Pirates et corsaires barbaresques

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Les pirates et corsaires barbaresques, étaient des pirates, et corsaires qui opéraient depuis l'Afrique du Nord, basés principalement dans les ports d'Alger, de Bougie, de Tunis, de Tripoli, et de Salé. Cette zone était connue en Europe sous le nom de côte des Barbaresques. Leurs exactions se sont étendues le long de la Méditerranée, dans l'océan Atlantique, le long des côtes européennes, mais ils opéraient, principalement dans le bassin méditerranéen occidentales. Ces pirates, en plus de capturer des navires, ont réalisé un grand nombre de Razzias, principalement, en Espagne et au Portugal, en Italie et en France, mais aussi sur les Îles Britanniques, aux Pays-Bas, et en Islande. Ces raids ont été réalisés en grande partie par des renégats ou encore des Arabes ou des Berbères, plutôt que des Turcs ottomans.

Un combat naval avec les corsaires barbaresques, par Lorenzo A. Castro, 1681.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le mot « barbaresque » date des années 1500[1], il vient du mot barbare et désigne sans référence particulière l'Afrique du Nord. Utilisé peu de temps, il est revenu, sous la plume de nombreux auteurs et dans les dictionnaires, puis dans le langage courant, pour dénommer exclusivement les habitants de la « Barbarie », ce qui est les côtes d'Afrique du Nord[1]. Sans rapport avec celui de « Barbarie », le terme « Berbérie » est lui apparu vers 1860[2].

Le terme « Barbaresque » correspond approximativement à l'aire du Maghreb actuel, connue sous le nom de côte des Barbaresques[1]. Historiquement, les siècles barbaresques recouvrent la période ottomane qui, pour l'Algérie par exemple, court de 1516, année de l'arrivée des frères Barberousse à Alger[3], à la prise d'Alger en 1830[4],[n 1].

Origines[modifier | modifier le code]

À partir de la seconde moitié du XIVe siècle, le Maghreb connaît une décadence économique[5]. Après la Prise de Grenade et la disparition du royaume en 1492, l'Espagne se trouve renforcée économiquement et militairement. Tout en se lançant dans la colonisation en Amérique, les Espagnols s’emparent de plusieurs ports du littoral maghrébin et les forcent à payer tribut. Les populations sont mécontentes de leurs chefs incapables de les défendre, des mouvements soufis émergent et leurs chefs qui deviennent de plus en plus influents aideront plus tard les Ottomans à s’installer dans la région[5]. Les Espagnols annexent plusieurs villes côtières : Mers el-Kébir en 1505, Oran en 1509 et Bougie en 1510[6].

L’aristocratie marchande d’Alger va décider, vers 1516, de faire appel aux frères Barberousse pour stopper cette expansion[7]. Les frères Barberousse prennent Alger la même année, puis le Peñon d'Alger en 1529. Considérée par Barberousse comme une « épine au cœur des Algérois »[8], cette forteresse gênait les mouvements navals autour de la capitale de la régence d'Alger.

Période ottomane du XVIe au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Navire français (au centre) attaqué par deux galiotes barbaresques. (vers 1615)
Le chébec du marin espagnol Antoine Barcelo (au centre) face à deux galiotes de la régence d'Alger. (1738)
Combat d'un vaisseau français et de deux galères barbaresques, huile sur toile de Théodore Gudin.

Les pirates et corsaires barbaresques d'Alger, de Tunis et de Tripoli étaient ainsi les fléaux des mers[9]. Capturant les navires marchands, et soumettant en esclavage ou rançonnant les équipages. Entre 1 000 000 et 1 250 000 européens, dont 850 000 soumis en esclavage pour la période de 1580-1680, ont été capturés par ces pirates ou corsaires de 1530 à 1780[10][réf. incomplète]. L'Ordre des Trinitaires a opéré en France pendant des décennies avec la mission de collecter des fonds pour racheter ces prisonniers[10][réf. incomplète].

Lorsque la flotte dispose de navires de haut-bord, les écumeurs algériens portent la terreur jusqu'en Islande[11]. Leurs exactions en mer s'arrêtent définitivement après la conquête d'Alger par la France en 1830[4]. Entre 1569 et 1616, pour la seule Angleterre, les pirates s'emparent de 470 navires et en 5 ans, pour la période de 1628 à 1634, ils capturent à la France 80 navires et vendent plus de 1 000 français sur le marché des esclaves d'Alger[12].

Le XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Les morisques et les aventuriers turcs ont réalisé vers le XVIe siècle, un grand nombre de raids, en Espagne. En réponse, l'Espagne a commencé à conquérir les villes côtières d'Oran, d'Alger et de Tunis. En 1529, Barberousse a dirigé le siège du Penon d'Alger, et fortifié Alger, tout en établissant le pouvoir ottoman dans la région. De 1518 jusqu'à la mort d'Uludj Ali en 1587, la régence d'Alger était le siège principal du gouvernement des beylerbeys, qui régnaient sur la régence de Tripoli, de Tunisie et d'Algérie[réf. nécessaire].

Il y a plusieurs cas de morisques, qui, en fuyant l'Ibérie, se sont tournés vers l’empire ottoman, contre l'empire espagnol, une stratégie rentable, et de vengeance contre la persécution religieuse de l'inquisition espagnole[13],[14][réf. incomplète].

Au cours de la période de 1518 à 1587, les beylerbeys étaient pour beaucoup des corsaires au service des amiraux du sultan ottoman, commandant de grandes flottes et menant des opérations de guerre à des fins politiques, c'était aussi des chasseurs d'esclaves. Après 1587, le seul objet de leurs successeurs, était le pillage, tant sur terre, que sur mer. Les opérations maritimes de ces pirates étaient menées par les taïfas des raïs, qui ont formé une classe ou même une société dans les états barbaresques. Les navires étaient aménagés par les investisseurs, et commandés par les rais ; 10% de la valeur des prises étaient distribués au pacha, ou à ses successeurs, les aghas ou deys ou beys[réf. nécessaire]. Le bois de Bougie, en Kabylie, était recherché par les chantier de construction navale principal d'Alger[15][réf. incomplète].

En 1535, Barberousse a mis à sac Mahon, où il fit jusqu'à 6 000 esclaves. En 1544, il a capturé l'île d'Ischia, il pris 4 000 prisonniers et asservi 2 000 à 3 000 habitants de Lipari[16][réf. incomplète].

En 1551, Dragut a envahi Gozo et soumis en esclavage l'ensemble de la population de l'île maltaise, soit 5 000 et 6 000 habitants, les envoyant en Tripolitaine ottomane[réf. nécessaire]. En 1554, les corsaires de Dragut ont mis à sac Vieste, décapité 5 000 habitants et enlevé 6 000 autres[17][réf. incomplète]. En 555, Dragut a réalisé une razzia sur Bastia, emmenant 6 000 prisonniers. En 1558, les Algériens ont capturé la ville de Ciutadella (Minorque), l'ont détruite, assassiné un nombre élevé d'habitants, et emmené 3 000 esclaves à Constantinople[18][réf. incomplète]. En 1563, Dragut a atterri sur les rives de Grenade et a capturé les colonies côtières de la région, comme Almuñécar, faisant 4 000 prisonniers[réf. nécessaire].

Le XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Un pirate barbaresque.
Bombardement de Chios, par l'escadre de Duquesne en 1681.

Au cours du XVIIe siècle, les pirates et raids barbaresques étaient à leur apogée. Cela s'explique par la contribution de corsaires néerlandais, notamment Simon Dansa, qui a utilisé les ports de barbarie comme base pour attaquer les convois espagnols lors de la Révolte des gueux[réf. nécessaire]. Ils ont coopéré avec les pirates locaux et ont introduit les derniers navires néerlandais de haut-bord, leur permettant de s’aventurer dans les eaux de l'Atlantique[19]. Certains de ces corsaires néerlandais, se sont convertis à islam, et se sont installés en barbarie. Deux exemples sont Süleyman Reis, qui est devenu l'amiral de la flotte corsaire algérienne en 1617, et son maître, Murat Reis le jeune, né Jan Janszoon[réf. nécessaire].

Les attaques corsaires de barbarie étaient fréquentes au Portugal, en Espagne, aux îles Baléares, la Sardaigne, la Corse, l'Île d'Elbe, la péninsule italienne (en particulier la cote Tyrrhénienne), la Sicile et Malte. Elles se sont également déroulées sur la côte atlantique comme les îles Canaries ou la péninsule ibérique comme en 1617, lorsque les corsaires maghrébins ont lancé des attaques majeures dans la région : ils ont détruit et saccagé Bouzas, Cangas do Morrazo et les églises de Moaña et Darbo[réf. nécessaire].

Plus de 20 000 captifs auraient déjà été emprisonnés à Alger, en même temps. Les captifs riches pouvaient souvent se libérer par rançon, mais les pauvres étaient condamnés à l'esclavage. Leurs maîtres leur permettaient parfois de leur garantir la liberté s'ils se convertissaient à l'islam. Les principales victimes étaient les habitants des côtes de Sicile, de Naples et d'Espagne. Les ordres religieux - les Rédemptoristes et les Lazaristes - ont travaillé pour la libération des captifs, et dans de nombreux pays, les riches legs soutenaient ces rachats[réf. nécessaire].

La France a encouragé les corsaires algériens contre l'Espagne, et plus tard, la Angleterre et les Pays-Bas les ont soutenus contre la France. Au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, les grandes puissances navales européennes ont réussi à réagir assez efficacement pour intimider les États de la Barbarie pour faire la paix avec eux[réf. nécessaire].

L'Angleterre était l'état chrétien qui réussissait le mieux à faire face à la menace corsaire. À partir des années 1630, l'Angleterre avait signé à diverses reprises des traités de paix avec les États de Barbarie, mais les violations invariables de ces accords par les barbaresques, ont entraîné des guerres renouvelées. Un sujet de contestation particulier était la tendance des navires étrangers à se représenter en anglais pour éviter une attaque. Cependant, la puissance navale anglaise croissante contre les corsaires s'est révélé de plus en plus coûteuse. Pendant le règne de Charles II, une série d'expéditions anglaises a remporté des victoires contre des escadrilles barbaresques et protégeant leurs ports. Ces actions ont définitivement mis fin à la menace barbare en Angleterre. En 1675, un escadron de la Royal Navy dirigé par Sir John Narborough a négocié une paix durable avec Tunis et, après avoir bombardé la ville, pour induire à la paix, avec Tripoli. La paix avec Salé a suivi en 1676. Mais Alger, le plus puissant des états barbaresques, est revenu en guerre l'année suivante, violant le traité créé en 1671. 160 navires anglais sont capturés par les Algériens entre 1677 et 1680. Après avoir subi des défaites face à une flotte anglaise dirigé par Arthur Herbert, Alger a rétabli la paix en 1682 dans un traité qui a duré, jusqu'en 1816. Cependant, les corsaires Algériens ont fait énormément de ravages en Angleterre, par exemple, entre 1569 et 1616, ceux-ci s'emparent de 470 navires anglais, dont les équipages sont vendus comme esclavage sur le marché d'Alger, ainsi que des dizaines de milliers de marins, ou civils[réf. nécessaire].

La France, qui a récemment émergé en tant que puissance navale de premier plan, a obtenu des succès comparables peu après. En 1681, les Algériens capturent plusieurs bâtiments français et un navire de guerre et les emmènent à Alger. Le capitaine et l'équipage furent réduits en esclavage[20]. La France a bombardé Alger en 1682, 1683 et 1688, pour assurer une paix durable, et a forcé Tripoli à poursuivre la paix par un bombardement en 1686[réf. nécessaire].

Avec la République de Salé[modifier | modifier le code]

Reykjavik, l'une des avancées extrêmes en Atlantique des corsaires de Salé et de la régence d'Alger.

Dès les premières années, les corsaires de Salé menèrent également des raids audacieux et lointains : en 1624, unis aux pirates d'Alger, ils allèrent jusqu'à donner la chasse aux pêcheurs de Terre-Neuve,[21][réf. incomplète].

L'Islande a été soumise à des raids en 1627. Jan Janszoon aurait pris 400 prisonniers dont 242 captifs ont été vendus comme esclavages à Alger. Tous ceux qui ont tenté de résister ont été massacrés, les personnes âgées ont été rassemblées dans une église, qui a été enflammée. Les corsaires ne prennent que des jeunes et ceux en bonne condition physique. Parmi ceux capturés, il y avait Ólafur Egilsson, qui a été racheté l'année suivante. En rentrant en Islande, il a écrit un récit sur son expérience[réf. nécessaire].

L'Irlande a été soumise au sac de Baltimore. En juin 1631, Mourad Reis, avec des corsaires d'Alger, ont pris d'assaut, par terre, le village de Baltimore, dans le comté de Cork. Ils ont capturé presque tous les villageois et les ont emmenés en esclavage, à Alger. Seuls deux de ces captifs sont retournés en Irlande, rachetés. En 1627, ils effectuèrent un raid contre la ville de Reykjavik, en Islande[22][réf. incomplète],[23][réf. incomplète]. Le a lieu le terrible sac de Baltimore par des pirates barbaresques de la régence d'Alger et de la République de Salé[réf. nécessaire].

Il existait une véritable spécialisation entre les pirates d'Alger et ceux de Salé. Forts de leur nombre et de leur antériorité, les pirates algériens se réservaient en pratique la course en « mer du Levant », les corsaires de Salé se réservant la « mer du Ponant », c'est-à-dire l'océan Atlantique, avec le détroit de Gibraltar pour frontière[24].

Le XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Les Mercédaires rachetant des esclaves chrétiens tenus par les Musulmans.

La piraterie était un tel problème, que certains états européens ont conclu des contrats pour le rachat d'esclaves avec les états barbaresques. Au Danemark, «Au début du XVIIIe siècle, de l'argent été systématiquement recueilli dans toutes les églises et un « fonds esclave » a été établi par l'État en 1715. Les fonds étaient versés à une assurance obligatoire pour les marins, ou pêcheurs, ainsi que tous ceux travaillant en mer. 165 esclaves ont été rachetés par cette institution entre 1716 et 1736[réf. nécessaire]. « Entre 1716 et 1754, 19 navires du Danemark-Norvège ont été capturés avec 208 hommes, par les Algériens, la piraterie était donc un grave problème pour la flotte marchande danoise[25][réf. incomplète] ». Le Danemark refusant de payer tribut au dey d'Alger, Mohamed ben Othmane, les Danois entrent en guerre contre la régence d'Alger, et perdent, en plus d'avoir échoué leurs bombardements, les Danois doivent racheter chaque esclave capturé au cours de la guerre, à prix lourd[26].

En 1720, un navire algérien de 44 canons est repéré à Río de la Plata, en Amérique du Sud[27].

À la fin du XVIIIe siècle, la piraterie a repris. En bombardant Alger en 1783 et 1784, les Espagnols ont voulu mettre fin à la piraterie, sans succès. Séparément, les Danois ont attaqué Tripoli en 1797[réf. nécessaire].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le Capitaine William Bainbridge payant tribus au Dey d'Alger, Mustapha, 1800
Bombardement d'Alger, par Martinus Schouman.

Jusqu'à la déclaration d'indépendance des États-Unis en 1776, les traités britanniques avec les états nord-africains protégeaient les navires américains des corsaires barbaresques. Le Maroc, qui, en 1777, a été le premier pays à reconnaître publiquement les États-Unis, en 1784 est devenu le premier état barbaresque à saisir un navire américain après que la nation eut obtenu son indépendance. La menace barbaresque a conduit directement les États-Unis à fonder l'US Marine en mars 1794. Les États-Unis ont conclu des traités de paix avec les États de la barbarie, les Américains ont été obligés de payer tribut pour la protection de leurs bâtiments[réf. nécessaire]. Ce fut un lourd fardeau pour l'Amérique : en 1800, les paiements en rançon et les tributs versés aux états barbaresques représentaient 20% des dépenses annuelles du gouvernement fédéral des États-Unis[28][réf. incomplète]. Pour obtenir des conditions de paix plus favorables, les États-Unis ont mené la guerre de Tripoli en 1801 et la guerre américano-algérienne en 1815 ; ces guerres furent un réel succès pour l'Amérique et mis fin au paiement du tribut. Mais, Alger a rompu le traité de paix de 1805 après deux ans et a refusé de mettre en œuvre le traité de 1815 jusqu'à l'intervention britannique et hollandaise en bombardant Alger en 1816[réf. nécessaire].

Le Congrès de Vienne (1814-15), qui a mis fin aux guerres napoléoniennes, a conduit à un consensus européen sur la nécessité de mettre fin aux incursions barbaresques. La mise à sac de Palma, sur la Sardaigne par une flotte tunisienne, qui emporta 158[habitants, suscita une grande indignation. La Grande-Bretagne avait alors interdit la traite négrière et cherchait à inciter d'autres pays à faire de même. Les États qui étaient les plus vulnérables aux corsaires se sont plaints que la Grande-Bretagne se souciait d'avantage de mettre fin au commerce des esclaves africains plutôt que d'arrêter l'asservissement des Européens et des Américains par les États de Barbarie. Afin de neutraliser cette objection, et de poursuivre la campagne anti-esclavage, en 1816, la Grande-Bretagne a envoyé Lord Exmouth pour obtenir de nouvelles concessions de Tripoli, de Tunis et d'Alger, y compris une promesse de traiter les captifs chrétiens dans tout conflit futur en tant que prisonniers de guerre, plutôt que comme esclaves. La Grande-Bretagne a imposé la paix entre Alger, le royaume de Sardaigne et de Sicile. Lors de sa première visite, Lord Exmouth a négocié des traités satisfaisants. Alors qu'il négociait, un certain nombre de pêcheurs de Sardaigne installés à Bona sur la côte tunisienne, ont été pris par les corsaires. En tant que Sardes, ils étaient sous protection britannique, le gouvernement a donc envoyé Exmouth de nouveau pour obtenir réparation. Le , en combinaison avec une flotte néerlandaise sous l'amiral Theodorus Frederik van Capellen, Exmouth bombarde Alger. Alger et Tunis font de nouvelles concessions[réf. nécessaire].

Les États barbaresques ont eu du mal à assurer un respect uniforme de l'interdiction totale des raids d'esclaves, car cela avait traditionnellement une importance centrale pour l'économie nord-africaine, la piraterie était ancrée dans la tête de chaque maghrébin. Les esclavagistes ont continué à prendre des captifs, en attaquant les peuples moins bien protégés. Par la suite, Alger a renouvelé ses raids d'esclaves, mais à plus petite échelle. Les Européens au Congrès d'Aix-la-Chapelle en 1818 ont discuté de possibles représailles envers les Algériens. En 1820, une flotte britannique commandée par l'amiral Harry Burrard-Neale a bombardé Alger, sans succès[réf. nécessaire]. L'activité corsaire basée à Alger n'a cessé entièrement que lorsque la France a colonisé Alger en 1830[29][réf. incomplète].

Les renégats[modifier | modifier le code]

Article connexe : Renégat.
Uluç Ali Paşa, à l'origine Giovanni Dionigi Galeni, est un Italien « renégat », devenu officier corsaire de l'Empire ottoman, placé à la tête de la régence d'Alger de 1568 à 1571, il est nommé kapudan paşa (« amiral de la flotte »).

Entre les XVIe et XVIIIe siècles, de nombreux chrétiens réduits en esclavage en Afrique du Nord par les Barbaresques pendant leurs opérations de piraterie, dans le désir d'adoucir une condition particulièrement pénible, ou d'échapper à un châtiment, se convertirent à l'islam, et devinrent des « renégats » (renegados). D'autres, par arrivisme, firent également ce choix[réf. nécessaire]. Selon Roland Courtinat « l'islam exerce une réelle attraction sur de nombreux chrétiens. La Barbarie est synonyme de richesses accessibles à tous. La bonne chère, la possibilité de s'enrichir, les femmes, la liberté d'action peuvent hanter l'esprit d'hommes de modestes conditions[30] ». Ils se joignirent alors aux pirates barbaresques pour les faire bénéficier de leur expertise technique, comme ce fut le cas pour les corsaires de Salé[31][réf. incomplète], dont le renégat le plus célèbre est le hollandais Jan Janszoon, connu aussi sous le nom de Murad Reis. La grande majorité des capitaines des galères de course était des renégats, des Européens capturés puis convertis à l'islam[32]. Ainsi dans un état de la marine d'Alger en 1588, donné par Pierre Dan dans son Histoire de Barbarie et de ses corsaires, celle-ci était européenne pour moitié au moins et se composait alors, outre quelques frégates, de trente cinq galères dont vingt appartenaient à des renégats européens majoritairement italiens[33]. D'après le père Dan, cela est lié au fait que, « les « Turcs » et ceux de Barbarie (Maures) se connaissent fort peu à la navigation »[34]. Cependant, la majeure partie des pirates étaient d'origine arabe et berbère[35].[réf. incomplète] comme l'atteste Vilhjálmur Þ. Gíslason lors des enlèvements turcs en Islande.

Vers 1600, les renégats ont apporté des techniques de navigations, et de constructions de navires avancées en barbarie, les bâtiments de haut-bord, permettant aux corsaires d'étendre leurs activités jusque dans l'océan Atlantique. Cela affecta beaucoup les raids, alors à leur apogée, au XVIIe siècle[36][réf. incomplète].

Barbaresques célèbres[modifier | modifier le code]

Les frères Barberousse, gravure hollandaise du xviie siècle.

D'après l'historien Adrian Tinniswood, les corsaires les plus redoutés étaient des renégats Anglais, et Européens, à la base, déjà corsaires dans leur patrie, ces corsaires ont ensuite émigrer vers la côte barbaresque durant les périodes de paix, pour poursuivre leur commerce. Ces cas spéciaux ont permis l'apport de fortes expertises navale aux seins des états barbaresques, et ont permis aux corsaires de réaliser des raids lointains, et dévastateurs, comme en Islande, ou au Canada (Terre-Neuve-et-Labrador)[36][réf. incomplète].

Ainsi, parmi les plus célèbres pirates barbaresques, on compte donc plusieurs renégats, dont le calabrais Uluç Ali Paşa au XVIe siècle et le vénitien Ali Bitchin au XVIIe siècle, ou encore Ahmed El Inglizi, littéralement l'Anglais.

Quelques expéditions[modifier | modifier le code]

Les pirates vont parfois réaliser des expéditions lointaines ou périlleuses. Exemple d'expédition en Méditerranée et dans l'Atlantique :

  • De nombreuses fois au début du XVIe siècle, la Corse est victime de raids[n 2]. C'est au cours de l'un d'entre eux que sera enlevé Pietro Paolo Tavera, le futur Hassan Corso[37].
  • Campement de 3 jours sur la côte Catalane, à partir du 28 juin 1527, avec des raids sur Collioure, Cadaqués et Rosas. Captures et reventes immédiates des prises dont les 17 hommes pris à Saint Pere Pescador (à côté de Rosas) rachetés pour une valeur de 1 551 ducats d'or (en tissus et en argent) et 3 autres rachetés par le gouverneur pour 1 000 ducats[38].
  • 7 000 captifs pris par les Algérois dans la baie de Naples en 1544, 6 000 lors du sac de Vieste en Calabre en 1554 et 4 000 à Grenade en 1566[39].
  • En 1575, Miguel de Cervantes, l'auteur de Don Quichotte, est enlevé à 27 ans par une escadre algéroise aux ordres du renégat albanais Mami Arnaute. Il sera détenu pendant cinq ans à Alger[n 3].
  • Exemple de la campagne de razzia de 1582 du Pacha Hassan (un renégat vénitien), son circuit : la Sardaigne 700 captifs pris, puis la corse (Monticello) 400, Sori (Gênes) 130, Pineda (pas loin de Barcelone) 50[40].
  • Raid à terre à Madére en 1617, environ 1 200 captifs pris[11].
  • En 1625, des corsaires attaquent les côtes de l'Angleterre et la Cornouaille[41].
  • L'Islande est pillée en 1627 par le renégat hollandais Jan Janszoon alias "Mourad Rais"[42][réf. incomplète].
  • L'Irlande en 1631 est la proie d'une violente attaque dirigée par le renégat Jan Janszoon[réf. nécessaire].
  • Raids à terre en Calabre en 1636 (700 captifs environ), en 1639 (1 000 env.) et en 1644 (4 000 env.)[11].
  • Raid à terre près de Penzance (Cornouailles) en 1641, 60 captifs pris[11].
  • La Calabre est attaquée en 1803[43][réf. incomplète],[n 4].
  • Raid sur l’île Sarde de Sant’Antioco 150 captifs en 1815. Raid contre l’île San Pietro (Sardaigne) 900 captifs en 1789[44].

Dans la littérature, et le cinéma[modifier | modifier le code]

Les pirates barbaresques sont des protagonistes dans Le pantere di Algeri (la panthère d'Alger), de Emilio Salgari. Ils font aussi des apparitions dans de nombreux romans notables, comme, Robinson Crusoé, de Daniel Defoe, Le Comte de Monte-Cristo, d'Alexandre Dumas, Le Vent dans les saules, de Kenneth Grahame, L'Aigle des mers et The Sword of Islam, de Rafael Sabatini, La captive Algérienne, de Royall Tyler, Maître et commandant, de Patrick O'Brian, le Cycle Baroque, de Neal Stephenson, The Walking Drum, de Louis Lamour, Docteur Dolittle, de Hugh Lofting, Corsaire, de Clive Cussler, et Angélique en Barbarie de Anne Golon[réf. nécessaire].

Miguel de Cervantes, l'auteur espagnol, a été captif 5 ans dans les bagnes d'Alger, et a refléter son expérience, dans certains de ses écrits fictionnels, incluant, l'histoire de captif, de Don Quichotte, dont deux de ses pièces se sont déroulées à Alger, El Trato de Argel (Le Traité d'Alger) et Los Baños de Argel (Les Bains d'Alger), ainsi que dans des épisodes de nombreux autres travaux. L'opéra de Rossini, L'Italiana in Algeri, est basé, sur la capture de plusieurs esclaves, par des corsaires barbaresques, dirigés par le bey d'Alger[réf. nécessaire].

The Lustful Turk, est un roman pornographique, britannique, pré-victorien, publié en 1828, puis plus tard adapté au cinéma, en film érotique, en 1968, mettant en scène des pirates barbaresques[45].

Un des stéréotypes pirates le plus répandu, le bandeau de pirate, est tiré d'un corsaire arabe nommé, Rahmah bin Jabir al-Jalahimah, qui a réellement porté un bandeau, après avoir perdu un œil lors d'une bataille au XVIIIe siècle[46], cependant, cela pourrait aussi venir du pirate Sinan Reis, en activité au XVe siècle, ayant perdu un œil lors d'une bagarre, Sinan le couvre avec un bandeau noir[47].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La prise d'Alger en 1830 par les Français, à mis fin à l'autorité turque sur le territoire, par le biais de la Convention franco-algérienne de 1830, mettant ainsi fin à 314 années de domination turque (1516-1830).
  2. Le Sultan Sélim, entouré de vizirs et d’amiraux qui pour la plupart ne sont pas turcs (Bosniaques, Albanais et Grecs renégats notamment) a pour objectif, d'une part de chasser Venise de Chypre et de la Crête après avoir mis fin en 1522 à la présence des chevaliers de Saint Jean à Rhodes (installés depuis à Malte), d'autre part de déstabiliser à partir d'Alger les routes commerciales dans le bassin occidental mais également se procurer des esclaves pour ses galères.
  3. Un roman d'Olivier Weber, Le Barbaresque, relate cette captivité et les évasions manquées de Cervantes.
  4. Ciro, modeste bourgade de Calabre, au sud du golfe de Tarente, est attaquée à trois reprises en 1803 par des corsaires qui enlèvent treize personnes le 3 juin, six le 30 juin et six encore le 27 juillet ; ils reviennent à nouveau le 17 et le 27 juillet 1804 et encore en juin 1805 emportant cette fois des pêcheurs à quelques encablures de la côte.

Références[modifier | modifier le code]

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  2. Guy Turbet-Delof 1973, p. 8
  3. Mafoud Kaddache 1992, p. 8
  4. a et b Pierre-Louis Fort 2013, p. 23
  5. a et b Collectif 2000, p. 26-27
  6. Louis Abadie 2002, p. 17
  7. Yaël Kouzmine, Jacques Fontaine, Badr-Eddine Yousfi, Tayeb Otmane 2009, p. 659-685
  8. Louis Mouilleseaux, Jean Lassus 1962, p. 162
  9. George Masselman 1963, p. 205
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  11. a, b, c et d Robert Davis 2011, p. 24
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  13. Edward Kritzler 2009, p. 59–60
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Sources[modifier | modifier le code]

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  • Roger Coindreau (préf. Mohamed Zniber), Les Corsaires de Salé, La Croisée des chemins, , 2e éd. (1re éd. 1948) (lire en ligne)
  • Roland Courtinat, La piraterie barbaresque en Méditerranée: XVIe – XIXe siècle, Serre, , 139 p. (lire en ligne)
  • (en) Hugh Chisholm, Barbary Pirates - Encyclopædia Britannica (11th ed.), Cambridge University Press, (lire en ligne)
  • (en) Robert C. Davis, Christian slaves, muslim masters : white slavery in the Mediterranean, the Barbary Coast, and Italy, Basingstoke, Palgrave Macmillan, (lire en ligne)
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  • (is) Egilsson, Reisubók Séra Ólafs Egilssonar, Reykjavík, Almenna Bókafélagið,
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  • (is) Vilhjálmur Þ. Gíslason, Bessastaðir : Þættir úr sögu höfuðbóls, Bókaútgáfan Nordri, Akureyri,
  • Jacques Heers, L'histoire assassinée: Les pièges de la mémoire, Éditions de Paris,
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  • Mahfoud Kaddache, L'Algérie durant la période ottomane, Alger, O.P.U., , 239 p. (notice BnF no FRBNF35498970)
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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • (en) David Eltis et Stanley L. Engerman, The Cambridge World History of Slavery : Volume 3, AD 1420-AD 1804, Cambridge University Press, 25 juillet 2011
  • Michel Hervé, Les débuts de la Régence d'Alger (de 1518 à 1566), Paris, 2005
  • Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale
  • Henry Laurens, John Tolan, Gilles Veinstein, L’Europe et l’islam : quinze siècles d’histoire, Éditions Odile Jacob, 2009
  • Inconnu, Voyage pour la rédemption des captifs aux royaumes d'Alger et de Tunis, 1720 lire en ligne
  • Inconnu, Voyage dans les états barbaresques de Maroc, Alger, Tunis et Tripoli, ou Lettres d'un des captifs qui viennent d'être rachetés par Mrs les Chanoines réguliers de la Sainte-Trinité, 1785 Lire en ligne

Articles connextes[modifier | modifier le code]

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