Falaise
En géographie et en géomorphologie, une falaise est un escarpement rocheux en pente forte, non couvert par de la végétation, créé par l'érosion le long d'une côte (le sens spécialisé se distingue donc du sens usuel, dans lequel le mot falaise s'applique à n'importe quel escarpement rocheux, y compris loin du littoral) et dont le pied se raccorde ordinairement à une plate-forme d'abrasion.
La côte rocheuse, qui peut être en pente douce, se distingue de la falaise, cette dernière n'étant pas spécifiquement constituée d'une roche cohérente (par exemple dune littorale, dune perchée).
Une falaise plongeante (versant des fjords, calanques) qui résulte généralement de l'ennoiement récent d'un abrupt tectonique ou continental, n'a pas de plate-forme d'abrasion car elle disparaît rapidement sous la mer[1].
On peut distinguer les falaises basses (hauteur inférieure à 2 mètres), les falaises moyennes (entre 2 et 10 mètres) et les falaises hautes (plus de 10 mètres). Les mégafalaises (falaises dépassant les 600 mètres de hauteur) les plus hautes au monde sont les Kahiwa Falls (en) à Hawaii, sur l'île de Molokai, et font en moyenne 660 mètres de haut. À Umilehi Point, elles atteignent 1 005 mètres au-dessus de l'océan Pacifique.
Les falaises peuvent être classées en falaises consolidées et non consolidées, avec de nombreux types intermédiaires[2].
Au pied des falaises se trouvent généralement les restes de leurs effondrements progressif, sous la forme d'amas de roches. L'importance de ces amas dépend souvent de la sensibilité de la roche à l'érosion. La base de la falaise est constituée par le terme de la progression de la plate-forme d'abrasion et le plus souvent par une encoche de sapement, rarement nette, ou les grottes qui marquent la limite des déplacements du matériel abrasif.
Lorsqu'une falaise n'est plus du tout en contact avec l'eau par des sédiments ou à la suite d'une baisse locale du niveau de la mer, on parle de falaise morte ou de falaise fossile. Dans le cas contraire, on parle de falaise vive.
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[modifier] Étymologie
La langue française a emprunté ce terme sous sa forme normande faleise, cité par Wace dans le Roman de Brut vers 1155. Le terme est attesté en outre, en champenois et en picard, sous la forme faloise. cf. Falaise (Ardennes) (jadis Falloise) ou la Faloise (Falesia 1177), en picard et en wallon falise. cf. la Falise (le Falise 1286), Pinchefalise ou Houffalize (Belgique).
La distribution du mot falesia est limitée à la Normandie, à la Picardie, à la Champagne-Ardennes et à la Belgique. Il s'agit d'un emprunt au germanique *falisa « rocher »[3], reconstitué d'après le vieux haut allemand felisa > allemand Fels « rocher », apparenté au vieil islandais fjall, fell « montagne ». Dans le cas présent, le déplacement de l'accent tonique est lié à l'attraction des mots terminés par le suffixe -ésa. Le terme est par ailleurs attesté en latin médiéval du nord sous la forme falisia au Xe siècle.
[modifier] Érosion
La base des falaises est formée :
- soit par l'action d'une érosion horizontale sur une rive surélevée,
- soit par une action verticale de creusement sur un substrat rocheux,
- soit encore par une érosion différentielle sur deux types de roches, l'une y étant plus sensible que l'autre.
La partie supérieure des falaises est formée par des processus sub-aériens :
- alternance gel/dégel (cryoclastie)
- infiltrations, ruissellements (haloclastie, rôle des organismes vivants dans la biométéorisation)
- éboulement par appel du vide
La vitesse du recul des falaise est en moyenne de l'ordre du millimètre par an pour les falaises rocheuses dures (granite, silex), du centimètre par an pour les falaises rocheuses plus tendres (calcaire, schiste), du mètre (craie friable) ou dizaine de mètres par an pour les falaises de roches meubles (argile à silex, sables, marnes)[5].
Malgré l'érosion, la falaise garde le même profil. Par exemple l'arche d'Étretat sera progressivement transformée en aiguille et la cavité en face dans la falaise deviendra une arche[6].
[modifier] Habitats
Les falaises sont aussi des habitats précieux parce que difficilement accessibles à de nombreux prédateurs pour la nidification des oiseaux marins nicheurs. On y trouve aussi une flore saxicole particulière, adaptée aux embruns ou à des microclimats et substrats difficiles.
De nombreuses falaises françaises sont ainsi classées en ZNIEFF et en zone Natura 2000 comme la falaise du cap Blanc-Nez [7], qui est aussi un site national classé en tant que paysage.
[modifier] Photographies
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Les falaises de Látrabjarg, en Islande]
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Les falaises de Moher en Irlande
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Aiguilles des Twelve Apostles et falaise de Port Campbell
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Big Sur, Californie, ouest des États-Unis
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Les Falaises et l'océan, à Cabo da Roca au Portugal
[modifier] Classement des falaises par leur hauteur
La hauteur donnée est toujours au-dessus du niveau de la mer.
- Umilehi Point : 1 005 mètres
- Croaghaun Mount : 688 mètres
- Kahiwa Falls (en) : 660 mètres
- Slieve League : 606 mètres
- Preikestolen : 604 mètres
- Cabo Girao : 580 mètres
- Làtrabjarg-Islande : 440 mètres
[modifier] Notes et références
- Falaise sur larousse.fr
- (en) J. S. Damgaard, P. Dong, « Soft cliff recession under oblique waves : Physical model tests », Journal of waterway, port, coastal, and ocean engineering, vol. 130, no 5, 2004, p. 234-242
- Étymologie de falaise
- (en) E. Lee, « Coastal cliff behaviour : Observations on the relationship between beach levels and recession rates », Geomorphology, no 101, 2008, p. 558–571
- (en) Tsuguo Sunamura, Geomorphology of Rocky Coasts, John Wiley, 1992 (ISBN 0-471-91775-3), p. 302
- Sylvain Kahn, « Pourquoi les falaises reculent-elles ? », émission Planète terre sur France Culture, 2 mai 2012
- Fiche Natura 2000 Falaise et pelouses du cap Blanc-Nez, du mont d'Hubert, des noires-mottes, du fond de la forge et du Mont de Couple, code : FR3100477