Béatrice Bourges

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Béatrice Bourges

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Béatrice Bourges à Strasbourg au Conseil de l'Europe le 26 juin 2013.

Nom de naissance Béatrice Marie Morel
Naissance 18 octobre 1960 (53 ans)
Algérie française
Nationalité Drapeau : France Française
Pays de résidence France
Diplôme
Profession Conseillère d'entreprise
Autres activités
Porte-parole du Printemps français
Porte-parole du Collectif pour l'enfant
Distinctions

Béatrice Bourges, née Béatrice Marie Morel[1],[2], le 18 octobre 1960[3] en Algérie, est une conseillère d'entreprise et militante associative française. Elle fonde en 2007 le Collectif pour l'enfant et cofonde en 2012 La Manif pour tous, dont elle est exclue en 2013 lorsqu'elle prend la tête du Printemps français, trois mouvements engagés dans l'opposition au mariage homosexuel en France. Attachée parlementaire RPR de 1988 à 1997, elle s'est présentée aux élections législatives dans les Yvelines et à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née en Algérie d'un père ingénieur chez Total et d'une mère graphologue, Béatrice Bourges revendique des racines auvergnates[4]. Elle fait des études de droit à Paris à l'université Panthéon-Assas jusqu'en licence[5], puis un troisième cycle à l'HEC Paris. Catholique, elle est divorcée puis remariée et mère de deux enfants[4]. Elle devient chevalier de la Légion d'honneur en 2008[1].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Spécialisée dans le conseil aux entreprises, notamment pour Total de 1992 à 1997 et la Fédération française des assurances de 1997 à 1998[2], elle est secrétaire générale du think tank entrepreneurial « Entreprise et Progrès » pendant dix ans[4],[5]. Sa qualité publiée au journal officiel du 31 décembre 2008 est « secrétaire générale d'une fédération de chefs d'entreprise »[1]. En novembre 2012, elle crée une entreprise de conseil[5] nommée « Évoluance + »[6].

Activités politiques[modifier | modifier le code]

De 1988 à 1997, Béatrice Bourges est assistante parlementaire de Franck Borotra, au Conseil général des Yvelines puis à l’Assemblée nationale[4],[5]. En 1999, elle se présente sous l'étiquette Droite libérale-chrétienne (DLC) à une législative partielle à Paris et obtient 1,92 % des suffrages[7]. En 2002, elle se présente aux législatives dans la première circonscription des Yvelines sous l'étiquette divers droite[8] et obtient 7,86 % des suffrages[9].

Elle se présente à nouveau aux législatives en 2012 sous la même étiquette[10], mais soutenue cette fois par le Parti chrétien-démocrate, et obtient 7,1 % des suffrages[4]. En juillet 2013, elle annonce vouloir présenter des listes de défense de « la famille et de la vie » aux côtés de Christine Boutin pour les élections européennes de 2014[4]. Elle y renonce en septembre, en mettant en cause les divisions au sein de la droite parlementaire et son incapacité à s'affranchir du « front républicain »[11],[12].

Engagements associatifs[modifier | modifier le code]

Béatrice Bourges lors de la « manif pour tous » du 13 janvier 2013 à Paris.

En 2007, Béatrice Bourges fonde le Collectif pour l'enfant qui regroupe 79 associations de protection de l'enfance[13],[10],[14], dont elle est porte-parole depuis lors[4].

Opposée à l'homoparentalité, elle publie en 2008 le livre L'homoparentalité en question : Et l'enfant dans tout ça ?[15] et en 2013, avec Aude Mirkovic et Elisabeth Montfort, De la théorie du genre au mariage de même sexe… : L'effet dominos. En septembre 2012, elle publie dans Le Monde avec Véronique Besse une tribune pour la protection des droits de l'enfant[16] et cofonde, avec Ludovine de La Rochère et Frigide Barjot, La Manif pour tous[17].

En mars 2013, elle est exclue de La Manif pour tous[18] et prend la tête de son mouvement dissident : le Printemps français[13]. Elle prétend ne pas être « la créatrice » de ce mouvement, mais le magazine Regards relève néanmoins qu'elle a déposé la marque auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) le 26 février 2013, soit un mois avant la naissance du mouvement[19],[20].

Le 7 avril 2013, elle revendique sur son compte Twitter une action qu'elle nomme « Nuit blanche aux Blancs-Manteaux »[21], au cours de laquelle des membres du Printemps français ont vandalisé un bâtiment devant recevoir le lendemain « le printemps des assoces », un regroupement d'associations LGBT dans le 4e arrondissement de Paris[22].

À la fin de la manifestation « Jour de colère » du 26 janvier 2014, elle entame un jeûne[23] pour obtenir la destitution du Président de la République François Hollande[24]. Des personnalités politiques, Christine Boutin, Jean-Marie Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen, Thierry Mariani et Paul-Marie Coûteaux lui rendent visite, et le député Jacques Bompard (Ligue du Sud) interpelle à l'Assemblée nationale le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, sur le traitement réservé à Béatrice Bourges et à ses soutiens[25]. Le 3 février, elle arrête son jeûne, expliquant que Jacques Bompard s'est engagé à mettre en pratique l'article 68 de la Constitution définissant les conditions de destitution du Président de la République[26],[27].

Le Printemps français[modifier | modifier le code]

Béatrice Bourges est la porte-parole du Printemps français est un mouvement contestataire classé entre la droite et l'extrême droite. En janvier 2014, à l'issue d'une manifestation agrégative nommée « Jour de Colère » qu'il contribue à organiser, il en vient à s'opposer globalement à la politique du gouvernement Ayrault et demande la destitution du président de la République François Hollande.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 24 mars 2013, au cours de la seconde manifestation nationale d'opposition au mariage homosexuel, alors qu'une partie des opposants, dont Béatrice Bourges, tente d'investir les Champs-Élysées[28], Frigide Barjot les désavoue publiquement depuis la tribune de la manifestation sur l'avenue de la Grande-Armée, en les qualifiant notamment de « fachos » et de « skinheads »[29],[30]. Béatrice Bourges, refusant de se désolidariser de ces manifestants, est alors exclue de La Manif pour tous et prend la tête de ce qui devient dès lors le Printemps français[30].

Béatrice Bourges et les Veilleurs aux Invalides lors de la « manif pour tous » du 21 avril 2013.

Le 25 février, le nom de domaine « printempsfrancais.fr » est enregistré par un anonyme et « printempsfrancais.com » par Béatrice Bourges[28]. Le lendemain, Béatrice Bourges dépose également la marque « Le Printemps français » à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI)[31].

Cette contestation contre l'ensemble de la politique gouvernementale et contre la personne même du président de la République François Hollande, est au cœur de la manifestation « Jour de colère », à laquelle participe le Printemps français le 26 janvier 2014. Plusieurs sources de presse relèvent son implication dans la préparation de cette manifestation, et sa position centrale au sein du collectif éponyme[32],[33]. Béatrice Bourges dément cependant être à l'origine de l'appel à manifester[33]. Au soir du 26 janvier, elle entame une grève de la fin, qualifiée par elle de « jeûne spirituel », pour demander la destitution de François Hollande en vertu de l'article 68 de la Constitution. Cet article n'étant pas encore applicable à ce moment-là, elle obtient du député Jacques Bompard qu'il dépose une proposition de loi visant à le rendre applicable, et met ainsi un terme à son jeûne. Cette proposition de loi est par la suite cosignée par les députés Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen[34].

Composition[modifier | modifier le code]

Le Printemps français est un mouvement aux contours mal définis, qui n'a pas d'existence légale, en dehors des noms de domaine « printempsfrancais.fr » et « printempsfrancais.com », et de la marque « Le Printemps français », déposée par Béatrice Bourges à l'INPI. Cette dernière le décrit elle-même comme « un état d'esprit »[35].

Béatrice Bourges entretient également des liens avec cet institut Ichtus[36].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Décret du 31 décembre 2008 portant promotion et nomination, sur Légifrance (consulté le 30 janvier 2014).
  2. a et b « CV sur Linked In »
  3. « Liste des candidats au 1er tour des élections législatives de 2012 pour la commune de Guyancourt », sur Conseil général.com,‎ 2012 (consulté le 13 janvier 2014).
  4. a, b, c, d, e, f et g Audrey Salor, « Béatrice Bourges : après la Manif pour tous, la politique pour elle », sur Le Nouvel Observateur.com,‎ 12 juillet 2013 (consulté en 31 décembre 2013).
  5. a, b, c et d Fabrissa Delaville, « Béatrice Bourges, entourée de mystère », sur Paris Match.com,‎ 28 avril 2013 (consulté en 31 décembre 2013).
  6. « Présentation de la société Évoluance + », sur Société.com,‎ 1er février 2014 (consulté en 4 février 2014).
  7. « Élection législative partielle des 28 novembre et 6 décembre 1999 » [PDF], sur Paris.fr,‎ décembre 1999 (consulté en 8 février 2014).
    Le nom qui apparait dans la source citée et sous lequel elle se présente à cette élection est Béatrice Boyer-Chammard, parfois accolé ou mis en remplacement du nom Béatrice Bourges dans ces années-là (voir par exemple l'article Le Parisien 2002)
  8. « La candidate de Millon infatigable… », sur Le Parisien.fr,‎ 4 juin 2002 (consulté en 31 décembre 2013).
  9. « Résultats des élections législatives 2002 : Yvelines (78) — 1re circonscription (résultats officiels) », sur Intérieur.gouv.fr,‎ 16 juin 2002 (consulté en 8 février 2014).
  10. a et b Julie Mendel, « L'énigmatique Béatrice Bourges, nouvelle égérie des « antis » », sur Metronews.fr,‎ 26 mai 2013 (consulté en 31 décembre 2013).
  11. Béatrice Bourges, « Je ne serai pas candidate aux européennes », sur Valeurs actuelles.com,‎ 27 septembre 2013 (consulté en 31 décembre 2013).
  12. Jeanne Smits, « Béatrice Bourges répond à Présent : « Faire sauter ce « front républicain » absurde, insensé » », Présent, no 7958,‎ 12 octobre 2013, p. 1 et 4 (lire en ligne).
  13. a et b Laure Mentzel, « Béatrice Bourges, l'autre égérie des anti-mariage gay », sur Le Monde.fr,‎ 19 avril 2013 (consulté en 31 décembre 2013).
  14. « La protection de l’enfance : Entretien avec Béatrice Bourges », La Nef, no 194,‎ juin 2008 (résumé, lire en ligne).
  15. Bénédicte Drouin, « L’homoparentalité en question : Et l’enfant dans tout ça ? », sur Famille chrétienne.fr,‎ 18 octobre 2008 (consulté le 2 janvier 2014).
  16. Véronique Besse, Béatrice Bourges, « Pensez aux droits de l'enfant ! », sur Le Monde.fr,‎ 18 septembre 2012 (consulté en 31 décembre 2013).
  17. Raphaël Stains, « Famille : La grande mobilisation », Le Figaro Magazine, no 1681,‎ 12 janvier 2013, p. 28-29.
  18. E.O., « Des dissensions au sein du collectif « La manif pour tous » », sur 20 minutes.fr,‎ 26 mars 2013 (consulté en 17 février 2014).
  19. M. T., « Mariage homo: le Printemps français, un mouvement pas si spontané », sur BFM TV.com,‎ 22 avril 2013 (consulté en 4 février 2014).
  20. Bernard Hasquenoph, Sophie Courval, « Le Printemps français, marque déposée par Béatrice Bourges », sur Regards.fr,‎ 18 avril 2013 (consulté en 4 février 2014).
  21. Yves Delahaie, « Des anti-mariage gay vandalisent un salon LGBT : ça ne peut plus durer », sur Le Nouvel Observateur.com,‎ 7 avril 2013 (consulté en 4 février 2014).
  22. Cerise Sudry-Le Dû, Maud Vallereau, « Le Printemps français s'en prend à une manifestation LGBT à Paris », sur Metronews.fr,‎ 7 avril 2013 (consulté en 4 février 2014).
  23. « En grève de la faim après la manif anti-Hollande », sur Le Parisien.fr,‎ 27 janvier 2014 (consulté en 3 février 2014).
  24. « Au moins 250 interpellations lors de la manifestation anti-Hollande », sur Le Figaro.fr,‎ 27 janvier 2014 (consulté le 27 janvier 2014).
  25. « Béatrice Bourges sous surveillance », sur Valeurs actuelles.com,‎ 30 janvier 2014 (consulté le 31 janvier 2014).
  26. « Le député Jacques Bompard dépose une proposition de loi pour destituer François Hollande », sur Valeurs actuelles.com,‎ 3 février 2014 (consulté en 3 février 2014).
  27. « La leader du Printemps français, Béatrice Bourges, arrête sa grève de la faim », sur France TV info.fr,‎ 3 février 2014 (consulté en 3 février 2014).
  28. a et b Samuel Laurent, « Comment une partie de la « Manif pour tous » a voulu occuper les Champs-Elysées », sur Le Monde.fr,‎ 25 mars 2013 (consulté en 26 février 2014).
  29. Adeline Fleury, Marie Quenet, « Mariage pour tous : les « anti » ne lâchent rien », sur Le JDD.fr,‎ 7 avril 2013 (consulté en 26 février 2014).
  30. a et b E.O., « Des dissensions au sein du collectif « La manif pour tous » », sur 20 minutes.fr,‎ 26 mars 2013 (consulté en 26 février 2014).
  31. Bernard Hasquenoph, Sophie Courval, « Le Printemps français, marque déposée par Béatrice Bourges », sur Regards.fr,‎ 18 avril 2013 (consulté en 26 février 2014).
  32. Stéphane Joahny, « Sur la piste de Jour de colère », sur Le JDD.fr,‎ 26 janvier 2014 (consulté en 26 février 2014).
  33. a et b Adrien Sénécat, « Jour de colère: les dessous du rassemblement des anti-Hollande », sur L'Express.fr,‎ 23 janvier 2014 (consulté en 26 février 2014).
  34. AFP, « Les députés FN cosignent une proposition de loi qui rend possible la destitution de Hollande », sur 20 minutes.fr,‎ 12 février 2014 (consulté en 26 février 2014).
  35. Matthieu Beigbeder, « Printemps Français: quel est ce groupe qui menace la Manif pour tous? », sur L'Express.fr,‎ 24 mai 2013 (consulté en 27 février 2014).
  36. Abel Mestre, Caroline Monnot, « Derrière le Printemps français, l’influence de l’institut Ichtus », sur Blog Droite(s) Extrême(s) (Le Monde.fr),‎ 10 avril 2013 (consulté en 27 février 2014).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]