Pierre-Jean De Smet

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Pierre-Jean De Smet

Pierre-Jean De Smet (en néerlandais Pieter-Jan De Smet), né à Termonde (département de l'Escaut, aujourd'hui en Belgique) le 30 janvier 1801 et mort le 23 mai 1873 (à 72 ans) à Saint-Louis (Missouri), est un prêtre jésuite belge, missionnaire parmi les Indiens d’Amérique du Nord.

Il fut souvent choisi par les autorités américaines comme leur porte-parole auprès des chefs indiens, car il était un des rares Européens à avoir leur confiance (n'ayant pas la langue fourchue).

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né dans une large famille bourgeoise de Termonde (Dendermonde), il fut enthousiasmé par les récits d’un prêtre local missionnaire au Kentucky revenu au pays en 1821 pour y recruter des collaborateurs. De Smet repartit avec lui, entra chez les jésuites dès qu’il fut arrivé sur le sol américain, et fit son noviciat à Florissant (Missouri) tout en s’occupant de jeunes « peaux-rouges » (Algonquins) qui y étudiaient. Sept années passées au collège-séminaire St Régis lui permirent, tout en se préparant au sacerdoce, de s’initier aux coutumes locales et d’apprendre déjà les rudiments de plusieurs langues. De Smet fut ordonné prêtre en 1827. Malade, il passa 4 ans dans la nouvelle nation de Belgique (1833-37) - ce fut également l’occasion de recruter de nouveaux missionnaires - mais rentra bientôt à St Louis. À la fin de 1837 il fut envoyé « missionner » les tribus du moyen Missouri.

Premiers contacts[modifier | modifier le code]

C’était l’époque où, de fleuves en fleuves et de fleuves en montagnes, les Indiens étaient refoulés vers l’Ouest. La conquête de l’Ouest se faisait à l’aide d’alcool, de carabines et de contrats iniques. Les Indiens perdaient leurs terres et se guerroyaient sans merci. De Smet plante d’abord sa tente parmi les Potowatomies, y ouvrant une petite école et obtenant des Sioux voisins qu’ils cessent leurs raids meurtriers. La grande aventure commence cependant lorsque, en 1838, une délégation des Têtes-Plates vient demander la présence des « Soutanes noires » parmi eux. De Smet répond à l’appel et part en avril 1840 dans les Montagnes Rocheuses du nord. De Smet y parle du « Grand-Esprit » et tente de les sédentariser en créant des réductions à la manière de celles du Paraguay. Au retour d’un voyage en Europe pour y récolter de l’argent et recruter des missionnaires (1844), il commence à circuler dans toute la région des Montagnes Rocheuses, contactant diverses tribus, obtenant une trêve entre les féroces Pieds-Noirs et les Têtes plates, visitant les Sioux et leur promettant de revenir. De nombreuses lettres envoyées à des parents et amis en Belgique donnent souvent des descriptions pittoresques ou effrayantes de coutumes rencontrées parmi ces divers groupes. Une première édition de son Voyages au pays des Rocheuses (anthologie de ses lettres) le fait mieux connaître en Belgique. Comme procureur de la mission, il retourne à nouveau en Europe en 1847 pour y trouver des bienfaiteurs.

Médiateur[modifier | modifier le code]

Sa réputation comme « indigénophile » est déjà telle qu’il est invité comme médiateur à la grande conférence de Fort-Laramie, en 1851, où les représentants du gouvernement américains négocièrent avec les chefs Cheyenne et Sioux l’autorisation du passage de colons blancs se rendant vers l’ouest. Les incursions et installations sauvages des chercheurs d’or créant de nouvelles tensions dégénérant souvent en conflits armés De Smet fut de nouveau mis à contribution par le Général William Harney pour « pacifier » les tribus indiennes. En 1862, l’accord de Fort Laramie n’étant pas respecté les Sioux « prennent le sentier de la guerre ». Un bon millier de colons sont assassinés. La situation était grave car les États-Unis étaient en pleine guerre civile. Abraham Lincoln, que De Smet rencontra deux fois, lui demanda de nouveau d'intervenir. D’abord torpillée par les généraux sur le terrain cette mission spéciale changea lorsque la rébellion se répandit: en 1867 Cheyennes et Pieds-Noirs se sont joints aux Sioux. De Smet devint alors envoyé plénipotentiaire. À la conférence de Fort Rice, en juin 1868, il obtient de nouveau la paix en négociant directement avec Sitting Bull, le chef légendaire des Sioux. Il a un ascendant extraordinaire sur les Indiens pour lesquels il était le seul Blanc « dont la langue n’est pas fourchue ». Dans leurs rapports les généraux américains sont admiratifs : les Indiens ont une réelle affection pour « Soutane noire ».

Dernières années[modifier | modifier le code]

De Smet fit encore un voyage en Europe en 1869 et visita une dernière fois les Sioux en 1870. Pour le reste, la maladie le contraignit à résider à St Louis où il mourut le 23 mai 1873. Il faut ajouter que, une fois de plus les engagements pris par le gouvernement américain ne furent pas tenus. Le conflit reprit en 1876, mais De Smet n’était plus là...

Reconnaissance publique[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Missions de l'Orégon et voyages dans les montagnes rocheuses en 1845 et 1846, Librairie de Poussielgue-Rusand, Paris, 1848
  • Voyages aux Montagnes Rocheuses, Bruxelles, 1873.
  • Voyages dans l'Amérique Septentrionale, Orégon, M. Closson, 1874.
  • Lettres choisies, Bruxelles, 1878.

Références[modifier | modifier le code]

  • H.M. Chittenden et A.T. Richardson, Life, letters and Travels of P.-J. De Smet, 4 volumes, New-York, 1905.
  • Eugène Laveille, Le Père De Smet, Liège, 1913.
  • Jean Lacouture, Les Jésuites, une multibiographie. 2. Les Revenants, Paris, 1992, pp. 114-157.