Fugues

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Fugues
Pays Drapeau du Canada Canada
Langue Français
Périodicité mensuel
Genre Homosexualité
Diffusion tirage certifié (par CCAB) variant de 39 000 (mensuel) à 44 000 (Guide) ex. (Mensuel)
Date de fondation Avril 1984
Ville d’édition Montréal

Propriétaire Éditions Nitram inc.
Directeur de publication Maurice Nadeau
Directeur de la rédaction Yves Lafontaine
Rédacteur en chef Yves Lafontaine
ISSN 0831-1625
Site web http://www.fugues.com/

Fugues c'est un magazine mensuel gai canadien, distribué à partir de Montréal au Québec. Le magazine est principalement en français, bien que certains contenus soient en anglais (listing des bars et une chronique mensuelle signée par un anglophone). Depuis 1984, Fugues est à la fois un témoin de l’évolution de la communauté gaie et lesbienne du Québec et de plusieurs de ses aspirations. À l’origine un magazine de sorties et d’activités s'adressant aux hommes gais, Fugues s'est progressivement penché sur quantité de dossiers ayant trait à des sujets aussi divers que la conjugalité, les questions d'identité, l’argent rose, la vie dans les bars, la santé gaie, le cinéma et la culture en général, le sida et les jeunes, élargissant par le fait même son lectorat. Fugues, c'est aussi un site web mis à jour quotidiennement et une Infolettre envoyée deux fois par semaine.

Contenu[modifier | modifier le code]

On retrouve dans Fugues toute l’actualité gaie d’ici et d’ailleurs, ainsi qu'une foule de rubriques et chroniques. Fugues s’est engagé pour soutenir les grandes revendications des communautés gaies et lesbiennes depuis 1984, aussi bien dans la reconnaissance des conjugalités, que dans la lutte contre l’homophobie ou dans la dénonciation des descentes arbitraires de police. Le magazine a ouvert ses pages aux groupes politiques, sociaux, sportifs ou récréatifs et leur a consacré des reportages. En ce qui concerne le VIH/sida, les journalistes du magazine abordent toutes les problématiques de la recherche : du confort de vie des séropositifs aux trithérapies. Certaines études sur les gais et les lesbienne sont publiées en feuilleton dans le magazine (Cohorte Oméga), et de nombreuses entrevues ont été faites avec les chercheurs sur ce thème.

Rôle communautaire[modifier | modifier le code]

Fugues est depuis ses débuts un commanditaire majeur ou le partenaire de plusieurs événements de la communauté gaie québécoise, dont les Outgames mondiaux 2006, Divers/Cité, le Black & Blue, Image+nation, le festival international de films LGBT de Montréal, Équipe Montréal, le GRIS-Montréal, Gai Écoute, Équipe Montréal, La Fondation Farha, la Chambre de Commerce Gaie du Québec, pour ne nommer que ceux-là.

Les débuts et au fil des ans[modifier | modifier le code]

Créé en 1984, le magazine Fugues est pratiquement né en même temps que le Village et l’apparition du SIDA. Ces deux phénomènes ont marqué le magazine au point d’en façonner l’identité. Entre les suggestions de sorties et la conscientisation, Fugues a trouvé un équilibre qui lui a permis de traverser le temps[1]. Dès les premiers numéros, on sent déjà un souci du bien-être et de la santé quand on y découvre, par exemple, des informations sur le sida données par le Dr Réjean Thomas. Il s’y manifeste aussi une ouverture aux organismes communautaires, ouverture qui se fera de plus en plus grande. La première année de parution sera aussi l’année de la descente de police au bar Bud’s, et l’équipe de Fugues comprend vite que publier une revue gaie dans un monde homophobe, c’est faire de la politique, qu’on le veuille ou non. Car au moment même où le Village renforçait sa position de pôle d’attraction, le centre-ville s’apprêtait à perdre la sienne. Dans la nuit du 1er au 2 juin 1984, quelque 75 policiers participent à la descente au bar Chez Buds, un bar très bien situé sur la rue Stanley, à côté du Limelight et du Jardin, descente au cours de laquelle 188 personnes sont arrêtées. Le lendemain, plus de 600 personnes descendent dans la rue pour dénoncer cette descente en scandant: «Aujourd'hui on brime nos libertés: Demain, les vôtres»[2]. Conscient de son rôle de relais de l’information et de l’importance de soutenir les initiatives rassembleuses au sein de la communauté LGBT, le magazine s’est associé de manière constante à des événements dont il est devenu l’un des partenaires les plus fidèles. En 1994, l’ère était aux changements, et Martin Hamel, le fondateur et propriétaire du magazine à l’époque (qu’il quitta en septembre 2002 pour prendre sa retraite)[3], était conscient tout comme Yves Lafontaine qui deviendra rapidement le rédacteur en chef et le directeur, que le Fugues était prêt (et devait) à se transformer.

Diffusion et tirage[modifier | modifier le code]

Fugues est distribué gratuitement à Montréal, dans le Village Gai, mais également dans les autres quartiers de la métropole québécoise (d'ailleurs plus de la moitié du tirage est maintenant distribué à l'extérieur du Village), ainsi qu'ailleurs au Québec, à Ottawa et Toronto, en Ontario. Le magazine est publié 13 fois par année (12 éditions mensuelles + 1 hors-série), à 39 000 exemplaires en moyenne, qui sont distribués dans plus de 425 établissements différents. Dans sa première année d'édition, le tirage du Fugues était de 8 000 exemplaires par numéro. Le tirage de l'édition spéciale coïncidant avec la tenue des Outgames Mondiaux de 2006 a atteint le nombre record de 65 000 exemplaires.

Chroniqueurs et collaborateurs [modifier | modifier le code]

Plusieurs signatures de renom figurent dans les pages du plus important magazine gai francophone au Canada :

  • Yves Lafontaine: depuis février 1994, Yves Lafontaine est responsable de la transformation du guide en véritable magazine d’information. Il a également dirigé la rédaction du journal Village (1996-1998), aujourd'hui disparu. De 1993 à 1999, il a été impliqué dans l'équipe de coordination de Diffusions gaies et lesbiennes du Québec (DGLQ), qui organise chaque année le festival Image & Nation gaie et lesbienne. Avec René Lavoie, il a organisé, en 1995, le premier Festival du Film sur le VIH/sida à Montréal. Il est l'auteur de quatre courts métrages qui se sont tous mérités des prix. Il a aussi travaillé comme directeur de production ou assistant de production sur plusieurs films. En 1991, il recevait la Bourse Claude-Jutra, remise chaque année au jeune cinéaste le plus prometteur. Il a écrit pendant sept ans pour la revue de cinéma 24 Images et a cofondé Images en Stock, une coopérative de distribution de films. Il a participé à l‘élaboration de concepts publicitaires et de campagnes de publicité reliés à la communauté gaie et lesbienne. Il est également le responsable du site de fugues.com et de son prédécesseur kiosque.com. Il a siégé sur plusieurs jurys (entre autres pour les Prix Arc-en-ciel, Phénicia, le festival Image+Nation et le Prix jeune entrepreneur gai du Québec).
  • Denis-Daniel Boullé: journaliste à Fugues depuis 1996. Il est aussi technicien légal en immigration, spécialisé en rapprochements de conjoints de même sexe. Jusqu'en juin 1999, il agit à titre de coordonnateur de la Table de concertation des lesbiennes et des gais du Grand Montréal. Il est aussi membre des Archives gaies du Québec depuis 1992 et a collaboré au Festival Image & Nation gaie et lesbienne pendant 3 ans. Enseignant de formation, il a écrit pour diverses publications gaies en France, dont Homophonies.
  • André Roy: Dès les années soixante-dix, André Roy commence à publier des recueils de poésie. Au début des années quatre-vingt, la thématique gaie apparaît dans son œuvre. Cofondateur de plusieurs revues, André Roy s'adonne par la critique à une autre de ses passions, le cinéma. Il a collaboré au Devoir, à Masque, à Elle-Québec, au Berdache, à Fugues et à 24 Images. Par deux fois, le prix des Rendez-vous du cinéma québécois lui a été remis pour le meilleur article critique sur le cinéma. Plusieurs ouvrages consacrés au septième art naîtront de sa plume. André Roy a obtenu le prix du Gouverneur général du Canada pour Action Writing et le prix de la Fondation des Forges pour L’Accélérateur d’intensité. Il a séjourné au Studio du Québec à New York en 1999.
  • André C. Passiour: journaliste au magazine Fugues depuis 1997, André Constantin Passiour est un canadien d’origine égyptienne. Il est le rédacteur en chef adjoint de Fugues depuis 2006 et collabore également autres publications des Éditions Nitram et du Groupe Hom : DécorHomme, Zip et le Guide arc-en-ciel. Il a été le directeur du Quartier Libre, le journal indépendant des étudiants de l’Universaité de Montréal et a collaboré à plusieurs hebdomadaires locaux de la région de Montréal.
  • Mado Lamotte: De loin la plus connue des drag queens du Québec, Mado Lamotte a commencé comme danseuse au Poodle, puis comme cigarette-girl au bar Le Lézard, dans le cadre des premiers mardis interdits et aux jeudis gais du Royal (les soirées Queenex). Elle a révolutionné la vie gaie montréalaise avec les fameux bingos nés lors des mardis des Ginette du bar Zorro, devenus par la suite les délirants Bingos à Mado au Sky, puis au Spectrum, qui ont fait le tour du Québec et même fait un arrêt au chic Casino de Montréal. Elle a participé à bien des talks-shows à la télé, et collaboré notamment à l’émission de Christiane Charette et également déridé des centaines de milliers de téléspectateurs, lors de la diffusion de la parade de la fierté sur les ondes de TQS à la fin des années 1990[4]. Mais par-dessus tout, ce sont ses articles publiés dans Fugues et dans l’hebdomadaire Ici Montréal qui l’ont fait connaître partout et qui ont contribué à façonner un certain humour féroce et méchant, teinté de bitchage, sa marque de commerce. En effet, depuis la fin des années 1980, Mado écrit dans Fugues. Dans sa chronique colorée — qui s'est appelée simplement «Mado», puis «La bitch» et dorénavant «Mado est au boutte» — elle supplémente son sens de l'humour sarcastique avec un usage intensif de joual[5]. En 2001, elle a publié une compilation de 45 de ses chroniques parues dans Fugues et Ici Montréal sous le titre Tu vois ben qu'est folle[4].
  • Robert Laliberté: Il a collaboré au magazine pendant plus de dix ans en réalisant toutes les photos de la couverture pendant cette période. Laliberté, dont les photos de nus masculins sont très connues dans la communauté gaie de Montréal, a présenté ses œuvres dans le cadre de plus de vingt expositions solo.

Site web et diffusion des versions numériques[modifier | modifier le code]

Le contenu de Fugues est diffusé sur le web depuis la fin de 1998, mais il faut attendre le milieu des années 2000 pour pouvoir visionner numériquement le montage des versions imprimées du magazine. Depuis la refonte lancée en janvier 2014, il est possible de visionner le contenu du magazine de différentes manières : télécharger un format PDF des éditions de Fugues (depuis 2008) ; feuilleter numériquement les pages du magazine via les module ISSUU (directement via le site de Fugues ou sur ISSUU). L'internet a permis au magazine d'augmenter de manière très importante son lectorat qui se retrouve un peu partout dans le monde, mais principalement dans la francophonie.

L'infolettre de Fugues, envoyée deux fois par semaine, met en vedette une sélection des textes publiés sur le site web, dont plusieurs en primeur. Plus de 13 000 personnes y sont abonnés (en date du 1er juillet 2016).

30e anniversaire — 2014[modifier | modifier le code]

2014 marque les 30 ans du populaire magazine et l'équipe de Fugues a souligné l'anniversaire de multiple façon, par le lancement en janvier d'une nouvelle version de son site Fugues.com et d'une version mobile site, par le lancement de L'Infolettre de Fugues, entièrement intégrée au site Fugues.com. Mais surtout, par l'organisation de deux événements majeurs :

  • Le mardi 1er avril 2014, près de 600 personnes se sont réunies au Centre des Sciences de Montréal afin de célébrer les 30 ans du magazine Fugues. Plusieurs dignitaires, militants, gens d’affaires, des personnalités issus du milieu artistique et des politiciens. Un trentième anniversaire pour la revue Fugues des plus réussis. Beaucoup de beau monde et surtout la présence remarquée de plusieurs politiciens, dont la première ministre du Québec Pauline Marois qui a tenu à adresser quelques mots à notre communauté au sujet du travail de l’équipe derrière Fugues et les avancées réalisées par la communauté gaie depuis 30 ans. Le maire de Montréal Denis Coderre s'est également exprimé afin pour dire que la ville est ouverte à toutes les diversités. Un photomaton permettant de se prendre en photo en couverture de Fugues, d’excellentes bouchées, de l’alcool à profusion et un spectacle étonnant ont complété le programme de la soirée.
  • Du 19 juin au 31 août 2014, l'exposition «Fugues se souvient : 30 ans d'homosexualité au Québec» se déroule à l'Écomusée du Fier Monde.

L'expo «Fugues se souvient : 30 ans d'homosexualité au Québec» (du 19 juin au 31 août 2014)[modifier | modifier le code]

Dans le cadre du 30e anniversaire de Fugues, l'équipe de rédaction du magazine, en collaboration avec l'Écomusée du Fier Monde, a proposé au public une exposition qui s'est tenue au musée de la rue Amherst, du 19 juin au 31 août 2014. Témoignage de l’évolution de la communauté GLBT au sein de la société québécoise, l’exposition Fugues se souvient parcourait les moments marquants des trente dernières années. Sur toile de fond de près de 400 couvertures de magazines, le visiteur était invité à voyager à travers les étapes charnières du changement social en abordant de nombreux thèmes dont le VIH/sida, la reconnaissance des couples de même sexe, la naissance et l’évolution du Village, l’économie rose, l’identité de genre, l’esthétique masculine, etc. L’exposition proposait des couvertures de magazines, des photographies, et de nombreux articles parus durant les 30 ans d’existence du magazine. Voyez l’évolution de la perception de l’homosexualité au Québec et constatez les changements sociaux, légaux et économiques qui ont marqué la communauté GLBT et la société. Anecdotes et clins d’œil historiques rappelaient les moments forts ou en apprenaient davantage aux visiteurs sur ces événements. Le parcours débutait avec la vie clandestine et la répression présentes dans les années 1980, suivies de l’apparition du VIH-sida. On poursuivait la visite par la reconnaissance des droits, le soutien communautaire et l’économie rose. Puis, on découvrait l’identité de genre, les revendications, les événements festifs ainsi que la naissance et l’évolution du Village gai. On terminait le tour de l’exposition par l’homoparentalité, l’union des couples de même sexe, le processus de sortie du placard (coming out) et la vie publique. À l'arrière, le backroom, proposait un bref parcours des lieux de rencontre associés à la sexualité gaie. On pouvait y admirer, entre autres, des toiles de peintres québécois.

Pilier de la presse GLBT Montréalaise[modifier | modifier le code]

Si Fugues est le média principal de la communauté GLBT[6],[7],[8], d'autres médias s'adressant également aux communautés GLBT ont été publiés avant lui, dont Sortie, Le Berdache et RG. Se sont ajoutés au fil des années d'autres titres, offrant au Village une diversité dans l'information spécialisée comme ZIP (érotique), Le Point (remplacé par Gay Globe Magazine), ou les défunts journaux Être, Entre Elles, Sapho, la Revue 13, Attitude, Attitude-Mtl, le journal Village (publié par l'équipe de Fugues), la revue Gazelle (pour femmes) et La Voix du Village.

Prix reçus et reconnaissances officielles[modifier | modifier le code]

  • 2014 — Gala Phenicia — «Le Grand Phénicia» remis au magazine Fugues
  • 2014 — Gala Arc-en-ciel — Le Prix «Honoris» remis à Yves Lafontaine, directeur et rédacteur en chef de Fugues (ce prix vise à reconnaître le travail des pionniers de la communauté LGBT afin de réaliser le chemin parcouru depuis des décennies).
  • 2010 — Festival Black & Blue 2010, Certificat de reconnaissance remis à Yves Lafontaine, directeur et rédacteur en chef de Fugues
  • 2009 — Gala Arc-en-ciel — «Partenaire par excellence» remis à Fugues
  • 2008 — Gala Phenicia — «Prix entreprise» remis à Fugues/Éditions Nitram
  • 2006 — Ruban en route — Certificat de reconnaissance remis à André C. Passiour, journaliste à Fugues depuis 1997 et rédacteur-en-chef adjoint depuis 2005
  • 2006 — Hommage aux héros — Fondation Farha — Hommage à Yves Lafontaine, rédacteur en chef de Fugues
  • 2004 — Gala Annuel Équipe Montréal — Trophée Claude Mailhot remis à Fugues par Équipe Montréal
  • 2000 — Fondation d'Aide Directe-Sida Montréal — Certificat de reconnaissance remis à Réal Lefebvre et au Magazine Fugues
  • 1993 — Maison Plein Cœur — Certificat de reconnaissance remis à Fugues et à toute son équipe

Autres publications associées à Fugues[modifier | modifier le code]

Outre ce magazine, l'équipe derrière Fugues a publié ou publie encore les magazines suivants :

  • DecorHomme: magazine masculin consacré au design, à la décoration, au mode de vie et aux tendances, publié depuis 2007.
  • Gazelle: mensuel lesbien, publié de 1994 à 1999;
  • Guide arc-en-ciel / Rainbow Guide: guide touristique annuel gay friendly sur le Québec, publié depuis 1999;
  • Village: journal tabloïd mensuel bilingue (français et anglais), publié de 1996 à 1998;
  • Zipper: magazine saisonnier érotique gai, publié de 1994 à 1998.
  • Zip: magazine érotique gai, publié bimensuellement, depuis 1999;

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]