Pietro Grasso

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Pietro Grasso
Pietro Grasso, en 2012.
Pietro Grasso, en 2012.
Fonctions
Président du Sénat de la République
En fonction depuis le
(4 ans 1 mois et 11 jours)
Législature XVIIe
Prédécesseur Renato Schifani
Président de la République italienne
(intérim)

(20 jours)
Président du Conseil Matteo Renzi
Prédécesseur Giorgio Napolitano
Successeur Sergio Mattarella
Sénateur de la République italienne
En fonction depuis le
(4 ans 1 mois et 12 jours)
Élection 24-25 février 2013
Législature XVIIe
Groupe politique PD
Procureur national antimafia

(7 ans 2 mois et 16 jours)
Prédécesseur Pier Luigi Vigna
Successeur Giusto Sciacchitano
Biographie
Date de naissance (72 ans)
Lieu de naissance Licata (Italie)
Nationalité italienne
Parti politique Parti démocrate
Diplômé de Université de Palerme
Profession Magistrat

Pietro Grasso
Présidents du Sénat italien
Présidents de la République italienne

Pietro Grasso, né le à Licata, est un magistrat et homme politique italien, membre du Parti démocrate (PD) et président du Sénat de la République depuis 2013.

Magistrat en Sicile dans les années 1980, il devient rapidement une figure de la lutte contre la mafia. En 1999, il est nommé procureur de Palerme, puis, en 2005, procureur national antimafia. En 2012, il annonce sa candidature aux élections générales de février 2013, sous les couleurs démocrates. Élu sénateur, il est élu président du Sénat de la République au quatrième tour de scrutin, par ses pairs, au lendemain de l'ouverture de la XVIIe législature.

Le , après la démission de Giorgio Napolitano, il devient président de la République italienne par intérim, fonction qu'il assume jusqu'à l'élection de Sergio Mattarella à la plus haute fonction de l'État italien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses premières armes au ministère public[modifier | modifier le code]

Né à Licata, dans la province d'Agrigente, Pietro Grasso vit ses jeunes années à Palerme, où s'installent ses parents, alors qu'il n'a que 18 mois.

Il entre dans la magistrature en 1969, comme juge (pretore) à Barrafranca, dans la province d'Enna. L'an suivant, en 1970, il épouse Maria Fedele, qui lui donne un fils, prénommé Maurilio. Muté en 1972 au tribunal de Palerme, il y exerce les fonctions de substitut du procureur de la République et s'occupe plus spécialement des affaires liées aux administrations publiques et au crime organisé.

En 1980, il prend en charge l'enquête préliminaire concernant l'assassinat de Piersanti Mattarella, président de la Région Sicile.

Une figure de la lutte contre la mafia[modifier | modifier le code]

Nommé juge assesseur à l'occasion du procès (Maxiproceso) des membres du clan mafieux Cosa Nostra, au cours duquel sont jugés 475 accusés, Grasso rend le jugement imposé au clan, infligeant dix-neuf condamnations à la prison à vie.

Nommé conseiller chargé des affaires pénales au ministère de la Justice en 1991, Pietro Grasso rencontre Giovanni Falcone, un confrère lui-même impliqué dans la lutte contre la mafia. Il entre au tribunal de Palerme, au sein duquel il dirige les services consacrés aux crimes organisés.

Nommé procureur de Palerme en , Grasso se forge une réputation d'homme de fer, ayant fait arrêter 1 779 personnes et condamner 13 criminels mafieux, considérés comme étant des plus dangereux du pays.

Le , Pietro Grasso est nommé procureur national antimafia (Procuratore nazionale antimafia), remplaçant ainsi Pier Luigi Vigna, celui-ci ayant atteint l'âge de la retraite. Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) approuve sa nomination. Durant son mandat, il parvient, en , à faire arrêter le criminel mafieux Bernardo Provenzano, à Corleone, et ce grâce à l'appui de Renato Cortese, commissaire de police de Palerme. Fort d'un riche bilan, le CSM décide de renouveler son mandat, à l'unanimité, en .

En , il présente, sur la RAI Storia, l'émission Lezioni di Mafia, un programme de douze épisodes portant sur l'histoire du crime organisé. Au mois de décembre suivant, Pietro Grasso demande la suspension de ses fonctions professionnelles, afin de présenter sa candidature aux élections générales des 24 et 25 février 2013. Il est alors investi tête de liste du Parti démocrate (PD) pour les élections sénatoriales dans le Latium.

Président du Sénat[modifier | modifier le code]

Pietro Grasso, prononçant son discours d'investiture à la présidence du Sénat, le .

Élu au Sénat de la République, il est choisi par la coalition de centre gauche Italie. Bien commun, dominée par le PD, comme candidat à la présidence de la chambre haute, bien que, dans un premier temps, le nom de la présidente sortante du groupe démocrate Anna Finocchiaro ait été évoqué pour la seconde charge de l'État.

Le 16 mars, il s'impose au quatrième tour de scrutin, lors du ballottage l'opposant au président sortant du Sénat, Renato Schifani, candidat du Peuple de la liberté (PDL), par 137 voix contre 117, bénéficiant du soutien de quelques sénateurs du Mouvement 5 étoiles (M5S), qui avaient pour consigne de voter blanc[1],[2].

Le , Pietro Grasso, estimant qu'il s'agit d'un « devoir moral », demande que le Sénat soit déclaré partie civile dans le procès concernant la présumée corruption d'un sénateur par Silvio Berlusconi, payé par l'ex-président du Conseil pour contribuer à la chute, en 2008, du second gouvernement de Romano Prodi ; le président du Sénat a préféré ne pas suivre l'avis des membres d'une commission sénatoriale, majoritairement opposés à l'éventuelle intervention de la Chambre haute dans ce procès[3],[4].

Alors que le récent président du Conseil, Matteo Renzi, se dit favorable à la profonde réforme du Sénat, celui-ci devant devenir une assemblée des régions désignée par un collège de grands électeurs, Pietro Grasso, qui se dit réservé sur le projet du gouvernement qu'il juge a priori « autocratique », défend vivement les prérogatives de l'institution qu'il préside, bien que cette réforme soit soutenue par une importante partie de l'échiquier politique, dont la formation de Silvio Berlusconi[5].

Président de la République par intérim[modifier | modifier le code]

Pietro Grasso, président intérimaire, le .

Le , la démission du président Giorgio Napolitano étant rendue effective, Pietro Grasso, en sa qualité de président du Sénat, devient président de la République italienne par intérim[6] jusqu'à ce qu'un successeur au chef de l'État soit élu par les grands électeurs. L'intérim de la présidence de la République n'avait plus été exercé depuis 1999. Du fait de l'exercice de ces fonctions à titre intérimaire, la présidence de la chambre haute est provisoirement assumée par Valeria Fedeli. Le , Sergio Mattarella est élu président de la République italienne au quatrième tour de scrutin avec 665 suffrages ; celui-ci succède à Giorgio Napolitano. Le 3 février suivant, le nouveau chef de l'État est investi, tandis que prend fin l'intérim de Pietro Grasso, qui retrouve pleinement la présidence des travaux du Sénat.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]