Agriculture au Maroc

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L'agriculture est un secteur économique très important du Maroc. Il génère environ 14 % du produit intérieur brut (PIB), mais avec des variations importantes (11 à 18 %) selon les années en fonction des conditions climatiques. Ses performances conditionnent même celles de l’économie toute entière : le taux de croissance du pays est fortement corrélé à celui de la production agricole. L’agriculture demeure par ailleurs le premier pourvoyeur d’emplois du pays, loin devant les autres secteurs économiques; plus de 40 % de la population vivant de ce secteur.

Caractéristiques générales[modifier | modifier le code]

La surface agricole utile (SAU) est estimée à environ 9 000 000 hectares, ce qui ne représente que 12,5 % de la superficie totale du pays. Il convient toutefois de nuancer ce chiffre en soulignant l’importance des terrains de parcours (50 millions d’ha), peu productifs, mais qui jouent un rôle non négligeable en zone pastorale pour l’alimentation des cheptels.

Grand domaine agricole (région de Meknès)
Petite agriculture à Boulmane du Dades, Haut Atlas.

L’agriculture marocaine se caractérise aussi par la dualité de ses structures d’exploitations. Il existe, d’une part de petites exploitations (moins de 5 ha), majoritaires en nombre (70 %), mais couvrant seulement un tiers de la SAU, d’autre part de grandes à très grandes exploitations, en nombre limité, mais occupant une part importante de l’espace agricole. Une catégorie intermédiaire d’exploitations moyennes (de 5 à 20 ha) existe cependant. Les petites exploitations, en général peu productives, sont handicapées pour leur développement. Elles sont tournées vers l’auto-consommation et le marché local. Leur poids économique global est faible, mais leur poids social est considérable. Les grandes exploitations ont des potentialités beaucoup plus importantes ; elles peuvent mettre en œuvre des technologies avancées et répondre aux exigences des marchés extérieurs. Cette dualité explique que les politiques agricoles conduites par le gouvernement marocain et les projets correspondant mis en œuvre dans le cadre du Plan Maroc Vert soient spécifiques à chacune de ces catégories (cf. paragraphe Politique agricole)

La question de l’eau est cruciale pour le développement de l’agriculture du pays. Il existe aussi dans ce domaine une dualité entre les zones irriguées et les zones d’agriculture pluviale. Le Maroc s’est très tôt orienté vers la création de grands barrages alimentant des périmètres irrigués qui représentent 1,1 million d’ha et qui contribuent de manière prépondérante à la production agricole. Aujourd’hui, on privilégie les ouvrages de petite hydraulique et l’irrigation localisée, plus économe et donc plus adaptée à une période de changement climatique où la ressource en eau a tendance à se raréfier. Les zones d’agriculture pluviale (dites zones bour) sont majoritaires en surface, mais beaucoup moins productives car sévèrement affectées lors des années sèches.

Les principales productions végétales du pays sont constituées par les céréales (blé, orge), les agrumes (oranges, clémentines), les olives, les rosacées fruitières (amandes, pommes, abricots,...), les betteraves à sucre, les légumineuses alimentaires, les cultures maraichères dont les pommes de terre et les tomates, fer de lance des exportations agricoles marocaines. L'élevage (ovin, caprin, bovin, camelin, avicole) constitue aussi une composante importante du secteur agricole en contribuant à hauteur de 30 % à sa valeur ajoutée.

Politique agricole[modifier | modifier le code]

Libéralisation du secteur et accords de libre-échange[modifier | modifier le code]

La libéralisation du secteur agricole a commencé en 1985 sur la base des préconisations de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI)[1]. Cette orientation s'est mis en place progressivement par la suite.

Avec l'Union européenne(UE) un accord d'association signé en 1996 est entré en vigueur en 2000. Cet accord prévoit notamment la libéralisation progressive des échanges de produits agricoles et de la pêche. Les produits agricoles marocains sont ainsi soumis à l'entrée dans l'UE à des faibles droits de douane, mais seulement dans la limite de contingents stricts[1].

En 2008, le Maroc a bénéficié du « statut avancé » (intermédiaire entre association et adhésion) dans ses relations avec l’UE. Parallèlement, un accord sur le commerce bilatéral a été négocié, avec une entrée en vigueur le 1er octobre 2012. Pour les produits agricoles, il prévoit une libéralisation immédiate de 45 % en valeur des exportations de l’UE vers le Maroc et de 70 % en 10 ans. Pour les fruits et légumes, les produits laitiers, les oléagineux et les conserves alimentaires, la libéralisation est totale. En contrepartie, l’accès au marché européen est libéralisé immédiatement pour les produits agricoles marocains, mais sous conditions pour les plus sensibles d’entre-eux. Ces derniers, comme la tomate, demeurent soumis à des quotas d’exportation et/ou à des prix d’entrée. Le système des prix d’entrée (prix en dessous duquel le produit marocain n’est pas autorisé à l’entrée) fait l’objet bien souvent d’âpres négociations entre les deux parties.

Développement du secteur agricole[modifier | modifier le code]

Le gouvernement marocain, sous l'impulsion de l'actuel ministre de l'agriculture marocain Aziz Akhannouch, a lancé en avril 2008 un ambitieux programme dénommé "Plan Maroc Vert" (PMV) qui replace l'agriculture au rang des premières priorités du pays. Ce plan définit la politique agricole du royaume pour les dix ans à venir. L'objectif premier est de faire l’agriculture un secteur performant apte à être un moteur de l’économie toute entière. Le deuxième objectif est de lutter contre la pauvreté et de maintenir une population importante en milieu rural[2].

Dans ce but, le PMV repose sur 2 piliers :

Le Pilier I vise à développer une agriculture productive à haute valeur ajoutée en grande partie tournée vers l’exportation. Toutes les filières agricoles sont concernées, mais plus particulièrement celles ayant des potentialités de développement élevées comme les agrumes, les cultures maraichères et l'oléiculture. Les projets mis en oeuvre visent à augmenter les surfaces cultivées, à améliorer la productivité et la qualité des produits et à acquérir des parts de marché supplémentaires à l'exportation. Ces projets font appel à l'investissement privé complété par des aides publiques.

Le pilier II concerne la petite agriculture qu’il convient de maintenir, voire de développer en lui faisant bénéficier de fonds publics. A titre d'exemple de nombreux projets visent à constituer de petites coopératives "agrégeant" de petits exploitants qui peuvent bénéficier ainsi d'un encadrement, de débouchés pour leur produits et éventuellement de financements.

Productions[modifier | modifier le code]

Céréales[modifier | modifier le code]

Les céréales d’automne (blé tendre, blé dur et orge) occupent 5 millions d’hectares en moyenne, soit plus de 55 % de la SAU du pays. Le blé tendre et l’orge représentent chacun 40 % environ de cette surface et le blé dur 20 %. La production moyenne établie sur les 5 campagnes agricoles allant de 2004/2006 à 2008/2009 a été de 61,4 millions de quintaux[3]. Pour la campagne 2013/2014, la production est estimée à 68 millions de quintaux[4]. Mais cette production est extrêmement variable : fortement corrélée à la pluviométrie moyenne nationale, elle peut varier de 25 à 100 millions de quintaux. Trois régions économiques : Marrakech-Tensift-Alhaouz, Doukkala-Abda, Chaouia-Ouardigha ont une vocation céréalière marquée ; ensemble elles représentent plus de 40 % de la production nationale.

Les céréales de printemps occupent une superficie bien plus faible : environ 230 000 ha pour le maïs et 6000 ha pour le riz.

Malgré l’importance des surfaces cultivées, en raison de leur faible productivité, la production nationale de céréales ne couvre pas les besoins du pays, même lors des bonnes années. En 2010 par exemple, le taux de couverture a été de 63,7 %. Il varie selon les années de 30 à 80 %. Les importations de céréales (essentiellement blé tendre et maïs) sont coûteuses en devises pour le pays ; elles représentent en général plus du tiers en valeur de l’ensemble des importations agricoles et alimentaires[5].

Fruits et légumes[modifier | modifier le code]

Grâce à la construction de nombreux barrages et à la mise en valeur d'importantes zones irriguées, le secteur des fruits et légumes est celui qui offre à long terme les plus grandes possibilités de développement.

Agrumes[modifier | modifier le code]

Structure agrumes.jpg
Agrumes (région du Souss)

Les superficies plantées en agrumes ont fortement augmenté au cours des dernières années, en particulier à partir de 2008 suite aux mesures incitatives des pouvoirs publics et au développement de l’irrigation localisée dans le cadre du PMV. La superficie totale est pour la campagne 2013/2014 de 118 000 ha dont 92000 ha productive[6]. La production moyenne sur le quinquennat 2008-2013 est de 1,6 millions de tonnes dont le tiers environ a été exporté. En 2013/2014 on a enregistré une production record de 2,2 millions de tonnes. Les exportations sont par contre restées stables, de l’ordre de 550 000 tonnes, ce qui représente donc un recul en % de la production.

La principale région de production est de très loin le Souss Massa avec 40 % de la production nationale et 70 % du volume exporté. C’est aussi dans cette région que l’irrigation localisée s’est le plus développée en raison de la raréfaction de la ressource en eau ; elle concerne maintenant 82 % de sa superficie agrumicole. Viennent ensuite le Gharb, la Moulouya et le Tadla.

La structure des exportations évolue fortement. Ce sont les petits fruits (clémentines…) où la demande est forte qui voient leur part à l’exportation augmenter alors que les oranges diminuent et sont de plus en plus écoulées sur le marché national moins exigeant en qualité. Les principaux pays destinataires des agrumes marocaines sont la Russie, les pays de l’UE (Hollande, France, Angleterre principalement) et le Canada. La concurrence est cependant de plus en plus vive sur ces marchés, notamment celle de l’Égypte, la Turquie, l’Espagne et l’Afrique du Sud. La filière agrumicole marocaine qui est dotée de potentialités importantes doit donc s’adapter, améliorer sa productivité et ses circuits de distribution afin de développer ses parts de marché.

Rosacées fruitières[modifier | modifier le code]

Verger de pommiers (El Hajeb)

Elles comprennent les rosacées à fruits secs (amandier principalement), à pépins (pommiers, poiriers), à noyaux (abricotier, prunier…) qui couvrent en 2010 respectivement 156 000 ha, 40 000 ha et 33 000 ha environ [3]. La production totale est de l’ordre de 800 000 tonnes dont plus de la moitié de pommes. Cette production fruitière est pour l’essentiel écoulée sur le marché national.

Les vergers d’amandiers qui représentent la plus grande superficie des rosacées fruitières se trouvent pour plus de 50 % dans les régions de Taza Al Hoceima Taounate et du Souss Massa, mais c’est la zone de Fès Meknès où les vergers sont plus intensifs qui fournit la production la plus élevée[7].

Les vergers de pommiers, les plus importants en volume de production, sont bien représentés dans la zone de Meknès et dans les zones de moyenne altitude du Moyen et Haut Atlas (El Hajeb, Midelt, Sefrou, Khénifra). La pomme de Midelt en particulier est réputée pour sa qualité.

Cultures maraichères[modifier | modifier le code]

Oignons (région de Meknès)

Le secteur maraicher est un secteur essentiel de l’agriculture marocaine. Il contribue non seulement à l’approvisionnement du marché national, mais aussi au développement des exportations et à l’amélioration de la balance commerciale du pays.

Les superficies globales consacrées au maraichage sont de 260 000 ha environ et la production totale de 6,9 millions de tonnes (moyenne 2005-2009)[3]. Trois espèces de grande consommation dominent, à savoir la pomme de terre, la tomate et l’oignon. Il convient de distinguer les cultures de primeurs (1,7 millions de tonnes) en grande partie orientées vers l’exportation et les cultures de saison plus tournées vers le marché intérieur.

Les exportations de produits maraichers ont été de 753 000 tonnes environ dont 615 000 pour la seule région du Souss (campagne 2011/2012)[8]. La tomate fraîche constitue le produit phare de ce marché avec 417 000 tonnes exportées. Suivent ensuite, mais de loin, le haricot vert, le poivron et la courgette. Les pays de l’UE (85 %) et dans une moindre mesure la Russie (12 %) sont les pays destinataires de la tomate marocaine. Compte tenu de l’enjeu, malgré les accords signés, des contentieux surgissent parfois entre le Maroc et l'UE sur ce marché très concurrentiel. Les médias n'hésitent pas à parler alors de "guerre de la tomate". Mais ils sont en général réglés après de difficiles négociations.

Oléiculture[modifier | modifier le code]

Oliviers (région de Meknès)
Agro-pôle Olivier (Meknès)

Les surfaces plantées en oliviers ont fortement augmenté au cours des dernières années : de 763 000 ha en 2007, on est passé à 933 000 ha en 2012[9]. La production est de l’ordre de 1,3 millions de tonnes d’olives. La plupart des régions du pays, sauf la zone côtière atlantique sont propices à la culture. 75 % des olives produites sont destinées à la fabrication d’huile utilisée à 90 % environ par le marché intérieur ; 25 % sont des olives de table orientées en grande partie vers l’exportation. En 2012, le Maroc a exporté 15 640 tonnes d’huile d’olive et 65 000 tonnes environ d’olives de table, ce qui le place au troisième rang mondial dans ce domaine.

Le développement de la filière oléicole est une priorité du PMV. Les objectifs à l’horizon 2020 sont de 1,2 millions d’ha et de 2,5 millions de tonnes d’olives produites. Le Maroc souhaite en effet augmenter fortement ses exportations d’huile d’olive où la demande mondiale est croissante. Ceci implique à la fois une intensification de la production et une amélioration de la qualité afin de faire face à la concurrence des autres grands pays producteurs. Les recherches conduites à l'Agro-pôle de Meknès devraient y contribuer.

Viticulture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Viticulture au Maroc.
Vignes (région de Meknès)

La vigne occupe une superficie de l’ordre de 44 000 ha (chiffres 2010) dont 80 % en vigne de table et 20 % en vigne de cuve[3]. Les surfaces sont en régression lente, mais régulière depuis plusieurs années.

La production de raisin de table est évaluée à 257 000 tonnes pour la campagne 2009/2010.

La production de vin est de l’ordre de 350 000 hl, réalisée pour plus de la moitié dans la région de Meknès. Sous l’impulsion de grands opérateurs viticoles, la qualité des vins marocains s’est fortement améliorée. Le Maroc compte aujourd'hui 2 Appellations d'Origine Contrôlée (AOC), Coteaux de l'Atlas et Crémant de l'Atlas, ainsi que 14 Appellations d'Origine Garantie (AOG)[10] dont : Beni-M'tir, Berkane, Gris de Boulaouane, Gharb, Guerrouane, Zaer, Zemmour, et une partie du vin de marque Sidi Brahim.

L'arganier[modifier | modifier le code]

Arganiers et chèvres (région d'Essaouira)

L’arganier, essence spécifiquement marocaine, occupe un espace d’environ 800 000 ha localisé principalement dans les provinces de Taroudant, Tiznit et Essaouira[11]. Il est utilisé à double fin : production de noix d’argane d’où est extraite l’huile et ressource fourragère pour les troupeaux caprins des régions concernées.

La production d’huile d’argane demeure faible, de l’ordre de 4000 tonnes en 2010. Cette huile étant très prisée des consommateurs européens et américains pour ses vertus diététiques et cosmétiques, les pouvoirs publics souhaitent voir sa production développée à des fins d’exportation. L’objectif est de la porter à 10 000 tonnes à l’horizon 2020 en réhabilitant 200 000 ha d’arganeraie dégradée à cause de la sécheresse, du surpâturage des chèvres et du passage des troupeaux de dromadaires. Il s’agit aussi de développer l’Indication Géographique Protégée (IGP) mise en place dans le cadre de la loi sur les signes distinctifs d’origine et de qualité.

Malgré son développement, le poids économique de la filière argane demeure modeste. Mais son rôle social est important. De nombreuses coopératives féminines regroupées pour la plupart au sein l’Association Nationale des Coopératives d'Argan (ANCA) se sont mises en place : plus de 100 regroupant 4000 femmes existent en 2010. La filière assurerait ainsi 25 à 45 % du revenu de milliers de famille dans les zones concernées[12]. En outre, il ne faut pas oublier son rôle environnemental puisqu’elle contribue à lutter efficacement contre l’érosion et la désertification.

Productions animales[modifier | modifier le code]

Aviculture[modifier | modifier le code]

Reproducteur de type chair (Salon International de l'Agriculture au Maroc)

Un secteur avicole intensif s’est développé à partir des années 60 à l’initiative d’investisseurs privés afin de procurer aux consommateurs des protéines animales bon marché[13]. Ce secteur a connu depuis cette date une croissance soutenue. En 2013, la production de viande blanche est de l’ordre de 500 000 tonnes, pour sa majeure partie issue du poulet de chair, et dans une moindre mesure de la dinde (70 000 tonnes). Face à la croissance de cet élevage industriel intensif, l’élevage fermier a régressé ; il ne représenterait aujourd’hui que 10 % de la production. Les élevages sont localisés essentiellement près des grandes métropoles de la zone atlantique sur un axe Kenitra - El Jadida. La viande de volaille est aujourd’hui la première viande consommée au Maroc avec 17 kg/hab/an, soit plus de 50 % de la consommation totale de viande (viande rouge et blanche).

Si le secteur s’est fortement modernisé au niveau de la production, il demeure encore peu structuré sur l’aval de la filière (abattage, distribution). Pour le poulet de chair, 10 % seulement de la production est traité dans des abattoirs agréés.

La production d’œufs est de l’ordre de 5 milliards. Comme pour les viandes blanches elle couvre 100 % des besoins nationaux. L’autonomie alimentaire pour les produits avicoles n’est cependant qu’apparente. En effet la filière reste fortement dépendante des intrants importés, c'est-à-dire des matières premières (notamment maïs et soja) des aliments composés et des additifs utilisés dans les élevages.

Production laitière[modifier | modifier le code]

Élevage laitier (région du Souss)

La production laitière a fortement progressé au cours des 10 dernières années. Elle a double entre 2002 et 2012 où elle a atteint 2,5 milliards de litre. Cette croissance a été rendue possible par l’importation d’un cheptel laitier performant, l’amélioration des techniques de production et la lutte contre les épizooties.

Le cheptel est constitué aujourd’hui par des animaux issus de l’importation (de race Holstein notamment), des animaux de type croisé (local x importé) en augmentation, et des races locales en forte régression. Il existe une majorité de petits élevages laitiers de moins de 10 vaches dont la productivité est le plus souvent faible (moins de 2500 kg de lait/vache/an) et une minorité d’élevages de grande dimension où la productivité est en général plus élevée, certains d’entre-eux atteignant une productivité proche (de l’ordre de 6000 kg de lait/vache/an) de celle des élevages européens.

En aval de la production, ont été mis en place sous l’impulsion des pouvoirs publics des centres de collecte (environ 2000 existent en 2013) qui pour la plupart fournissent ensuite le lait à des unités de transformation industrielle. La collecte traditionnelle réalisée par des « colporteurs » pour les cafés et les laiteries représente encore 20 à 25 % des volumes collectés.

Cette filière laitière nationale permet de couvrir près de 90 % des besoins du pays. Elle reste cependant dépendante de l’importation pour sa génétique. Son développement est aussi freiné par les aléas climatiques qui limitent fortement certaines années les disponibilités fourragères, ce qui oblige alors à faire appel à l’importation d’aliments concentrés.

Industrie agro-alimentaire[modifier | modifier le code]

L'industrie agroalimentaire est le 1° secteur industriel du pays. Elle représente 4,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans l'économie marocaine, soit 30 % de la valeur ajoutée industriel. Le Maroc compte 2000 entreprises opérant dans ce secteur, regroupant près du tiers des emplois permanents du secteur industriel, soit 103 000 personnes équivalent à 20 % du total des emplois. L'industrie agroalimentaire marocaine est en pleine mutation, mais se trouve encore confrontée à de faibles productivités, normalisation insuffisante, déficience de la chaine logistique/emballage. De plus, le marché intérieur et notamment la grande distribution se développe à grand pas, avec des cahiers des charges de plus en plus exigeants en termes d'hygiène, de respect des délais, de qualité ou encore d'emballage. Enfin, les accords de libre échange avec l'UE prévoyant le démantèlement progressif des droits de douane vont engendrer l'arrivée massive de produits étrangers. Si le Maroc veut résister à cette concurrence internationale, tout en se positionnant sur la scène mondiale, il n'a d'autre choix que de développer rapidement une offre complète et compétitive. La marge de progression marocaine reste énorme, quand on sait qu'il est déjà la 5° puissance économique d'Afrique.

Les récoltes permettent d'alimenter les exportations du pays tout en offrant d'importants débouchés vers l'industrie agroalimentaire qui représente plus de 30 % du PIB industriel[14]. De 1998 à 2007 le Souss a contribué à la part la plus importante de la valeur ajoutée agricole soit 32%, suivi par Gharb-Chrarda-Beni Hssen avec 20% et l’Oriental près de 15%[15].

Dans la plaine du Souss, l'agriculture bascule d'une agriculture de subsistance vers une agriculture moderne, conduisant ainsi les ouvrières saisonnières venus des zones rurales du Moyen Atlas[16] à travailler dans de grandes exploitations plutôt que dans les champs[1], dans des conditions difficiles (travail souvent non déclaré, tandis que l'Association marocaine des droits humains signale des cas de viol dans les fermes[1]).

Echanges commerciaux[modifier | modifier le code]

Exportations[modifier | modifier le code]

Clémentines du Maroc.

L’augmentation des exportations agricoles est l’un des objectifs essentiels de la politique du pays. Ces exportations représentent en valeur environ 16 milliards de dirhams et 10 % des exportations totales du pays (moyenne sur le quinquennat 2008-2012)[5]. Sur la même période, trois segments concentrent 78 % de ces exportations : les agrumes (31 %), les tomates (27 %) et les légumes frais, congelés ou en saumure (20 %)[17]. Les autres produits contribuant de manière significative à l’export sont les fruits frais (par exemple, melon, fraise), les olives de table et l’huile d’olive.

En 2012, le Maroc occupe le 6e rang mondial des pays exportateurs d’agrumes, le 4e pour les tomates, le 3e pour les olives de table et le 10e pour l’huile d’olive.

Importations[modifier | modifier le code]

Le Maroc est structurellement déficitaire dans les principaux produits de base que sont les céréales, le sucre, les oléagineux (huiles alimentaires et corps gras) et dans une moindre mesure le lait et ses dérivés. Les céréales constituent de très loin le premier poste d’importation. De ce fait la balance commerciale du Maroc pour les produits agroalimentaires demeure déficitaire.

Statistiques Production[modifier | modifier le code]

Principales Productions du pays
Production 2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
Céréales 'Blé Dur'










Céréales 'Blé Tendre'










Céréales 'Orge'










Cultures Oléagineuses 'Tournesol/Arachide'










Olives de Table 3e Exportateur










Huile d'Olive 7e Producteur et 10e Exportateur










Huile d'Argan










Tomates -4e Exportateur










Agrumes 'Oranges/Clémentines/Autres...'










Fruits Autres










Cultures Maraichères










Légumineuses 'Fêves, en milliers de QX'


700
1200
1600
1500
1700
1400


Légumineuses 'Petits Pois, en milliers de QX'


100
200
300
200
400
300


Légumineuses 'Lentilles, en milliers de QX'


60
60
100
200
400
200


Légumineuses 'Pois-chiche, en milliers de QX'










Canne à Sucre, en milliers de QX'










Betterave à Sucre, en milliers de QX'










Viande 'Bovin, en milliers de tête'










Viande 'Ovin, en milliers de tête'










Viande 'Caprin, en milliers de tête'










Viande 'Camelin, en milliers de tête'










Lait, en milliards de litre'










Viande Blanche 'Volailles, en milliards d'unité Tête'










Domaine Pêche 'Poisson, en millions de tonne '










Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Cécile Raimbeau, « Colère des paysannes de l'Atlas Marocain », Le Monde diplomatique, avril 2009 (extrait.
  2. Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt - Les politiques agricoles à travers le monde : quelques exemples, 2014
  3. a, b, c et d Ministère de l'Agriculture et de la Pêche Maritime (MAPM) - Situation de l'Agriculture Marocaine, no 10, Décembre 2012
  4. MAPM - Bulletin d'information, 2014
  5. a et b MAPM - L'agriculture marocaine en chiffres, 2012
  6. MAPM - Note de veille, secteur agrumicole, novembre 2013
  7. MAPM - Veille économique, secteur amandier, octobre 2013
  8. Association marocaine des producteurs et des producteurs exportateurs de fruits et légumes - Bulletin d'information, 2013
  9. MAPM - Veille économique, secteur oléicole, septembre 2013
  10. Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires - Bulletin d'information, 2014
  11. Fellah trade - Filière argane, Bulletin d'information, 2011
  12. Rachida Nouaim, L'arganier au Maroc, entre mythes et réalités : Une civilisation née d'un arbre, éd. L'Harmattan, Paris, 2005 (ISBN 978-2-7475-8453-1)
  13. M.T.SRAÏRI - Le développement de l'élevage au Maroc : succès relatifs et dépendance alimentaire - Courrier de l'environnement de l'INRA n°60, mai 2011
  14. http://www.leconomiste.com/article/agroalimentaire-ce-que-pese-la-filiere
  15. Etude de la Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF) du ministère de l’Economie et des Finances (janvier 2010).
  16. http://www.monde-diplomatique.fr/2009/04/RAIMBEAU/16979
  17. Ministère de l'économie et des finances - DEPF - Performances et compétitivité des exportations des filières phares du secteur agroalimentaire marocain, juillet 2014

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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