Roch Marc Christian Kaboré

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Roch Marc Christian Kaboré
Roch Marc Christian Kaboré en 2012.
Roch Marc Christian Kaboré en 2012.
Fonctions
Président du Burkina Faso
En fonction depuis le
(6 mois et 21 jours)
Élection 29 novembre 2015
Premier ministre Isaac Zida
Paul Kaba Thiéba
Prédécesseur Michel Kafando (transition)
Ministre de la Défense du Burkina Faso
En fonction depuis le
(6 mois et 7 jours)
Président Lui-même
Premier ministre Paul Kaba Thiéba
Gouvernement Thiéba
Prédécesseur Michel Kafando
Président de l'Assemblée Nationale du Burkina Faso

(10 ans 6 mois et 22 jours)
Prédécesseur Mélégué Maurice Traoré
Successeur Soungalo Apollinaire Ouattara
Premier Ministre du Burkina Faso

(1 an 10 mois et 15 jours)
Prédécesseur Youssouf Ouédraogo
Successeur Kadré Désiré Ouédraogo
Biographie
Nom de naissance Roch Marc Christian Kaboré
Date de naissance (59 ans)
Lieu de naissance Ouagadougou (Haute-Volta)
Nationalité Burkinabè
Parti politique CDP (1999-2014)
MPP (depuis 2014)
Diplômé de Université de Dijon

Roch Marc Christian Kaboré
Présidents du Burkina Faso
Premiers ministres du Burkina Faso

Roch Marc Christian Kaboré, né le à Ouagadougou, est un homme d'État Burkinabè. Depuis le 29 décembre 2015, il est le Président de la République du Burkina Faso.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Catholique, issu de l'ethnie mossi, Roch Marc Christian Kaboré est le fils de Charles Bila Kaboré [1] et d'Antonine Kaboré, tous deux enseignants de formation. Le père a occupé successivement les postes de Conseiller Technique du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité en 1961, avant de devenir le Trésorier Général de la Haute-Volta et membre du Conseil Economique et Social. D’octobre 1963 au 9 décembre 1965, il occupe le poste de Ministre des Finances, avant de prendre le Ministère de la Santé Publique jusqu’à la chute de la première République, en janvier 1966. Conseiller financier et Secrétaire Général de la Présidence de la République jusqu’en 1975, Charles Bila Kaboré est ensuite nommé vice-gouverneur de la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest) jusqu’en 1982, avant de reprendre une place de Conseiller Technique puis de Secrétaire Général à la Présidence de la République, jusqu’à sa retraite, en 1985.

Le parcours scolaire et universitaire de Roch Marc Christian Kaboré commence en 1962 à l’école primaire publique Centre A de Ouagadougou.

Après la chute de la Ire République le 3 janvier 1966, l’affectation de son père à Tougan comme Commandant de cercle l’amène à poursuivre les cours à l’école primaire publique de ladite ville qui l’accueillera jusqu’en février 1968. Il retrouvera la classe de CM2 de l’école primaire publique centre B de Ouagadougou, suite à la réaffectation de son père dans la capitale en février 1968. En juin de la même année, il obtient le Certificat d’études primaires élémentaires et est admis en même temps au concours d’entrée en sixième des lycées et collèges.

De 1968 à 1975, ses études secondaires entamées au collège Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle à Ouagadougou sont sanctionnées en juin 1972 par le Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et en juin 1975 par le Baccalauréat du second degré, série D.

Il embrasse alors des études universitaires en sciences économiques à l’université de Dijon à partir de la rentrée académique 1975-1976. Après le DEUG I, le DEUG II, la licence en sciences économiques, il décroche en 1979, la maîtrise en sciences économiques, option gestion, à l’université de Dijon.

Ses études s’enchaînent aussitôt dans la même Université où il obtient en 1980, un Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en gestion qui lui confère le Certificat d’aptitude en administration et gestion des entreprises à l’université de Dijon, en France. Dès cette période, il milite au sein de la Fédération des étudiants d'Afrique noire en France (FEANF) qui est très active au moment des indépendances et promeut l'idée d'une Afrique unifiée.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Roch Marc Christian Kaboré est marié et père de trois enfants.

Début de carrière politique[modifier | modifier le code]

Rentré au Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré milite en pleine révolution sankariste au sein de l'Union de lutte communiste-reconstruite (ULC-R). Le , Thomas Sankara prend la tête du Conseil de la Révolution et s'installe au pouvoir. L'année suivante, Kaboré, âgé de 27 ans, est nommé directeur général de la Banque internationale du Burkina, l'une des deux principales institutions financières du pays. Il occupe ce poste jusqu'en 1989, date à laquelle il est nommé par le chef de l'État, Blaise Compaoré, ministre des Transports et de la Communication[2]. En 1990, il conserve son portefeuille et devient Ministre d'État. En 1991, il devient Ministre chargé de l’Action Gouvernementale. En mai 1992, il est élu Député de la province du Kadiogo au sein de l'Organisation pour la Démocratie Populaire - Mouvement du travail (ODP-MT). Entre 1992 et 1993, il occupe successivement les postes de Ministre des Finances, puis chargé des Relations avec les institutions.

Le , les autorités politiques africaines enclenchent la dévaluation du Franc CFA qui devenait inéluctable. Très rapidement les premiers effets de la dévaluation se font ressentir, les prix à la consommation doublent du jour au lendemain. Devant cette situation, Blaise Compaoré décide de nommer Roch Marc Christian Kaboré au poste de Premier ministre, en comptant sur ses capacité à fédérer et apaiser des relations conflictuelles et sur son expérience de banquier pour atténuer les effets de la dévaluation. Quelques années après[3], "les indicateurs économiques ont montré que certains seuils visés ont été atteints, par exemple la remontée des taux de croissance, faibles ou négatifs, qui se sont tous stabilisés autour de 5%". Par ailleurs, une meilleure intégration des économies locales a été notée avec une nouvelle dynamique : consommer local.

Les remous de la dévaluation passés, Blaise Compaoré se sépare de son Premier ministre, qu'il relègue à un poste de conseiller spécial à la Présidence, le 6 février 1996 .

Élu pour la première fois Député de la province du Kadiogo en 1992, Roch Marc Christian Kaboré est réélu en mai 1997 et devient Premier Vice-Président de l’Assemblée Nationale. Il est reconduit lors des élections législatives de 2002 et le 6 juin de la même année, il remplace Mélégué Traoré à la présidence de l’Assemblée nationale. Le pays est alors agité par l’affaire Norbert Zongo. Ses qualités d’écoute et d’apaisement pour faire valoir la justice seront appréciées tant par la majorité que par l'opposition.

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Secrétaire exécutif du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti au pouvoir depuis 1999, Roch Marc Christian Kaboré en devient le président en 2003. En 2011, l'armée organise une fronde et les populations se mobilisent contre la vie chère. L'exaspération monte dans la rue. Devant l’impossibilité de réformer le parti, Roch Marc Christian Kaboré annonce en 2012 son intention de ne pas briguer une nouvelle fois la tête du CDP.

Lors des vœux au parti, Roch Marc Christian Kaboré loue la « transition réussie au Niger qui force l’admiration »[4] et félicite la « classe politique nigérienne » et les militaires qui ont permis la transition. Il rappelle également qu’au Maghreb, au Moyen-Orient, « le vent du printemps arabe a soufflé et emporté des régimes dont la stabilité semblait garantie ».

Démission du CDP et création du MPP[modifier | modifier le code]

Au début des années 2010, Roch Marc Christian Kaboré est progressivement écarté alors que le CDP est remodelé autour des hommes de confiance de Blaise Compaoré, notamment Assimi Kouanda, fidèle parmi les fidèles, qui prend la Présidence du parti en 2012. Survient ensuite la question de l’article 37 de la Constitution, qui interdit au Président de se représenter en 2015 et qui amènera Roch Marc Christian Kaboré à basculer définitivement dans l’opposition.

En 2012, Roch Marc Christian Kaboré quitte la direction du CDP comme il l’avait annoncé. Redevenu simple militant, il tente de dissuader le président de modifier l’article 37 de la Constitution[5].

Le jour de la fête de l’indépendance, le président de la République annonce lors de son discours au peuple que la modification de l’article 37 fera l’objet d’un référendum. Il prend la même position lors d’une visite à Paris.

Le 4 janvier 2014, Roch Marc Christian Kaboré et deux autres piliers du CDP, Simon Compaoré et Salif Dialo démissionnent en signant une lettre ouverte dans laquelle ils dénoncent la « caporalisation » du parti et « ses méthodes de gestion fondées sur l'exclusion »[6]. Ils seront suivis le lendemain par 72 autres membres du parti.

Ils créent le Mouvement du peuple pour le progrès[7] (MPP) et Roch Marc Christian Kaboré en prend la tête[8].

De la chute de Blaise Compaoré à l'élection présidentielle de 2015[modifier | modifier le code]

Le MPP rejoint les rangs de l'opposition et les mouvements de la société civile dès février 2014.

Les 30 et 31 octobre 2014, le peuple se soulève contre la modification de l’article 37 de la Constitution et chasse Blaise Compaoré du pouvoir.

Le 1er novembre, le lieutenant-colonel Isaac Zida est nommé chef de l'État, avant qu'un accord sur les institutions de la transition ne soit signé entre l'armée, les partis d'opposition et la société civile, y compris ses représentants religieux. Devant la montée du mécontentement, Isaac Zida s’engage à rendre le pouvoir à un civil. C’est ainsi que Michel Kafando est nommé président de transition. Le lieutenant-colonel Zida devient son Premier ministre. Ce gouvernement de transition a pour mission principale l'organisation et la bonne tenue des élections présidentielle et législatives qui se déroulent le 29 novembre 2015.

Roch Marc Christian Kaboré, candidat du MPP à l'élection présidentielle, a entamé début mars 2015 une grande tournée dans l'ensemble des 13 régions du Burkina Faso pour aller à la rencontre des populations et présenter son programme[9].

Le jour du scrutin, il totalise 53,49 % des voix, soit 1 668 169 suffrages. Il est ainsi élu président du Faso dès le premier tour, et reçoit rapidement les félicitations de son principal adversaire, Zéphirin Diabré[10].

Président de la République[modifier | modifier le code]

Le , il est investi président de la République[11] (président du Faso) et succède à Michel Kafando.

Le , il nomme Paul Kaba Thiéba au poste de Premier Ministre[12].

Décorations[modifier | modifier le code]

Décorations nationales[modifier | modifier le code]

  • Collier et grand-croix de l'Ordre national du Burkina Faso (2015)
  • Grand officier de l'Ordre national
  • Commandeur de l'Ordre national

Décorations étrangères[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.bbc.com/afrique/region/2015/12/151201_profile_roch
  2. http://www.jeuneafrique.com/282904/politique/burkina-quil-faut-savoir-roch-marc-christian-kabore/
  3. « RFI - Economie africaine - La dévaluation du CFA en 1994, une décision difficile », rfi.fr (consulté le 2 décembre 2015)
  4. « Centre d'actualités de l'ONU », Centre d'actualités de l'ONU,‎ (consulté le 2 décembre 2015)
  5. « Burkina Faso : la révolution dans tous ses détails » - Investig’Action, michelcollon.info (consulté le 2 décembre 2015)
  6. « Roch Marc Christian Kaboré : «Une seule personne ne peut pas penser définitivement un pays» », RFI Afrique (consulté le 2 décembre 2015)
  7. « Burkina Faso: le premier meeting du nouveau parti MPP à Bobo Dioulasso », sur RFI Afrique (consulté le 8 janvier 2016)
  8. « Burkina : ce qu’il faut savoir sur Roch Marc Christian Kaboré - JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le 8 janvier 2016)
  9. Benjamin Roger, « Burkina : Roch Marc Christian Kaboré investi candidat du MPP pour la présidentielle », JeuneAfrique.com (consulté le 2 décembre 2015)
  10. « Kaboré élu président du Burkina Faso dès le premier tour », Radio France internationale, le
  11. « Roch Marc Christian Kaboré prend les rênes du Burkina Faso », sur RFI Afrique (consulté le 29 décembre 2015)
  12. « Burkina Faso: Paul Kaba Thieba nommé au poste de Premier Ministre », sur RFI Afrique (consulté le 8 janvier 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Lawrence Rupley, Lamissa Bangali et Boureima Diamitani, « Kaboré, Roch Marc Christian », in Historical Dictionary of Burkina Faso, Rowman & Littlefield, 2013 (3e éd.), p. 106 (ISBN 9780810867703)

Liens externes[modifier | modifier le code]