Pietro Grasso

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Pietro Grasso
Illustration.
Pietro Grasso en 2012.
Fonctions
Président du Sénat de la République

(5 ans et 6 jours)
Législature XVIIe
Prédécesseur Renato Schifani
Successeur Maria Elisabetta Alberti
Casellati
Président de la République italienne
(intérim)

(20 jours)
Président du Conseil Matteo Renzi
Prédécesseur Giorgio Napolitano
Successeur Sergio Mattarella
Sénateur italien
En fonction depuis le
(6 ans, 8 mois et 17 jours)
Élection 24-25 février 2013
Réélection 4 mars 2018
Circonscription Latium (2013-2018)
Sicile (depuis 2018)
Législature XVIIe et XVIIIe
Groupe politique PD (2013-2017)
Mixte (depuis 2017)
Procureur national antimafia

(7 ans, 2 mois et 16 jours)
Prédécesseur Pier Luigi Vigna
Successeur Giusto Sciacchitano
Biographie
Date de naissance (74 ans)
Lieu de naissance Licata (Italie)
Nationalité Italien
Parti politique Parti démocrate
(2013-2017)
Diplômé de Université de Palerme
Profession Magistrat

Signature de

Pietro Grasso Pietro Grasso
Présidents du Sénat italien
Présidents de la République italienne

Pietro Grasso, né le à Licata, est un magistrat et homme d'État italien, membre du Parti démocrate (PD) entre 2013 et 2017 et président du Sénat de la République de 2013 à 2018.

Magistrat en Sicile dans les années 1980, il devient rapidement une figure de la lutte contre la mafia. En 1999, il est nommé procureur de Palerme, puis, en 2005, procureur national antimafia. En 2012, il annonce sa candidature aux élections générales de février 2013, sous les couleurs démocrates. Élu sénateur, il est ensuite proposé comme candidat à la présidence du Sénat et succède au sortant Renato Schifani, au lendemain de l'ouverture de la XVIIe législature.

Le , après la démission de Giorgio Napolitano, il devient président de la République italienne par intérim, fonction qu'il assume jusqu'à l'élection de Sergio Mattarella à la plus haute fonction de l'État italien.

En 2017, il quitte le PD pour conduire sa propre coalition de centre-gauche, Libres et égaux (LeU), dans la perspective des élections générales de l'année suivante. Malgré le faible résultat obtenu par LeU, il est réélu sénateur tout en perdant la présidence de la chambre haute.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières armes au ministère public[modifier | modifier le code]

Né à Licata, dans la province d'Agrigente, Pietro Grasso vit ses jeunes années à Palerme, où s'installent ses parents, alors qu'il n'a que 18 mois.

Il entre dans la magistrature en 1969, comme juge (pretore) à Barrafranca, dans la province d'Enna. L'an suivant, en 1970, il épouse Maria Fedele, qui lui donne un fils, prénommé Maurilio. Muté en 1972 au tribunal de Palerme, il y exerce les fonctions de substitut du procureur de la République et s'occupe plus spécialement des affaires liées aux administrations publiques et au crime organisé.

En 1980, il prend en charge l'enquête préliminaire concernant l'assassinat de Piersanti Mattarella, président de la Région Sicile.

Figure de la lutte contre la mafia[modifier | modifier le code]

Nommé juge assesseur à l'occasion du procès (Maxiproceso) des membres du clan mafieux Cosa Nostra, au cours duquel sont jugés 475 accusés, Grasso rend le jugement imposé au clan, infligeant dix-neuf condamnations à la prison à vie.

Nommé conseiller chargé des affaires pénales au ministère de la Justice en 1991, Pietro Grasso rencontre Giovanni Falcone, un confrère lui-même impliqué dans la lutte contre la mafia. Il entre au tribunal de Palerme, au sein duquel il dirige les services consacrés aux crimes organisés.

Nommé procureur de Palerme en , Grasso se forge une réputation d'homme de fer, ayant fait arrêter 1 779 personnes et condamner 13 criminels mafieux, considérés comme étant des plus dangereux du pays.

Le , Pietro Grasso est nommé procureur national antimafia (Procuratore nazionale antimafia), remplaçant ainsi Pier Luigi Vigna, celui-ci ayant atteint l'âge de la retraite. Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) approuve sa nomination. Durant son mandat, il parvient, en , à faire arrêter le criminel mafieux Bernardo Provenzano, à Corleone, et ce grâce à l'appui de Renato Cortese, commissaire de police de Palerme. Fort d'un riche bilan, le CSM décide de renouveler son mandat, à l'unanimité, en .

En , il présente, sur la RAI Storia, l'émission Lezioni di Mafia, un programme de douze épisodes portant sur l'histoire du crime organisé. Au mois de décembre suivant, Pietro Grasso demande la suspension de ses fonctions professionnelles, afin de présenter sa candidature aux élections générales des 24 et 25 février 2013. Il est alors investi tête de liste du Parti démocrate (PD) pour le scrutin sénatorial dans le Latium.

Président du Sénat[modifier | modifier le code]

Pietro Grasso, prononçant son discours d'investiture à la présidence du Sénat, le .

Élu sénateur du Latium, il est proposé comme candidat à la présidence du Sénat par la coalition Italie. Bien commun dont fait partie le Parti démocrate. Sa désignation est une surprise, puisque la présidente sortante du groupe démocrate Anna Finocchiaro était initialement pressentie comme candidate du centre gauche la seconde charge de l'État.

Le 16 mars, au lendemain de l'ouverture de la XVIIe législature et après deux tours infructueux, Pietro Grasso recueille 120 voix contre 111 pour son principal concurrent, le président sortant de la haute assemblée Renato Schifani, du Peuple de la Liberté, et 52 pour le candidat du Mouvement 5 étoiles (M5S), Luis Alberto Orellana. Bénéficiant du retrait de ce dernier, Grasso est proclamé président du Sénat, après avoir remporté 137 voix sur 313 votants contre 117 à Schifani. Il doit en partie sa victoire au soutien de quelques sénateurs du M5S qui ont désobéi à la consigne du vote blanc diffusée par leur parti[1],[2].

C'est alors la première fois, depuis 1994, que le président de la chambre haute est élu à la majorité simple, sans avoir obtenu une audience équivalente à la majorité absolue des membres de l'assemblée.

Le , Pietro Grasso, estimant qu'il s'agit d'un « devoir moral », demande que le Sénat se constitue partie civile dans le procès concernant la présumée corruption d'un sénateur par Silvio Berlusconi, payé par l'ex-président du Conseil pour contribuer à la chute, en 2008, du second gouvernement de Romano Prodi ; le président du Sénat a préféré ne pas suivre l'avis des membres d'une commission sénatoriale, majoritairement opposés à l'éventuelle intervention de la chambre haute dans ce procès[3],[4].

En 2014, alors que le nouveau président du Conseil, Matteo Renzi, s'engage à réformer profondément le Sénat pour en faire une chambre des régions désignée par un collège de grands électeurs, Pietro Grasso expose ses propres réserves sur le projet du gouvernement, allant jusqu'à le considérer « autocratique » malgré un large soutien accordé à cette réforme[5]. Le résultat négatif du référendum constitutionnel, deux ans plus tard, fait avorter cette réforme du Sénat.

Le , souhaitant manifester sa désapprobation après l'adoption d'une nouvelle loi électorale baptisée Rosatellum bis, tandis que ses relations avec le secrétaire du PD Matteo Renzi se tendent de plus en plus à l'approche des prochaines élections générales, Grasso quitte le groupe démocrate et rejoint les rangs du groupe mixte[6].

Président de la République par intérim[modifier | modifier le code]

Pietro Grasso, président intérimaire, le .

Le , la démission du président Giorgio Napolitano étant rendue effective, Pietro Grasso, en sa qualité de président du Sénat, devient président de la République italienne par intérim[7] jusqu'à ce qu'un successeur au chef de l'État soit élu par les grands électeurs. L'intérim de la présidence de la République n'avait plus été exercé depuis 1999. Du fait de l'exercice de ces fonctions à titre intérimaire, la présidence de la chambre haute est provisoirement assumée par Valeria Fedeli.

Le , Sergio Mattarella est élu président de la République italienne au quatrième tour de scrutin avec 665 suffrages ; celui-ci succède à Giorgio Napolitano. Le 3 février suivant, le nouveau chef de l'État est investi, tandis que prend fin l'intérim de Pietro Grasso, qui retrouve pleinement la présidence des travaux du Sénat.

Élections générales de 2018[modifier | modifier le code]

Le 3 décembre 2017, peu après le vote de la nouvelle loi électorale, dite Rosatellum bis, il quitte le Parti démocrate[8] et prend la tête de la coalition Libres et égaux (Liberi e Uguali) aux élections générales italiennes de 2018.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]