Saint-Roch (Québec)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint-Roch (homonymie).

Saint-Roch
Saint-Roch (Québec)
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Québec
Municipalité Québec
Statut Quartier
Arrondissement La Cité-Limoilou
Démographie
Population 7 590 hab. (2011)
Densité 4 941 hab./km2
Langue(s) parlée(s) Français
Géographie
Superficie 153,6 ha = 1,536 km2
Divers
Site(s) touristique(s) Bibliothèque Gabrielle-Roy, Église Saint-Roch, rue Saint-Joseph
Localisation
Localisation de Saint-Roch

Saint-Roch est un des 35 quartiers de la ville de Québec et un des 9 qui sont situés dans l'arrondissement de La Cité–Limoilou.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le quartier est délimité approximativement par le coteau Sainte-Geneviève (au sud), le boulevard Langelier (à l'ouest), l'autoroute Dufferin-Montmorency (à l'est) et la rivière Saint-Charles (au nord). Il est traversé du nord au sud par les rues à sens unique Dorchester et de la Couronne, lesquelles se fusionnent pour devenir l'autoroute Laurentienne au nord et la côte d'Abraham au sud. Saint-Roch est l'un des quartiers les plus denses de la ville. Son territoire est découpé dans un plan hippodamien. On y retrouve principalement des maisons en rangée dans des rues secondaires étroites tandis que les artères principales sont bordées par des bâtiments pouvant atteindre jusqu'à 20 étages (Tour Fresk).

Le quartier présente une mixité d'usage et une densité de bâti relativement élevée. Quant à sa fonction résidentielle, il est possible de la séparer en trois secteurs distincts[1]:

  • La zone au sud du boulevard Charest, qui compte très peu de logements sociaux et davantage d'immeubles industriels reconvertis en copropriétés dans les années 2000 et qui s'adressent à de jeunes professionnels.
  • La zone au nord du boulevard Charest, qui présente un indice plus accru de défavorisation sociale, plusieurs logements subventionnés, et une majorité de vieux immeubles de moindre densité, parfois vétustes.
  • Au nord, l’écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres qui longe l'autoroute Laurentienne. Il s'est développé dans les années 2010 et ses constructions neuves s’adressent en partie aux jeunes familles.

Dû à sa densité importante, il n'y a que peu d'espaces verts au coeur du quartier, sauf pour le jardin Jean-Paul-L'Allier. Ceux-ci sont plutôt situés dans ses extrémités nord: le parc linéaire de la rivière Saint-Charles, le parc Victoria (partagé avec le quartier Saint-Sauveur), et la Pointe-aux-Lièvres.

Localisation des secteurs de l'arrondissement La Cité.
Rose des vents Vieux-Limoilou Rose des vents
Saint-Sauveur,
enclave de Notre-Dame-des-Anges
N Vieux-Québec–Cap-Blanc–colline Parlementaire
O    Saint-Roch    E
S
Saint-Jean-Baptiste

Histoire[modifier | modifier le code]

Le quartier de Saint-Roch est l'un des plus anciens faubourgs de la cité de Québec. En 1692, les Récollets construisent sur la rive de la rivière Saint-Charles une chapelle dédiée à Saint Roch de Montpellier mais qui sera détruite durant la guerre de 1754. Éventuellement, cet ermitage donnera son nom à la rue Saint-Roch, puis au faubourg, à la paroisse, et enfin au quartier[2]. L'expansion de la ville vers les terres situées tout juste au nord-est du promontoire de Québec commence dès la fin du 17e siècle, d'abord le long de l'actuelle rue Saint-Vallier Est et autour de la Maison Blanche (qui existe toujours, au numéro 870 de cette même rue)[3].

Essor[modifier | modifier le code]

Le quartier prend son véritable essor au milieu du 18e siècle avec l'avènement des chantiers navals le long de la rivière Saint-Charles. Vers la fin du 19e siècle, l'économie de Saint-Roch, principalement axée sur la construction de navires, connaît une stagnation. On assiste alors à une réorientation des activités vers d'autres types d'industries et au développement du secteur commercial. Plusieurs incendies ravagent le quartier durant ce siècle, notamment celui de mai 1845 ainsi que le Grand incendie de Québec. Le quartier connaît une forte croissance démographique après 1871, témoignage de sa reprise après un autre incendie en 1870 ayant sévit entre les rues Dorchester, Saint-François Est et de la Chapelle. À partir de 1880, Saint-Roch connaît une prospérité sans précédent et plusieurs maires de Québec y ont vécu: John Lemesurier, Olivier-Napoléon Drouin, Valmont Martin, Télesphore Simard et Oscar Auger[4].

L'édifice Laliberté en 1929.

Dès 1890, la densification de l'habitat dans le quartier commence à passer par la maison à étages et logements multiples, sans galerie ou escaliers frontaux, ni marge de recul, faute d'espace dans les lots déjà existants. Plusieurs maisons unifamiliales sont ainsi densifiées à la verticale ou à l'horizontale. L'étape suivante dans l'architecture de Saint-Roch est l'immeuble à logement avec hall d'entrée commun et circulation verticale dans l'édifice, construits dans des lots vacants ou encore à partir de la rénovation d'immeubles existants, et ce, dès années 1940 et surtout dans les années 1970[5].

Le quartier connaît son apogée commerciale durant la première moitié du 20e siècle, notamment sur la rue Saint-Joseph avec ses grands magasins tels que Paquet, Pollack, Laliberté (qui existe toujours), puis plus tard le Syndicat de Québec. À cette époque, les deux tiers de la population de la ville de Québec sont situés dans Saint-Roch et dans le quartier voisin Saint-Sauveur, où vivent en majorité des francophones[3].

Déclin[modifier | modifier le code]

À partir du milieu des années 1950, le quartier (tout comme le reste du centre-ville) connait une forte baisse de sa population, au profit de banlieues auparavant à vocations agricoles telles que Sainte-Foy, Charlesbourg et Beauport, où l'espace est suffisant pour y construire des maisons de type « bungalow » ou pavillonnaires. En quelques décennies, la population de Saint-Roch passe d'environ 20 000 à 5000. De plus, à la fin des années 1960, la construction des bretelles de l'autoroute Dufferin-Montmorency dans l'est du quartier nécessite la démolition d'environ 300 logements et 30 édifices commerciaux[3].

Pour pallier l'exode des commerçants et des clients vers les banlieues, les autorités décident à cette époque de construire un « centre commercial » en plein Saint-Roch. Il ne s'agissait en fait que de recouvrir d'un toit la partie est de la rue Saint-Joseph. On appela « Mail Centre-Ville », puis « Mail Saint-Roch » cette galerie marchande chauffée et éclairée qui attira de nombreux flâneurs, souvent défavorisés et parfois jugés indésirables. En effet, la rue Saint-Joseph, même recouverte, continuait d'exister en tant que tel et devait donc être accessible à quiconque, en tout temps, entre autres car les résidents des étages supérieurs et leurs visiteurs ne pouvaient accéder aux logements qu'à partir du rez-de-chaussée des édifices, au niveau de la « rue »[6]. L'apparence négligée du Mail lui a également valu son lot de critiques. Par exemple, les tuiles du sol étaient souvent cassées car elles étaient trop fragiles pour supporter le traffic piétonnier, et les vitres du toit étaient difficiles d'accès et étaient donc peu souvent nettoyées[7].

Renaissance[modifier | modifier le code]

Reconversion de l'ancienne manufacture de la Royal Paper Box Co., boulevard Langelier.

À la fin des années 1990, la Ville entreprend un programme de revitalisation commerciale des rues de la Couronne et Dorchester, et aussi de la rue Saint-Joseph, ce qui nécessita la démolition progressive du Mail (son démantèlement fut complété en 2007). Outre la rénovation de façades sur ces artères, le programme comprenait la reconversion d'anciennes manufactures (fermées ou déménagées en périphérie) par exemple en bureaux municipaux (ex: édifices F.X. Drolet et de La Fabrique) ou en ateliers d'artistes et coopératives d'habitation[8].

Au début des années 2000, de volumineux édifices à bureaux sont construits autour et sur le boulevard Charest, dans le secteur des rues de la Couronne et Dorchester, entre autres afin d'accommoder l'arrivée de l'Université du Québec ainsi que de compagnies d'informatique et de jeux vidéos attirées par des programmes d'incitatifs gouvernementaux[3].

Portrait du quartier[modifier | modifier le code]

Vue partielle ouest du quartier (délimité d'un trait vert).

Le quartier de Saint-Roch est situé dans la basse-ville de Québec, dont il constitue le centre nerveux (mais non le centre historique qui est l'arrondissement historique du Vieux-Québec), entre le rebord nord-est de la colline de Québec et la rivière Saint-Charles. Depuis les années 1990, le quartier a fait l'objet d'une revitalisation, notamment sur une partie de la rue Saint-Joseph et du boulevard Charest. En effet, le nombre de personnes travaillant dans le quartier a augmenté de 40% entre 1996 et 2017, et sa population s'est agrandie de 1000 personnes entre 1991 et 2017[9].

La particularité de Saint-Roch tient à l'imbrication de différents types d'activités dans un espace restreint. La rue Saint-Joseph et ses nombreux commerces, la bibliothèque Gabrielle-Roy, le théâtre de la Bordée, le parc Victoria, le jardin Jean-Paul-L'Allier sont les destinations les plus notables. Ses rues et son architecture témoignent par ailleurs de la richesse de son histoire, notamment du « boom » connu au début du 20e siècle.

Le quartier demeure toutefois l'un des plus défavorisés de la ville. En 2006, le taux de chômage était d'environ 26%, contre 10,9% pour l'ensemble de la Communauté métropolitaine[10]. Quant aux logements abordables ou sociaux, en 2006 on en comptait environ 600 de type HLM (12,5% de tous les logements du quartier) et 1000 de type coopérative d'habitation (20,9% du quartier)[11]. En 2017, ces deux types comptaient pour 33,3% des logements du quartier, ce qui représente respectivement 24% et 12,6% des logements abordables de l'arrondissement et de la ville, soit la plus forte concentration[1]. Saint-Roch est aussi là où on enregistre le plus d'infractions liées aux stupéfiants dans la ville. En 2012, sur les 1202 infractions recensées à Québec, il y en a eu 152 dans Saint-Roch, devant le quartier Vieux-Moulin (83)[12]. C'est d'ailleurs dans Saint-Roch que les autorités projettent depuis 2017 de construire, non sans controverse, un centre d'injection supervisée au coin des rues Sainte-Marguerite et Mgr-Gauvreau, à l'ombre de l’autoroute Dufferin-Montmorency[13].

Artères principales[modifier | modifier le code]

Le boulevard Charest sous l'autoroute 440, en 2006. La bretelle de droite a été démolie une année plus tard.

Édifices notables[modifier | modifier le code]

Parcs, espaces verts et loisirs[modifier | modifier le code]

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Église Saint-Roch, vue de l'hôtel PUR.
  • Église Saint-Roch[14] (1920), a remplacé celle de 1816.
  • Église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier[15]
  • Mosquée Masjid Al-rahma, dans des locaux d'un édifice de la rue de la Couronne.

Musées, théâtres et lieux d'expositions[modifier | modifier le code]

Commerces et entreprises[modifier | modifier le code]

Édifice sur la rue de la Couronne où logent entre autres le journal Le Soleil et le Groupe CGI.
  • J. B. Laliberté, un des plus anciens magasins de Québec, fondé en 1867 (rue Saint-Joseph)
  • Le Soleil, quotidien de Québec depuis 1896.
  • Voir.ca, bureau de Québec du journal hebdomadaire Voir
  • QuébecScope, périodique gratuit à vocation publicitaire, distribué dans la région
  • Sarbakan, Beenox et Ubisoft, compagnies de création de jeu vidéo
  • La Barberie, microbrasserie coopérative de travail

Lieux d'enseignement[modifier | modifier le code]

Édifice La Fabrique, où sont situés l'École d'art de l'Université Laval ainsi que des fonctionnaires municipaux.

Organisation administrative[modifier | modifier le code]

Conseil de quartier[modifier | modifier le code]

Le conseil du quartier Saint-Roch est composé de 8 élus (quatre femmes et quatre hommes) ainsi que des membres cooptés et du conseiller municipal du quartier.

Fonction Nom Priorité d'action et responsabilité
Président Simon Gauvin Porte-parole, Transport
Vice-Président Nicolas Saucier Port de Québec, Corvées printanières
Trésorier Kevin Mark
Secrétaire Karine Mutchmore Responsable médias sociaux
Administratrice (cooptée) Alexandrine Cardin Représentante du milieu des Affaires
Administratrice (cooptée) Mériem Bélaïchouche Représentante du milieu communautaire

Graffitis, centre d'injection supervisé,

Projet Verdir Saint-Roch

Administratrice (Vacant) Écofiscalité
Administratrice Emmanuelle Cardu
Administrateur (Vacant)
Administratrice (cooptée) (Vacant) Accueil des Réfugiés
Administratrice (Vacant)
Conseillère municipale (District Saint-Roch-Saint-Sauveur) Chantal Gilbert N'a aucun droit de vote

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
2006 2011 2016
7 7007 5907 812

Représentation gouvernementale[modifier | modifier le code]

Le centre-ville de Québec, dont Saint-Roch, fait partie de ces circonscriptions électorales:

  • Circonscription électorale provinciale de Taschereau.
  • Circonscription électorale fédérale de Québec.

Économie[modifier | modifier le code]

La Société de développement commercial Saint-Roch a pour mission de promouvoir le développement et la vitalité économique du quartier Saint-Roch de Québe[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Programme particulier d'urbanisme - Secteur sud du centre-ville Saint-Roch », sur Ville de Québec, , p. 13
  2. « Fiche toponymique : Saint-Roch », sur Ville de Québec (consulté le 18 novembre 2018)
  3. a b c et d Réjean Lemoine, « Quartier Saint-Roch, la renaissance du coeur urbain de Québec », sur Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique Française (consulté le 18 novembre 2018)
  4. Lucie K. Morisset, Patrimoine du quartier Saint-Roch : La mémoire du paysage: histoire de la forme urbaine, Ville de Québec, .
  5. Luc Noppen, Patrimoine du quartier Saint-Roch : l'identité architecturale: usages, formes et monuments, Ville de Québec, .
  6. Guy Mercier et al., « La place commerciale et la mythologie de l'urbanisme contemporain. Le témoignage de la rue Saint-Joseph à Québec », dans L. Noppen, Architecture, forme urbaine et identité collective, Les éditions du Septentrion, (ISBN 9782894480397, lire en ligne), p. 88
  7. Freedman, Martine, De la mixité à l'exclusion : témoignages du nouveau Saint-Roch à Québec, Thèse de doctorat, géographie, Université Laval, (lire en ligne), p. 234
  8. « Manufactures recyclées du Saint-Roch contemporain », sur Ville de Québec (consulté le 18 novembre 2018)
  9. « Programme particulier d'urbanisme - Secteur sud du centre-ville Saint-Roch », sur Ville de Québec, , p. 12
  10. Bourgeois, Fanny, « La revitalisation du quartier Saint-Roch (Ville de Québec) et ses effets sur l'expérience d'exclusion des femmes itinérantes : mémoire de maîtrise, sociologie », Université Laval, (consulté le 18 novembre 2018), p. 5
  11. Freedman, Martine, De la mixité à l'exclusion : témoignages du nouveau Saint-Roch à Québec, Thèse de doctorat, géographie, Université Laval, (lire en ligne), p. 225
  12. « Rapport sur la situation de la consommation de drogue par injection à Québec et sur la pertinence d’offrir des services d’injection supervisée », sur Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale., , p. 23
  13. « Futur centre d’injection supervisé dans Saint-Roch: loin du consensus », sur Le Soleil, (consulté le 18 novembre 2018)
  14. Description de l'église Saint-Roch sur Les églises de Québec
  15. Description de l'église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier sur Les églises de Québec
  16. Site officiel de la Chambre Blanche
  17. http://www.stroch.com/fr/votre-sdc/contact

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :