Saint-Jean-Baptiste (quartier)

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Saint-Jean-Baptiste
Rue Saint-Jean
Rue Saint-Jean
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Municipalité Québec
Statut Quartier
Arrondissement La Cité-Limoilou
Démographie
Population 8 670 hab. (2011)
Densité 12 940 hab./km2
Langue(s) parlée(s) Français
Géographie
Superficie 67 ha = 0,67 km2
Divers
Site(s) touristique(s) Grand Théâtre de Québec, Église Saint-Jean-Baptiste

Saint-Jean-Baptiste, souvent appelé Faubourg Saint-Jean, est un quartier de Québec à l'intérieur de l'arrondissement de La Cité–Limoilou. Il est l'un des plus anciens quartiers de Québec, la partie ancienne restante correspondant à l'ancien quartier populaire organisé autour de l'église Saint Jean Baptiste alors que la partie plus récente est occupée principalement par le gouvernement du Québec et les grands hôtels. Plusieurs monuments importants font partie de ce quartier.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le quartier de Saint-Jean-Baptiste se trouve du côté nord de la colline de Québec, au sommet du coteau Sainte-Geneviève. Il est situé à l'ouest du Vieux-Québec, au nord de la Colline parlementaire de Québec, à l'est de Montcalm et au sud de Saint-Roch. Suivant le découpage officiel de la Ville de Québec, il est délimité par la falaise (Cap Diamant), l'avenue Honoré-Mercier, le boulevard René-Lévesque, la rue De la Chevrotière, la rue Jacques-Parizeau[1], la rue de Claire-Fontaine, la Grande Allée et l'avenue De Salaberry[2].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Le quartier est centré autour de l'église Saint Jean Baptiste. Les deux axes routiers dans le sens est-ouest offrent des aspects contrastants : la rue Saint-Jean est une rue commerciale animée bordée de boutiques, bars et cafés. Le quartier est plutôt bohème, coloré et vivant[3]. Le boulevard René-Lévesque est une large avenue où se retrouvent de grands hôtels, des édifices à bureaux et des institutions comme le Grand Théâtre, le Centre des congrès de Québec et l'hôtel Hilton Québec[4]. Les esclaiers Lavigueur et Badelard relient le quartier à Saint-Roch, en bas de la falaise[5]. La rue Lavigueur est perchée au haut de la falaise et offre une vue sur les Laurentides[5].

Les principaux espaces verts du quartier sont le parc de l'Amérique-Française (Boul. René-Lévesque Est, rue Claire-Fontaine), le parc Berthelot (Rue Saint-Patrick, rue Berthelot), le parc Lockwell (Avenue De Salaberry, rue Lockwell), le parc Scott (Rue Saint-Patrick, rue Scott), le parc Richelieu (Rue Richelieu, rues Sainte-Claire et Sainte-Marie) et le parc Saint-Matthews (Rue Saint-Jean, rue Saint-Augustin).

le cadre bâti résidentiel se caractérise par la présence de logettes et de portes cochères. Plusieurs commerces de proximité tradtionnels demeurent dans le quartier, par exemple les dépanneurs de coin de rue[5].

Les principaux bâtiments d'intérêt comprennent :

  • Place Hauteville[6], 107 m de haut;
  • Centre des congrès de Québec;
  • Place de la Capitale[7], 80 m de haut;
  • Maison de Radio-Canada;
  • Ancienne église Saint-Vincent-de-Paul[8] (1951, fermée en 1987). Elle a été démolie vers 2006, seule la façade restant debout. La démolition de celle-ci fait l'objet d'un débat entre d'un côté un promoteur immobilier et le maire de Québec Régis Labeaume, en faveur de la démolition, et le ministère de la Culture qui veut l'intégrer à un nouvel édifice[9]. Le patro Saint-Vincent-de-Paul a finalement été détruit en février 2010 afin de commencer la construction d'un hôtel;
  • Tour Martello no. 4;
  • L'épicerie J. A. Moisan, construite en 1871[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le faubourg Saint-Jean existe depuis le Régime français, constituant historiquement la banlieue de la haute-ville de Québec vers l'ouest. L'actuelle rue Saint-Jean est tracée sous forme de chemin en 1667[5]. Pâturage et lieu de passage au XVIIe siècle, il connaît un début d'occupation chaotique au XVIIIe siècle. Durant la Nouvelle-France, le territoire est occupé par des terres agricoles concédées à des colons ou gérées par les communautés religieuses. La porte Saint-Jean est alors un étroit passage dans la fortification et est fermée le soir et la nuit[5]. Au XVIIIe siècle des artisans s'établissent aux portes de la ville fortifiée et un hameau se développe le long du chemin Saint-Jean, qui devient un axe commercial[5]. L'invasion du Canada en 1775 amène les autorités à démolir le bourg. Après 1780, le faubourg commence à se redévelopper en dépendance du bourg de Québec[10]. Le quartier se développe principalement au XIXe siècle. Trois incendies majeurs détruisent la majeure partie des habitations en 1845, 1876 et en 1881[11]. Lors de ce dernier incendie, plus de 600 maisons ainsi que l'église paroissiale sont détruites par un incendie[12]. Le marché Berthelot, implanté en 1825[5], permet aux faubourgs Saint-Jean et Saint-Louis de devenir davantage autonomes par rapport à la cité à l'intérieur des fortifications, et davantage avec les agrandissements de ce marché en 1852 et 1866. À cette époque, l'Association des zouaves de Québec promeut les valeurs catholiques[5].

Au début du XXe siècle, les toits brisés ou à deux versants sont remplacés par des toits plats afin de pouvoir aménager des logements au troisième étage[5]. Au cours des années 1950 et 1960, le paysage urbain du faubourg Saint-Louis est complètement transformé avec la modernisation de la Cité parlementaire du gouvernement du Québec. Le mouvement communautaire marque les années 1970 et 1980 avec la création de plusieurs coopératives d’habitation et d’alimentation ainsi que de comité de citoyens[11].

Politique[modifier | modifier le code]

Le conseil de quartier promeut un développement selon les principes d'écoquartier urbain[13]. Au conseil municipal de Québec, le quartier est représenté par les districts de Vieux-Québec-Montcalm et des Faubourgs.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
2006 2011 2016
9 045 8 670 -

Culture[modifier | modifier le code]

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Église Saint-Jean-Baptiste

Le Comité du patrimoine Saint-Jean-Baptiste, formé dans les années 1970, vise à assurer la protection, la conservation et la restauration des biens culturels du quartier. Il exerce des actions afin de faire reconnaître ou classer certains bâtiments et objets de la culture matérielle. il organise des expositions qui attirent quelque 10 000 visiteurs chaque année[14].

Les principaux édifices religieux d'intérêt patrimonial comprennent :

  • Église Saint-Jean-Baptiste de Québec (1884), classée monument historique en 1991[15];
  • Cimetière St. Matthew (1772), premier cimetière protestant de Québec;
  • L'ancienne église St. Matthew[16] (1849), plusieurs fois agrandie et modifiée, transformée en bibliothèque municipale en 1979. Le cimetière et l'église sont classés monuments historiques sous le nom d'Enclos paroissial Saint-Matthew[17].
  • Église de l'Annonciation (orthodoxe grecque)[18]
  • Église St. Patrick, desservant les catholiques de langue anglaise. Une deuxième église St. Patrick, située sur la Grande-Allée, a succédé en 1914 à la première du nom, localisée dans le Vieux-Québec. Elle fut démolie dans les années 1980 pour faire place à un complexe immobilier et l'église actuelle a été construite tout près, donnant sur la rue Salaberry.
  • Ancienne chapelle des Franciscaines[19]

Musées, théâtres et lieux d'expositions[modifier | modifier le code]

Les établissements d'intérêt culturel comprennent entre autres la Librairie Saint-Jean-Baptiste[22].

Société[modifier | modifier le code]

La rue Saint-Jean dans le quartier Saint-Jean-Baptiste est un lieu privilégié de la vie gaie à Québec, avec des établissements comme Le Drague, le St. Matthew’s et le Bloc 225. La fermeture d'établissements antérieurs comme le Ballon Rouge et l'Amour Sorcier ont toutefois atténué l'effervescence gaie dans le quartier[23]. La Fête arc-en-ciel de Québec, qui a lieu chaque année fin août depuis 1998, avec spectacles à la place D’Youville et dans les bars du quartier, ainsi qu'une journée communautaire sur la rue Saint-Jean, attire 15 000 personnes en 2012[24].

Lieux d'enseignement[modifier | modifier le code]

Les services de garde sont assurés par le Centre de la petite enfance Coopérative Saint-Jean-Baptiste fondé en 1972[25]. Une maison des jeunes sise sur la rue Saint-Gabriel offre des services à cette strate de la population[5].

Gallerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Changement de nom de rue de Saint-Amable pour Jacques-Parizeau », sur journalquebec.com, .
  2. Ville de Québec, Limites du quartier Saint-Jean-Baptiste, Québec, (lire en ligne), carte.
  3. a et b « Faubourg Saint-Jean », sur Québec Région, (consulté le 5 juillet 2017).
  4. (en) Hilton Québec sur Emporis.com.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Action Patrimoine, Rallye-patrimoine dans ton quartier : Saint-Jean-Baptiste, , 8 p. (lire en ligne).
  6. (en) Place Hauteville sur Emporis.com
  7. (en) Place de la Capitale sur Emporis.com
  8. Description de l'église Saint-Vincent-de-Paul sur Les églises de Québec
  9. Billet sur Québec Urbain
  10. Jean Faguy, Nathalie Prud'homme et al., Plan directeur du quartier Saint-Jean-Baptiste : Document d'orientation, Québec, Ville de Québec, , 78 p. (lire en ligne).
  11. a et b « Vie de quartier dans Saint-Jean-Baptiste », Patrimoine : Découvrir quartiers, Ville de Québec, (consulté le 5 juillet 2017).
  12. Article sur GrandQuébec.com
  13. Conseil de quartier de Saint-Jean-Baptiste, Rapport annuel 2016 : Mon quartier, j'Y vis...j'y vois!, Québec, Ville de Québec, , 30 p. (lire en ligne).
  14. « Comité du patrimoine Saint-Jean-Baptiste », Paroisse Saint-Jean-Baptiste (consulté le 6 juillet 2017).
  15. Répertoire du patrimoine culturel du Québec.
  16. Description de l'église St. Matthew sur Les églises de Québec
  17. Répertoire du patrimoine culturel du Québec.
  18. Description de l'église de l'Annonciation sur Les églises de Québec
  19. Description de l'ancienne chapelle des Franciscaines sur Les églises de Québec
  20. Description de la synagogue sur Les églises de Québec
  21. « Communiqué ville de Québec- changement nom bibliothéque », sur ville.quebec.qc.ca,
  22. Caroline De Serres, « 5 commerces méconnus du quartier Saint-Jean-Baptiste à visiter cet été ! », Journal de Québec,‎ (lire en ligne).
  23. Guide gai du Québec : Québec, Charlevoix et Chaudière-Appalaches
  24. Yannick Leclerc, « Fête arc-en-ciel de Québec », Fugues, vol. 30, no 3,‎ , p. 104 (ISSN 0831-1625, lire en ligne).
  25. « Centre dela petite enfance Coop St-Jean-Baptiste », (consulté le 5 juillet 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]