Pommard (AOC)
| Pommard | |
Vue d'une partie du vignoble de Pommard. | |
| Désignation(s) | Pommard |
|---|---|
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
| Reconnue depuis | 1936 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de Bourgogne |
| Sous-région(s) | vignoble de la côte de Beaune |
| Localisation | Côte-d'Or |
| Climat | Tempéré océanique à tendance continentale |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
1 266 heures par an[1] |
| Sol | Argilo-calcaire |
| Superficie totale | 336 hectares, dont 125 ha en premier cru[2] |
| Superficie plantée | 312 ha, dont 117 en 1er cru (en 2023)[3] |
| Cépages dominants | pinot noir N[n 1] |
| Vins produits | rouges |
| Production | 14 851 hl, dont 5 207 de 1ers crus (en 2023)[3] |
| Pieds à l'hectare | min. 9 000 pieds/ha[4] |
| Rendement moyen à l'hectare | 47 hl/ha (en 2023)[3] |
| modifier |
|
Un pommard[n 2] (prononcé : [pɔmaʁ], « pomar »)[5] est un vin français d'appellation d'origine contrôlée (AOC), produit sur une partie de la commune de Pommard, en Côte-d'Or. C'est uniquement un vin rouge, de cépage pinot noir.
Il s'agit d'une des appellations communales du vignoble de la côte de Beaune, située entre les aires de production du beaune au nord et du volnay au sud.
Histoire
[modifier | modifier le code]Antiquité
[modifier | modifier le code]L’édit de l'empereur romain Domitien, en 92, interdisait la plantation de nouvelles vignes hors d’Italie ; il fit arracher partiellement les vignes en Gaule afin d’éviter la concurrence. Le vignoble restant suffisait aux besoins locaux[6]. Mais Probus annula cet édit en 280[7]. En 312, un disciple d'Eumène[8] rédigea la première description du vignoble de la Côte d'Or[9].
Moyen Âge
[modifier | modifier le code]Dès le début du VIe siècle, l’implantation du christianisme avait favorisé l’extension de la vigne par la création d’importants domaines rattachés aux abbayes. Ainsi l'abbaye de Cîteaux (créée en 1098) avec des plantations en Côte-d'Or[10]. En l'an 1395, Philippe le Hardi décida d’améliorer la qualité des vins et interdit la culture du gamay au profit du pinot noir dans ses terres[10]. Enfin en 1416, Charles VI fixa par un édit les limites de production du vin de Bourgogne[11]. À la mort de Charles le Téméraire, le vignoble de Bourgogne fut rattaché à la France, sous le règne de Louis XI.
Période moderne
[modifier | modifier le code]
Pierre de Ronsard se serait réjouit « […] qu'un si petit endroit puisse donner naissance à un si grand vin ! »[12]. Henri IV aurait apprécié ce vin[12]. À la révocation de l'Édit de Nantes, certains habitants de Pommard, de religion protestante, furent obligés d'émigrer et ce sont eux qui importèrent le vin de leur pays et le firent connaître là où ils étaient[12]. Louis XV aurait aimé le pommard[12]. En 1700, l'intendant Ferrand[n 3] rédigea un Mémoire de la Bourgogne pour l'instruction du dauphin Louis (qui avait le titre de duc de Bourgogne ; c'est le petit-fils de Louis XIV et le père de Louis XV), indiquant que dans le duché les vins les meilleurs provenaient des « vignobles [qui] approchent de Nuits et de Beaune »[13].
En 1728, Claude Arnoux décrit le pommard comme un vin de primeur, cas de tous les vins de la côte de Beaune d'alors : « Pomard est le second vignoble de Primeur, il est situé entre Volnet & Beaune, un peu moins élevé que le premier, & un peu plus haut que la ville de Beaune : Il produit un Vin qui a un peu plus de corps que le précedent ; il est de couleur de feu, il à beaucoup de parfum, & de Baûme, il dure quelques mois plus que le Volnet, il est plus de commerce & meilleur pour la Santé, si on le garde plus d'un an il s'engraisse, il file, il s'use & devient de la couleur de peau d'oignon ; la meilleure cuvée est la Commaraine ; Il peut durer quelquefois dix huit mois & c'est suivant les années[14]. »
En 1778, Claude Courtépée et Edme Beguillet mentionnent dans leur ouvrage que « Les vins de Pomard sont renommés pour la finesse & la franchise, & suivent ceux de Volenay pour le prix »[15].
Période contemporaine
[modifier | modifier le code]
XIXe siècle
[modifier | modifier le code]En 1826, le vignoble de Pommard comptait environ 700 hectares de vignes, mais comprenait aussi des surfaces produisant des vins ordinaires[12]. Dans les décennies 1830-1840, la pyrale survint et attaqua les feuilles de la vigne. Elle fut suivie d'une maladie cryptogamique, l'oïdium[16].
Victor Hugo appréciait beaucoup ce vin. Le millésime 1865 a donné des vins aux teneurs naturelles en sucres très élevées, et des vendanges assez précoces[17]. À la fin de ce siècle arrivèrent deux nouveaux fléaux de la vigne. Le premier fut le mildiou, autre maladie cryptogamique, le second le phylloxéra. Cet insecte térébrant venu d'Amérique mit très fortement à mal le vignoble[16]. Après de longues recherches, on finit par découvrir que seul le greffage permettrait à la vigne de pousser en présence du phylloxéra.
XXe siècle
[modifier | modifier le code]Le mildiou provoqua un désastre considérable en 1910. Henri Gouges avait rejoint au niveau national le combat mené par le sénateur Joseph Capus et le baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié qui allait aboutir à la création des appellations d'origine contrôlée. Il devint le bras droit du baron à l'INAO[18]. L'AOC « Pommard » est reconnue par un des décrets du [19],[5].
À partir de 1970, les importants achats des États-Unis ont entraîné une augmentation très importante des prix[12]. À la fin des années 1970, ce vignoble comptait 340 hectares de vignes[12]. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis 50 ans (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique, enjambeur qui remplace le cheval dans les années 1960-1970...).
XXIe siècle
[modifier | modifier le code]Avec la canicule de 2003, les vendanges débutèrent pour certains domaines cette année-là à la mi-août, soit avec un mois d'avance, des vendanges très précoces qui ne s'étaient pas vues depuis 1422 et 1865 d'après les archives[17]. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en novembre 2011[4].
Étymologie
[modifier | modifier le code]Le nom de l'appellation est celui du village éponyme. Comme pour les autres villages, la graphie évolue durant les périodes médiévale et moderne : première mention en 885 dans la phrase in pago etiam Belnensi Polmarcum villam, puis en 1098-1100 c'est Pulmarchum, en 1098-1112 « Pulmar », en 1159 « Pomar », en 1164 « Polmart », en 1175 Pomalcum, en 1187 Pomarcum, en 1192 Pomarchum, en 1196 « Pomarz », en 1198 « Pomart » et Pommarcum, en 1207 « Pomaart », en 1240 « Pommart », en 1274 « Pomair », en 1294 « Pomarc », en 1324 « Ponmart », en 1518 « Pommar », en 1569 « Pommarc » et en 1574 Pommard[20].
Le nom de Polmarcum est composé de deux mots de l'ancien français de sens proche : pol, « mare, bourbe, marais », et marcum, « marécage » : le bas de Pommard a nécessité des travaux de drainage pour le rendre cultivable[21]. Une autre étymologie serait Pomone, la déesse des fruits et des jardins, que ses premiers habitants vénéraient ; d'où le nom du village, qui serait dérivé du latin Pomarium qui veut dire « verger ».
Vignoble
[modifier | modifier le code]Aire d'appellation
[modifier | modifier le code]| Images externes | |
| Carte de l'aire de production du pommard, indiquant les différents climats | |
| Aire parcellaire de l'appellation | |
| Aire parcellaire des premiers crus | |
Le vignoble produisant le pommard se situe dans le département de la Côte-d'Or, dans le vignoble de la côte de Beaune, sur une partie de la commune de Pommard au sud de Beaune.
La surface totale classée dans l'aire d'appellation est de 336 hectares et 82,14 ares, dont 125 ha et 19,38 ares en premier cru[2]. Selon le service des Douanes, la superficie déclarée en production[n 4] en 2023 sous l'appellation est d'un total de 312,994 ha (dont 117,784 en 1er cru)[3]. En 2008, le vignoble en production s'étendait sur 321,63 ha dont 115,82 classés en 28 premiers crus[5].
Lieux-dits
[modifier | modifier le code]Le nom de l'appellation sur les déclarations comme sur l'étiquette peut être suivi du nom du climat (lieux-dits)[n 5] sur lequel le vin a été produit. Plusieurs de ces climats sont classés comme premiers crus, à condition de respecter les critères spécifiques fixés par le cahier des charges pour l'ensemble de ces climats. Pour eux, l'étiquette peut porter juste après le nom de l'appellation la mention soit « premier cru », soit premier cru suivi du nom d'un de ces 28 climats, en caractères de la même taille que ceux du nom de l'appellation :
- « Clos Blanc » ;
- « Clos de la Commaraine » ;
- « Clos de Verger » ;
- « Clos des Epeneaux » (comprenant des petites parties des « Petits Epenots » et des « Grands Epenots ») ;
- « Derrière Saint-Jean » ;
- « En Largillière » ;
- « La Chanière » ;
- « La Platière » ;
- « La Refène » ;
- « Le Clos Micot » ;
- « Le Village » ;
- « Les Arvelets » ;
- « Les Bertins » ;
- « Les Boucherottes » ;
- « Les Chanlins-Bas » (étiqueté comme « Les Chanlins ») ;
- « Les Chaponnières » ;
- « Les Charmots » ;
- « Les Combes Dessus » ;
- « Les Croix Noires » ;
- « Les Fremiers » ;
- « Les Grands Epenots » ;
- « Les Jarolières » ;
- « Les Petits Epenots » ;
- « Les Pézerolles » ;
- « Les Poutures » ;
- « Les Rugiens Bas » (étiqueté comme « Les Rugiens ») ;
- « Les Rugiens Hauts » (étiqueté comme « Les Rugiens ») ;
- « Les Saussilles »[4].
D'autres lieux-dits cadastrés peuvent figurer sur l'étiquette, mais en caractères de taille moitié moindre que ceux du nom de l'appellation :
- Chaffaud ;
- Clos Beauder ;
- Derrière Saint-Jean ;
- En Boeuf ;
- En Brescul ;
- En Chiveau ;
- En Mareau ;
- En Moigelot ;
- La Chanière ;
- La Combotte ;
- La Croix Blanche ;
- La Croix Planet ;
- La Levrière ;
- La Plante aux Chèvres ;
- La Vache ;
- Le Bas des Saussilles ;
- Le Poisot ;
- Les Chanlins-Bas ;
- Les Chanlins-Hauts ;
- Les Combes Dessous ;
- Les Cras ;
- Les Lambots ;
- Les Noizons ;
- Les Petits Noizons ;
- Les Riottes ;
- Les Tavannes ;
- Les Vaumuriens-Bas ;
- Les Vaumuriens-Hauts ;
- Les Vignots ;
- Rue au Porc ;
- Trois Follots ;
- Village[5].
Géologie et orographie
[modifier | modifier le code]Dans la partie la moins élevée du vignoble, on trouve des alluvions anciennes. Au milieu des coteaux, les sols argilo-calcaire sont bien drainés grâce à un cailloutis de débris rocheux. En haut du vignoble, on trouve des marnes de l'Oxfordien (période du Jurassique), des sols bruns calciques et bruns calcaires[26].
Climatologie
[modifier | modifier le code]Le climat bourguignon est un climat tempéré océanique à légère tendance continentale. L'influence océanique se traduit par des pluies fréquentes en toutes saisons (avec néanmoins un maximum en automne et un minimum en été) et un temps changeant. L'influence semi-continentale se traduit par une amplitude thermique mensuelle plutôt élevée, se caractérisant par des hivers plus froids avec quelques chutes de neige, et des étés plus chauds que sur les littoraux, avec à l'occasion de violents orages. Les données climatiques de la station météo de Savigny-lès-Beaune (à 237 puis à 246 mètres d'altitude : 47° 02′ 40″ N, 4° 50′ 36″ E jusqu'en 2011, puis 47° 03′ 23″ N, 4° 50′ 12″ E )[27] ci-dessous en rendent compte.
En raison de l'actuel changement climatique, les vendanges sont souvent plus précoces de quelques jours (le débourrement, la floraison et la véraison de la vigne se faisant plus tôt)[28].
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | −1 | 0 | 2,6 | 5,5 | 9,2 | 13 | 14,7 | 13,9 | 11 | 7 | 3,4 | 0,9 | 6,8 |
| Température moyenne (°C) | 2,8 | 4 | 7,7 | 11,6 | 14,9 | 18,3 | 20,5 | 19,5 | 16,8 | 11,4 | 6,5 | 4 | 11,4 |
| Température maximale moyenne (°C) | 5,8 | 8 | 12,7 | 17,7 | 20,6 | 24,7 | 27 | 26 | 22,7 | 16,4 | 10,2 | 7,1 | 16,6 |
| Nombre de jours avec gel | 13,6 | 11 | 7,5 | 2,1 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 2 | 6 | 10,6 | 52,8 |
| Ensoleillement (h) | 24,3 | 60,3 | 112,5 | 139,1 | 155 | 162,3 | 164,5 | 182,4 | 144,9 | 73,4 | 29,9 | 17,4 | 1 266 |
| Précipitations (mm) | 32,5 | 27,1 | 35,8 | 41,2 | 37,8 | 43,3 | 24,3 | 29,5 | 30,4 | 38,8 | 27 | 38 | 405,7 |
| Diagramme climatique | |||||||||||
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D |
| Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm | |||||||||||
Encépagement
[modifier | modifier le code]Les cépages autorisés par le cahier des charges du pommard sont : comme cépage principal le pinot noir N[n 1], comme cépages accessoires le chardonnay B, le pinot blanc B et le pinot gris G, uniquement en mélange de plants dans les vignes et dont la proportion totale limitée à 15 % au sein de chaque parcelle.
Le pinot noir est constitué de petites grappes denses, en forme de cône de pin[29] composées de grains ovoïdes, de couleur bleu sombre[29]. C'est un cépage délicat, qui est sensible aux principales maladies et en particulier au mildiou, au rougeot parasitaire, à la pourriture grise (sur grappes et sur feuilles), et aux cicadelles[30]. Ce cépage, qui nécessite des ébourgeonnages soignés, a tendance à produire un nombre important de grapillons[30]. Il profite pleinement du cycle végétatif pour mûrir en première époque. Le potentiel d'accumulation des sucres est élevé pour une acidité juste moyenne et parfois insuffisante à maturité. Les vins sont assez puissants, riches, colorés, de garde[31]. Ils sont moyennement tanniques en général.
Méthodes culturales
[modifier | modifier le code]Travail manuel
[modifier | modifier le code]Ce travail commence par la taille, en « guyot simple », avec une baguette de cinq à huit yeux et un courson de un à trois yeux[32]. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Puis vient le pliage des baguettes. Éventuellement, après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[32]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants[32]. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.
Travail mécanique
[modifier | modifier le code]L'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments, réalisé lorsque les sarments sont tirés et mis au milieu du rang. De trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants, en vue de planter des greffes au printemps. De labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes. De désherbage fait chimiquement pour tuer les mauvaises herbes. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.) et certains insectes (eudémis et cochylis)[32]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage. Des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.
Rendements
[modifier | modifier le code]Le rendement visé est de 50 hl/ha et ne peut dépasser 58 hl/ha (48 à 56 pour les premiers crus)[4].
Vins
[modifier | modifier le code]Le pommard n'est vinifié qu'en vin rouge. Les vins produits sur l'aire d'appellation du pommard peuvent être repliés[n 6] en appellations bourgogne côte-d'or, bourgogne ou coteaux-bourguignons.
Volumes
[modifier | modifier le code]La production annuelle de vin sous l'appellation pommard était en moyenne sur la période 2017-2021 de 11 086 hectolitres (un hectolitre = 100 litres = 133 bouteilles de 75 cl), comprenant 3 845 hl en premier cru[5]. Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[3] :
| Année | pommard | pommard 1er cru | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | |
| 2022 | 196,00 | 8 872 | 45 | pas disponible[n 7] | ||
| 2023 | 195,21 | 9 644 | 49 | 117,78 | 5 207 | 44 |
| 2024 | 195,21 | 4 730 | 24 | 117,24 | 2 723 | 23 |
Titre alcoométrique volumique
[modifier | modifier le code]| AOC | Rouge | Rouge |
| Titre alcoométrique volumique | minimal | maximal |
| Village[4] | 10,5 % vol | 13,5 % vol |
| Premier cru[4] | 11 % vol | 14 % vol |
Vinification et élevage
[modifier | modifier le code]Voici les méthodes générales de vinification de cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs et négociants.
La récolte des raisins se fait à maturité et de façon manuelle ou mécanique. La vendange manuelle est le plus souvent triée, soit à la vigne soit à la cave avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres[32]. La vendange manuelle est généralement éraflée puis mise en cuve. Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments qualitatifs du raisin (polysaccharides etc.)[32]. L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation à l'aide d'un outil en bois ou aujourd'hui d'un robot pigeur hydraulique. Plus couramment, l'extraction est conduite par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin. Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées suivant les pratiques de chaque vinificateur avec une moyenne générale de 28 à 35 degrés au maximum de la fermentation[32]. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant : cette pratique est réglementée[32]. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après, mais est dépendante de la température. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit pendant plusieurs mois (12 à 24 mois)[32] puis le vin peut être collé et/ou filtré avant d'être mis en bouteilles.
Gastronomie
[modifier | modifier le code]Le pommard est astringent pendant ses premières années (jusqu'à environ 4 ans). D'une couleur profonde et un bouquet intense, il s'agit d'un vin de garde qui demande à bonifier pendant une dizaine d'années[33]. On le sert vers 16-18 °C, de préférence avec du gibier ou des fromages corsés de type livarot ou pont-l'évêque[34].
Économie
[modifier | modifier le code]Structure des exploitations
[modifier | modifier le code]Il existe des domaines de tailles différentes. Ces domaines mettent tout ou une partie de leurs propres vins en bouteilles et s'occupent aussi de le vendre. Les autres, ainsi que ceux qui ne vendent pas tous leurs vins en bouteilles, les vendent aux maisons de négoce.
Les maisons de négoce achètent leurs vins, en général, en vin fait (vin fini) mais parfois en raisin ou en moût[35]. Elles achètent aux domaines et passent par un courtier en vin qui sert d'intermédiaire moyennant une commission de l'ordre de 2 % à la charge de l'acheteur.
Commercialisation
[modifier | modifier le code]La commercialisation de cette appellation se fait par divers canaux de vente : dans les caveaux du viticulteur, dans les salons des vins (vignerons indépendants, etc.), dans les foires gastronomiques, par exportation, dans les cafés-hôtels-restaurants (CHR), dans les grandes et moyennes surfaces (GMS).
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom d'un vin étant un nom commun (créé par antonomase), il ne porte donc pas systématiquement une majuscule ; cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
- ↑ François-Antoine Ferrand (1657-1731), fut l'intendant de la généralité de Bourgogne de janvier 1694 à juin 1705.
- ↑ Pour une même appellation, lieu-dit ou parcelle, les sources peuvent indiquer plusieurs superficies différentes, en fonction de l'année ou de la définition prise en compte. La surface totale est ici celle classée par l'INAO comme aire d'appellation ; elle comprend des parcelles cadastrées qui peuvent être plantées de vignes, mais qui peuvent être aussi en jachère, boisées, bâties ou en activité autre que viticole, ainsi que des jardins, des vignes à l'abandon ou trop jeunes pour produire le vin considéré. La surface plantée, appelée aussi « surface en vigne » ou « superficie viticole cultivée »[22], ne concerne que des vignes, en culture pure ou associée (tel que l'agroforesterie)[23], y compris les jeunes ceps pas encore en production et les manquants ; plantations, arrachages, achats et ventes de parcelles doivent être déclarés au casier viticole informatisé (CVI). La surface déclarée en production (par parcelle auprès des Douanes) concerne une appellation précise et comprend les tournières, bandes tampons, fossés, talus, haies ou arbres (isolés ou alignés)[24]. Enfin, il y a la surface couverte « à ras des souches », concernant que les pieds de vignes, utilisée pour les demandes d'aide[25].
- ↑ Une carte détaillée des différents climats du vignoble de Bourgogne est disponible sur le site https://bourgogne-maps.fr/ ; une carte moins complète (sans les climats des appellations régionales) est consultable à l'adresse https://www.climats-bourgogne.com/fr/carte_14.html
- ↑ Repli : commercialisation d'un vin bénéficiant d'une appellation d'origine contrôlée sous une appellation plus générale à laquelle il peut prétendre ; cf. « directive INAO-DIR-2019-02 » [PDF], sur inao.gouv.fr, .
- ↑ Jusqu'à 2022, les Douanes fournissent le détail pour chaque premier cru, sans publier les données pour les très petites surfaces (indiquées comme « données confidentialisées »)[3] : on ne peut donc pas en faire l'addition.
Références
[modifier | modifier le code]- « Normales et records 1991-2020 de la station de Savigny-lès-Beaune », sur infoclimat.fr.
- Jean-François Bazin, Le vin de Bourgogne, Paris, Dunod, , 263 p. (ISBN 978-2-10-058518-2), p. 250.
- « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
- « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « POMMARD » » [PDF] p. 106-120, homologué par le décret no 2011-1510 du publié au JORF du .
- Site du BIVB, « Fiche de l'appellation » (consulté le ).
- ↑ Marcel Lachiver, Vins, vignes et vignerons : histoire du vignoble français, Paris, Éditions Fayard, , 714 p. (ISBN 2-213-02202-X), p. 37-38.
- ↑ Henri Cannard : AOC Mercurey, Le vignoble d'hier, p. 27.
- ↑ Marcel Lachiver, op. cit., p. 39.
- ↑ Les plaintes des vignerons du Pagus Arebrignus in Docteur Morelot, Statistique de la vigne dans le département de la Côte-d'Or, Dijon-Paris, 1831., consulté le 25 novembre 2008.
- Le Figaro et La Revue du vin de France (2008) : Vins de France et du monde (Bourgogne : Chablis), L'histoire, p. 26.
- ↑ Site du BIVB : Historique, consulté le 24 novembre 2008.
- Hubert Duyker, Grands vins de Bourgogne : Chablis, Côte d'Or, Chalonnais, Mâconnais, Beaujolais, Paris, Fernand Nathan, , 199 p. (ISBN 2-09-284-562-4), p. 107.
- ↑ François-Antoine Ferrand, Mémoire sur le duché de Bourgogne, 1697 et 1700, 633 et 573 p., vol. I sur Gallica et vol. II sur Gallica. Six exemplaires sont conservés à la bibliothèque municipale de Dijon, sous les cotes ms 724, 725, 726, 792, 1051 et 1064 ; il a été réédité et analysé : Antoine François Ferrand et Daniel Ligou, L'Intendance de Bourgogne à la fin du XVIIe siècle : mémoire pour l'instruction du duc de Bourgogne, Paris, CTHS, , 646 p. (ISBN 2-7355-0127-2).
- ↑ Claude Arnoux, Dissertation sur la situation de la Bourgogne et sur les vins quelle produit, Londres, P. du Noyer, , 64 p. (BNF 30031234), p. 37-38, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ Claude Courtépée et Edme Beguillet, Description historique et topographique du duché de Bourgogne : précédée de l'abrégé historique de cette province, t. III, Dijon, chez Causse, , p. 83, lire en ligne sur Gallica.
- Le Figaro et La Revue du vin de France (2008) : Vins de France et du monde (Bourgogne : Côte de Beaune), L'histoire, p. 26.
- La Revue du vin de France n°482S : Le Millésime 2003 en Bourgogne, p. 109.
- ↑ Constant Bourquin, op. cit., p. 94.
- ↑ « Décret du 11 septembre 1936 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Pommard » », publié au JORF du .
- ↑ Alphonse Roserot, Dictionnaire topographique de la France, t. 8 : Dictionnaire topographique du département de la Côte-d'Or : comprenant les noms de lieux anciens et modernes, Paris, Imprimerie nationale, , 516 p. (BNF 37326793), p. 304, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ Marie-Hélène Landrieu-Lussigny et Sylvain Pitiot, Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne : Atlas et Histoire des Noms de Lieux, Paris, Éditions de Monza & Éditions du Meurger, , 4e éd. (1re éd. 2012), 418 p. (ISBN 978-2-916231-58-7), p. 386.
- ↑ Règlement (CEE) no 649/87 de la Commission du portant modalités d'application relatives à l'établissement du casier viticole communautaire.
- ↑ « Circulaire du 28 juin 2024 relative à la prise en compte de certains éléments environnementaux pour le calcul de la superficie plantée au CVI » [PDF], sur douane.gouv.fr.
- ↑ « Arrêté du 15 avril 2014 relatif à l'admissibilité de certaines surfaces et modifiant l'arrêté du 13 juillet 2010 relatif aux règles de bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE) », publié au JORF no 0094 du .
- ↑ « Les différentes surfaces (Cadastrales, Douanes, FAM) » [PDF], sur comiterqd-lr.fr, .
- ↑ « Carte géologique centrée sur Pommard » sur Géoportail.
- ↑ « 21590001 – SAVIGNY LES BEAUNE – ROUTE DE BEAUNE » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
- ↑ Malika Madelin, Benjamin Bois et Jean-Pierre Chabin, « Modification des conditions de maturation du raisin en Bourgogne viticole liée au réchauffement climatique », EchoGéo, no 14, (lire en ligne).
- Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », p. 12.
- Catalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France ENTAV, Éditeur
- ↑ Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », p.13
- Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune (1999-2001). Baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.
- ↑ Larousse du vin, 2004, (ISBN 978-2-03-560340-1)
- ↑ Syndicat viticole de Pommard
- ↑ Le Figaro et La Revue du Vin de France (2008) : Vins de France et du monde, Bourgogne : Côte de Beaune, (Le négoce), p. 24.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- « BOURGOGNE MAPS – Atlas interactif des vins de Bourgogne », sur bourgogne-maps.fr, .
- « Localisation des climats de l'AOC pommard » [PDF], sur burgundy-report.com, .
- « Physiographie/Géologie de Pommard », sur monocepage.com, .