grand Jeu (numéros 1, 2, et 3)
  • La Vie, l'Amour, la Mort, Le Vide et le Vent, Editions des Cahiers libres, 1933.
  • Le Miroir noir, Editions Sagesse, Librairie Tschann, 1937.
  • Testament, « coll. Métamorphoses », Gallimard, 1955.
  • Monsieur Morphée empoisonneur public, Montpellier, Fata Morgana, 1966. Rééd. 2011.
  • Arthur Rimbaud (1971)
  • Correspondance (1971)
  • Tétanos mystique (1972)
  • L'Horrible Révélation… la seule (1973)
  • Œuvres complètes, 2 tomes (1974-1977)
  • Caves en plein ciel (1977)
  • Neuf haï kaï (1977)
  • Poèmes et chroniques retrouvés (1982)
  • Lettre à Benjamin Fondane, éd. Les Cahiers des Brisants, 1985
  • Mes chers petits éternels (1992)
  • Joseph Sima, éd. L'Atelier des Brisants, 2001

Bibliographie critique :

  • Roland Dumas, Plaidoyer pour Roger Gilbert-Lecomte, avec la collaboration de Christine Piot, Gallimard, 1985,
  • Yves Leclair, "Roger-Gilbert Lecomte", Dictionnaire de poésie de Baudelaire à nos jours, PUF, 2001.

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