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Vierge du Mas Rillier

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Notre-Dame du Sacré-Cœur
Vierge du Mas Rillier
Madone de Miribel
Présentation
Type
Fondation
Architecte
Louis Mortamet
Sculpteur
Matériau
Première pierre
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Construction
- Voir et modifier les données sur Wikidata
Inauguration
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Commanditaire
Hauteur
32,60 m dont 3 m de socle
Propriétaires
Diocèse de Belley-Ars (-), Ville de Miribel (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Patrimonialité
État de conservation
préservéVoir et modifier les données sur Wikidata
Remplace
Localisation
Pays
Département
Commune
Coordonnées
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Notre-Dame-du-Sacré-Cœur, Espérance des désespérés, est une statue de la Vierge à l'Enfant, située au Mas Rillier, à Miribel, dans le département français de l'Ain en région Auvergne-Rhône-Alpes.

C'est la plus haute statue de France[1](32,6 mètres), devant respectivement le Christ-Roi des Houches (25 mètres) et la statue de la Vierge Marie au Puy-en-Velay (16 mètres)

Aux origines, Le Sacré-Cœur

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La statue présente trois actions remarquables :

  • Marie écrasant le serpent de son talon.
  • Marie indiquant et tenant en sa main le cœur de son fils, Jésus.
  • Jésus, petit enfant, indiquant son sacré-cœur.
Miniature présente dans la chapelle d'entrée de la statue monumentale. On voit très bien le mouvement de Marie indiquant le cœur de son Fils et de Jésus indiquant son propre Sacré-cœur.

Le Sacré-Coeur de Jésus

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L'érection de la statue est la conséquence d'une dévotion bien plus large que l'on peut faire remonter à l'apôtre Jean qui a reposé sa tête sur le cœur de Jésus durant la Cène (Évangile selon Jean 13,23).

La dévotion s'épanouit à partir du XVIIe siècle et des apparitions à Marguerite-Marie Alacoque à Paray-le-Monial.

En 1856, le pape Pie IX étend la fête du Sacré-Cœur à toute l'Église catholique. Trois Encycliques confirment l'attachement de l'Église à cette dévotion : Annum Sacrum (Léon XIII - 1899), Miserentissimus Redemptor (Pie XI - 1928) et Haurietis Aquas (Pie XII - 1956). Le 19 août 1864, il béatifie Marguerite-Marie Alacoque, puis il bénit le projet d'édification de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

Construction

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Au-dessus du portail d'entrée, l'inscription « Notre-Dame du Sacré-Cœur - Espérance des désespérés ».

Virgile Béguin émit le souhait, auprès de l’Abbé Thomas, de l'érection d'une statue en l'honneur de Notre-Dame du Sacré-Cœur en référence à la confrérie du même nom établie au Mas Rillier le 8 février 1932. Georges Serraz est choisi comme sculpteur, lui qui vient justement d’achever la statue du Christ-Roi aux Houches (25 mètres) ; Louis Mortamet en est l'architecte[2],[3]. Cependant, l'iconographie, conçue par le sculpteur Serraz, reprend les attributs de la Vierge de l'Immaculée Conception, notamment avec le serpent, et des litanies de la Vierge, sous la forme de médaillons en bas-relief apparaissant sur la bordure du manteau.

Les travaux débutent le sur les ruines de l’ancien château de Miribel[4] dit le « fort de Mire bellum », à l'initiative du Père Thomas, curé du hameau[5]. Il faut creuser à 7 mètres de profondeur pour pouvoir couler des fondations circulaires de 8 mètres de diamètre. Les coffrages ont été décorés des drapeaux de toutes les nations qui par leurs offrandes, ont contribué à l’érection de la statue. Le , lors de la pose de la première pierre, quelque 12 000 personnes étaient présentes. Elle est finalement inaugurée le [3].

Cession et postérité

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En 1977, l’Évêché cède pour le franc symbolique le tènement avec la Vierge du Mas Rillier ainsi que le Carillon du Mas Rillier à la commune de Miribel. Le , le 70e anniversaire de l’inauguration de la statue est fêté avec une messe en plein air, sur l'esplanade de la Madone.

Le , l'édifice est inscrit au titre des monuments historiques[6].

La Madone, actuellement en travaux, octobre 2025.

Le site a traversé les décennies sans restauration majeure, aujourd'hui menacé par l'érosion, les infiltrations d'eau et l'usure du temps. Un projet de requalification et de valorisation du site, des ouvrages du Carillon et de la Madone est en cours et se décline en quatre phases sur six ans (2023-2028)[7]. Ce projet est en partie financé par des dons, au travers d'une campagne de levées de fonds de la Fondation du Patrimoine[8] .

Quelques pèlerinages se font encore sur le site, toutefois le site est actuellement fermé au public dans le cadre de sa revalorisation pour l'année 2025-2026.

Quelques caractéristiques

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Plaque à l'intérieur de la Madone, apposée en 2012, au soixantième anniversaire de la mort de l'abbé Thomas.

Le socle de la statue mesurant environ 3 m, sa hauteur effective est de 30 m, ce qui la place au même niveau que le Christ Rédempteur de Rio de Janeiro, ce qui la place en 2020 au 59e rang mondial et au 6e rang européen des plus hautes statues[9]. La vue sur son parvis surplombe le Lyonnais ainsi que le Bugey.

Un escalier de 152 marches conduit à un petit balcon aménagé au-dessus de la couronne mariale. L'intérieur de la Madone ainsi que le balcon n'est pas accessible au grand public, sauf événements particuliers.

Le poids total des fondations, du socle et de la statue est de 1 500 tonnes, la statue, en béton banché (soit du béton coulé entre deux supports de planche, dont les traces subsistent en négatif.), à l’exception des parties extérieures sculptées telles que les mains, le serpent ou encore les visages de la Vierge ou de l'Enfant. Ces parties ont été réalisées à Paris dans l'atelier de Serraz puis transférées sur place[1]. La statue pèse à elle seule 440 tonnes[3].

Sur le même parvis se situe le carillon du Mas Rillier et son campanile abritant un ensemble de cinquante cloches, inscrit au titre des monuments historiques par l'arrêté du 26 novembre 1993[10].

Sur le socle de la statue sont gravées deux inscriptions, chacune sur deux lignes :

  • à l'avant, au-dessus du porche d'entrée : « Notre-Dame du Sacré-Cœur / Espérance des désespérés » ;
  • à l'arrière de la statue : « L'immaculée vierge Marie placée entre le Christ et l'Église / a toujours arraché le peuple chrétien aux plus grandes calamités » (citation de Pie XI).

Événements profanes

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Chaque année, en juillet, se déroule sur l'esplanade (dite de la Madone) sur laquelle se trouve également le Carillon, un festival de jazz qui se nomme Swing sous les étoiles.

Notes et références

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  1. a et b « Vierge du Mas-Rillier », notice no PA01000049, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Laurent Tronche, « L'œuvre du Père Thomas », Église des Pays de l'Ain, no 6,‎ .
  3. a b et c « Le Mas Rillier »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur le site de la mairie de Miribel (consulté le ).
  4. Ouvrage collectif, Richesses touristiques et archéologiques du canton de Miribel : Miribel, Beynost, Neyron, Saint-Maurice-de-Beynost, Thil, , 207 p. (ISBN 2-907656-27-9), p. 50-51. Consulté le 16 janvier 2013.
  5. « La Madone et son carillon », sur Dombes Cotière Tourisme (consulté le ).
  6. « Atlas des patrimoines », sur atlas.patrimoines.culture.fr (consulté le )
  7. Commune de Miribel, « DÉLIBÉRATION DU CONSEIL MUNICIPAL Séance du jeudi 29 septembre 2022 » Accès libre, sur miribel.fr,
  8. « La Madone du Mas Rillier et son Carillon à Miribel », sur Fondation du patrimoine (consulté le ).
  9. « Liste des statues monumentales dans le Monde », sur www.merveilles-du-monde.com (consulté le )
  10. « Carillon du Mas Rillier », notice no PA00125734, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.

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Articles connexes

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Liens externes

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