Jean-Paul de Dadelsen

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Jean-Paul de Dadelsen
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Biographie
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Nationalité
Activités

Jean-Paul de Dadelsen, né à Strasbourg le , alors en Allemagne, mort à Zurich en 1957, est un poète et journaliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

De souche non-noble malgré le patronyme[1],[2], Jean-Paul de Dadelsen est né d'un père alsacien né à Guebwiller, dont la famille est d'origine allemande et suisse[3]. Sa mère est de Colmar[4].

Il passe son enfance, jusqu'à l'âge de 13 ans, dans le village de Muttersholtz, près de Sélestat, où son père est notaire. En 1927, la famille quitte Muttersholtz pour Hirsingue, dans le Haut-Rhin. Il fréquente un lycée de Mulhouse jusqu'en 1929. Il fait sa philosophie au collège J.J. Henner d'Altkirch. Adhérent à un groupe d'artistes, de peintres et d'écrivains, il rencontre A. Schachemann, René Jourdain, Nathan Katz, le breton-alsacien Guillevic ainsi que le pasteur Hoffet.

Après l'échec au 2e baccalauréat, ses parents l'envoient à Paris. Il est interne au Lycée Louis-le-Grand. À cette époque, il fera connaissance avec L. Senghor et Georges Pompidou. Le peintre alsacien Robert Breitwieser lui donne des cours de dessin.

Reçu premier à l’agrégation d'allemand en 1936, il devient enseignant et traducteur. De 1936 à 1939, il traduit plusieurs auteurs de langue allemande, Hans Helfritz, Hermann von Keyserling, Bernard von Brentano.

En 1938, il est mobilisé comme interprète. En 1940, il combat dans une unité de chars. Il est décoré de la croix de guerre. En 1941, il est nommé professeur à Oran où il se lie d'amitié avec Albert Camus[5].

En décembre 1942, il rejoint Londres et s'engage dans les Forces Françaises Libres. Il est nommé officier interprète dans plusieurs postes d'état-major dont la 1re Brigade de parachutistes. En 1943, il est affecté au Commissariat de l'Intérieur, section Information du Gouvernement Provisoire du général de Gaulle à Londres. À la Libération, il est nommé directeur-adjoint au ministère de l’information[6].

À Londres, également, il est correspondant spécial de politique étrangère au journal Combat, de 1945 à 1947[7]. Lorsque Camus quitte Combat, en 1947, Jean-Paul de Dadelsen devient correspondant à Londres du journal Franc-Tireur de 1948 à 1949[8].

De 1946 à 1951, Jean-Paul de Dadelsen tient une chronique régulière pour les programmes français de la BBC, Les propos du vendredi[9]. Il écrit pour le service français et le service allemand de la BBC jusqu'en 1956.

En 1951, il quitte Londres pour s’installer à Genève où il entame une carrière centrée sur l'Europe. Il collabore avec Denis de Rougemont au Centre européen de la culture et devient conseiller auprès de Jean Monnet pour la Communauté européenne du charbon et de l'acier à Luxembourg.

À partir de 1952, c'est à Genève que Jean-Paul de Dadelsen compose l'essentiel de son œuvre poétique.

En 1955, Albert Camus fait paraître un premier poème à la N.R.F., Bach en automne.

Jean-Paul de Dadelsen meurt en juin 1957 des suites d'un cancer sans avoir pu préparer l'édition de ses poèmes.

En 1962, les éditions Gallimard publient le recueil Jonas. Dans la préface de l'ouvrage, Henri Thomas dira du poète :

«Il ne vient à la suite de personne ; il ne cadre avec rien dans nos Lettres, ni terroristes, ni rhéteurs n’y trouveront leur compte. Nous risquons toujours d’oublier que le génie poétique se moque de nos conformistes errances.»

D’une famille luthérienne, une des sources d'inspirations poétiques de Jean-Paul de Dadelsen est la Bible. Son œuvre lyrique est empreinte de spiritualité et de considérations au sujet de la destinée de l’homme.

Les paysages de son enfance, le Ried alsacien[10] puis le Sundgau, ont éveillé sa sensibilité poétique.

En tant que germaniste il est inspiré par Goethe.

Impliqué dans la construction européenne, il aborde aussi dans ses écrits poétiques le thème de la naissance et du destin de l'Europe.

Jean-Paul de Dadelsen a écrit en français, mais aussi en allemand et en anglais[11].

Le village de Muttersholtz lui rend hommage dans des parcours dédiés[12].

Le collège de Hirsingue dans le Haut-Rhin porte son nom.

Publications[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-François Hérouard, Dadelsen, ce « météore de la poésie », 2013.
  2. Généalogie de la famille Dadelsen : (en) Family Tree, von Dadelszen.
  3. Denis de Rougement, Préface à "Jonas", Jean-Paul de Dadelsen, éd. Gallimard, 1962.
  4. Jean-Paul de Dadelsen (1913 - 1957), Éditions Arfuyen, 2014.
  5. La correspondance de Jean-Paul de Dadelsen avec Albert Camus est conservée dans le Fonds Albert Camus, Bibliothèque Méjanes, Salle Peiresc, Aix-en-Provence.
  6. Évelyne Frank, Jean-Paul de Dadelsen, la sagesse de l'en-bas, Éditions Arfuyen, 2013, p. 17.
  7. Albert Camus, Certificat de travail Jean-Paul de Dadelsen, Combat, 1945-1947, Librairie Gallimard, Paris, 19/03/1958.
  8. M Vaillard, Certificat de travail Jean-Paul de Dadelsen, Franc-Tireur, 1948 - 1949, Paris journal. Paris, 30/12/1957.
  9. Dadelsen, Goethe en Alsace, Le Temps qu'il fait, 1995, p. 227.
  10. 1Hervé de Chalendar, Dadelsen et Muttersholz, L'Alsace, 11/07/2012.
  11. Jean-Paul de Dadelsen, Œuvres en prose, 1931-1957, Fonds Jean-Paul de Dadelsen, Manuscrits de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, Calames, 2015.
  12. « 2013: 100e anniversaire de la naissance de Jean-Paul de Dadelsen, Ecrire l'Alsace, Eurobabel, 2013. »