Benoît Frachon

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Benoît Frachon

Naissance 13 mai 1893
Le Chambon-Feugerolles, Loire
Décès 1er août 1975 (à 82 ans)
Les Bordes, Loiret
Nationalité Française
Profession
Activité principale
Autres activités

Benoît Frachon, né le 13 mai 1893 au Chambon-Feugerolles (Loire) et mort le 1er août 1975 aux Bordes (Loiret), est un syndicaliste français, secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT) de 1945 à 1967. Membre du bureau politique du Parti communiste français, il fut l'un des principaux dirigeants du PCF dans la Résistance.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né près de Saint-Étienne dans une famille de mineurs, Benoît Frachon est ouvrier métallurgiste à l'âge de 13 ans et adhère à la CGT dès ses 16 ans.

Engagé dans un petit groupe libertaire dès 1909, il participe à quelques manifestations d'action directe. Sa première grève, il la vit en 1910, au Chambon. Très dure (plus d'un mois), elle donne lieu à des affrontements avec l'armée (la cavalerie charge « sabre au clair » les grévistes), tourne à la grève populaire (les femmes des grévistes participent, mais aussi, dans une certaine mesure, la population de Saint-Étienne). Il fréquente assidûment la maison du peuple du Chambon : il y apprend et s'y imprègne de la culture ouvrière.

Engagement national[modifier | modifier le code]

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Frachon adhère au Parti communiste français (PCF) qui vient d'être fondé à la suite du congrès de Tours, en 1920.

Dirigeant de la grande grève des métallurgistes de Saint-Étienne de 1924, il s'affirme et devient secrétaire permanent de l'union départementale de la CGTU. À partir de 1928, Frachon accède à des responsabilités supérieures. En accord avec les orientations de la direction de l'Internationale communiste, il participe à des réunions à Moscou et entre au bureau politique du PCF : il est l'archétype de cette génération de dirigeants communistes qui connaît une promotion très rapide (trois ans en l'occurrence).

Au début des années 1930, Frachon se trouve au cœur de la ligne qui triomphe dans le communisme français, faite du repli de la tendance sectaire et de recherches de l'unité à la base avec les ouvriers et non avec les dirigeants socialistes ou syndicalistes « confédérés » (appelés ainsi pour les différencier des unitaires de la CGTU). Alors que se développent en France les premiers effets de la crise de 1929, le communisme et le syndicalisme à volonté révolutionnaire voient leur audience se rétrécir. Frachon, comme beaucoup de militants, subit les conséquences de la répression gouvernementale et est interné à la prison de la Santé.

Dès 1931, il est porteur d'analyses alors nouvelles sur le mouvement syndical, attirant l'attention sur la nécessité de s'attacher aux petites revendications des travailleurs. Il devient le porte-parole convaincu de la lutte pour l'unité syndicale, sous la bannière de la CGTU, sur la base de la défense des revendications et des intérêts de la classe ouvrière. Frachon veut gagner les masses ouvrières : pour cela il faut d'abord s'occuper de la réalité ouvrière, réaliser le front unique des exploités, refuser de « faire faire le tour du monde à des prolétaires dont la préoccupation dominante est l'augmentation de leurs salaires ». »

À partir de 1933, devenu secrétaire de la CGTU, Frachon se situe au cœur d'une stratégie unitaire qui recherche non seulement le rapprochement avec les ouvriers confédérés et socialistes, mais aussi avec leurs dirigeants. Membre du bureau politique du Parti communiste français, il va transformer la centrale syndicale en véritable « courroie de transmission » de PCF et en assurer la mainmise sur sa direction pour des dizaines d'années.

Dirigeant de premier plan de la CGT après la réunification syndicale de 1935, Frachon participe à la rencontre CGT/CGPF (patronat) du 6 juin 1936 à l'hôtel Matignon. Il est 15 heures lorsque débutent les négociations. Le rapport de force est tel que celles-ci ne s'éternisent pas : à 1 heure du matin, les accords de Matignon sont signés.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, la signature du pacte germano-soviétique, le 23 août 1939, met définitivement fin à l'unité syndicale : les communistes de la CGT sont sommés de désavouer le pacte et Frachon, bien que s'étant prononcé dans La Vie ouvrière pour une défense nationale antifasciste, est déchu de son mandat.

Dans la Résistance, il est l'un des principaux dirigeants du PCF clandestin, plus spécialement chargé de l'action syndicale. Il participe activement à l'élaboration de la plate-forme revendicative proposée aux confédérés en 1943 qui aboutit, le 17 avril, à la réunification de la CGT. Jusqu'à la Libération, l'essentiel de l'activité syndicale, les grandes directives d'action, sont le fait des unitaires sous la direction de Frachon : c'est dans la clandestinité que ceux-ci conquièrent la majorité de la CGT et Frachon, l'autorité pour en devenir l'un des secrétaires généraux.

Le 22 août 1944, il signe dans L'Humanité un appel aux armes aux métallos parisiens.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Le 10 septembre 1944, Frachon énonce les grandes tâches de la CGT : achever victorieusement la guerre, reconstruire l'économie. Il lance la bataille de la production et la relie à la satisfaction des revendications ouvrières.

Il est élu secrétaire général de la CGT le 5 septembre 1945, responsabilité qu'il partage avec Léon Jouhaux. Il devient ensuite le dirigeant incontesté de la CGT, alors au faîte de sa puissance, après la scission qui voit la création de Force ouvrière sous l'impulsion de Jouhaux.

Il reprend ensuite les pleins pouvoir en décembre 1947, à la suite de la démission contrainte de Jouhaux du poste de secrétaire général de la CGT.

Frachon se retire progressivement à partir de 1967, lorsqu'il devient président de la CGT. Il est le seul survivant du Front populaire à participer aux négociations de Grenelle, même s'il n'est plus secrétaire général de la CGT.

Il fera partie du bureau politique du Parti communiste français de 1956 à sa mort, en 1975, et participe également aux instances dirigeantes du Mouvement de la paix. Son épouse est décédée en 1981.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Girault, Benoit Frachon, communiste et syndicaliste, Presses de Sciences-Po, 1989