Jean-Paul de Dadelsen

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Jean-Paul de Dadelsen
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Biographie
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Nationalité
Activités

Jean-Paul de Dadelsen, né à Strasbourg le , alors en Allemagne, mort à Zurich le , est un poète et journaliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

De souche non-noble malgré le patronyme[1],[2], Jean-Paul de Dadelsen est né d'un père alsacien de Guebwiller, dont la famille est d'origine allemande et suisse[3]. Sa mère est de Colmar[4].

Il passe son enfance, jusqu'à l'âge de 13 ans, dans le village de Muttersholtz, près de Sélestat, où son père est notaire.

En 1927, la famille quitte Muttersholtz pour Hirsingue, dans le Haut-Rhin. Il fréquente un lycée de Mulhouse jusqu'en 1929. Il fait sa philosophie au collège J.J. Henner d'Altkirch. Adhérent à un groupe d'artistes, de peintres et d'écrivains, il rencontre A. Schachemann, René Jourdain, Nathan Katz, le breton-alsacien Guillevic ainsi que le pasteur Hoffet.

Après l'échec au 2e baccalauréat, ses parents l'envoient à Paris. Il est interne au Lycée Louis-le-Grand. En khâgne en 1930, il fait connaissance avec L. Senghor et Georges Pompidou. Le peintre alsacien Robert Breitwieser lui donne des cours de dessin.

Reçu premier à l’agrégation d'allemand en 1936, il est nommé professeur à Marseille. De 1936 à 1939, il traduit plusieurs auteurs de langue allemande, Hans Helfritz, Hermann von Keyserling, Bernard von Brentano.

En 1938, il est mobilisé comme interprète. En 1940, il combat dans une unité de chars. Il est décoré de la croix de guerre. En 1941, il est nommé professeur à Oran où il se lie d'amitié avec Albert Camus[5].

En décembre 1942, il rejoint Londres et s'engage dans les Forces Françaises Libres. Il y est nommé officier interprète dans plusieurs postes d'état-major dont la 1re Brigade de parachutistes. En 1943, il est affecté au Commissariat de l'Intérieur, section Information du Gouvernement Provisoire du général de Gaulle à Londres. La même année, il épouse une anglaise, Barbara Windebank.

En 1944, il rentre à Paris où il est nommé directeur-adjoint au ministère de l’information[6]. En 1945, il entre au journal Combat, dirigé par Camus.

En 1946, il repart pour Londres où il est correspondant spécial de politique étrangère pour Combat.[7]. Lorsque Camus quitte Combat, en 1947, Jean-Paul de Dadelsen devient correspondant à Londres du journal Franc-Tireur de 1948 à 1949[8]. De 1946 à 1951, Jean-Paul de Dadelsen tient une chronique régulière pour les programmes français de la BBC, Les propos du vendredi[9]. Il écrit pour le service français et le service allemand de la BBC jusqu'en 1956.

En 1951, il quitte Londres pour s’installer à Genève où il entame une carrière centrée sur l'Europe. Il collabore avec Denis de Rougemont au Centre européen de la culture et devient conseiller auprès de Jean Monnet pour la Communauté européenne du charbon et de l'acier à Luxembourg.

En 1956, à Zurich, il devient directeur adjoint à l'Institut International de la Presse.

Jean-Paul de Dadelsen meurt en juin 1957 à Zurich des suites d'un cancer.

L'oeuvre[modifier | modifier le code]

C’est tardivement, à 39 ans, lors de son dernier séjour en Suisse, que Jean-Paul de Dadelsen compose son premier grand poème Bach en automne (1952-1953) qu'Albert Camus publie en 1955 dans La Nouvelle Revue Française[10]. De son vivant paraît encore en 1956 L’invocation liminaire de Jonas et d’autres poèmes dans Les Cahiers des Saisons et, en 1957, La dernière nuit de la pharmacienne et d’autres poèmes dans Preuves.

Jean-Paul de Dadelsen meurt en 1957 sans avoir pu préparer l'édition de ses poèmes. Après son décès, son épouse confie la publication de son oeuvre poétique à Albert Camus pour la collection Espoir qu'il dirigeait chez Gallimard, mais la publication ne verra jamais le jour.

Un premier recueil avec le cycle poétique inachevé Jonas, est publié chez Gallimard en 1962 par François Duchêne, un ami et collègue de Jean Monnet. Dans la préface, Henri Thomas dira du poète :

« Il ne vient à la suite de personne ; il ne cadre avec rien dans nos Lettres, ni terroristes, ni rhéteurs n’y trouveront leur compte. Nous risquons toujours d’oublier que le génie poétique se moque de nos conformistes errances. »

D’une famille luthérienne pratiquante, une des sources d'inspirations poétiques de Jean-Paul de Dadelsen est la Bible (Jonas, Bach en automne, La femme de Loth).

L'Alsace et les paysages de son enfance, le Ried [11] puis le Sundgau, façonnent sa sensibilité poétique et marquent son oeuvre (Bach en automne, Goethe en Alsace, Cinq étapes d'un poème). Il traduit en français des poèmes alsaciens de Nathan Katz.

En tant que germaniste il rend hommage à Goethe et Frédéric Schlegel.

Ses textes d'émissions à la BBC sur la guerre (Ombre) et sur l'Europe (Strasbourg, acte de naissance, Y a-t-il une Europe, La vocation de l'Angleterre), tout comme le poème Les Ponts de Budapest, sur le soulèvement de la Hongrie contre l'URSS en 1956, abordent le thème du destin européen.

Jean-Paul de Dadelsen a écrit en français, mais aussi en allemand (pour la BBC) et en anglais (Stone in Vence, Prospect in Pisa)[12].

Postérité[modifier | modifier le code]

Le village de Muttersholtz lui rend hommage dans des parcours dédiés[13].

Le collège de Hirsingue dans le Haut-Rhin porte son nom.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Jonas, Gallimard, 1962.
  • Goethe en Alsace, Le Temps qu'il fait, avec des commentaires sur son œuvre de Denis de Rougemont, de François Mauriac et de Baptiste-Marrey,1982, 1995.
  • Jonas, Gallimard, « Poésie » 2005. Au corpus de l'édition de 1962 de Jonas se rajoutent dix-sept textes et poèmes repris de l'édition de Goethe en Alsace de Baptiste-Marrey.
  • La beauté de vivre. Poèmes et lettres à l'oncle Éric, préface de Gérard Pfister, avec des témoignages de Nathan Katz, Erik Jung (l'oncle Éric) et Christian Lutz et enrichi d'une biographie détaillée et d'une bibliographie complète, Éditions Arfuyen, 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-François Hérouard, Dadelsen, ce « météore de la poésie », 2013.
  2. Généalogie de la famille Dadelsen : (en) Family Tree, von Dadelszen.
  3. Denis de Rougement, Préface à "Jonas", Jean-Paul de Dadelsen, éd. Gallimard, 1962.
  4. Jean-Paul de Dadelsen (1913 - 1957), Éditions Arfuyen, 2014.
  5. La correspondance de Jean-Paul de Dadelsen avec Albert Camus est conservée dans le Fonds Albert Camus, Bibliothèque Méjanes, Salle Peiresc, Aix-en-Provence.
  6. Évelyne Frank, Jean-Paul de Dadelsen, la sagesse de l'en-bas, Éditions Arfuyen, 2013, p. 17.
  7. Albert Camus, Certificat de travail Jean-Paul de Dadelsen, Combat, 1945-1947, Librairie Gallimard, Paris, 19/03/1958.
  8. M. Vaillard, Certificat de travail Jean-Paul de Dadelsen, Franc-Tireur, 1948 - 1949, Paris journal. Paris, 30/12/1957.
  9. Dadelsen, Goethe en Alsace, Le Temps qu'il fait, 1995, p. 227.
  10. Nouvelle Revue Française, N° 35, 02/11/1955, Pages 867-876.
  11. 1Hervé de Chalendar, Dadelsen et Muttersholz, L'Alsace, 11/07/2012.
  12. Jean-Paul de Dadelsen, Œuvres en prose, 1931-1957, Fonds Jean-Paul de Dadelsen, Manuscrits de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, Calames, 2015.
  13. « 2013: 100e anniversaire de la naissance de Jean-Paul de Dadelsen, Ecrire l'Alsace, Eurobabel, 2013. »