Gouvernorat de Gafsa

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34° 25′ 00″ N 8° 47′ 00″ E / 34.4167, 8.78333 / 34.4167; 8.78333

Gafsa
Localisation du gouvernorat
Localisation du gouvernorat
Administration
Pays Tunisie Tunisie
Date de création 1956
Délégations Belkhir
El Guettar
El Ksar
Gafsa Nord
Gafsa Sud
Mdhila
Métlaoui
Moularès
Redeyef
Sened
Sidi Aïch
Gouverneur Brahim Hamdaoui (2012)
Démographie
Population 344 500 hab.
Densité 38 hab./km2
Géographie
Superficie 899 000 ha = 8 990 km2
Économie
Activités économiques Industrie minière
Agriculture

Le gouvernorat de Gafsa (ولاية قفصة), créé en 1956, est l'un des 24 gouvernorats de la Tunisie. Il est situé dans le centre du pays, à la frontière de l'Algérie, et couvre une superficie de 8 990 km², soit 5,5 % de la superficie du pays. Il abrite en 2012 une population de 344 500[1] habitants. Son chef-lieu est Gafsa.

Sommaire

Géographie[modifier]

Situé à 355 kilomètres de la capitale, le gouvernorat de Gafsa se situe au sud-ouest de la Tunisie entre les hautes steppes et le Sahara. Il est entouré de cinq gouvernorats : le gouvernorat de Kébili, au sud, de Tozeur, au sud-est, de Gabès, au sud-ouest, de Sidi Bouzid, au nord-est, et de Kasserine au nord-ouest. Se situant au centre de trois régions économiques, Gafsa est un trait d'union entre les différentes régions du pays.

La typologie régionale est constituée de montagnes, de bassins et de plaines. C'est une zone de transition entre la steppe et le désert où les points d'eau et les oueds ont une grande importance dans l'architecture et le pâturage.

Administrativement, le gouvernorat est découpé en onze délégations, huit municipalités, neuf conseils ruraux et 76 imadas.

Délégation Population en 2004
(habitants)
Belkhir 15 159
El Guettar 19 942
El Ksar 32 186
Gafsa Nord 9 407
Gafsa Sud 90 742
Mdhila 14 841
Métlaoui 38 938
Moularès 31 733
Redeyef 27 940
Sened 34 524
Sidi Aïch 8 297
Sources : Institut national de la statistique[2]

Politique[modifier]

Le gouvernorat de Gafsa est dirigé par un gouverneur dont la liste depuis l'indépendance est la suivante :

  • Béchir Achoura (1956-1957)
  • Tahar Debaya (1957-1959)
  • Hédi Mabrouk (1959-1960)
  • Mahmoud Belhassine (1960-1962)
  • Abdessalem Ghédira (1962-1969)
  • Mohamed Triki (1969-1971)
  • Tahar Boussemma (1971-1972)
  • Mezri Chekir (1972-1973)
  • Salem Ben Hejal (1973-1974)
  • Mokhtar Chouari (1974-1979)
  • Mohamed Abbes (1979-1980)
  • Mohamed Letayef (1980-1984)
  • Fayçal Chahdoura (1984-1988)
  • Mohamed Ben Rejeb (1988-1991)
  • Mohamed Habib Braham (1991-1994)
  • Mahmoud Lajnef (1994)
  • Mustapha Karbia (1994-1996)
  • Salah Zoghlami (1996-1998)
  • Mohamed Ridha Mokrani (1998-2001)
  • Mohamed Aouinti (2001-2004)
  • Jomâa Chaouch (2004-2005)
  • Mohamed Laïd Kidoussi (2005-2008)
  • Mohamed Chaïeb (2008-2011)
  • Mohamed Gouider (2 février 2011, empêché d'exercer)
  • Taoufik Khalfallah (15 février-5 août 2011)
  • Moncef El Hani (5 août 2011-22 février 2012)
  • Brahim Hamdaoui (22 février 2012- )

Économie[modifier]

Le gouvernorat est considéré comme une région essentiellement minière. Le phosphate est la principale richesse de la région qui compte 47 entreprises industrielles.

Le secteur agricole est basé essentiellement sur l'arboriculture. En effet, on compte 114 887 hectares d'arbres fruitiers : olives, amandes et pistaches, 10 746 hectares de culture irriguée et un cheptel de l'ordre de 400 000 têtes ovines, bovins, caprins et camelins.

Si la région de Gafsa est un bassin minier riche en phosphates, la population locale ne bénéficie pas pour autant de la manne qui, d'après divers commentateurs, profite essentiellement aux proches du pouvoir[3]. Région minière mais aussi rurale, les conditions d'exploitation agricole y sont difficiles à cause de l'aridité. La réalité socio-économique y est donc assez éloignée des territoires septentrionaux, plus proches du littoral, où une économie de services et de PME permet une croissance annuelle appréciable, témoignant de la grande disparité régionale du « miracle économique » tunisien[4]. Au début du XXIe siècle, dans ce bastion ouvrier qui, par le passé, s'est déjà montré rebelle[5] vis-à-vis du pouvoir central[6], le taux d'inoccupation est massif[7], particulièrement parmi les jeunes dont le taux de chômage est endémique, les excluant du système de protection, faute d'emploi.

En janvier 2008, cette situation engendre les « grèves de Gafsa », des troubles sociaux qui rassemblent de larges pans de la population pendant plusieurs mois et sont durement réprimés. En juillet 2008, le président Ben Ali annonce une série d'investissements dans la région, à hauteur de 944 millions de dinars, censés générer 9 000 emplois permanents mais qui laisse les observateurs circonspects, particulièrement après la crise financière[8]. En effet, en février 2010, les leaders du mouvement de protestation constatent une situation inchangée et toujours « explosive »[9], essentiellement du fait de la corruption de certains dirigeants locaux[10]. En juin 2010, les initiatives concrètes concernent l'installation de différentes unités de l'entreprise de câbles pour automobile Yazaki à Oum El Araies et Gafsa, créant 1 300 emplois[11] ainsi que l'implantation d'une briqueterie à Mdhila[4].

Par ailleurs, l'infrastructure touristique est appelée à se développer : des circuits touristiques seraient en projet[réf. nécessaire].

Sport[modifier]

Radio[modifier]

Références[modifier]

  1. (fr) Estimation de 2012 (Institut national de la statistique)
  2. (fr) Recensement de 2004 (Institut national de la statistique)
  3. Radhia Nasraoui interviewée dans Baudouin Loos, « Le pays stable se lézarde », Le Soir, 22 novembre 2008
  4. a et b (fr) Amin Allal, « Ici si ça ne « bouge » pas, ça n'avance pas ! », L'État face aux débordements du social au Maghreb, éd. Karthala, Paris, 2009, pp. 173 et suiv.
  5. (fr) Karine Gantin et Omeyya Seddik, Révolte du « peuple des mines » en Tunisie, Le Monde diplomatique, juillet 2008, p. 11
  6. En mars 1937, une grève du bassin minier de Gafsa est violemment réprimée par les autorités françaises, occasionnant la mort de dix-sept mineurs. Deux ans après les grèves de 1978, Gafsa est le théâtre d'« événements » marqué par une tentative de coup d'État.
  7. Les chiffres sont débattus mais, suivant les estimations officielles, sont au moins de 30 %, le double du taux national, selon Karine Gantin et Omeyya Seddik.
  8. (fr) Amin Allal, op. cit., p. 183
  9. (fr) « Notre patience ne saura durer longtemps ! », E-joussour, 19 février 2010
  10. (fr) « Tunisie : Les dirigeants du mouvement de protestation du bassin minier de Gafsa tirent la sonnette d'alarme », Nawaat, 21 février 2010
  11. Selon « Tunisie-Yazaki : Vers la création de 5 200 emplois à l'horizon 2012 », Investir en Tunisie, 16 juin 2010, une usine supplémentaire devait ouvrir à Métlaoui en juin 2010, le groupe annonçant la création de 3 500 emplois d'ici 2011 et 5 200 d'ici 2012.