San-Martino-di-Lota

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San-Martino-di-Lota
Vue de San-Martino-di-Lota.
Vue de San-Martino-di-Lota.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Arrondissement Bastia
Canton Cap Corse
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Bastia
Maire
Mandat
Jean-Jacques Padovani
2014-2020
Code postal 20200
Code commune 2B305 (ex 20305)
Démographie
Gentilé San-Martinois
Population
municipale
2 915 hab. (2014 en augmentation de 6,27 % par rapport à 2009)
Densité 306 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 43′ 26″ nord, 9° 27′ 21″ est
Altitude 260 m
Min. 0 m
Max. 984 m
Superficie 9,54 km2
Localisation

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San Martino di Lota est une commune située dans le département de la Haute-Corse et la collectivité territoriale de Corse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Panorama de San-Martino-di-Lota.

Situation[modifier | modifier le code]

San-Martino-di-Lota est une commune au sud de la façade orientale du Cap Corse, située au sud de Santa-Maria-di-Lota et au nord de Ville-di-Pietrabugno, dans l'ancienne seigneurie de Bagnaria, riche famille promue seigneurs en 1130, au sud de la province génoise du CapoCorso, et dans l'ancienne pieve de Lota et Pietrabugno. San Martinu di Lota est de nos jours une commune de l'agglomération de Bastia.

Communes limitrophes
Rose des vents Farinole, Santa-Maria-di-Lota Santa-Maria-di-Lota Mer Tyrrhénienne Rose des vents
Farinole N Mer Tyrrhénienne
O    San-Martino-di-Lota    E
S
Patrimonio Ville-di-Pietrabugno Mer Tyrrhénienne

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Commune de la façade orientale du Cap Corse, San-Martino-di-Lota est adossée à la Serra, la chaîne dorsale du Cap Corse qui est un bloc de schistes lustrés édifié au tertiaire lors de la surrection des Alpes sur un socle hercynien.

Cette partie au sud-est de la province offre des paysages où s'apposent des schistes qui s'altèrent facilement et des ophiolites très résistantes aux reliefs aigus et abrupts. Ces ophiolites sont ici composées essentiellement de roches volcaniques, laves basiques en milieu océanique au secondaire nommées pillow-lavas souvent déformés et transformés par le métamorphisme alpin en prasinites de teinte verte (présence d'épidote) ou en glaucophanites (de teinte bleue)[1].

San-Martino-di-Lota occupe la basse vallée du ruisseau de Grigione (fiume di Grisgioni), prolongée en amont par le vallon du ruisseau de Fornelli son affluent, ainsi que le versant méridional de la vallée du ruisseau de Poggiolo. Ce dernier la sépare de Santa-Maria-di-Lota au sud de Miomo où il a son embouchure.

Limites territoriales

Compris du nord au sud entre Santa Maria di Lota et Ville-di-Pietrabugno (e Ville di Petrabugnu), le territoire communal descend d'une ligne de crête à l'ouest qui le sépare de Farinole (Farrìngule), section de la chaîne principale du Cap Corse comprise entre le monte Pinatelle (e Pinnatelle) (964 m) au nord et un point à (910 m) au sud sur le ruisseau d'Alziccia, « à cheval » sur Farinole, San-Martino-di-Lota, Ville-di-Pietrabugno et Patrimonio.

Au nord, un chaînon secondaire de la Serra, articulé sur la dorsale au monte Pinatelle, et orienté à l'est, délimite la commune jusqu'à la cima di Morelli (791 m). Sur ce chaînon qui se poursuit en déclinant vers la mer au nord de Grigione, a été construit la plupart des villages de l'intérieur de la commune : Mucchiete, Castagnetu, Acqualto et Oratoggio.

Au sud, la démarcation passe sur le versant méridional de la ligne de crête, sous notamment Pietra Ellerata (879 m), la pointe de Guaitella (676 m), le monte Giorgo où se trouve une borne à 608 m, avant de décliner rapidement sur la source (346 m) du ruisseau de Guaita. De ce point, la démarcation descend la partie haute du cours du dit-ruisseau avant d'obliquer au sud-est jusqu'au nord des Minelli (Ville-di-Pietrabugno).

Façade maritime

Sa façade maritime va depuis l'embouchure du ruisseau de Poggiolo au nord, jusqu'aux limites septentrionales du quartier des Minelli de Ville-di-Pietrabugno. C'est une côte déchiquetée, n'offrant aucun abri pour les navires et ne comportant que de minuscules plages. Elle comprend les deux localités de Grisgione et de Pietranera qui se sont développées sur le littoral capicorsin.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Embouchure du Poggiolo et l'extrémité nord de Licciola
Article détaillé : Poggiolo (ruisseau).

Déjà cités ci-dessus, trois petits cours d'eau parcourent le territoire communal ou le traversent dans autant de vallons :

  • ruisseau de Grigione (ou ruisseau de Milaja)[2], qui a sa source à environ 940 m sur les flancs orientaux du monte Giagoppa (1 038 m - Farinole), parcourt l'extrémité occidentale de la commune de Ville-di-Pietrabugno sur près de 1,7 km avant de passer sur San-Martino-di-Lota et confluer avec le ruisseau de Fornelli[3] ;
  • ruisseau de Poggiolo[4]. Le fiume di Poggiolu a sa source à près de 1 000 m d'altitude, au sud du monte Foscu (1 102 m) de la serra di Guadalone, sur la commune de Santa-Maria-di-Lota. Il a son embouchure au sud de la plage de galets de Miomo.
  • ruisseau de Guaita[5], long de 1,2 km, dont l'embouchure se situe à Pietranera.

À 450 m à l'ouest du hameau de Mola, se trouve la source des Pinzi dont les eaux ont la vertu d'être diurétiques et soulagent les maux de reins[1].

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

Tout le Cap Corse bénéficie d'un climat méditerranéen maritime aux écarts thermiques modérés. L'hiver est plus chaud et l'été plus tempéré que sur le reste du littoral de l'île. L'hiver sur la côte, il ne gèle qu'un seul jour par an. En montagne, la neige n'abonde que tous les 5 à 7 ans. San-Martino-di-Lota, tout comme les communes voisines, est parfois soumis au libeccio, vent violent d'ouest qui se renforce après avoir franchi la dorsale du Cap Corse. L'automne s'achève par des pluies orageuses méditerranéennes parfois trop fortes.

Les hauteurs sont recouvertes de maquis, fruticées, pelouses et milieux rupestres. À l'étage inférieur, se trouvent des chaînaies, des bosquets de châtaigniers, puis un épais maquis. Toutefois, sur le flanc sud de la Cima di a Cornicchiola, on aperçoit une cascade de terrasses jadis soigneusement cultivées.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Accès routiers[modifier | modifier le code]

  • Sur le littoral, la commune est traversée par la route D80 qui fait le tour du Cap Corse. Sur la commune, la D80 porte le nom de Route du Cap.
  • À l'intérieur, le village est desservi par la D31, route corniche reliant le nord de la ville de Bastia à Miomo, via Ville-di-Pietrabugno, San-Martino-di-Loto et Santa-Maria-di-Lota.
  • Entre ces deux routes, la D131 permet d'accéder à Porragia et d'autres lieux habités de l'intérieur, depuis sa jonction avec la D80 à Pelagacciu, entrée sud de la commune. Étroite et sinueuse, elle remonte la vallée sauvage de Grigione qu'elle franchit à 202 m d'altitude, au pont de Canastanu. Elle se termine en aboutissant sur la D31.

Transports[modifier | modifier le code]

La commune est desservie par la ligne 13 « San Martino - Mairie Bastia » de la Société des autobus bastiais[6].

San-Martino-di-Lota est distant depuis Pietranera, par route[7], de 2,5 km du port de commerce de Bastia, de 3 km de la gare des CFC de Bastia et de 23 km de l'aéroport de Bastia Poretta.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Jadis nommée « Fiume-in-Qua », San-Martino-di-Lota était la plus peuplée des communes du Cap Corse : 3 000 en hiver, 4 000 en été, pour une superficie d'à peine 9,54 km2. En 1770, les huit communautés de l'intérieur sont fusionnées. Elles disposaient des trois marines.

La commune de San-Martino-di-Lota se découpe en deux zones d'habitat :

L'intérieur de la vallée[modifier | modifier le code]

Il est composé des lieux habités anciens, qui avaient été construits sur les hauteurs, afin de voir venir l'envahisseur barbaresque. L'insécurité côtière a perduré durant treize siècles. À cet effet, les Génois avaient fait construire une tour proche de l'embouchure du fiume di Poggiolu pour assurer le guet. À l'intérieur de la vallée, le village et les hameaux sont donc composés à l'origine de maisons anciennes, certaines aux murs de pierres apparentes, aux toits de teghje (lauzes).

Neuf villages et hameaux de crête sont desservis par la RD31 qui serpente de Ville (e Ville di Petrabugnu) à Santa Maria, par quelques routes communales, ainsi que par la RD131 qui relie Petra Negra au hameau d'Annetu. Dans ces villages de caractère se trouvent des maisons parfois anciennes aux toits de lauze, des fours, lavoirs et fontaines anciens. Ils sont successivement :

Aneto[modifier | modifier le code]

Aneto (ou Anneto, Annetu) signifie « aulnaie ». Ses habitants sont les Annetacci. C'est un petit hameau à une altitude moyenne de 280 m, la première localité desservie par la route D131 au départ du littoral. S'y trouve la chapelle San Sebastiano construite au XVIe siècle. On y trouve également une fontaine privée datée du XVe siècle (1416).

Mola[modifier | modifier le code]

Mola signifiant « rond comme une meule », est un petit hameau perché au-dessus de la route. À 150 m à l'est, sous la route, se dresse l'ancien couvent des Capucins, une grande bâtisse du début (XVIIe siècle), renfermant un petit cloître. Cédé à un particulier en 1908, le couvent a été transformé en château. Il est par la suite aménagé en colonie de vacances pour EDF avant d'être acquis par un Cagninacci, « comte romain ». Depuis, la bâtisse porte le nom de Château Cagninacci. La demeure dite « Château Cagninacci » (ancien couvent des Capucins) qui comprend l'ancienne église conventuelle Notre-Dame-des-Anges, est inscrite « Monuments historiques ; Label XXe siècle »[8].

Notre-Dame-des-Anges sert actuellement de salle des fêtes. Les religieux du couvent furent longtemps chargés de l'enseignement des enfants de la pieve de Lota. Ils desservaient également les paroisses voisines.

Casanova[modifier | modifier le code]

A Casanova est un hameau déjà attesté au XVIe siècle. À 325 m d'altitude, il se situe entre les hameaux Castagneto et Acqualto dans la continuité de l'église paroissiale San Martino. Cette église est implantée sur la place dite Piazza a a Crò, nommée vraisemblablement ainsi de fait de la présence d'un calvaire (calvaire présent jusqu'au début du XXe siècle). Sur cette place se trouve la maison Graziani bâtit au XIXe siècle par la famille Graziani originaire de ce hameau de Casanova. Il s'agit d'une maison d'Américain construite à l'époque du courant d'immigration Corse au Venezuela. Cette place, offre par ailleurs un remarquable panorama sur la mer et des îles de l'archipel toscan (Capraia, Elbe, Pianosa et Montecristo), ainsi que sur les vallées avoisinantes. Sur cette place se trouvent deux fontaines dont la plus ancienne fut bâtie en 1870.

Acqualto[modifier | modifier le code]

Acqualto (L'Acqualtu) est le village-centre de l'intérieur. Ses habitants sont les Acqualtacci. Il s'étend autour de l'église à la façade néoclassique dédiée à Saint Martin (d'où vient le nom de la commune, San Martinu di Lota), édifiée au début du XVIIe siècle à l'emplacement d'un fortin et d'une chapelle du XIIIe siècle. La place de l'église est un immense ossuaire, que l'on nomme parfois U Sacraziu. Ceci provient du fait qu'à l'époque, lorsque l'arca (fosse commune placée dans l'église) était pleine, les ossements étaient retirés pour être enterrés sous la place. Depuis 1812, les dépouilles sont inhumées au cimetière de Campu Santa Lucia.

Oratoggio[modifier | modifier le code]

Oratoggio (oratoriu)[9], qui signifie oratoire, est un hameau situé sous Acqualto, à l'est de celui-ci. Il tire son nom de l'oratoire San Bernardino qui existait jadis, et qui devait se trouver sur la colline de Poggiu près du lieu-dit San Melerdinu.

Castagneto[modifier | modifier le code]

Castagnetu veut dire « châtaigneraie ». Il se situe au dessus de Casanova. S'y trouve la chapelle Santa Maria Annunziata du XVIe siècle. Castagneto est la patrie du poète Angelu Santu Marcucci, dit Grillettu (1789-1864). Ses poèmes en langue italienne sont remarquables, pleins de saveur, de sens, d'esprit, etc., pleins de vie quotidienne mais aussi pleins de femmes aux noms quelquefois rustauds : Cigilbruna, Chloris, Corella, Lydia, Phillis, Fiorella, Camellina, Nerina, Finette[1]...

Mucchiete[modifier | modifier le code]

Muchjete signifiant « cistaie » ; le hameau se situe au-dessus de Castagneto, à 425 m d'altitude. Mucchiete possède une chapelle baroque privé dite San Ghjisè. C'est aussi le point de départ de sentiers de randonnées vers les cimes alentour : cima Ventajola (ou Ventigliola - 686 m), cima di Morelli (ou di Morcelli - 791 m), cima di Fornelli (822 m), cima di Terrazze (893 m), cima di Pietr'Ellerata (877 m), etc.

Canale[modifier | modifier le code]

Canale est un hameau situé au milieu de châtaigniers, à 405 m d'altitude. Sur la placette San-Pé se trouve une chapelle Santu Pietru édifiée en 1702, et qui recèle deux tableaux de saint Pierre.

Santorio

Au XVIIe siècle existait le hameau de Santorio dont les habitants, selon la légende, auraient été chassés de leurs habitations par une invasion de fourmis en fin de siècle. Les ruines du hameau, noyées dans un haut maquis, remarquables de par la présence d'un bâtiment viticole imposant (cave à deux palmenti), sont encore visibles en aval du pont d'Aneto.

Les Marines[modifier | modifier le code]

Trois hameaux étaient à l'origine les « marines » des hameaux de montagne qui servaient au cabotage et à la navigation vers l'Italie. Ces hameaux, essentiellement résidentiels, présentent chacun quelques maisons anciennes, une ancienne tour génoise ruinée et une plage de galets. Leur habitat moderne en expansion en fait des banlieues éloignées de Bastia.

Du nord au sud, traversées par la route D80, ce sont les marines de :

Licciola[modifier | modifier le code]

Licciola (ou Ricciola) est un hameau situé à 5 km au nord de Bastia. Au XIXe siècle, une fonderie y traitait le minerai de fer qui était ensuite expédié vers l'Italie par Grisgione et Miomo.

Grigione[modifier | modifier le code]

La plage de la marine de Grigione

La petite marine de Grigione (ou Grisgione) se situé à au nord de Bastia. Elle présente des maisons rustiques et une petite chapelle Santa Maria di U Rusariu. À la suite d'un débarquement des barbaresques, une tour ronde avait été édifiée à la fin du XVIe siècle.

Au XVIIe siècle, un pont à péage avait été construit sur le fiume di Grisgione.

« L'usage voulait que l'utilisateur du pont donnait ce qu'il voulait. »

— Alerius Tardy in Fascinant Cap Corse.

Autrefois, sept moulins dont quelques-uns à huile, avaient été bâtis en bordure du torrent de Grigione, en amont de la marine.

Pietranera[modifier | modifier le code]

Pietranera (Petra Negra) qui veut dire "Pierre Noire", est le bourg le plus peuplé de la commune. C'est un faubourg de Bastia, distant de 3 km. Au cœur du bourg, se trouve l'église Santa Divota, fêtée le 27 janvier.

Au XVIIIe siècle, il était un simple dépôt de vin inhabité, composé de magazini ((entrepôts)) et de caves le long de la côte, proche de l'embouchure des petits fleuve côtiers (fiumicelli) de Guaita et de Pietranera. Il est aujourd'hui composé de récents quartiers autour de Pietranera : Guaita, Renaï, Lovachese, Purraja, Palagacciu, Rove, tous « en balcon » au-dessus de la mer. Pietranera possédait une tour ronde de la fin du XVIe siècle. Cette tour aujourd'hui disparue, était dite de Pietra Negra ou de Sansonetti.

Au centre du bourg se dresse l'église Santa Divota qui remplace depuis 1893 l'ancienne chapelle San Francesco devenue salle paroissiale.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Dans l'antiquité, le Lota était occupé, comme presque partout sur l'île, par le peuple des Uanakini, d'origine ligure. Ceux-ci commerçaient avec les Phocéens qui ont apporté vigne, oliviers et figuiers, avec les Étrusques puis avec les Carthaginois, jusqu'à l'arrivée des Romains qui fonde la colonie de Mariana. La christianisation est précoce ; Saint Paul nomme des évêques à Tomino, Mariana et Aleria.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La décadence de Rome amène très vite sur l'île, Vandales, Byzantins, puis Lombards qui sont chassés par Pépin le Bref. Le Cap Corse se trouve dans l'empire de Charlemagne. Mais les Toscans ne pourront pas empêcher l'occupation musulmane.

La féodalité apparaît avec la reconquête de l'île au IXe siècle. Y a participé Alberto de Loreto nommé Giudice (juge de la région). Alberto est l'ancêtre des Loretesi qui seront dépouillés en 1052 du Lota-Sagro par les Delle Suere, chassés à leur tour par les Da Furiani en 1072.

Au XIIIe siècle, les De Bagnaria et les Cortinchi de la branche de Pietr'Ellerata[Note 1] se disputent le Lota. Giovaninello, un des seigneurs Cortinchi, fait fortifier la Cima di Pietr'Ellerata (877 m), construire un château à Pietrabugno (castrum de Petra Bugno), ainsi qu'un fortin avec chapelle à San-Martino-di-Lota.

En 1358, le peuple en révolte ruine la plupart des châteaux et instaure un gouvernement populaire. Chaque village forme une communauté ; le Lota en a 13.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Lota et Pietrabugno.

En 1483, Gênes s'impose mais ne peut empêcher la venue en 1553 des Français qui sont bien accueillis. Gênes prend la tour de Grisgione en 1556. La pieve de Lota est coupée en deux car les Français font de l'église San Martino un fortin, que les Génois ruineront en 1557. En 1559, à la suite du traité de Cateau-Cambresis, les Français quittent l'île.

Débutent alors les razzias des côtes par les barbaresques, conduisant les Génois à faire dresser des tours sur le littoral jusqu'à la fin du XVIe siècle, notamment à Pietranera et à Miomo.

En 1585, les charges imposées aux constructeurs de la tour de Pietranera, prescrivent :

« 12 palmi (Le palmo est le quart du mètre), soit 3 mètres d'épaisseur de muraille à la base des fondations, a scarpa de cinque palmi une, pour se réduire à 5 (1,25 m) à la hauteur du cordon et se maintenir jusqu'en haut. Il devra y avoir 28 palmi du ras du sol au cordon, 25 du cordon au faîte, soit une élévation de 13,25 m ; deux voûtes, une au ras de la porte, et l'autre pour soutenir la plate-forme ; la largeur ou le diamètre pris à la hauteur du cordon sera en tout, netto e brutto, de 30 palmi (7,50 m) ; à la cime, guardiola large de 6 palmi (1,50 m) »

— M. de Fréminville, archiviste de la Loire, ancien archiviste de la Corse in Tours génoises du littoral de la Corse (Extrait du Bulletin archéologique - 1894.)

Au XVIe siècle existait aussi la communauté de Santorio, qui a disparu, victime des barbaresques. Guaïta, sur les hauteurs de Pietranera, témoigne de la présence jadis d'un poste de guet.

Au début du XVIIIe siècle, San-Martino-di-Lota se trouvait dans la pieve de Lota et Pietrabugno, qui était à la fois une pieve religieuse de la province du Cap Corse, en pieve civile de Bastia et pieve judiciaire relevant de la juridiction de Bastia. Jusqu'en 1794, la commune est dans le ressort de la pieve judiciaire de Lota et Pietrabugno - Tribunal de Bastia. Selon Accinelli, la juridiction de Bastia couvrait « le ville di Guaitella, Casevechie, Estima et Alzate 400. Cardo 177. S.Martino di Lotta 413. S. Maria 320 ».

En 1762, le Cap Corse se rallie à Pascal Paoli, sauf Brando occupé par Gênes jusqu'en 1764 et le Lota que Paoli ne peut libérer et où les Génois sont remplacés en août 1764 par les Français à la suite du traité de Compiègne.

Le Lota est intégré à la France de Louis XV cinq ans avant le reste de l'île. Mais à l'école, le français ne remplacera l'italien qu'en 1833.

La pieve de Lota et Pietrabugno disparaitra, laissant la place au Préside de Bastia.

  • 1789 - La Corse fait partie du Royaume de France. Avec la Révolution française, est créé en 1790 le département de Corse, puis en 1793, celui de El Golo (l'actuelle Haute-Corse).
  • 1793 - (An II) la commune portait le nom de San Martino, dans le canton de Bastia-Rural nouvellement créé, dans le district de Bastia, dans le département de El Golo
  • 1801 - La commune qui porte le nom de San Martino sur le bulletin des lois, est attachée au canton de Pietrabugno, dans l'arrondissement de Bastia, dans le département de El Golo
  • 1811 - Les deux départements de l'île sont fusionnés pour faire le seul département de Corse.
  • 1828 - Le canton de Pietrabugno devient le canton de San-Martino-di-Lota[10], chef-lieu : San-Martino-di-Lota.
  • 1845 - Bastia qui veut annexer Pietranera, se voit opposer le refus de la commune de San Martino.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

  • 1975 - San-Martino-di-Lota passe dans le département de la Haute-Corse nouvellement créé.

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture et élevage qui apportaient autrefois la prospérité, ont pratiquement disparu. En 1771 pourtant, il y avait en exploitation 182 ha de vignes ! Il y avait aussi 80 ha d'oliviers et 24 ha de châtaigniers, 210 têtes de bétail et 9 moulins. Durant des siècles, la viticulture occupe une place de premier choix et va connaitre son apogée aux XVIe siècle et XVIIe siècle. Jusqu'au XIXe siècle la vigne représente plus de 50 % des cultures et la production de vin constitue la part la plus importante des ressources économiques locales. La vigne est cultivée en terrasse. Le raisin est pressé dans les canave (petits bâtiments à usage agricole), toujours visibles à l'état de ruines dans le maquis, et/ou vinifié directement sur les lieux d'habitation dans les cantine. Au XIXe siècle, les cultures sont décimées par le phylloxéra. Aujourd'hui, bien que l’exploitation de la vigne demeure inexistante, les terres de la commune demeurent classées et sont inscrites dans le décret de l'appellation d'origine contrôlée Vin de Corse.

De nos jours, les ressources de la commune demeurent essentiellement agricoles (oliviers, châtaigniers). Sur les crêtes se trouvent aussi "e Nivere", bâtiments où l'on produisait la glace en damant la neige de l'hiver.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Jean-Jacques Padovani DVG Retraité de la fonction publique
Ancien conseiller général et 1er vice-président du conseil général
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[12].

En 2014, la commune comptait 2 915 habitants[Note 2], en augmentation de 6,27 % par rapport à 2009.

          Évolution de la population  [ modifier ]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
569 594 716 580 721 753 807 820 824
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
829 857 890 960 920 988 990 911 833
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
851 840 841 841 923 976 985 959 931
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008 2013
1 649 2 132 2 183 2 466 2 530 2 702 2 726 2 750 2 941
2014 - - - - - - - -
2 915 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Ses habitants sont appelés les San-Martinaghji.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

La paroisse (Église San Martinu) relève du diocèse d'Ajaccio.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • La fête paroissiale a lieu le 11 novembre (Sain- Martin). Le jour de la San Martinu, est, dans la région, celui où l'on goûte le vin nouveau, qui était produit en abondance sur les coteaux du bord de mer notamment. Lors de la Semaine sainte, on assiste à de nombreuses cérémonies. Le Vendredi saint, une procession porte en croix un objet en palmier feuille de palmier tressé, a pullezzula, jusqu'aux églises des villages avoisinants. Le tressage des Palmes des Rameaux est notamment très actif à la confrérie Santa Croce du village, où il se perpétue depuis le XIVe siècle; la confrérie confectionne de nombreux motifs en palme (épines "pinzetti", formes sphériques "pommi", croix "crucette", poissons "spine a pesci", étoiles "stelle", pinceau "piumalzu") constituants la base de pullezzule. Plusieurs de ces pullezzule sont visibles dans l'église San Martinu et dans la chapelle Santa Croce.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Monument aux morts.

Demeure dite château Cagninacci[modifier | modifier le code]

Le château Cagninacci (ancien couvent des Capucins) date de 1650. L'ancien couvent de Capucins, construit probablement en 1645, a été fondé officiellement en 1656. Les pères capucins y demeurèrent jusqu'en 1797. Il fut acheté par la commune en 1803. Un moine continua à le garder. En 1908, le couvent est vendu à un particulier qui le transforma en château. Il est inscrit au titre des Monument historique par arrêté du 8 mars 1991[8].

Église Saint-Martin[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Martin qui se situe à Acqualto, est l'église paroissiale de San-Martino. Elle date du début du XVIIe siècle.

Elle renferme quatre œuvres remarquables, classées Monuments historiques :

  • tableau et cadre Jésus sur la croix avec saint Antoine et sainte Marie-Madeleine, daté de 1664[14] ;
  • tableau et cadre L'Assomption de la Vierge avec saint François, saint Jacques, saint Jean-Baptiste et saint Joseph, daté de 1659[15] ;
  • statue : Vierge à l'Enfant, du XVIIe siècle[16] ;
  • tabernacle, daté de 1756[17].

Chapelle de confrérie Santa Croce[modifier | modifier le code]

L'édifice religieux se situe à Acqualto, proche de l'église paroissiale de San-Martino. Elle date du XIVe siècle. La chapelle renferme une œuvre classée Monument historique :

  • tableau et cadre La Vierge à l'Enfant avec saint Jean-Baptiste et un saint évêque, du XVIIe siècle[18].

Des ouvrages annuellement réalisés par la confrérie religieuse Santa Croce du village, à l'occasion des manifestations de la Semaine sainte, y sont entreposés et exposés : les pullezzule. Il s'agit de confections en palmes tressés (bracci) fixés sur un support ligneux (carcassa). Les membres de la confrérie Santa Croce, héritiers et détenteurs du savoir-faire ancestral relatif à leur réalisation, en sont les auteurs.

Église Sainte-Devote[modifier | modifier le code]

L'église Santa Divota, au centre de Pietranera, remplace depuis 1893 l'ancienne chapelle San Francesco devenue l'actuelle salle paroissiale

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Parc du château Cagninacci[modifier | modifier le code]

Le parc est repris à l'Inventaire général du patrimoine culturel[19].

Jardin du couvent Sainte-Hyacinthe[modifier | modifier le code]

Cette propriété privée est reprise à l'Inventaire général du patrimoine culturel[20].

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

ZNIEFF[modifier | modifier le code]

San-Martino-di-Lota est concernée par deux ZNIEFF de 2e génération :

Crêtes asylvatiques du Cap Corse (940004076)

La zone d'une superficie de 6 387 ha, englobe la quasi-totalité de la crête centrale du Cap Corse[21].

Chênaies vertes du Cap Corse (940004078)

La zone concerne les chênaies vertes s'étendant sur une superficie de 4 563 ha de 15 communes du Cap Corse, depuis la commune de Farinole, à la base du cap, jusqu'à la commune de Rogliano au nord-est et à la commune de Morsiglia au nord-ouest. Sur les communes de San-Martino-di-Lota, ainsi que celle de Santa-Maria-di-Lota, s'étend une chênaie verte qui poursuit les ruisseaux de Fornelli et de Milaja ainsi que celui de Grisgione. Au nord, elle ondule le long du ruisseau de Poggiolo et de ses affluents. Elle s'accompagne ainsi dans ce paysage vallonné d'une ripisylve à frênes-ornes, aulnes glutineux, charmes houblons et de châtaigniers. L'altitude y atteint 200 à 700 mètres. Un socle schisteux y est recouvert de pillow lavas et prasinites[22].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Angelo Santo Marcucci  : poète du XIXe siècle.
  • Antonio Casanova : poète du XIXe siècle.
  • Chanoine F. Saravelli-Retali : Curé-doyen de San-Martino-di-Lota de 1948 à 1962, auteur d'un ouvrage ethnographique sur la commune et ses environs. Il s’agit incontestablement du personnage qui, par l’intermédiaire de cet ouvrage, a le plus étroitement contribué à la description, à la mémoire et à la mise en valeur du patrimoine de la pieve Lota. 
  • François Coli : la famille de cet aviateur était originaire de San-Martino-di-Lota.
  • Antoine de Saint-Exupéry, l'écrivain et aviateur, y séjourna et ce fut sa dernière résidence avant le vol de 1944, depuis l'aérodrome de Borgo, au cours duquel il disparut.
  • Gilles Zerlini (1963) écrivain.

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Les armes de San Martinu sont : "taillé, au premier à la charité de Saint-Martin (saint Martin chevalier partageant son manteau avec un mendiant) (de gueules?), et au second à une tête de Maure de sable animée et tortillée d'argent entourée de douze croisettes (de gueules?)"[23]. La seule référence trouvée n'indique cependant pas les couleurs des armes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chanoine F. Saravelli-Retali, Histoire d'une Pieve Lota, Imp. Don-Bosco, 1965.
  • Alerius Tardy in Fascinant Cap Corse - Bastia Toga 1994
  • Daniel Istria - Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du XIe siècle au XIVe siècle, Éditions Alain Piazzola, Ajaccio 2005.
  • Abbé Letteron - Histoire de la Corse Tome III, Chronique d'Anton Pietro Filippini - Bastia Imprimerie et librairie Ollagnier - 1890.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le castello de Pietr'Ellerata ou Petralerata était perchée sur un piton rocheux, dominant l'une des principales vallées de la piève de Serra, s'ouvrant largement sur la vaste plaine d'Aléria et sur la mer.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Alerius Tardy in Fascinant Cap Corse - Bastia Toga 1994
  2. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Grigione (Y7320560) » (consulté le 10 juin 2013)
  3. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Fornelli (Y7321040) » (consulté le 10 juin 2013)
  4. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Poggiolo (Y7400500) » (consulté le 10 juin 2013)
  5. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Guaita (Y7321020) » (consulté le 10 juin 2013)
  6. http://www.bastiabus.com/L13.htm
  7. ViaMichelin.fr
  8. a et b Notice no PA00099280, base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. INFCOR Base de données de la langue corse [1]
  10. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  14. Notice no PM2B000651, base Palissy, ministère français de la Culture
  15. Notice no PM2B000650, base Palissy, ministère français de la Culture
  16. Notice no PM2B000649, base Palissy, ministère français de la Culture
  17. Notice no PM2B000648, base Palissy, ministère français de la Culture
  18. Notice no PM2B000652, base Palissy, ministère français de la Culture
  19. Notice no IA2B001305, base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. Notice no IA2B001304, base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. ZNIEFF 940004076 - Crêtes asylvatiques du Cap Corse sur le site de l’INPN et sa carte sur le site de la DIREN.
  22. ZNIEFF 940004078 - Chênaies vertes du Cap Corse sur le site de l’INPN.
  23. Site de la mairie, consulté le 22 mai 2009.