Élasthanne

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Bobines d'élasthanne
Collant en élasthanne

L’élasthanne ou élasthane[1] est une fibre synthétique réputée pour son élasticité.

Historique[modifier | modifier le code]

Mis au point en 1958 par le scientifique Joseph Shivers (en) de la société américaine DuPont après dix années de recherche, ce matériau, initialement appelé « Fibre K », est dérivé du polyuréthane. Plus résistant que le latex, il est apprécié pour son élasticité.

Élasthanne se traduit en anglais par spandex ou elastane. Lycra est la marque commerciale déposée par la société DuPont ; elle est désormais propriété de la société Invista.

Dès le début des années 1960, l’élasthanne s’est répandu dans l’industrie textile.

En 1970, l’élasthanne s’est introduit dans le marché des vêtements de sport, d’abord dans le domaine du cyclisme, puis de la gymnastique et de la danse.

Dans les années 1980, son usage s’est élargi à d'autres vêtements comme les pantalons dits stretch, composés de toile de coton (éventuellement en Denim pour les Jeans), auquel on ajoute une petite proportion d'élasthanne (entre 2 et 10 %) qui les rend étirables.

En 1989, cinq anciens employés de l’usine de production DuPont située à Mercedes, en Argentine, ont dérobé les procédés de fabrication dans le but de les restituer à leur compagnie en échange d’une somme de dix millions de dollars. Après une course poursuite aux États-Unis puis en Europe, les malfaiteurs ont été arrêtés à Genève lors d’une opération menée par le FBI et la police suisse.

Utilisation[modifier | modifier le code]

L’industrie textile a rapidement adopté l’élasthanne comme matière première dans la conception de nombreux vêtements, dès lors que l’élasticité devenait un argument pour des raisons de confort ou d’esthétique.

On retrouve de nombreux vêtements contenant de l’élasthanne dans le domaine sportif, en particulier pour les maillots de bain, les justaucorps et collants de danse ou de gymnastique, les combinaisons de ski, de patinage ou de bobsleigh, les shorts de cyclistes ou de coureurs à pied, gants, etc.

Cela n’exclut cependant pas le domaine du vêtement « traditionnel ». De plus en plus d’articles textiles contiennent de l’élasthanne dans leur composition : chaussettes, sous-vêtements, pulls et pantalons, soutien-gorge, etc. L'utilisation de cette nouvelle matière a donné naissance au vêtement moulant.

L'élasthanne entre également dans la fabrication d'habits pour femmes enceintes.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Parmi les avantages de l’élasthanne, on retrouve les caractéristiques suivantes :

  • une élasticité importante (résistance à 600 % d’allongement avant rupture) ;
  • un retour à la forme d'origine après étirement ;
  • un séchage plus rapide qu'un tissu « ordinaire ».

Élasthanne et fétichisme sexuel[modifier | modifier le code]

L’apparence de seconde peau et le côté agréable au toucher des tissus comprenant de l’élasthanne a provoqué un effet de fétichisme sexuel lié à cette matière.

Ce fétichisme s'est notamment développé en Chine et au Japon, se concrétisant au travers du zentai, sorte de combinaison intégrale.

Innocuité et allergies[modifier | modifier le code]

Contrairement au latex qui peut être source d’allergies, l’élasthanne proprement dit ne semble pas provoquer de réactions allergiques.

Cependant, certains composants utilisés lors de la fabrication de la fibre — notamment le diisocyanate de toluène (TDI) et le 4,4'-diisocyanate de diphénylméthylène — sont toxiques et irritants, et peuvent provoquer une allergie aux vêtements contenant de l'élasthanne en cas de présence résiduelle[2].

Dans certains cas rares, des dermatites ont été constatées, à la suite du port de vêtements contenant de l’élasthanne[3], mais la faute a été attribuée à la présence de latex (élastiques de ceinture ou de cuisses, par exemple).

Références[modifier | modifier le code]