Muttersholtz

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Muttersholtz
Une maison à colombages.
Une maison à colombages.
Blason de Muttersholtz
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine
Département Bas-Rhin
Arrondissement Sélestat-Erstein
Canton Sélestat
Intercommunalité C.C. de Sélestat
Maire
Mandat
Patrick Barbier (EELV)
2014-2020
Code postal 67600
Code commune 67311
Démographie
Population
municipale
1 983 hab. (2013)
Densité 157 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 16′ 09″ Nord 7° 32′ 05″ Est / 48.2692, 7.5347
Altitude Min. 162 m – Max. 170 m
Superficie 12,67 km2
Localisation

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Muttersholtz [mytəʁsɔlt͡s] est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.

Présentation[modifier | modifier le code]

Cette commune, au nord du ried de Sélestat, au cœur historique du Grand Ried alsacien, desservie par la route départementale 21, se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace. Cet ancien village, promu petite ville à la Belle Époque allemande est l'un des plus importants centres du Ried de l'Alsace centrale. Muttersholtz, village consacré autrefois à l'agriculture et à l'élevage, à la transformation du lin et à la batellerie sur l'Ill et le Rhin, est connu pour avoir été un actif centre de production textile à domicile, il a été un des derniers bastions ruraux du kelsch, un tissu à l'origine en lin en carreaux multicolores, communément bleus ou rouges[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Entrée du village de Muttersholtz.

Muttersholtz se trouve à 7 km de Sélestat et fait partie du canton de Marckolsheim sur la route allant à Diebolsheim, comprenant les hameaux d'Ehnwihr et de Nieder-Rathsamhausen. La commune couvre une superficie de 1 267 ha.

La bourgade est installée à une altitude de 167 m en bordure de la basse terrasse rhénane, directement au contact du ried de l'Ill inondable, qui traverse à l'ouest la commune. La protection par digue est encore visible de Mussig en sud à Kogenheim au nord.

Dans les années 1970/1980, les occurrences de brouillards étaient estimées supérieures à 70 à 80 jours par année. Les nébulosités persistantes, voire les brumes matinales quasi-opaques autrefois, attestent de la faible ventilation du fossé rhénan. Durant les étés chauds, tout est désormais sec, il est vrai que bon an mal an les précipitations moyennes annuelles sont très inférieures à 600 mm d'eau. Mais les chutes locales de violentes pluies orageuses rendent aléatoires en maints endroits les apports hydriques. Les hivers étaient alors assez froids avec environ 80 jours de gel par an, alors que la couverture neigeuse ne dépassait que rarement 20 à 30 jours.

Hameaux[modifier | modifier le code]

Il existe à l'extrême ouest du territoire communal deux hameaux dans le Ried de l'Ill ː

  • Ehnwihr, situé à la confluence de l'Ill et de la Blind sur des levées alluviales gallo-romaines[2], emplacement ensuite occupé au XIIIe siècle par le château de la célèbre et noble famille de ministériaux d'Empire alsaciens.
  • Rathsamhausen, situé entre Sélestat et Muttersholtz, sur une levée alluviale récente, probablement post-romaine et renforcées par des pierres apportées par bâteaux, et adossée au cône du Giessen. Il existait un château qui a été le berceau de la famille noble des Rathsamhausen.
Entrée du hameau d'Ehnwihr (autrefois Ehnweyer) faisant partie de la commune de Muttersholtz.

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

L'Ill à la sortie du hameau de Ehnwihr, commune de Muttersholtz.
  • Alte Ill ou vieux cours de l'Ill à la frontière occidentale de la commune.
  • Autres ruisseaux ou fossés autrefois importants ː le Hanfgraben, le Kesselergraben, le Hoehllachgraben, le Fossgraben, le Hambach, le Schiffgraben autrefois remontant jusqu'à Baldenheim...

Le régime pluvial, plus ou moins variable, de la rivière Ill, l'autorise parfois à des crues violentes entre novembre et mars. En janvier 1995, le débit atteint 280 m3/s en janvier 1995, dépassant 4,85 m à Colmar. Les hautes eaux apparaissent en saison froide, surtout janvier et février, les basses eaux essentiellement en saison chaude, malgré quelques démentis cinglants causés par les orages violents. Le module de l'Ill en plaine est de l'ordre de 7 à 10-15 l/s/km2

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine et histoire du paysage[modifier | modifier le code]

Muttersholtz était un village agro-pastoral du Ried, autrefois perdu au milieu des eaux et des canaux aménagés. Les sols bruns de la basse terrasse à l'est de la commune semblent avoir porté des cultures plus ou moins temporaires, alors que les sols gris du Ried inondable apparaissent comme un réservoir de prairies plus ou moins boisées ou de pâturages ombrées, au temps lointains de l'élevage semi-nomade[3]. Les communautés paysannes quasi-permanentes, justifiées par l'installation des bans mérovingiens, rationalisent la gestion de l'espace. Au début de l'été, le ried irrigué ou humide devient une vaste zone d'affouragement, alors que la pâture d'automne permet l'accueil provisoire des troupeaux revenus des chaumes parfois lointaines. Les zones de terrasses, dont les droits domaniaux des maîtres du pouvoir sont cédées moyennant dîmes et redevances, sont loties en parcelles de culture ou de jardinage cadastrées.

L'isolement des habitants lorsque les eaux étaient hautes est tel que le vocable d'Ried, littéralement les "Riedois" en français, avec une nette connotation péjorative de ce surnom (équivalent de "ceux qui sont au milieu des eaux, des marais"), s'applique encore parfois aux habitants de Mutterholtz et environs. Il est probable que les habitants de ce milieu n'étaient pas tous des résidents permanents, un grand nombre ayant la profession de marcaires ou de bâteliers qui participaient une partie de l'année à de longues itinérances qui avec leurs troupeaux qui avec leurs bateaux chargés de diverses cargaisons. L'économie pastorale (trans)communautaire, fondée en partie sur les droits communaux, a lentement décliné à partir du XIIIe siècle jusqu'au XVIIe siècle et sporadiquement avant la fin de l'ancien régime.

La carte de Cassini au XVIIIe siècle représente Mütterholz en deux zones nettes, le village et sa frange orientale sur sa terrasse, marqué par un espace ouvert de champs sans végétation majeure et sans aucun obstacle remarquable, et la partie occidentale verdoyante, couverte de végétations variées (bosquets, prés humides) et de cours d'eaux divagants, remplies d'obstacles concrets pour la vue au loin et la marche militaire.

Ce paysage au centre du Grand Ried, à la pointe occidentale du triangle Hilsenheim, Wittisheim et Sundhouse, a changé radicalement au cours du XIXe siècle par la régulation systématique des rivières corrélés à l'endiguement rhénan. Le canal de décharge de l'Ill près d'Erstein a rendu les rieds moins inondables régulièrement. Par l'effet du Grand Canal d'Alsace qui a permis l'extension de l'irrigation des ackerslands, il était inévitable que les eaux d'origine phréatique, envahissant périodiquement le grand réservoir alluvionnaire du Ried, alimentées à la fois par le Rhin et l'Ill, ainsi que leurs multitudes d'affluents locaux modestes, soient amoindries. La baisse de la nappe inévitable a changé l'aspect singulier du pays, que l'amateur retrouve parfois dans la poésie d'atmosphère d'un Jean-Paul de Dadelsen, nostalgique de son séjour de jeune écolier dans un cadre rural entre 1920 et 1923, lorsque son père y avait la charge de pasteur de la communauté de ce village protestant.

La commune de Muttersholtz est connue pour avoir l'un des derniers bateliers du Ried qui fabrique lui-même ses barques.

Mythe des origines, période antique[modifier | modifier le code]

Muttersholtz se serait élevée, selon les historiens étymologistes du XIXe siècle, sur un bois consacré à une déesse (Bois de la mère ou Mutterholtz). Les ruines trouvées au canton de Dachsenrain semblaient rappeler un temple ou un monument à forme arrondie et reposant sur des fondements en briques. Selon la légende, Auguste César aurait rendu hommage à cette divinité du lieu, car la partie de la forêt où se trouvaient les débris de ces constructions a conservé en allemand la dénomination de Kaysersgarten ou jardin de l'empereur[4].

Il s'agit d'une belle historiette et d'un étymologie fantaisiste, puisque la forme ancienne du toponyme - ici inchangée et arbitrairement moderne - n'est pas connue, mais il est hautement plus probable que le terme corresponde à l'aménagement hydraulique gaulois ou gallo-romain, soit peut-être une levée de mère-roye ou rigole maîtresse.

La commune est bien limitée à l'est par la mythique "Heidenstraessel", voie probablement gauloise puis gallo-romaine, qui permet d'observer encore de nombreux sites de repos et temples antiques.

Histoire médiévale[modifier | modifier le code]

La première mention du village apparaît sur une charte archivée remontant apparemment d'après les signes à l'empereur Louis le Pieux. Mais il s'agit assurément d'une charte falsifiée, probablement écrite et adaptée par les religieux d'Ebersmunster qui possèdent le ban et ce village prospère à la fin du Xe siècle. Son texte est probablement une copie d'une donation assez vraisemblable, celle du légendaire duc d'Alsace Etichon ou Attic, au VIIe siècle, lors de la fondation de l'abbaye gestionnaire d'Ebersmunster, mais qui a été proscrite et n'a jamais été appliqué et reconnue sous le règne de Pépin et des Carolingiens, irascibles spoliateurs des intérêts étichonides. Les possessions attribuées par ce texte, semble-t-il approuvé par les Othonides plus tolérants, concernent la cour domaniale de Muttersholz et l'ensemble des propriétés des Nieder-Rathsamhausen.

Au XIIe siècle, l'abbaye d'Ebersmunster, seigneur temporel et spirituel, dispose toujours de l'église et d'une cour colongère. Le village passe au XIIe siècle aux seigneurs de Lichtenberg, qui possèdent aussi Ehnwihr et Ratsamhausen. En 1367, le seigneur de Lichtenberg le donne en fief aux nobles de Rathsamhausen-Ehnwihr, qui appuieront leurs prétentions à une vieille noblesse d'Empire sur ce fief jusqu'à la Révolution. La branche des Rathsamhausen dispose de deux châteaux, l'un à Ehnwihr (Ratsammhausen zum Ehnwihr) sur un îlot entre Blind et Ill, et l'autre à Rathsamhausen-le-Bas (Rathsamhausen zum Stein), ce qui témoignent de la puissance et de l'ancrage locale de cette famille noble, mais aussi de l'importance de la batellerie locale et des nombreux trafics à surveiller ou à taxer sur l'Ill. Ces deux hameaux font aujourd'hui partie de Muttersholtz.

La paroisse appartient au chapitre de Rhinau au début du XVIe siècle. Il passe à la Réforme en 1576. Il s'agit d'une paroisse intégralement protestante, même si le catholicisme revient sous la pression de l'autorité monarchique française en 1687, par volonté prudente d'un simultaneum. Ce partage de l'église locale entre une communauté protestante majoritaire et une communauté catholique réduite est attestée jusqu'en 1892. L'église devient protestante, faute de catholiques partis s'assemblée vers une autre chapelle-sanctuaire du bourg prospère.

La guerre de Trente Ans apportant son lot de malheurs et de souffrance avait saigné complètement le bourg et fait disparaître, selon la légende, la plupart de ses habitants. Mais les habitants des zones dévastées partent puis reviennent, depuis la nuit des temps paysans. Ce qui n'est pas le cas du château emblématique de Ehnwihr ou "Ratsammhausen zum Ehnwihr", détruit par la garnison de Sélestat le 19 septembre 1632 puis incendié de fond en comble par les Suédois le 11 novembre de la même année.

La paix retrouvée, avec le traité de Nimègue en 1678, rattache le village à la France. Les communautés paysannes de la plaine sortent avec une perte de population estimée au tiers, une fois pris en compte les retours parfois différés dans le temps, mais beaucoup de gens revenus repartent des hameaux désertés. Le déclin est dramatique pour la rente foncière. Pour accroître les revenus des princes ou des seigneuries temporelles, le royaume de France souverain permet l'appel à des populations extérieures, germaniques, suisses, italiennes, autrichiennes pour repeupler quelques lieux désertés par les anciens habitants, partis ou morts à la suite de pestes, de famines pendant ou après les guerres successives.

Au XVIIe siècle, l'économie pastorale de transhumance commence à s'efface définitivement, pour laisser la place à l'essor de la batellerie sur l'Ill et le Rhin.

À partir du début du XIXe siècle, la commune connaît un lent développement de son activité textile grâce aux fabricants de Sainte-Marie-aux-Mines qui développent tardivement dans le village la filature et le tissage. La population tisserande, essentiellement protestante mais marginale par rapport au monde agricole dominant, participe de l'essor du village, autant sur un plan artisanal ou industriel qu'agricole, au début de ce siècle. En 1825, un cinquième de la population s'adonne au tissage en chambre (Weberei in der Stube), en particulier du lin. La qualité du travail traditionnel à façon effectué attire les fabricants de Mulhouse et de Sainte-Marie-aux-Mines, qui apportent et imposent le travail du coton. L'activité textile d'appoint s'accroît. Mais le travail à domicile décline après 1873, passant de 30 % en 1885 à 13 % en 1936, même s'il est de plus en plus spécialisé. Il était inévitable qu'une usine moderne vienne capter le savoir-faire, par ailleurs dévalorisé, des derniers maîtres-tisserands en s'installant au village avant l'orée du XXe siècle. En 1907, une importante usine de tissage emploie la moitié de la population du village, ouvrière ou cadre, rejointe chaque jour ouvrable par une centaine de migrants journaliers des villages environnants.

Au cours de la seconde partie du XIXe siècle, le passage de la voie ferrée et la construction d'une gare avait déjà fait émerger un petit centre régional entre 1860 et 1890. Le bourg compte un médecin, une pharmacie, un marché de grain et de bétail, une Caisse d'épargne, une Caisse d'avance publique (une des plus importante d'Alsace moyenne au vu de la taille de la bâtisse). La Belle Époque allemande est véritablement une période prospère pour la vie locale, si on excepte l'activité textile et la petite agriculture autonomes.

Mairie de Muttersholtz.

Il existe aussi à cette époque un moulin à huile et à chanvre ainsi qu'un moulin à blé. En 1898, on y installe à l'endroit une usine hydroélectrique. Ce bourg au commerce important, accueille trois communautés religieuses, catholique minoritaire, protestante majoritaire et juive (ultra)minoritaire.

Le déclin du textile durant l'Entre-deux-guerres confirme la baisse démographique initiée par l'exode rural. La dernière occupation nazie avant la Libération alliée de 1945 est une période noire, les déprédations suivies d'un pillage systématique laissent la modeste bourgade dans un état pitoyable et spectral. L'économie locale se tourne vers le piémont viticole exposé au sud. Mais l'agriculture locale régresse, le seuil des 10 % de la population active est rapidement franchi peu avant 1980, alors que la Surface Agricole Utile perd 21 %. Les observateurs observent un recul des herbages de 1950 à 1979 avec un nombre d'exploitations chutant de 120 à 36 pour la même période. Muttersholz fait partie de la zone d'influence de Sélestat et d'Erstein, dès son adhésion au SIVOM de Sélestat.

Muttersholz en partie reconstruite et réaménagée, à la population puissamment renouvelée autour des années 1950, prend un caractère nettement résidentiel. L'essor de la commune se fait vers l'est de plus en plus sec, trois lotissements importants se construisent entre 1960 et 1980, mais une zone de remblaiement vers l'occident est observable entre le hameau de Ehnwihr et Muttersholz. Dès le début des années 1980, environ 70 % de la population active travaille à l'extérieur de la commune, dans le secteur des services et surtout de l'industrie, en particulier 30 % sur Sélestat et 6 % vers l'Allemagne fédérale voisine. L'ancien dynamisme de la bourgade se remarque encore en 1983 par la présence d'une entreprise de charpente, près de l'église, comptant 56 salariés, et d'un modeste ensemble corrélé de quatre petites entreprises de plus de 10 salariés.

La préservation de l'environnement du Ried alsacien, depuis plusieurs décennies en complet déclin, amène à la création en 1976 d'une "Maison de la Nature", dans le hameau d'Ehnwihr. Ce Centre d'Initiation à la Nature et l'Environnement, siège du centre permanent d'initiation à l'environnement ou CPIE, dépend de l'Université de Strasbourg et notamment des acteurs d'associations scientifiques liés au musée d'histoire naturelle universitaire de Strasbourg[5]. Il s'agit d'apporter une expertise sur l'évolution des milieux naturels, ainsi que faire naître une prise de conscience de la sauvegarde de biotopes menacées auprès du grand public, tout en assurant un développement des initiatives à différents niveaux locaux et micro-régionaux[6].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 1 983 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 358 1 283 1 478 1 652 1 944 2 119 2 102 2 261 2 359
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
2 278 2 298 2 240 2 172 2 031 2 084 2 102 2 129 2 033
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 957 1 939 1 871 1 686 1 618 1 503 1 489 1 418 1 359
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2008 2010
1 383 1 450 1 559 1 629 1 651 1 719 1 870 1 904 1 922
2013 - - - - - - - -
1 983 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

L'apogée démographie du bourg moderne semble se placer vers 1850. Le recensement de 1851 compte 2 359 habitants. Le déclin démographique s'impose, activé par un exode rural qui s'accroît vers 1880. Les tisserands sont frappés cruellement par la misère pendants les crises textiles de la Belle Époque. Avec 1 957 habitants en 1900 puis 1 486 habitants en 1936, la commune abrite une population rurale vieillie, qui participera en grande partie à l'Exode de 1940. L'essor de 1946 semble alors spectaculaire, la population bondit en une année de 45 % avec le retour des réfugiés, un dynamisme démographique se pérennise et avec l'apport conséquent de l'immigration dès 1962, la commune malgré les mutations agricoles désastreuses remonte sensiblement à 1 629 habitants en 1982.

Héraldique[modifier | modifier le code]


Blason de Muttersholtz

Les armes de Muttersholtz se blasonnent ainsi :
« De gueules au chêne arraché au naturel, à la houlette et à la gaffe d'argent, emmanchées d'or, passées en sautoir, brochant sur le fût de l'arbre. »[9].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1994 mars 2008 François Basch    
mars 1987 mars 1994 Marie-Paule Debes-Sigwalt UDF  
mars 2008 en cours Patrick Barbier[10] EÉLV[11]  
Les données manquantes sont à compléter.

Environnement[modifier | modifier le code]

La commune dispose d'une Maison de la nature, il s'agit de l'une des premières créées en France avec le concours du Fonds Français pour la Nature et l'Environnement[12] (Journal L'Alsace, 20 mai 2011). Ce laboratoire de terrain, né de l'initiative régionale et soutenue par une volonté ministérielle, dans le cadre de la "qualité de la vie" a été conçu en premier lieu par les acteurs scientifiques, écologistes et biologistes alsaciens comme un instrument de la sauvegarde paysagère et écologique, en utilisant notamment les indicateurs de l'avifaune corrélée à la petite faune globale des milieux humides qu'il fallait protéger de manière urgente, ici dans cette emblématique contrées riediennes. Il implique surtout une action éducative en matière d'environnement[13].
Quelques prairies du Grand Ried déjà largement atteintes par une sévère anthropisation moderne, en dépotoir, en friche ou menacée par la maïsiculture intensive, ont pu être préservées notamment valorisées par un retour ou un plus rare maintien de la gestion agro-pastorale raisonnée, amenant à la préservation de la « tomme du Ried », un des anciens fromages locaux, en quelques sortes réinventé[12].
Des opérations de gestion restauratoire de cours d'eau et de restauration d'une mini-centrale hydroélectrique[12]… et de corridor écologique (avec la LPO en Région Alsace, dans leur travail en faveur de la restauration d'une Trame verte et bleue) contribuent au maintien d'une certaine biodiversité et d'éléments écopaysagers de qualité[12]. En 2012, des premiers travaux de restauration de « micro-habitats » contribuant à la trame verte et bleue ont été mis en œuvre[14], déclinaison locale du réseau écologie paneuropéen, mais aussi contribution à un progrès vers le bon état écologique imposé par la directive cadre sur l'eau et encouragé par le SRCE.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église protestante[modifier | modifier le code]

L'église catholique Saint Urbain est citée dès le XIIe siècle. Elle devint protestante en 1576 à la suite de la Réforme de la famille noble des Rathsamhausen propriétaire du village. Elle conserve encore aujourd'hui un clocher en partie gothique du XIIIe siècle et un chœur voûté à chevet polygonale reconstruit dans le style du XIVe siècle, mais beaucoup plus récent, terminé par une abside soutenue par de solides et puissants contreforts et montrant une baie axiale qui s'élargit à trois lancettes sous réseau, ce dernier ensemble étant bien du XIVe siècle et XVe siècle. Viennent s'ajouter à ces éléments romano-gothiques plus ou moins anciens, une nef baroque datant de 1733 lors de la reconstruction de l'église. Le simultaneum, instauré en 1687, prend fin en 1892, lorsque les paroissiens catholiques, toujours minoritaires dans la commune, bâtissent leur propre église.

Église catholique Saint-Urbain[modifier | modifier le code]

En 1687, la paroisse de Muttersholtz adopte le simultaneum comme le prévoit d'ailleurs un décret de Louis XIV désirant favoriser la religion majoritaire dans son royaume de France. En 1892, avec l'édification d'une église catholique à Muttersholtz, la pratique du simultaneum prend fin.

Ancienne synagogue[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, la synagogue en elle-même n'existe plus, mais le bâtiment a été transformé en salle de gymnastique où les élèves de primaire de l'école de Muttersholtz allaient pour les cours de gymnastique. Cette salle est aussi utilisée par la musique écho de Mutttersholtz lors de ses représentations, par l'E.M.I.R pour ses auditions, par la troupe de comédiens (rire académie), ...

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Mairie[modifier | modifier le code]

Château des Rathsamhausen[modifier | modifier le code]

Maison du XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Sur la route d'Hilsenheim on peut apercevoir une maison du XVIe siècle avec un balcon en forme de colombage non rempli avec comme motif une chaise curule, qui témoigne que l'édifice appartenait à un notable. Le balcon est également orné d'un losange barré, symbole de la fécondité. Le bâtiment est coiffé d'un très long toit qui descend jusqu'au rez-de-chaussée.

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Atelier de tissage[modifier | modifier le code]

Article connexe : Tissage Gander.

Stèle du « B-24 Liberator »[modifier | modifier le code]

Érigé[Note 3] à la mémoire de l'équipage du Consolidated B-24 Liberator no 42-52411 abattu le [15].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Encyclopédie d'Alsace, édition PubliTotal, 1982, en particulier les entrées "Muttersholtz, Grand Ried..."
  • Dictionnaire statistique des communes du Haut-Rhin, Archives du Haut-Rhin, article Muttersholz
  • A. Niestöckel, Aus der Chronik von Muttersholtz, revue Elsassland, 1938.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  3. 48° 15′ 26″ N 7° 31′ 56″ E / 48.25735, 7.53228

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ce tissu à carreaux autrefois commun dans les vallées rhénanes et mosellanes, sans doute bien avant la guerre de Trente Ans, avait la particularité d'être confectionné avec du fil de lin crème. Si le fil est blanc, ce textile appartient de la gamme des tissus écossais. Il peut apparaître plausible que cette tradition textile dépasse les temps modernes, où elle acquière d'ailleurs sa dénomination, et même les temps médiévaux, pour retrouver sous des formes archaïques la tradition celtique des populations semi-nomades des Vosges et d'Alsace, des contrées rhénanes et mosellanes. Après une disparition artisanale de 1890 à 1970, cet art textile se perpétue aujourd'hui, en partie par une fragile diversification textile, peut-être due à la renaissance d'une forme de folklore.
  2. Ce site rappelle celui de Ebersmunster au nord et celui de Illhaeusern, plus au sud en Haute Alsace.
  3. Les vaches de race rustique conduites par les hommes sont très à l'aise dans ces milieux humides tempérés assez frais, s'ils ne sont pas trop froids (pièges de glace et d'eaux froides) ni trop chauds (marais pestilentiels).
  4. Boyer: Histoire de l'Alsace vol.1, p. 183 et Dorlan: Notices sur l'Alsace, 2e part.., p. 8
  5. Il faut distinguer suivant les terminologies propres ː ab initio, la gestion de cette maison de la nature a été confiée à l'Association Régionale pour l'initiation à l'Environnement et à la Nature en Alsace, abrégé par le sigle ARIENA. L'initiation à l'environnement représente dans la novlangue administrative de l'environnement français de l'époque la partie accueil du public, grand public et classes scolaires ; l'initiation à la nature prend en compte les problèmes de formation, la réalisation d'études et de stages. Il ne faut pas confondre ici les contributeurs financiers et donneurs d'ordre (état, collectivité régionale d'Alsace, éventuellement conseil général du Bas-Rhin), les animateurs et conseillers scientifiques (Université de Strasbourg, Muséum d'Histoire Naturelle et ses chercheurs spécialisés) et l'ARIENA, organisme associatif responsable directorial et acteur local ou micro-régional en pratique.
  6. L'agencement des mêmes acteurs se retrouve alors dans le Parc naturel des Vosges du Nord, pour les "Maisons paysannes d'Alsace", l'association des Pupilles de l'Enseignement public du Haut-Rhin, l'association "Les Jeunes pour la Nature" en Petite Camargue alsacienne. Pour plus de précision sur les objectifs et les réalisations, lire le paragraphe Environnement
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2008, 2010, 2013.
  9. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.labanquedublason2.com (consulté le 24 mai 2009)
  10. [PDF] Liste des maires au 1er avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.
  11. « EELVLes élu(e)s », sur lesverts-selestat.org (consulté le 6 octobre 2013)
  12. a, b, c et d En route pour ouvrir des « corridors écologiques »
  13. Les multiples activités et démarches pédagogiques de ce centre d'initiation à la nature de l'Alsace, qui couvre en principe tous les biotopes des Vosges et d'Alsace, concernent en premier chef l'étude de la faune et et de la flore, l'écologie, la géologie, la pédologie ou science de la terre, l'étude du paysage, l'économie rurale, l'architecture, l'archéologie et l'environnement urbain. Les outils d'animation se veulent autant de jalons explicites vers une étude globale des milieux et une valorisation des anciens "petits pays", porteur d'un "paysage" autrefois supposé typique. Il va de soi que le but initial très ambitieux, pour un seul organisme, n'a été qu'en partie atteint.
  14. L'Alsace, Nature La trame verte et bleue gagne du terrain en Alsace : À Muttersholtz, le vert et le bleu s'imbriquent plus , 17 oct 2012, article portant notamment sur l'intégration des « micro-habitats » qui forment cette trame verte et bleue.
  15. « B-24 Liberator 42-52411 », sur le site Aérostèles (consulté le 16 septembre 2014).

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