Monastère royal de Brou

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Monastère royal de Brou
Vue de l'église du monastère.
Vue de l'église du monastère.
Présentation
Culte Catholique romain
Type Gothique flamboyant
Début de la construction
Fin des travaux 1532
Architecte Louis van Bodeghem
Style dominant Architecture gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1862, 1889, 1935)
 Inscrit MH (1950)
Site web brou.monuments-nationaux.frVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Ain
Ville Bourg-en-Bresse
Coordonnées 46° 11′ 46″ nord, 5° 14′ 13″ est

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Monastère royal de Brou

Le monastère royal de Brou est un complexe religieux situé à Bourg-en-Bresse dans l'Ain, une des capitales de l'ancien duché de Savoie.

Le monastère royal de Brou est un chef-d'œuvre de l'art gothique flamboyant flamand du début du XVIe siècle. Il se compose d'un ensemble de bâtiments monastiques construits entre 1506 et 1512, et de la somptueuse église Saint-Nicolas-de-Tolentin de Brou, édifiée de 1513 à 1532 par Louis van Bodeghem[1].

Cet ensemble architectural rare a été bâti à grands frais par la très puissante Marguerite d'Autriche duchesse de Savoie, gouvernante des Pays-Bas bourguignons, marraine et tante de Charles Quint. Elle fit édifier l'ensemble en mémoire de son époux Philibert le Beau et pour respecter le vœu fait par sa belle-mère Marguerite de Bourbon[2].

Le , le monastère a été désigné « monument préféré des Français » au cours de l'émission de France 2 Le monument préféré des Français, à l'occasion des Journées européennes du patrimoine.

Le 5 février 2015, le Monastère royal de Brou a reçu le trophée du « Bressan de l'Année 2014 » par l'Académie de la Bresse.

Situation[modifier | modifier le code]

Le site, plat dans la cuvette de Bourg-en-Bresse, accueille depuis deux millénaires des tombes antiques, paléochrétiennes ou burgondes, dont des sarcophages exposés dans l'église.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le tombeau de Marguerite d'Autriche, dans l'église Saint-Nicolas-de-Tolentin de Brou.

Vers 927[3], Saint Gérard, alors évêque de Mâcon (886-926), se retire sur le site et y fonde avec quelques compagnons un ermitage dans lequel il meurt et est enterré en 958[3]. Les disciples qui étaient venus se grouper autour de lui, suivirent ses traditions, sous la direction d'un prieur.

Le prieuré de Brou dépendait aussi de l'abbaye d'Ambronay. Les limites de sa dîmerie furent réglées, en 1084[3], par ordre de Hugues, archevêque de Lyon et une église sous le patronage de Saint-Pierre est construite sur sa tombe.

Dépeuplé, dans les premières années du XIVe siècle, à la suite d'on ne sait quel accident, il fut remis, en 1319[3], par Jean de Clermont, au comte Amédée V de Savoie, à la condition d'y entretenir un religieux pour le desservir. En 1506[3], Marguerite d'Autriche, veuve prématurément de Philibert II le Beau, duc de Savoie, tant pour accomplir un vœu de Marguerite de Bourbon, sa belle-mère, que pour laisser à la postérité un témoignage de son immense douleur, acheta le prieuré de Brou et obtint du pape l'autorisation de fonder, sur son emplacement, une église dédiée à saint Nicolas de Tolentin, et un monastère propre à recevoir 12 religieux augustins. Le 27 août de la même année[3], elle pose la première pierre de l'église, qui fut consacrée, le 22 mars 1532[3], par Jean Joly de Fleury, évêque d'Ebron in partibus.

Les prieurs[modifier | modifier le code]

Le plus ancien prieur connu est : Saint Gérard, le fondateur (927-958). On relève ensuite : J. Gilli (1084) ; Clément, religieux d'Ambronay (1168) ; F. Jean de Saint-Alban (1289) ; Étienne de Rignieu (1298) ; Jean de Clermont, religieux d'Ambronay (1319 et 1324) ; F. Guillaume Cadot (1359) ; F. Pierre de Mugnet (1367) ; le cardinal de la Tour avec pour administrateur F. Mattin de Chambut, religieux de Cluny, prieur de Ratenelle et doyen de Noblens (Villereversure) (1371) ; F. Jean de Loges (1384) ; Pierre cardinal de Thurey (1394) ; F. Philibert de Chilley, religieux de Saint-Oyen (1415-1435) ; F. Anthoine Fornier (1447) ; Bertrand de Loras, prieur de Saint-Sorlin (1455-1491) ; Bernardin Oudin (1492) et pour dernier prieur Jean de Loriol, chanoine des Églises de Genève et de Vienne, protonotaire apostolique, abbé de Saint-Pons, prieur commendataire de Brou et évêque de Nice (1505). C'est ce dernier qui fut l'auteur de l'union survenu en 1505 avec l'église Notre-Dame de Brou, par bulle du pape Jules II.

Construction[modifier | modifier le code]

La construction débute en 1506[4]. Retournée en Belgique pour assurer la Régence dans l'attente de la majorité de son neveu Charles Quint, Marguerite d'Autriche choisit elle-même les chefs de chantiers, les peintres, les sculpteurs, (l'architecte Louis van Bodeghem, le sculpteur Conrad Meit, le peintre Jehan Perréal), fait appel à des artistes d'Europe du Nord, se fait envoyer à Malines des échantillons et des maquettes. Sa volonté explique qu'au début du XVIe siècle, aux portes de l'Italie renaissante, se dresse un monument gothique de cette importance.

Le monastère, confié aux Augustins, possède trois cloîtres, dont la situation n'a pas évolué. Marguerite d'Autriche avait prévu d'y achever son veuvage, mais meurt trop tôt. La construction s'achève en 1532, deux ans après sa mort, et elle y est enterrée auprès de son époux et de sa belle-mère.

Les Augustins de la congrégation de Lombardie restèrent les gardiens des tombes de Marguerite de Bourbon, de Philibert-le-Beau et de Marguerite d'Autriche, jusqu'au 4 mars 1658, et furent remplacés par les Augustins de la congrégation de France. La Révolution chassa ces derniers. Durant celle-ci, à l'automne et l'hiver 1793-94, le cloître abrite le 1er Régiment de Hussards et est ainsi sauvé des démolitions. Le 31 janvier 1794, la municipalité de Bourg fait enfermer les prêtres abdicateurs à Brou.

Monument national[modifier | modifier le code]

Thomas Riboud (1755-1835), avocat lyonnais, député de l'Ain[5] et membre du conseil des Cinq-Cents sauve l'ensemble de Brou de la destruction en le faisant déclarer « Monument national » par la Convention[6],[7]. L'ancien monastère royal est acheté par le diocèse de Belley en 1823 qui en fait le grand séminaire diocésain. Saint Pierre Chanel y poursuit ses études. Il est confisqué en 1905 et le séminaire est fermé.

L'église du monastère fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[8]. Les deux premiers cloîtres font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1889[8]. Le troisième cloître fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [8].

Dans le troisième cloître, il y avait une grille en fer forgé provenant du château de la Moussière à Biziat. Inscrite au titre des monuments historiques depuis le [8], elle est aujourd'hui la portail d'entrée du parc de la Visitation, parc de l'est de Bourg[9].

Le musée municipal de Bourg-en-Bresse[modifier | modifier le code]

Les bâtiments monastiques sont propriétés de la ville de Bourg-en-Bresse, qui y a installé son musée, le musée municipal de Bourg-en-Bresse en 1922. Ce musée présente au rez-de-chaussée un ensemble de statues religieuses allant du XIIIe au XVIIe siècle et, à l'étage, une collection de peintures du XVIe au XXe siècle (Bernard Van Orley, Pieter Coecke van Aelst, Colijn de Coter, Nicolas Victor Fonville, Gustave Doré…) et d'art moderne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse », sur brou.monuments-nationaux.fr.
  2. « Monastère royal de Brou », sur bourgenbresse.fr.
  3. a, b, c, d, e, f et g Marie-Claude Guigue 1873, p. 56-57.
  4. « Le chef d'œuvre d'une fille d'empereur », sur culture.gouv.fr (consulté le 5 mars 2010).
  5. « Thomas, Philibert Riboud », sur assemblee-nationale.fr.
  6. « Recherche "Thomas Riboud" », sur culture.gouv.fr.
  7. Jérôme Croyet, « Thomas Riboud, un magistrat humaniste », sur histoire-empire.org.
  8. a, b, c et d « Ancienne abbaye de Brou », notice no PA00116318, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  9. « Parc de la Visitation - Bourg-en-Bresse », sur ain-tourisme.com (consulté le 13 février 2017)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Marie-Claude Guigue 1873] Marie-Claude Guigue, Topographie historique du département de l'Ain, ou Notices sur les communes, les hameaux, les paroisses, les abbayes, les prieurés, les monastères,... : accompagnée d'un précis de l'histoire du département depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution, Bourg-en-Bresse et Lyon, A. Brun, (lire en ligne).
  • Marie-Françoise Poiret, Le monastère de Brou : le chef-d'œuvre d'une fille d'empereur, Paris : CNRS Éditions, collection Patrimoine au présent, 1994, 126 p.
  • Marie-Françoise Poiret, Le monastère royal De Brou, 15 mai 2000, Monum, coll. « Itinéraires du Patrimoine », 64 p. (ISBN 2858222959)
  • Brou : chef-d'œuvre d'une fille d'empereur (album édité en complément de l'exposition temporaire au monastère royal de Brou, du 1er juillet au 15 octobre 2006), Paris : Éditions du patrimoine ; Versailles : Artlys, 2006, 63 p.
  • Virginie Larousse, Le monastère royal de Brou, chef-d'œuvre d'une princesse amoureuse, in: Religions & Histoire, no 13, mars-avril 2007, p. 10-13 (ISSN 1772-7200)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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