Graphologie

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Anciens traités de graphologie

La graphologie est une technique d'analyse de l'écriture qui affirme pouvoir déduire systématiquement des caractéristiques psychologiques de la personnalité d’un individu à partir de l’observation de son écriture manuscrite. Celle-ci est décrite sous forme de signes graphiques qui, groupés en syndromes, amènent le graphologue à faire correspondre un type d'écriture ou de mouvement d'écriture, à un type de personnalité ou de caractère dans une classification préexistante.

Le fondement de la graphologie est analogue à l'idée que les formes du visage, du corps ou des gestes corporels permettant de faire des déductions psychologiques : on pourrait faire de même à partir de la trace graphique laissée par les mouvements d'écriture. Elle fonctionne selon les mêmes principes que les tests projectifs. Elle s'est développée parallèlement à la morphopsychologie. Par la suite, la graphologie a été utilisée pour diagnostiquer des pathologies, ou comme technique d'investigation dans des procédures de recrutement, avec un succès très contesté[1],[2].

La grande majorité des études reposant sur une méthodologie expérimentale scientifique démontrent que les hypothèses et les résultats obtenus par la graphologie sont invalides [3], elle est aujourd'hui considérée comme une pseudo-science[4]. Malgré l'accumulation de preuves contre sa validité prédictive[5], elle a longtemps été utilisée dans certains pays, notamment en France comme outil d'évaluation de candidats à l'embauche.

La graphologie doit être distinguée de l'expertise en écriture qui est une technique d'investigation visant à attribuer un écrit manuscrit à son scripteur, que ce soit pour l'identification judiciaire de l'auteur d'un écrit anonyme ou pour l'attribution historique de documents manuscrits.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot graphologie a été créé par un prêtre français, Jean Hippolyte Michon, vers 1868-1870, à partir des racines grecques graphein (« écrire ») et logos («la science»). Le sens étymologique, en quelque sorte « science de l'écriture », reflète la vision de l'abbé Michon, lui-même fondateur de la Société française de graphologie (SFDG).

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Historiquement, le premier auteur à avoir abordé le thème de la graphologie est l’Italien Baldi[6]. Plus tard, alors qu’il cherche les traces de l’âme humaine, le théologien suisse Lavater développe l’idée selon laquelle l’écriture manuscrite serait une voie d’expression de l’individualité humaine. C’est encore un siècle plus tard, en 1872, qu’un prêtre français, Jean Hippolyte Michon, invente le terme graphologie et établit une liste de signes graphologiques qui renvoient à des traits de caractère. La théorie et la propagation de la graphologie sont ensuite poursuivies par Jules Crépieux-Jamin. Ce dernier définit une classification des signes graphiques sous forme de genres : la forme, la pression, la vitesse, la dimension, la direction, la continuité, l'ordonnance. Dans le cadre de chacun de ces genres, il définit des "espèces" : par exemple, dans le genre ordonnance, on trouve l'écriture ordonnée et son opposé, l'écriture désordonnée. Il met en garde sur un usage simplificateur qui attribuerait un caractère ordonné ou désordonné sur le simple examen d'un unique manuscrit; il fait remarquer que les circonstances peuvent jouer un rôle déterminant. Si le scripteur était dans un état d'émotion important ou soumis à un contexte particulier, son écriture pourra être désordonnée sans que son caractère habituel soit cohérent avec cette appréciation. Il insiste beaucoup sur la nécessité de recueillir plusieurs manuscrits de la même personne, il avertit que l'écriture ne permet pas de déterminer le sexe ni de définir l'âge réel. L'aspect irrationnel de la graphologie tient pour une grande part à une utilisation abusive des "petits signes" qu'il a dénoncée, à des imprudences fréquentes liées à la volonté de faire des analyses rapides sans tenir compte de ses multiples mises en garde. Cet auteur utilisant la psychologie de son époque a pensé qu'il pouvait regrouper des traits de caractère pour en déduire un troisième et constituer des résultantes. Il présente cet exercice comme difficile et tenant beaucoup au sens psychologique du graphologue; il ne s'agit pas de graphologie mais d'un effort d'application d'une forme de caractérologie à la graphologie. Ces interprétations, sous la plume de l’auteur, sont profondément empreintes de préjugés propres à son époque. Il interprète un même symptôme graphologique comme qualité ou défaut, selon l'ambiance générale de l'écriture : c'est ainsi qu'il utilise l’harmonie de l’écriture qui coiffe les autres espèces. Bien que relativisant ces considérations moralistes, les graphologues français se réfèrent encore aux écrits de Jules Crépieux-Jamin comme une de leurs références historiques. Écriture et personnalité seraient corrélées l’une à l’autre. La corrélation dont il s'agit s'appuie d'une part sur le fait que l'écriture est liée à l'habitus gestuel du scripteur et d'autre part à la prise en compte de l'attitude projective qui amène le scripteur à se situer symboliquement comme cela a été montré dans d'autres tests projectifs (par exemple le test du dessin de l'arbre).

Citons également des auteurs germanophones comme le philosophe Klages,qui aborde l’écriture sous l’angle du mouvement, le psychologue suisse Pulver qui a insisté sur les projections symboliques, Heiss, les expérimentateurs Wilhelm Preyer (Zur Psychologie des Schreibens, Leipzig, 1928), Pophal ou Müller & Enskat, Walter Hégar (Graphologie par le trait). Des neuropsychologues se sont également intéressés à la graphologie (Gobineau et Perron : Génétique de l'Écriture et étude de la Personnalité, Delachaux, 1954). Les psychologues universitaires ont aussi approfondi le sujet sous l'appellation de "Graphométrie" qui utilise des outils statistiques pour analyser l'écriture d'une part, lier cette analyse à des traits de personnalité d'autre part(Thèse de J. Salce).

Écoles de graphologie[modifier | modifier le code]

Les principales écoles de graphologie sont les suivantes :

  • En Belgique, l'ACADEG dispense des cours menant aux diplômes en graphologie et en graphothérapie.
  • En France,
    • La Société française de graphologie (SFDG), qui commercialise des formations de graphologie pouvant faire l'objet d'une convention et être prises en charge au titre du DIF[7], est reconnue d'utilité publique depuis 1971 et l'est encore en juillet 2014[8]. Il est à noter que cette école, qui a longtemps été associée à l'École d'anthropologie et qui publiait ses livres chez les grands éditeurs scientifiques (Presses universitaires de France, Payot, etc.), se réclame des sciences humaines. Cependant, les psychologues universitaires comme R. Bayne et F. O'Neill s'accordent sur la non-scientificité de ces méthodes[9].
    • Le Syndicat des Graphologues Professionnels de France (SGPF), syndicat professionnel et organisme de formation. Il se donne comme principales missions de :
      • Représenter, défendre et promouvoir la profession de graphologue conseil auprès des administrations, des pouvoirs publics et du grand public.
      • Informer, conseiller et former ses membres
      • Enseigner et effectuer des recherches sur la technique graphologique.

Le diplôme de Graphologie n'est pas reconnu par les autorités compétentes en matière d'enseignement en France, en Belgique et en Suisse.

  • Aux États-Unis, on trouve la Société internationale de grapho-analyse. Elle propose des cours par correspondance en 18 mois pour devenir analyste et revendique 10 000 membres[réf. souhaitée].

Utilisation dans les entreprises[modifier | modifier le code]

La graphologie est, au niveau mondial, une pratique très marginale. En effet, de nombreuses études et en particulier la méta étude de 1982 portant sur près de 200 publications (Informal covariation assessment: Data-based versus theory-based judgments. In D. Kahneman, P. Slovic, & A. Tversky (Eds.), Judgment under uncertainty: Heuristics and biases, Cambridge, England: Cambridge University Press, 1982, pp. 211–238) tentèrent de valider ou d'infirmer sa pertinence comme critère de choix des candidats à un recrutement et obtinrent des résultats négatifs.

Paradoxalement, la graphologie est largement utilisée dans le secteur privé français comme outil d'aide au recrutement[10]. Selon une étude de 1989, 93 % des entreprises françaises l'utilisent pour sélectionner leurs candidats à l'embauche, dont 55 % de façon systématique[11]. Cette tendance a été confirmée en 1999, où une enquête auprès de 62 cabinets français a établi que 95 % utilisent la graphologie, 50 % systématiquement[12]. Une étude a montré, par l'analyse de 327 questionnaires retournés par des recruteurs, que la graphologie était significativement plus utilisée pour les recrutements de cadres (82,8 %) que pour celui des ouvriers (11,4 %)[13]. Aujourd'hui cependant, l'influence des méthodes de recrutement anglo-saxonnes tend à diminuer son utilisation, en particulier dans les grandes entreprises.

Après avoir connu autrefois un certain succès, la graphologie n'est pratiquement plus utilisée en Allemagne. D'après un texte de V. Shackelton de l'École d'administration des affaires de Birmingham en 1994, son utilisation dans les entreprises allemandes est de l'ordre d'un à quatre pour cent, selon le type de personnel et les entreprises considérées[12]. Au Royaume-Uni, en Norvège et en Italie, son usage se limite à deux à quatre pour cent[12]. En Belgique, son utilisation se situe entre quatre et huit pour cent[12]. Aux Pays-Bas, depuis les travaux d'une commission d'enquête gouvernementale en 1977, concluant au manque de validité scientifique, elle n'est plus utilisée que par 3 % des cabinets de recrutement.

Aux États-Unis et au Canada, la graphologie est très peu utilisée, et il est d'usage de répondre aux offres d'emploi avec une lettre de motivation dactylographiée. Selon Mike Smith, de l'École d'administration de Manchester, seulement 2,8 % des entreprises américaines utilisent encore la graphologie, à la suite du nombre croissant de procès intentés par des candidats mettant en cause sa pertinence[12].

Légalité de l'usage en entreprise[modifier | modifier le code]

En France, la loi Aubry du 31 décembre 1992, relative au recrutement et aux libertés individuelles, réglemente l'usage des techniques d'évaluation des candidats. En particulier, elle modifie l'article L.121-7 du Code du travail qui introduit la notion de transparence, d'information préalable et de pertinence.

Article L121-7
Le candidat à un emploi est expressément informé, préalablement à leur mise en œuvre, des méthodes et techniques d'aide au recrutement utilisées à son égard. Le salarié est informé de la même manière des méthodes et techniques d'évaluation professionnelles mises en œuvre à son égard. Les résultats obtenus doivent rester confidentiels.
Les méthodes et techniques d'aide au recrutement ou d'évaluation des salariés et des candidats à un emploi doivent être pertinentes au regard de la finalité poursuivie (source : Legifrance Article L121-7).

L’article a été abrogé et remplacé par les articles L1221-8 et L1222-3, mais sans modification du contenu.

La norme Afnor NF X50-767 – Qualité des services (2001) destinée aux Cabinets de Conseils en recrutement précise que l’entretien avec le candidat est indissociable de l’évaluation. Les méthodes d’évaluations telles que les tests, l’analyse graphologique, la prise de références ne peuvent permettre à elles seules d’évaluer un candidat mais doivent répondre lorsqu’elles sont utilisées à des engagements et des critères précis. En aucun cas le cabinet n’utilise des « outils » comme la numérologie ou l’astrologie. Concernant la graphologie, le candidat doit être informé préalablement de l’analyse graphologique de ses écrits et le cabinet de recrutement doit vérifier que le candidat est bien l’auteur de ses écrits. Précisons que la norme, après avoir proscrit numérologie et astrologie, distingue les "outils" des "tests". Voici ce que dit la norme à ce sujet :"L’appellation de «test d’évaluation» est réservée aux méthodes d’évaluation présentant des qualités métrologiques (validité, fidélité, sensibilité) vérifiées par des études statistiques (Voir article 3 «Termes et définition» du présent document). Le cabinet conseil en recrutement ne peut s’en prévaloir lorsqu’il utilise une méthode dont les qualités métrologiques n’ont pas été vérifiées par de telles études, car il s’agit alors d’un «outil d’évaluation» Un outil d'évaluation c'est donc une méthode qui se distingue du test en ce que sa validité, sa fidélité, sa sensibilité n'ont pas été établies. La graphologie est considérée comme un outil, au sens de la norme, c'est-à-dire que ses qualités métrologiques n'ont pas été établies. il est interdit de la présenter comme un "test" autrement dit de prétendre qu'elle est une méthode valide, fidèle, et sensible. Le candidat a, s’il le demande, communication des résultats de l’analyse soit par écrit, soit par oral à la discrétion du cabinet de recrutement.

Validité scientifique[modifier | modifier le code]

La première contribution majeure visant à cerner les assises scientifiques de la graphologie est celle d’Alfred Binet[14] en 1906. Bien que la graphologie ait eu à ses débuts quelques soutiens dans la communauté scientifique, par exemple Fluckinger, Tripp et Weinberg (1961) [15] , Lockowandt (1976) [16] et Nevo (1986) [17], les résultats de la plupart des récentes enquêtes sur sa capacité à déterminer la personnalité et les performances professionnelles ont été moins concluantes [18]. La graphologie est souvent utilisée comme un outil de recrutement pour sélectionner les candidats durant le processus d'évaluation. De nombreuses études ont été réalisés afin d'évaluer son efficacité à décrire la personnalité et à donner une estimation des performances professionnelles. Des études récentes testant sa validité pour prédire les traits de personnalité ont été négatives[17], les résultats de la plupart des enquêtes récentes sur sa capacité à déterminer la personnalité et à estimer les performances au travail ont été dans le même sens[18]. Voici quelques-uns des résultats spécifiques pour les tests de personnalité :

  • Les graphologues n'ont pas été en mesure de prédire les évaluations sur la personnalité du questionnaire Eysenck en utilisant des échantillons provenant des mêmes personnes[2] ;
  • Les graphologues n'ont pas été en mesure de prédire les évaluations sur l'épreuve Myers-Briggs au moyen d'échantillons d'écriture provenant des mêmes personnes[9] ;
  • En utilisant les données d'une méta-analyse fondée sur plus de 200 études, les graphologues n'ont généralement pas été en mesure de prévoir les types de personnalité dans aucun des tests[19].

Les graphologues ont également été testés pour évaluer les performances professionnelles :

  • Les professionnels de la graphologie en utilisant l'analyse de l'écriture sont aussi inefficaces que les non-professionnels pour prévoir la performance au travail[20] ;
  • Une vaste suite d'analyses faite par King et confirmée par Koehler et portant sur des dizaines d'études concluent que les aspects mécaniques de la graphologie (orientation, espacement des lettres, etc) n'ont pas de valeur prédictive sur la performance professionnelle[18].

L'une des façons de résumer la popularité de la graphologie, malgré l'absence totale de preuves empiriques, a été exprimée par le Dr Rowan Bayne, un psychologue britannique qui a écrit plusieurs études sur la graphologie : « Elle est très séduisante, car à un niveau très grossier quelqu'un qui est soigné et sérieux a tendance à avoir une écriture soignée », mais la pratique est « absolument inutile… vouée à l'échec » [21]. Il convient également de noter que la British Psychological Society place la graphologie aux côtés de l'astrologie, lui donnant une « validité de zéro » [21].

Globalement, malgré certaines études qui soutiennent l'analyse graphologique, tels que Crumbaugh & Stockholm[22], plusieurs études comme Ben-Shakar, Bar-Hillel, Blum, Ben-Abba, et Flug[23] et bien d'autres estiment que les preuves sont accablantes contre sa validité prédictive.

Objections spécifiques supplémentaires[modifier | modifier le code]

  • L'absence de validité scientifique[24] de la graphologie est susceptible de la rendre « non pertinente au regard de la finalité poursuivie »[réf. nécessaire] et donc pour certains pays, illégale[réf. nécessaire] dans le cadre d'une embauche.
  • C'est souvent sur son principe même que la graphologie est attaquée ; plusieurs auteurs critiquent le fait qu'ils n'aient pu lire d'étude validant certaines des méthodes employées.
  • Le "risque" de la graphologie proviendrait surtout de l'utilisation aveugle par certains employeurs de ses interprétations dans un cadre professionnel sans tenir compte, ainsi que le recommandent les graphologues, d'autres facteurs qui ne peuvent être révélés par la graphologie, en particulier lorsqu'elle « est considérée comme la meilleure méthode qui soit (après l'entretien) »[25], par des utilisateurs qui en attendent ce qu'elle ne peut offrir, à savoir un tableau complet d'un individu et non seulement ses traits de personnalité.

Autres aspects[modifier | modifier le code]

Selon ses adeptes, la graphologie pourrait servir au diagnostic médical de certaines pathologies, malgré le manque d'études scientifiques corroborant cette hypothèse : il y aurait des signes graphologiques spécifiques de la maladie de Parkinson, de la chorée, de pathologies psychiatriques (épisode dépressif, trouble bipolaire, trouble obsessionnel-compulsif, paranoïa) ou d'autres troubles (dysgraphie, crampe de l'écrivain)[réf. nécessaire].

En 2007, la CIA a déclassifié un document[26] qui évoque l'impression que peuvent avoir les personnes étudiées de se reconnaitre dans des analyses quelconques du moment qu'elles soient rédigées en termes vagues et que l'analyste ait eu connaissance d'informations personnelles telles que le sexe, l'âge… Il s'agit en fait d'un Effet Barnum (ou "effet Forer") utilisé dans la divination pour recueillir l'assentiment de la victime quant à la validité des analyses faites. L'absence de corrélation entre le MBTI et les études de graphologie sur un échantillon représentatif ayant été démontrée, il n'existe pas de doute raisonnable dans la communauté scientifique quant au caractère non scientifique et aléatoire de la graphologie[27].

Techniques[modifier | modifier le code]

Postulats[modifier | modifier le code]

Le postulat fondamental se résume facilement par "l'écriture est révélatrice de la personnalité d'une personne". Les postulats associés sont nombreux. Par exemple : "une écriture penchée vers la gauche est révélatrice d'une personnalité ayant un goût pour le passé…". Le terme postulat est utilisé à dessein puisque le rapport de causalité voire la simple corrélation entre orientation du texte et personnalité n'a pas été démontrée.

Pour toute analyse graphologique, le graphologue doit disposer :

  • D'éléments biographiques (âge, sexe, niveau d'études, sujet droitier ou gaucher)
  • D'un curriculum vitæ dans le cadre d'une évaluation professionnelle
  • D'une lettre originale, manuscrite et signée, complétée éventuellement par des notes.

Paradoxalement, le graphologue a besoin d'informations extérieures à l'écriture pour conclure à l'adéquation d'un candidat. Les détracteurs attribuent donc ces réussites non pas à l'analyse de l'écriture mais à celle du curriculum vitæ du candidat.

Facteurs culturels[modifier | modifier le code]

Selon les graphologues, l'écriture de chacun dépendrait en partie de facteurs culturels, qui influeraient sur le trait et donc sur l'analyse par le graphologue. L'histoire des écritures, le dessin de telle écriture, les modifications qu'elles subissent au cours de leur évolution montreraient que l'écriture des peuples dépend beaucoup plus de leur culture et de leurs choix symboliques que des contraintes techniques (cf. L'écriture et la psychologie des peuples, ouvrage collectif issu de la XXII° Semaine de synthèse, Armand Colin, 1963, 380 p.).

Selon cette théorie non démontrée, à titre d'exemple. Avec l'alphabet romain, nous écrivons de gauche à droite. Pour le graphologue, la gauche représente le passé ou soi-même, et la droite représente l'avenir ou les autres (grossièrement). Pour une personne de langue natale arabe, qui écrit habituellement de droite à gauche et dans un alphabet différent du nôtre, le rapport passé-avenir se traduirait différemment dans sa graphie. Aussi, un document manuscrit en français par cette personne serait marqué par sa culture natale.

De même qu'une personne droitière qui "tire" son écriture aurait tendance à pencher vers la droite lorsqu'elle écrit vite (vers le futur…) tandis qu'une personne gauchère qui "pousse" son écriture aurait tendance à pencher à gauche (le passé en graphologie).

Analyse de la mise en page[modifier | modifier le code]

  • Étude de la position de la signature par rapport au texte.
  • Étude des marges.
  • Ordonnance et proportion de l'écriture.
  • Rapport noir/blanc (espacement entre les lettres et lignes).

Dimension de l'écriture[modifier | modifier le code]

Il faut étudier ici :

  • la taille des lettres ;
  • l'exagération des mouvements ;
  • l'espacement des lettres, des mots et des lignes ;
  • la hauteur des hampes et jambages.

Direction de l'écriture[modifier | modifier le code]

La direction de l'écriture regroupe plusieurs points à étudier :

  • l'inclinaison de l'écriture, c'est-à-dire l'angle formé par les traits descendants avec la base de la ligne ;
  • l'orientation de la base de la ligne ;
  • l'orientation droite-gauche du tracé, c'est-à-dire la direction que prennent la plupart des éléments graphiques ;
  • la sinuosité de la base de la ligne ;

Forme de l'écriture[modifier | modifier le code]

La forme de l'écriture correspond en quelque sorte à l'aspect général de l'écriture, par exemple une écriture arrondie ou anguleuse, simple ou compliquée, calligraphique ou typographique… mais aussi à la forme des lettres elles-mêmes.

Le degré de liaison de l'écriture

« Continuité » de l'écriture[modifier | modifier le code]

  • Degré de liaison de l'écriture ;
  • régularité de l'écriture et du graphisme ;
  • aisance ou inhibition du graphisme ;
  • aspérité de l'écriture.

Pression de l'écriture[modifier | modifier le code]

L'écriture pâteuse de Victor Hugo

Selon les graphologues, Il serait plus aisé d'étudier la pression de l'écriture lorsque le sujet a utilisé son stylo plume personnel, pour deux raisons : la pression de l'écriture est plus visible avec une plume, et le choix du stylo, avec ses particularités, pourrait refléter les préférences du sujet et donc, selon les adeptes de la graphologie éclairer sa personnalité. On distingue :

  • le degré de pression ;
  • la netteté du trait graphique (écritures nettes, pâteuses…) ;
  • le tonus de la pression.
  • le sens de la pression
  • la continuité de la pression

Vitesse de l'écriture[modifier | modifier le code]

Il faut ici considérer le nombre de lettres écrites par minute (de 100 à 200 généralement), mais aussi le dynamisme et le lancement de l'écriture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Citées dans l'article :

  1. (en) Russel H. Driver, « Should We Write Off Graphology? », International Journal of Selection and Assessment, vol. 4, no 2,‎ Avril 1996, p. 78–86 (DOI 10.1111/j.1468-2389.1996.tb00062.x)
  2. a et b (en) Adrian Furnham, « Graphology and Personality: Another Failure to Validate Graphological Analysis. », Personality And Individual Differences, vol. 8,‎ 1987, p. 433-435
  3. Should We Write Off Graphology?
  4. (en) Beyerstein L.B. & Beyerstein D.F., The Write stuff. Evaluations of Graphology : The study of handwriting analysis., Promotheus Books,‎ 1992, 515 p. (ISBN 978-0879756123)
  5. Illusory correlations in graphological inference
  6. Camillo Baldi, Traité des indices tirés des lettres missives, ou l'art de connaître à l'examen d'une lettre missive les mœurs et les habitudes du scripteur…, traduit et commenté par J. Depoin, Paris, 1900.
  7. « La Formation SFDG », Société française de graphologie
  8. « Associations reconnues d'utilité publique », Ministère de l'Intérieur, de l'Outre-Mer, des Collectivités Territoriales et de l'Immigration,‎ 14 septembre 2013
  9. a et b (en) Bayne, R., & O'Neill, F., « Handwriting and personality: A test of some expert graphologists' judgments », Guidance and Assessment Review, no 4,‎ 1988, p. 1–3
  10. Il faut virer la graphologie des entretiens d'embauche - Rue89
  11. Marilou Bruchon-Schweitzer et Dominique Ferrieux, « Les méthodes d'évaluation du personnel utilisées pour le recrutement en France », dans L'orientation scolaire et professionnelle, 1991, 20, n°1.
  12. a, b, c, d et e Marilou Bruchon-Schweitzer, « La graphologie, un mal français », dans Pour la science, février 2000, n° 268.
  13. S. Laberon , C. Lagabrielle, A.-M. Vonthron ; Examen des pratiques d'évaluation en recrutement et en bilan de compétences.Psychologie du travail et des organisations Volume 11, numéro 1 pages 3-14 (mars 2005).
  14. Alfred Binet, La graphologie : Les révélations de l'écriture d'après un contrôle scientifique, [L'Harmattan],‎ 1906 / 2004, 262 p. (ISBN 978-2747569767, lire en ligne)
  15. (en) Fluckwinger A, Tripp, Clarence A & Weinberg, George H, « A Review of Experimental Research in Graphology: 1933 - 1960 », Perceptual And Motor Skills, no 12,‎ 1961, p. 67–90
  16. (en) Lockowandt, Oskar, « Lockowandt, Oskar Present status of the investigation of handwriting psychology as a diagnostic method », Catalog of Selected Documents in Psychology, no 6,‎ 1976, p. 4–5
  17. a et b Nevo, B Scientific Aspects Of Graphology: A Handbook Springfield, IL: Thomas: 1986
  18. a, b et c (en) Roy N. King and Derek J. Koehler, « Illusory Correlations in Graphological Inference », Journal of Experimental Psychology: Applied, vol. 6, no 4,‎ 2000, p. 336–348 (DOI 10.1037/1076-898X.6.4.336)
  19. (en) Informal covariation assessment: Data-based versus theory-based judgments. In D. Kahneman, P. Slovic, & A. Tversky (Eds.), Judgment under uncertainty: Heuristics and biases, Cambridge, England, Cambridge University Press,‎ 1982, p. 211-238
  20. (en) Neter, E., & Ben-Shakhar, G., « The predictive validity of graphological influences: A meta-analytic approach », Personality and Individual Differences, no 10,‎ 1989, p. 737–745
  21. a et b (en) Jonathan Duffy, Giles Wilson, « Writing wrongs », BBC News Magazine (consulté le 2008-06-24)
  22. (en) Crumbaugh, James C & Stockholm, Emilie, « Validation of Graphoanalysis by "Global" or "Holistic" Method », Perceptual And Motor Skills, vol. 44, no 2,‎ April 1977, p. 403–410
  23. (en) Ben-Shakar, G., Bar-Hillel, M., Blum, Y., Ben-Abba, E., & Flug, A., « missingtitle », Journal of Applied Psychology, vol. 71,‎ 1986, p. 645–653
  24. Ben-Shakhar G. et al. Can graphology predict occupational success? two empirical studies and some methodological ruminations, Journal of Applied Psychology, 1986, 71 (4), p. 645-653. [lire en ligne];
  25. BALICCO C. L'utilisation de la graphologie dans le recrutement de cadres au sein des cabinets conseils, L' Orientation scolaire et professionnelle , 2002, vol. 31, no2, p. 195-222. [lire en ligne];
  26. The assessment of graphology, https://www.cia.gov/library/center-for-the-study-of-intelligence/kent-csi/vol3no3/html/v03i3a04p_0001.htm
  27. http://www.rue89.com/2010/06/27/il-faut-virer-la-graphologie-des-entretiens-dembauche-156549

Autres sources :

  • André Widemann (1893-1983), Connaissance de l'homme et sélection professionnelle par l'écriture, Gazette Médicale de France, Paris, 2 juin 1965, p. 2465-2487.
  • C. Balicco, Les méthodes d'évaluation en ressources humaines, Paris, Éditions d'Organisation, 1997.
  • Michel Huteau, Écriture et personnalité, Approche critique de la graphologie, Dunod.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]