Ad maiorem Dei gloriam

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L'inscription sur la porte de l'église Saint-Benoît à Istanbul, rappelant la restauration de 1687

Ad maiorem Dei gloriam, ou AMDG (« Pour une plus grande gloire de Dieu »), est la devise des membres de la Compagnie de Jésus autrement dit les Jésuites. L’expression en tant que telle n’est pas fréquemment utilisée par Ignace de Loyola, sinon dans ses lettres.

Cependant, les thèmes de la gloire de Dieu et du Magis ignatien (« davantage ») qui s’allièrent pour former cette devise sont fort présents dans les écrits du saint.

La gloire de Dieu[modifier | modifier le code]

Le service, la gloire et la louange de Dieu (ou de la Divine Majesté) sont au principe même de la conversion d’Ignace de Loyola. L’inactivité forcée de sa convalescence à Loyola est meublée de lectures pieuses. La recherche des honneurs du monde, qui guidait jusqu’alors toute sa vie de chevalier, devient soif de l’honneur de Dieu. Lorsque son désir d’aider les âmes lui fait composer son livret des Exercices spirituels, le thème de la gloire de Dieu revient souvent. Il y invite le retraitant à chercher service, louange et gloire de Dieu. (Ex. Sp. N°98).

Magis[modifier | modifier le code]

De sa vie de chevalier - car il était plutôt chevalier que soldat - Ignace de Loyola garde l’idéal de la soif de dépassement, du meilleur, du plus courageux. Tout cela se résume dans le Magis (le « davantage ») que l’on trouve souvent dans son récit autobiographique[1]. D’abord il désirait en faire plus que les saints les plus austères. Il comprit progressivement qu’il était appelé à un autre type de dépassement : dans le choix d’un état de vie, dans les décisions concrètes d’engagement personnel, il importait d’aller vers ce qui rendait davantage honneur à Dieu et ne pas se contenter de ce qui était autorisé, ou simplement « bien ».

Une plus grande gloire de Dieu[modifier | modifier le code]

Jesuïtes de Sarrià - ad maiorem Dei gloriam.jpg

Ces deux courants s’allient dans les textes et la spiritualité de saint Ignace, surtout à partir des jours où il désire donner une orientation à ses compagnons et à la toute jeune Compagnie de Jésus. Si les thèmes de service, louange, honneur et majesté divine sont présents dans les plus anciennes lettres que nous avons d’Ignace, l’expression la plus grande gloire de Dieu se trouve sous sa plume en 1537, peu après la formation du premier groupe d’amis dans le Seigneur. Dans une lettre à Simon Rodrigues[2], en mars 1542, on rencontre pour la première fois l’expression telle qu’elle est connue aujourd’hui : pour la plus grande gloire de Dieu. Elle reviendra de plus en plus fréquemment dans la correspondance d’Ignace de Loyola.

Popularisation de l’AMDG[modifier | modifier le code]

Jérome Nadal, qui voyagea partout en Europe pour faire connaître aux communautés jésuites le premier texte des Constitutions, popularisa l’expression comme résumant l’idéal apostolique ignatien et le dessein de la Compagnie. Ce n’est que beaucoup plus tard cependant que cette expression - ou son sigle AMDG - devinrent une sorte de devise de la Compagnie (sans caractère officiel). L’édition de 1606 des Constitutions porte pour la première fois, sous le portrait de saint Ignace, le texte Ad maiorem Dei gloriam.

Également, pour Ignace, le service et l’honneur de Dieu ne furent jamais compris dans un sens restrictif de culte envers Dieu. Le service des hommes, quel qu’il soit, a toujours été considéré, au long de l’histoire de la Compagnie, comme étant à la gloire et la louange de Dieu.

L'ensemble forme un tout avec le quatrième vœu, qui induit l'obéissance au pape. Les Constitutions précisent : « Il est bon de rappeler dans quelle intention la Compagnie a fait le vœu d'obéir, sans alléguer d'excuse, comme au Souverain Vicaire du Christ : il s'agissait d'être envoyé parmi les fidèles ou les infidèles, partout où il jugerait que ce serait utile pour une plus grande gloire divine et un plus grand bien des âmes[3]. »

Littérature[modifier | modifier le code]

L'univers des Jésuites a inspiré à l'écrivain espagnol Pérez de Ayala un roman satirique intitulé AMDG (1910), traduit en français par Jean Cassou.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Récit du Pèlerin, (trad. André Thiry), Bruges-Paris, 1956
  2. Lettre à Simón Rodriguez, mars 1542, inMHSI, vol.22, p.198.
  3. Septième Partie des Constitutions, n° 603.