Thomas Sankara

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Thomas Sankara
Illustration.
Dessin représentant Thomas Sankara.
Fonctions
Président du Conseil national révolutionnaire du Burkina Faso[Note 1]
(chef de l'État, de facto)

(4 ans, 2 mois et 11 jours)
Prédécesseur Jean-Baptiste Ouédraogo (président du Comité de salut populaire, de facto)
Successeur Blaise Compaoré (président du Front populaire, de facto)
Premier ministre voltaïque

(4 mois et 7 jours)
Président Jean-Baptiste Ouédraogo
Prédécesseur Saye Zerbo (indirectement
Successeur Youssouf Ouédraogo (indirectement, Burkina Faso))
Biographie
Nom de naissance Thomas Isidore Noël Sankara
Date de naissance
Lieu de naissance Yako, Haute-Volta
Date de décès (à 37 ans)
Lieu de décès Ouagadougou, Burkina Faso
Nature du décès assassinat
Nationalité voltaïque (1960-1984)
burkinabè (1984-1987)
Parti politique Regroupement des officiers communistes
proche ULC-R (en)
proche Parti africain de l’indépendance (en)
Conjoint Mariam Sermé
Enfants Philippe Sankara
Auguste Sankara

Thomas Sankara Thomas Sankara
Premiers ministres de Haute-Volta
Chefs d'État du Burkina Faso

Thomas Sankara, né le à Yako en Haute-Volta et mort assassiné le à Ouagadougou au Burkina Faso, est un homme d'État anti-impérialiste, révolutionnaire, socialiste, panafricaniste et tiers-mondiste voltaïque, puis burkinabè[Note 2], chef de l’État de la République de Haute-Volta rebaptisée Burkina Faso, de à .

Il est le président du pays durant la période de la première révolution burkinabè du au , qu'il finit par totalement incarner. Durant ces quatre années, il mène à marche forcée, et y compris en recourant à la répression de certains syndicats ou organisations politiques rivales, une politique d'émancipation nationale (qui passe par exemple par le changement du nom de Haute-Volta issu de la colonisation en un nom issu de la tradition africaine : Burkina Faso, qui est un mélange de moré et de dioula et signifie Pays [ou Patrie] des hommes intègres), de développement du pays, de lutte contre la corruption ou encore de libération des femmes.

Il est abattu lors d'un coup d'État qui amène au pouvoir Blaise Compaoré, le . Son souvenir reste vivace dans la jeunesse burkinabé mais aussi plus généralement en Afrique, qui en a fait une icône, un « Che Guevara africain », aux côtés notamment de Patrice Lumumba.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Thomas Isidore Noël Sankara est fils d'un père Peul et d'une mère Mossi[1], et grandit entre valeurs militaires et religiosité chrétienne[2]. Son père est un ancien combattant et prisonnier de guerre de la Seconde Guerre mondiale. Les affectations successives de son père, devenu infirmier-gendarme, dans plusieurs régions du pays, lui permettent d'échapper à la grande pauvreté dans laquelle vivent la plupart des « indigènes »[3]. Il fait ses études secondaires d'abord au lycée Ouezzin Coulibaly de Bobo-Dioulasso, deuxième ville et capitale économique du pays puis, de la seconde au baccalauréat, à Ouagadougou (capitale politique du Burkina), au Prytanée militaire de Kadiogo. Durant ses études, il côtoie des fils de colons. Il sert la messe mais refuse d'entrer au séminaire[4]. Il suit, tout comme Blaise Compaoré, une formation d'officier à l'École militaire inter-armes (EMIA) de Yaoundé au Cameroun, puis à l'Académie militaire d'Antsirabe, à Madagascar (où il étudie les sciences politiques, l'économie politique, le français et les sciences agricoles[4]), et devient en commandant du CNEC, le Centre national d'entraînement commando, situé à , dans la province du Nahouri, à 150 km au sud de la capitale. La même année, ils prennent part à un stage d'aguerrissement au Maroc. Ensemble, ils fondent le Regroupement des officiers communistes (ROC) dont les autres membres les plus connus sont Henri Zongo, Boukary Kabore, Blaise Compaoré et Jean-Baptiste Boukary Lingani.

Durant ses études à Madagascar, il assiste en à la révolution qui conduit à la fin du régime néocolonialiste de Philibert Tsiranana. Cela l'amène à concevoir l'idée d'une « révolution démocratique et populaire ». De retour en Haute-Volta en avec le grade de sous-lieutenant, il est affecté à la formation des jeunes recrues. Il s'y fait remarquer par sa conception de la formation militaire dans laquelle il inclut un enseignement sur les droits et les devoirs du citoyen, insistant sur la formation politique des soldats : « sans formation politique patriotique, un militaire n'est qu'un criminel en puissance », a-t-il coutume de dire[3]. En , il s'illustre militairement lors de la guerre avec le Mali, ce qui lui donne une renommée nationale. Capitaine, il crée ensuite une organisation clandestine avec d'autres officiers, se rapproche de militants d'extrême gauche et fait de nombreuses lectures[4].

Entrée en politique[modifier | modifier le code]

À la fin des années et au début des années , le Burkina Faso connaît une alternance de périodes autoritaires et de démocratie parlementaire. Les personnalités politiques sont coupées de la petite bourgeoisie urbaine politisée, et cette scission est renforcée par des scandales financiers. Cela amène de jeunes officiers ambitieux et désireux de moderniser le pays comme Thomas Sankara à s'investir en politique, se posant en contraste avec des hommes politiques plus âgés et moins éduqués. Un coup d'État militaire a lieu en mais le nouveau régime, bien que populaire, se montre rapidement répressif et lie l'armée à des scandales[4].

Thomas Sankara ne participe pas au coup d’État mais ne s'y oppose pas non plus[3]. Populaire, il est nommé en secrétaire d'État à l'Information dans le gouvernement du colonel Saye Zerbo avant de démissionner en réaction à la suppression du droit de grève, déclarant le , en direct à la télévision : « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple »[4]. Il est alors dégradé et chassé de la capitale.

Le , un nouveau coup d'État porte au pouvoir le médecin militaire Jean-Baptiste Ouédraogo. Sankara devient Premier ministre en , position acquise grâce au rapport de forces favorable au camp progressiste au sein de l’armée[5]. Il se prononce ouvertement pour la rupture du rapport « néocolonial » qui lie la Haute-Volta à la France : « Lorsque le peuple se met debout, l’impérialisme tremble. L’impérialisme qui nous regarde est inquiet. Il tremble. L’impérialisme se demande comment il pourra rompre le lien qui existe entre le CSP [le gouvernement] et le peuple. L’impérialisme tremble. Il tremble parce qu'ici à Ouagadougou, nous allons l'enterrer »[3]. Il commet une nouvelle « erreur diplomatique » aux yeux de la France en invitant, en avril, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Le , il est limogé et mis en résidence surveillée, probablement sous la pression de la France[6],[7],[8],[9].

Révolution démocratique et populaire[modifier | modifier le code]

Des manifestations populaires soutenues par les partis de gauche et les syndicats contraignent le pouvoir à libérer Sankara. Le , la garnison insurgée de arrive à Ouagadougou accompagnée d'une foule en liesse et place Thomas Sankara à la présidence du Conseil national révolutionnaire. Il constitue un gouvernement avec le Parti africain de l’indépendance (en) et l'Union des luttes communistes - reconstruite (en) (ULC-R).

Il déclare que ses objectifs sont : « Refuser l'état de survie, desserrer les pressions, libérer nos campagnes d'un immobilisme moyenâgeux ou d'une régression, démocratiser notre société, ouvrir les esprits sur un univers de responsabilité collective pour oser inventer l'avenir. Briser et reconstruire l'administration à travers une autre image du fonctionnaire, plonger notre armée dans le peuple par le travail productif et lui rappeler incessamment que, sans formation patriotique, un militaire n'est qu'un criminel en puissance ». Il s'entoure de cadres compétents, défend la transformation de l'administration, la redistribution des richesses, la libération de la femme, la responsabilisation de la jeunesse, la décentralisation, la lutte contre la corruption, etc. Le , la République de Haute-Volta est renommée Burkina Faso[4].

Comités de défense de la révolution[modifier | modifier le code]

Son gouvernement retire aux chefs traditionnels les pouvoirs féodaux qu'ils continuaient d'exercer[4]. Il crée les Comités de défense de la révolution (CDR), qui sont chargés localement d'exercer le pouvoir au nom du peuple, gérant la sécurité, la formation politique, l'assainissement des quartiers, la production et la consommation de produits locaux ou encore le contrôle budgétaire des ministères. Parfois, ils refusent après débats certains projets nationaux, comme celui de l'« école nouvelle », qu'ils jugent trop radical[4]. Les CDR auront toutefois tendance à se comporter en milice révolutionnaire faisant régner la terreur, luttant contre les syndicats (jugés dangereux car liés à l'opposition du Front patriotique voltaïque et du Parti communiste révolutionnaire voltaïque (en)). Thomas Sankara dénonce toutefois certains excès des CDR, souvent liés à des disputes internes[4].

Concernant la démocratie, il développe une pensée originale : « Le bulletin de vote et un appareil électoral ne signifient pas, par eux-mêmes, qu'il existe une démocratie. Ceux qui organisent des élections de temps à autre, et ne se préoccupent du peuple qu'avant chaque acte électoral, n'ont pas un système réellement démocratique. […] On ne peut concevoir la démocratie sans que le pouvoir, sous toutes ses formes, soit remis entre les mains du peuple ; le pouvoir économique, militaire, politique, le pouvoir social et culturel »[4].

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Les dépenses de fonctionnement diminuent pour renforcer l'investissement. Les salaires sont ponctionnés de 5 à 12 % mais les loyers sont déclarés gratuits pendant un an. À Ouagadougou, une friche est réhabilitée en zone industrielle. Le nouveau régime vise à développer une économie ne dépendant plus de l'aide extérieure, que Thomas Sankara décrit ainsi : « Ces aides alimentaires […] qui installent dans nos esprits […] des réflexes de mendiant, d’assisté, nous n'en voulons vraiment plus ! Il faut produire, produire plus parce qu'il est normal que celui qui vous donne à manger vous dicte également ses volontés ». Les importations de fruits et légumes sont interdites afin d'inciter les commerçants à se fournir dans les zones de production situées dans le Sud-Ouest du Burkina Faso ; cela est favorisé par la mise en place de nouveaux circuits de distribution et d'une chaîne nationale de magasin. Les CDR permettent aussi aux salariés d'acheter des produits depuis leur lieu de travail[4]. En , le Burkina Faso atteint son objectif de deux repas et de dix litres d'eau par jour et par personne. Le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation pour les Nations unies déclare au sujet de Sankara : « Il a vaincu la faim : il a fait que le Burkina, en quatre ans, est devenu alimentairement autosuffisant ». Les fonctionnaires sont incités à porter l'habit traditionnel (Faso dan fani), ce qui conduit de nombreuses femmes à obtenir un revenu propre en tissant ce vêtement directement chez elles[4].

Soucieux d'environnement, il dénonce des responsabilités humaines dans l'avancée du désert. En , le Conseil national de la révolution lance ainsi les « trois luttes » : fin des coupes de bois abusives et campagne de sensibilisation concernant l'utilisation du gaz, fin des feux de brousse et fin de la divagation des animaux. Le gouvernement mène des projets de barrages alors que des paysans construisent parfois eux-mêmes des retenues d'eau. Thomas Sankara critique également le manque d'aide de la France, dont les entreprises bénéficient pourtant en majorité des marchés liés aux grands travaux[4].

Symboliquement, une journée du marché au masculin est instaurée pour sensibiliser au partage des taches ménagères. Sankara avance aussi l'idée d'un « salaire vital », prélevé à la source d'une partie du salaire de l'époux pour le reverser à l’épouse[3].

Politique internationale[modifier | modifier le code]

Au niveau international, sa politique rencontre une approbation du mouvement altermondialiste, dans la mesure où il critique les injustices de la mondialisation, le système financier, l'importance du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale et la dette des pays du tiers-monde les maintenant dans un cercle vicieux. Le Burkina Faso ne contracte ainsi pas de prêts avec le FMI, l'organisation voulant imposer ses « conditionnalités ». Thomas Sankara considère en effet ce système comme un moyen de « reconquête savamment organisée de l'Afrique, pour que sa croissance et son développement obéissent à des paliers, à des normes qui nous sont totalement étrangers »[4]. L'aide économique française est réduite de 80 % entre et [3].

Thomas Sankara définit son programme comme anti-impérialiste, en particulier dans son « Discours d'orientation politique », écrit en septembre-octobre par Valère Somé (en) et enregistré dans la salle du Conseil de l'Entente puis diffusé à la radio le [10],[11]. Ainsi, en , Thomas Sankara avait attaqué la France de la cohabitation en présence de François Mitterrand et devant les caméras pour avoir accueilli Pieter Botha, le Premier ministre d'Afrique du Sud, et Jonas Savimbi chef de l'UNITA, l'un et l'autre « couverts de sang des pieds jusqu'à la tête »[Note 3]. De ce fait, aux yeux de Thomas Sankara, ces gouvernants « en portent aujourd'hui et toujours la responsabilité »[12]. Au sujet de la dette, anticipant la réaction des pays occidentaux, il insiste à Addis Abeba en sur la nécessité d'un refus collectif des pays africains de son paiement : « Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence »[3].

Dénonçant le soutien des États-Unis à Israël et à l'Afrique du Sud, il appelle les pays africains à boycotter les Jeux olympiques d'été de 1984 à Los Angeles. Devant l'Assemblée générale des Nations unies, il dénonce également l'invasion de la Grenade par les États-Unis, qui répliquent par des sanctions commerciales contre le Burkina. Toujours à l'ONU, il demande la fin du droit de veto accordé aux grandes puissances. Au nom du « droit des peuples à la souveraineté », il soutient les revendications nationales du Sahara occidental, de la Palestine, les sandinistes nicaraguayens ou encore l'ANC sud-africaine. Il est relativement isolé en Afrique de l'Ouest ; s'il entretient de bonnes relations avec les dirigeants ghanéen Jerry Rawlings et libyen Mouammar Kadhafi, les dirigeants « pro-français » comme Houphouët-Boigny en Côte d'Ivoire ou Hassan II au Maroc lui sont très hostiles. En , le régime malien de Moussa Traoré entre en guerre pour quelques semaines avec le Burkina en raison d'un différend frontalier[13].

Assassinat[modifier | modifier le code]

Thomas Sankara est assassiné le .

Contexte[modifier | modifier le code]

La rigueur et l'intégrité de Thomas Sankara déplaisent à plusieurs (par exemple, il se déplace dans une vieille Renault 5 et hésite à acquérir un véhicule neuf de peur qu'on pense qu'il vole l'argent de l'État)[14]. Par ailleurs, face aux dérives de la révolution, l'enthousiasme retombe, certains membres de la population se sentent frustrés, notamment les chefs traditionnels dont les pouvoirs sont affaiblis par la politique de Sankara.

Dans ce contexte, les relations entre Blaise Compaoré et Thomas Sankara se dégradent à partir de , à un point tel que les deux hommes ne se parlent plus ; deux clans rivaux se forment. La veille de l'assassinat de Sankara, le Conseil des ministres adopte un projet de loi créant une brigade de police « anti-coup d'État » (FIMATS), ce que le camp de Compaoré perçoit comme une menace à son encontre[14].

Déroulé des évènements[modifier | modifier le code]

En fin d'après-midi du , Thomas Sankara et six membres de son cabinet sont réunis dans une salle du Conseil de l'entente à Ouagadougou. L'objet de la réunion concerne la création d'un parti politique unique de gauche afin de contrer l'émergence des contestations[15].

Dès le début de la réunion, un commando militaire fait irruption dans le bâtiment en décimant la garde rapprochée de Sankara puis parvient à la salle de réunion où il donne l'ordre aux occupants de sortir. D'après le témoignage du seul survivant, le conseiller à la présidence Alouna Traoré, Thomas Sankara sort le premier, les mains en l'air, en disant aux membres du cabinet « ne bougez pas, c’est de moi qu’ils ont besoin » ; puis il est abattu par les assaillants[15]. Les autres membres subissent le même sort, sauf Traoré qui est conduit dans une autre salle où il retrouve d'autres collègues.

Hormis Thomas Sankara, douze personnes sont assassinées[15].

Cinq membres du cabinet :

  • Bonaventure Compaoré, employé à la présidence ;
  • Christophe Saba, secrétaire permanent du Conseil national de la Révolution ;
  • Frédéric Kiemdé, conseiller juridique à la présidence ;
  • Patrice Zagré, professeur de philosophie ;
  • Paulin Babou Bamouni, directeur de la presse présidentielle.

Cinq gardes :

  • Abdoulaye Gouem ;
  • Emmanuel Bationo
  • Hamado Sawadogo ;
  • Noufou Sawadogo ;
  • Wallilaye Ouédraogo.

Ansi que le gendarme Paténéma Soré et Der Somda le chauffeur de Thomas Sankara.

Au soir du coup d'État, un communiqué lu à la radio annonce la dissolution du Conseil national de la Révolution et la démission du président Sankara ; remplacé par Blaise Compaoré.

La même nuit, Thomas Sankara et ses camarades sont enterrés sans tombe au cimetière de Dagnoën à Ouagadougou (12° 21′ 55,58″ N, 1° 29′ 01,05″ O) par une vingtaine de détenus réquisitionnés pour l'occasion[15]. Plus tard, de simples tombes en ciment sont édifiées.

Plusieurs jours après, le certificat de décès de Sankara, publié dans la presse, indique qu'il est décédé de mort naturelle.

Enquête[modifier | modifier le code]

Son frère d'armes, Blaise Compaoré, qui lui succède à la tête du Burkina Faso, est soupçonné d'être le principal responsable de son assassinat[16].

En , le Comité des droits de l'Homme de l'Organisation des Nations unies condamne l'absence de tout procès ou de toute enquête de la part du gouvernement burkinabè sur la mort de Thomas Sankara, qui reste officiellement décédé de mort naturelle[17]. Cette décision symbolique constitue une première mondiale dans la lutte contre l'impunité.

Le , pour la première fois depuis , Mariam Sankara, de retour à Ouagadougou après le renversement de Blaise Compaoré pour être entendue par le juge chargé d'enquêter sur la mort de son mari[18], est accueillie par plusieurs milliers de personnes. Des doutes subsistent sur le lieu véritable de la sépulture de Sankara et en , un juge burkinabè ordonne l'exhumation de corps du cimetière de Dagnoën pour déterminer s'il s'agit de Sankara et quelles sont les conditions de sa mort[19].

En , un mandat d'arrêt international est lancé par la justice militaire contre Blaise Compaoré, alors en exil en Côte d'Ivoire. Blaise Compaoré est poursuivi notamment pour son implication présumée dans l'assassinat de Thomas Sankara en [20],[21]. Le , Gilbert Diendéré, auteur du putsch raté de 2015 au Burkina Faso, est inculpé pour complicité dans l’assassinat de Thomas Sankara[22]. Un article de Jeune Afrique, daté d', signale que Blaise Compaoré est toujours en Côte d'Ivoire et ne devrait pas faire face à ses juges, « les autorités ivoiriennes semblant peu enclines à l’extrader[23]. »

En , un mémorandum a été remis à l'ambassade de France au Burkina Faso pour demander l'accès à toutes les archives sur l'affaire en plus d'une ouverture d'une enquête judiciaire en France pour le 30e anniversaire de l’assassinat. Sans compter les manifestations qui se sont déroulées à Ouagadougou, menées par le Comité international Thomas Sankara[24]. Le , le président Emmanuel Macron répond à ces demandes et affirme que tous les documents français liés à son assassinat seront déclassifiés pour la justice burkinabè[25].

Allégations d'ingérences étrangères[modifier | modifier le code]

Thomas Sankara est devenu gênant, du fait de sa lutte contre le néocolonialisme, menaçant la Françafrique ainsi que le pouvoir des autres chefs d'État d'Afrique de l'Ouest, au comportement plus docile[26],[4].

Trois mois avant son assassinat, il prononce, pendant un sommet de l'Organisation de l'unité africaine à Addis-Abeba, un discours « devenu célèbre » selon Le Parisien et dans lequel il contestait la légitimité de la dette de son pays. D'après le journal, Thomas Sankara a envisagé « à demi-mot » au cours de ce discours la possibilité qu'il soit assassiné : il appelle à une action collective de pays africains,

« pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner (...) Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence. »

Blaise Compaoré ne suivra pas la même politique vis-à-vis de la dette[27].

L'implication de la Libye a parfois été alléguée (en dépit du soutien politique et matériel qu'elle apportait à la révolution initialement). Selon Mousbila Sankara, ambassadeur à Tripoli entre et , la relation entre Mouammar Kadhafi et Thomas Sankara se dégrade lorsque ce dernier refuse de soutenir la position libyenne au Tchad, favorable à Goukouni Oueddei contre Hissène Habré appuyé par la France[26]. Sankara refuse également d'aider Charles Taylor, soutenu par Kadhafi et le président de la Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, dans son projet de renverser le pouvoir au Liberia.

En , Prince Johnson déclare que Charles Taylor et lui ont été sollicité pour assassiner Thomas Sankara, en désignant Blaise Compaoré pour commanditaire, cautionné par Félix Houphouët-Boigny[26].

Idées et actions politiques[modifier | modifier le code]

La lutte anti-impérialiste[modifier | modifier le code]

Thomas Sankara est un des chefs du Mouvement des non-alignés. Il côtoie beaucoup de militants d'extrême gauche dans les années et se lie d'amitié avec certains d'entre eux. Il met en place un groupe d'officiers clandestins d'influence marxiste : le Regroupement des officiers communistes (ROC).

Dans ses discours, il dénonce le colonialisme et le néo-colonialisme, dont celui de la France, en Afrique (notamment les régimes clients de Côte d'Ivoire et du Mali, lequel lance plusieurs fois des actions militaires contre le Burkina Faso, soutenues par la France).

Il se rapproche de plusieurs pays du bloc socialiste. En , peu avant le sommet Gorbatchev-Reagan à Reykjavik, il se rend une semaine en URSS, mais aussi à Cuba du au , puis une deuxième fois au mois de [5].

Parallèlement, il rejette le fardeau de la dette qui pèse sur les pays en voie de développement. Son discours contre la dette[28],[29], prononcé le à Addis-Abeba lors d'un sommet de l'Organisation de l'unité africaine, est sans doute le plus connu des discours de Thomas Sankara. Il y déclare que son pays ne remboursera pas ses créanciers, et argumente notamment ainsi : « la dette ne peut pas être remboursée parce que si nous ne payons pas, nos bailleurs de fond ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre, si nous payons, c'est nous qui allons mourir. Soyons en sûrs également. ». D'après le Le Parisien, dans les années , certains pays du tiers monde affrontent une « crise de la dette », et le Fonds monétaire international et la Banque mondiale exigent des plans de rigueur de la part des pays concernés. Sankara s'oppose à ces plans, lesquels sont jugés par le journal « incompatibles avec toute politique sociale »[27].

Devant l'ONU, il défend le droit des peuples à manger à leur faim, boire à leur soif, et à être éduqués[30]. Pendant ces quatre années, le Burkina Faso est, selon les critères géopolitiques nés au milieu des années , la dernière révolution de l'« Afrique progressiste », opposée à l'« Afrique modérée ».

La démocratie participative[modifier | modifier le code]

Souhaitant redonner le pouvoir au peuple, dans une logique de démocratie participative, il crée les Comités de défense de la révolution (CDR) auxquels tout le monde peut participer, et qui assurent la gestion des questions locales et organisent les grandes actions. Les CDR sont coordonnés dans le Conseil national de la révolution (CNR). Cette politique vise à réduire la malnutrition, la soif (avec la construction massive par les CDR de puits et retenues d'eau), la diffusion des maladies (grâce aux politiques de « vaccinations commandos », notamment des enfants, burkinabès ou non) et l'analphabétisme qui diminuera chez les hommes mais reste très élevé chez les femmes[31], malgré la mise en place de programmes spécifiques comme l'opération « pountoi »[32]. Des projets de développement sont également portés par les CDR, comme l'aménagement de la « Vallée de la Sourou » destiné à irriguer 41 000 hectares[3].

Sankara tente également de rompre avec la société traditionnelle inégalitaire burkinabè, en affaiblissant le pouvoir des chefs de tribus, et en cherchant à intégrer les femmes dans la société à l'égal des hommes.

Il institue la coutume de planter un arbre à chaque grande occasion pour lutter contre la désertification.

Il est le seul président d'Afrique à avoir vendu les luxueuses voitures de fonctions de l'État pour les remplacer par des Renault 5[33],[34]. Profitant de son passage à l'ONU en , il devient le premier dirigeant africain à se rendre dans le quartier d'Harlem où il prononce un discours[35],[36]. Les voyages en classe affaires sont supprimés, les salaires des ministres et hauts fonctionnaires sont baissés. Sankara explique cette approche en , « Karl Marx le disait, on ne pense ni aux mêmes choses ni de la même façon selon que l'on vit dans une chaumière ou dans un palais »[3].

Postérité[modifier | modifier le code]

Affiche représentant Thomas Sankara devant le quartier général du Mouvement sankariste à Ouagadougou.
Statue de Thomas Sankara inaugurée le 3 mars 2019 à Ouagadougou.

Thomas Sankara est parfois considéré comme un « Che Guevara africain ». Au Burkina Faso, une multitude de partis et de mouvements de la société civile se revendiquent de lui. Il est parfois surnommé le « président des enfants » ou le « président des pauvres »[3].

Thomas Sankara a été proclamé modèle par la jeunesse africaine au Forum social africain de Bamako en et au Forum social mondial de Nairobi en .

Depuis le , une avenue de Ouagadougou porte son nom, dans le cadre plus général d'un processus de réhabilitation décrété en mais bloqué depuis lors[37]. Diverses initiatives visent à rassembler les sankaristes et leurs sympathisants, notamment par le biais d'un comité national d'organisation du 20e anniversaire de son décès, et à célébrer sa mémoire, notamment par des manifestations culturelles, tant au Burkina Faso que dans divers pays d'implantation de l'émigration burkinabè. En , pour la première fois depuis 19 ans, la veuve de Thomas Sankara, Mariam Sermé Sankara, a pu aller se recueillir sur sa tombe présumée lors des 20e commémorations à Ouagadougou[6].

Différents réseaux internationaux, notamment le Comité pour l'abolition des dettes illégitimes (CADTM), ont fait du discours de Sankara contre la dette une sorte d'étendard et font référence à son combat[5].

Le , un mémorial dédié à Thomas Sankara est inauguré sur le lieu de son assassinat[11].

Publications et discours[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Andriamirado Sennen :
    • Il s'appelait Sankara, Paris, Jeune Afrique Livres, 1989.
    • Sankara, le rebelle, Paris, Jeune Afrique Livres, 1987.
  • Ludo Martens, Sankara, Compaoré et la révolution burkinabé, EPO (Anvers), 1989 .
  • Bruno Jaffré :
    • Burkina Faso. Les années Sankara, de la révolution à la rectification, L'Harmattan, 1989.
    • Biographie de Thomas Sankara. La patrie ou la mort, l'Harmattan 1997 (ISBN 2-7384-5836-X).
    • Burkina Faso : Les Années Sankara de la Révolution à la Rectification, l'Harmattan 1989 (ISBN 2-7384-5967-6).
    • Biographie de Thomas Sankara, La patrie ou la mort… édition revue et augmentée, l'Harmattan 2007 (ISBN 978-2-296-04265-0).
    • Thomas Sankara, recueil de Texte présenté par Bruno Jaffré, Éditions du CETIM, 2014 (ISBN 978-2-88053-104-1).
    • Thomas Sankara, la liberté contre le destin, sous la direction de Bruno Jaffré, Syllepse, 2017
  • Elliot P. Skinner, The Mossi of Burkina Faso : Chiefs, Politicians and Soldiers, Waveland Press, Inc., 1989.
  • Valère D Somé, Thomas Sankara, l'espoir assassiné, L'Harmattan, 1990.
  • Basile Guissou, Burkina Faso, un espoir en Afrique. L'Harmattan, 1995.
  • René Otayek et al., Le Burkina entre révolution et démocratie, 1983-1993, Karthala, 1996.
  • Sawadogo, Alfred Yambangba, Le Président Thomas Sankara : chef de la Révolution burkinabé, 1983-1987 : portrait, Paris/Montréal, l’Harmattan, 2001.
  • Thomas Sankara parle. La révolution au Burkina Faso (1983-1987), 2e édition, Pathfinder, 2007.
  • Ndongo Samba Sylla (éd.), Redécouvrir Sankara - Martyr de la liberté (Postface de Aziz Salmone Fall), AfricAvenir / Exchange & Dialogue, 2012.
  • Enrico Palumbo, Thomas Sankara e la rivoluzione interrotta, « Ricerche di Storia Politica Website », 2017.
  • Thomas Sankara, Jean Ziegler, Discours sur la dette, l'Esprit du temps, Coll. Quoi de neuf ?, 2017.

Musique[modifier | modifier le code]

Films documentaires[modifier | modifier le code]

  • Julie Jaroszewski, Qui es-tu Octobre ?. Un film produit par La Baleine noire asbl, Alice Lemaire et Julie JAroszewski, en coproduction avec Afreecam, AJC!, Atelier Graphoui. Avec le soutien de la Coopération belge au développement – SPF Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement, .
  • Robin Shuffield, Thomas Sankara, l'homme intègre, prod. Arte, France 3, [38].
  • Sankara dans mes rimes, film de Baoui Jean Camille Ziba.
  • Même pêre même mère, film de voyage d'Alessandro Gagliardo, Julie Ramaïoli, Giuseppe Spina.
  • Quand Sankara..., film de Armand Gbaka-Brédé dit Gauz.
  • Thomas Sankara, entretien de Balufu Bakupa-Kanyinda, auteur du film Sankara pour mémoire, un film de Michaël Phelippeau.
  • Thomas Sankara, film de Balufu Bakupa-Kanyinda.
  • Fratricide au Burkina (Thomas Sankara), film de Didier Mauro et Thuy Tiên Ho, .
  • Sur les traces de Thomas Sankara & Héritages en partages, film en deux parties du collectif Baraka, [39].
  • Capitaine Thomas Sankara, film de Christophe Cupelin, [40].

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Président du Conseil national révolutionnaire de la République de Haute-Volta jusqu'au .
  2. Gentilé consigné au Journal officiel du Burkina Faso le et utilisé à l'ONU. La Commission de toponymie du Québec préconise burkinabé. En France, le Journal officiel du et du recommande lui aussi burkinabé ; bien que burkinabè figure dans l'arrêté du 4 novembre 1993 toujours en vigueur à ce jour ().
  3. François Léotard, ministre de la Culture et membre du Parti républicain, accueillit dans le courant de l'année Jonas Savimbi. Fin , Peter Botha se déplaça en France mais ne put rencontrer que le secrétaire d'État aux Anciens combattants.

Références[modifier | modifier le code]

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