Michel Field

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Michel Field
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Michel Field chez l'éditeur Julliard, 2016

Naissance (62 ans)
Saint-Saturnin-lès-Apt (Vaucluse)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Activité principale
directeur de l'information de France Télévision

Michel Field, né le à Saint-Saturnin-lès-Apt (Vaucluse), est un journaliste, écrivain, animateur de radio et dirigeant de télévision français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et engagement politique[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'Erwin Feldschuh, un ouvrier juif autrichien, dont la vie bascule quand, en 1938, militant clandestin avec Bruno Kreisky, accusé de haute trahison en 1935, il doit émigrer vers la France le jour de l'Anschluss. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce père de deux autres enfants, Claude et Marianne, entre dans la résistance et transforme son nom en « Field ». Ouvrier chez Ferodo, il devient par la suite ingénieur grâce à une formation du CNAM, puis consultant en organisation[1].

Au lycée Claude-Bernard, Michel Field est responsable lycéen de la Ligue communiste révolutionnaire. Il y milite de 14 à 20 ans. Élève brillant mais frondeur, il est à la fois présenté au concours général et exclu du lycée Claude-Bernard à l'automne 1971. Il passe sa terminale au lycée Honoré de Balzac, puis en hypokhâgne et khâgne au lycée Condorcet, période où des mouvements de protestation agitent le milieu lycéen (parmi les leaders de l'époque :Christophe Aguiton, Isabelle Alleton, Julien Dray, Robi Morder, Pierre Morville, Charlie Najman, Marc Rosenblat, [2]). À la suite de son exclusion, Michel Field fait paraître une tribune dans Le Monde. Il est l'un des leaders du mouvement lycéen contre la loi Debré (1973)[3] : lors d'un débat télévisé, il lance un fameux « rigolo ! » au ministre de l'Éducation, Joseph Fontanet. « J'ai arrêté de militer à 21 ans. Ce qui m'a sauvé, c'est l'investissement dans les études en même temps que la politique[4]. »

En 1978, il obtient son CAPES, en étant major, et se met à enseigner. Il met trois ans pour obtenir son agrégation de philosophie[5]. Il est professeur à l'École normale d'institutrices de Douai puis à l'École normale d'instituteurs de Versailles. Il enseigne également dans les universités de Nanterre et Vincennes à Saint-Denis[5].

Animateur et producteur de télévision et radio[modifier | modifier le code]

En parallèle avec son activité professionnelle, il publie plusieurs romans, et collabore à France Culture et aux Nouvelles Littéraires.

Il commence à acquérir une certaine notoriété en tant qu'homme de radio sur la station de radio France Culture, où il est chroniqueur régulier de l'émission Panorama (émission radiophonique) de 1984 à 1990[5].

En 1989, son roman érotique Impasse de la nuit, livre-culte dans les milieux libertins[réf. nécessaire] et dont l'universitaire Michel Delon affirme qu'il est héritier des grands ouvrages libertins du XVIIIe siècle[réf. nécessaire], l'amène sur le plateau de Ciel, mon mardi ! de Christophe Dechavanne. Dès la semaine suivante, l'animateur lui propose de tenir une chronique hebdomadaire, ce qu'il fait pendant trois ans[5].

En 1992, il est radié de l'enseignement après avoir laissé passer la date de sa reconduction en disponibilité[5]. Il arrive à France 2 où il crée et présente Le cercle de minuit grâce à Laure Adler. L'émission lui rapporte un Sept d'or en 1993.

En 1994, il passe à Canal+ : il remplace un an Jean-Luc Delarue dans La grande famille sans succès et anime trois ans une émission politique, L'hebdo, où les politiques doivent affronter un forum de lycéens et d'étudiants et Pas si vite, un rendez-vous de cinq minutes sur la philosophie.

Il part remplacer Anne Sinclair sur TF1 en tant que présentateur, producteur de Public, qui parvient à juguler l'érosion du rendez-vous dominical de TF1 pendant deux ans[réf. nécessaire]. France 3 lui propose de reprendre La Marche du siècle, qui deviendra l'année suivante Ce qui fait débat, et de créer une autre émission : Prise Directe, expérience de libre antenne dans les cafés des villes de France. L'émission dure deux ans mais, à l'approche de l'année électorale, la direction de France 3 préfère ne pas poursuivre.

En 2000, Michel Field s'associe à Serge Kraïf, industriel dans le textile, pour créer une des premières télévisions sur le net, Alatele.com. Le projet rencontre un certain succès d'audience[réf. nécessaire], notamment grâce à la présence de Danièle Gilbert. Toutefois, ne disposant pas de modèle économique probant, il disparaît avec l'éclatement de la bulle internet.

En 2003, il se voit confier Comme au cinéma sur France 2 qu'il présente pendant un an. Il poursuit son itinéraire sur Paris Première, où il anime l'émission littéraire Field dans ta chambre, devenue Ça balance à Paris.

De 1995 à 2015, il est une des voix d'Europe 1 où il anime longtemps la tranche 18 h - 20 h, avec un rendez-vous quotidien de libre antenne des auditeurs. Il prend en charge en 2006 un rendez-vous hebdomadaire sur les questions d'environnement, Écolographie. De à 2015, il propose avec Olivier Duhamel Médiapolis, un magazine hebdomadaire d'une heure où ils décortiquent les nouvelles relations dans les médias et le monde politique.

En 2005, il abandonne l'animation de Ça balance à Paris pour rejoindre la chaîne d'information en continu LCI afin d'animer tous les soirs la tranche d'information de 18 h à 20 h[6]. Il propose notamment à 18 h 30 Le Oui/Non, un rendez-vous politique dans lequel les invités doivent répondre par oui ou par non à cinq questions précises qu'ils auront loisir de développer. De 2005 à 2007, il présente l'émission Politiquement Show sur LCI, avec Patrick Buisson. À partir de [7], il anime aussi Le ring, du lundi au jeudi de 17 h à 18 h.

À partir d', Michel Field anime sur TF1 Au Field de la nuit, un magazine culturel de 52 minutes diffusé en troisième partie de soirée[8].

À la rentrée 2010, il présente une émission quotidienne Café découvertes sur Europe 1 jusqu'en février 2011. Il poursuit par ailleurs la présentation de Médiapolis avec Olivier Duhamel.

À la rentrée 2010, sa tranche infos en soirée sur LCI se voit élargie, puisqu'il est présent de 17 h à 20 h, du lundi au jeudi pour Le 17/20. Il est remplacé par Romain Hussenot le vendredi.

Entre le 22 août 2011 et fin juillet 2012, il présente une émission quotidienne de 21 h 00 à 22 h 30 sur Europe 1 nommée Rendez-vous à l'hôtel en direct de l'hôtel Costes. Du lundi au jeudi, il reçoit à sa table une dizaine d'invités culturels aux côtés de chroniqueurs, Pierre de Vilno, Bruno Cras, Françoise Gaujour, Constance Chaillet, Nourchene Cherif, Julien Cottereau, Wendy Bouchard et Anne Michelet.

En septembre 2013, il rejoint la matinale de LCI[9].

Michel Field est l'un des personnages cités dans le documentaire Les Nouveaux Chiens de garde[10], qui dénonce la collusion des journalistes avec les pouvoirs économique et politique[11],[12].

Michel Field anime l'émission Historiquement show sur la chaîne de télévision Histoire.

Pendant l'été 2015, il présente Médiapolis Fictions avec Olivier Duhamel sur Europe 1, le samedi de 10 h à 11 h[13].

Au début de l'été 2015, son départ d'Europe 1, de LCI et de la chaîne Histoire est annoncé, il est remplacé par Natacha Polony dans l'émission Mediapolis.

Dirigeant de France Télévisions[modifier | modifier le code]

Delphine Ernotte, élue par le CSA Présidente de France Télévisions en avril 2015 (début de mandat le 22 août 2015) appelle à ses côtés Michel Field pour assurer la direction de France 5 dès la rentrée 2015[14],[15].

Michel Field y restera moins de trois mois, car il est nommé le Directeur exécutif de l'information de France Télévisions en remplacement de Pascal Golomer[16],[17],[18].

Il essuie alors de très nombreuses controverses quant à ses qualités de direction, mais aussi sa communication. Notamment, ses déclarations dans l'émission de Canal Plus, Le Supplément[19] (diffusion le 10/04/2016) sont jugés "insultants" par les équipes[20],[21],[22]. Michel Field y apparaît d'une grande décontraction, répondant aux mouvements de grève initiés contre la fusion des rédactions de France 2 et France 3 par la formule : "Ça m'en touche une sans faire bouger l'autre", commentant le sort d'un animateur dont il n'a pas encore décidé du maintien ou non de sa présence à l'antenne : "Nicolas, si tu nous écoutes, ne te suicide pas tout de suite.", ou encore, à propos du temps passé à la préparation d'une émission spéciale avec le Président de la République : "Oui, ça prend un peu de temps ce genre de blague".

La préparation de cette émission spéciale d'interview du Président, intitulée Dialogues Citoyens (diffusion en direct le 14/04/2016), donne l'occasion de nouvelles critiques à l'encontre Michel Field, accusé de complaisance avec l'Elysée [23],[24],[25]. "La préparation de l'émission est entachée de sérieux doutes, et Field, tancé pour son manque d'indépendance vis-à-vis de l'exécutif."[26]

Autre polémique liée à la préparation de cette émission, des propos sexistes de Michel Field sont rapportés, selon lesquels il aurait écarté la journaliste Nathalie Saint-Cricq au profit de Léa Salamé, jugeant cette dernière plus "virevoltante et sexy" [27],[28].

Les journalistes de l'ensemble des rédactions de France Télévisions, France 2, France 3 et le site Francetv info[29] se réunissent en assemblée générale le 14/04/2016 et actent de l'organisation d'un vote interne, pour répondre à la question : « Faites-vous confiance à Michel Field pour diriger l’information à France Télévisions ? »[30],[31]. Ce vote est organisé le 19/04/2016, et la motion de défiance est largement adoptée : 65% des journalistes votant répondent "non", 18% "oui", et 17% "ne se prononcent pas"[32]. Le lendemain, Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, indique pourtant dans une interview au Monde choisir de maintenir Michel Field à son poste[33].

Les critiques se poursuivent durant l'été 2016, concernant sa gestion de l'information (validation par Michel Field d'un sujet diffusé durant l'édition spéciale sur l'attentat du 14/07/2016 à Nice (France2), pourtant jugé choquant et qui a entraîné des excuses de France Télévisions dès le lendemain[34],[35],[36]) mais aussi à titre personnel (accusé d'avoir effectué un "ménage" le 7 juillet 2016 rémunéré 5.000 €, ce qui est interdit par le code de déontologie de France Télévisions[37],[38]).

A la rentrée 2016, le manque d'indépendance de Michel Field est une nouvelle fois pointé : le 8 septembre 2016, il veut déprogrammer un reportage sur l'affaire Bygmalion, en pleine primaire des Républicains, à laquelle participe Nicolas Sarkozy (qui aurait fait pression pour que le reportage ne soit pas diffusé). Face à cette décision, Elise Lucet, en charge de l'émission Envoyé Spécial qui devait diffuser ce reportage, défend l'indépendance de son magazine et s'oppose vertement à la déprogrammation de ce reportage. Cela donne l'occasion d'un bras de fer public entre Michel Field et Elise Lucet, cette dernière obtenant gain de cause, et le maintien de la diffusion de ce sujet le 29/09/2016, durant la primaire de la droite et du centre [39],[40].

L'autorité et la crédibilité de Michel Field apparaissent très affaiblis après ces polémiques. "D’une maladresse majuscule, le patron de l’info de France Télévisions sort en lambeaux de ce feuilleton."[41] "La question n’est pas tant celle de l’accointance politique de Field que de son rapport élastique aux pouvoirs.[...] il apparaît faible et docile. Pour France Télévisions, l’effet d’image est terrible. [...] Field est tellement fragilisé que la question de son maintien à son poste se pose."[42]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Émission Nonobstant de France Inter, interview d'Yves Calvi le 24 juin 2010.
  2. Jean-Christophe Cambadélis, Le chuchotement de la vérité…, Paris, 2000.
  3. Voir partie sur le mouvement lycéen dans l'article de Robi Morder, Les Cahiers du Germe, 2002 .http://www.germe-inform.fr/?p=694
  4. « Michel Field, 43 ans, anime Public, le dimanche à 19 heures, et devient la caution de gauche de TF1 à la suite d'Anne Sinclair. Michel Gauche », Libération, 6 septembre 1997.
  5. a, b, c, d et e Hélène Riffaudeau, « Michel Field : "J'aurais mieux fait d'être universitaire" », sur Le Nouvel Observateur,‎
  6. « Michel Field prend les commandes du 18-20h de LCI » sur Ozap.com,
  7. Julien Mielcarek, « Tranche renforcée pour Michel Field sur LCI » sur Ozap.com,
  8. « Michel Field de retour sur TF1 le mardi 7 octobre » sur Ozap.com,
  9. Chabot, Field et Durand arrivent à la rescousse de LCI.
  10. « "Les nouveaux chiens de garde", ou la voix de leurs maîtres », dailymotion.com
  11. « "Les nouveaux chiens de garde", ou la voix de leurs maîtres », Jean-Claude Raspiengeas, La Croix.com, 20 janvier 2012
  12. « Pourquoi les journalistes doivent voir “Les Nouveaux Chiens de garde” », Eric Mettout, L'Express.fr, 20 janvier 2012.
  13. C'est l'été sur Europe 1
  14. Delphine Ernotte prend la barre du paquebot France Télévisions
  15. « Michel Field annonce son départ aux salariés de LCI », sur ozap.com,‎ (consulté le 28 octobre 2015).
  16. Alexandre Piquard, « France Télévisions : Michel Field nommé directeur de l’information » sur Le Monde, 7 décembre 2015.
  17. France Télévisions: nomination surprise de Michel Field, lexpansion.lexpress.fr, 7 décembre 2015
  18. Michel Field devient directeur de l'information de France Télévisions, 8 décembre 2015.
  19. Canal+, « Michel Field bouscule France TV - Le Supplément du 10/04 » (consulté le 26 septembre 2016)
  20. Alexis Delcambre et Alexandre Piquard, « A France Télévisions, Michel Field dans la tourmente », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  21. « Isabelle Morini-Bosc : "La boutade n'a pas réussi à Michel Field" » (consulté le 26 septembre 2016)
  22. (fr) pimihel, «France Info»: Pourquoi la colère gronde contre Michel Field - Mes Actus,‎ (consulté le 26 septembre 2016)
  23. « “Dialogues citoyens”, l’émission qui cristallise toutes les passions à France Télévisions » (consulté le 26 septembre 2016)
  24. (fr) « Ebullition à France Télévisions avant l’émission "Dialogue citoyen" de ce soir » (consulté le 26 septembre 2016)
  25. « Hollande sur France 2, l’Elysée a la zapette facile » (consulté le 26 septembre 2016)
  26. (fr) « Michel Field : le jeu des 7 erreurs » (consulté le 26 septembre 2016)
  27. « Hollande sur France 2 : Michel Field parle de la «virevoltante et sexy» Léa Salamé » (consulté le 26 septembre 2016)
  28. « Léa Salamé préférée pour interroger Hollande car jugée "sexy" par Michel Field? » (consulté le 26 septembre 2016)
  29. « France Télévisions : une motion de défiance contre Michel Field soumise au vote mardi », AFP, 14 avril 2016.
  30. Alexis Delcambre et Alexandre Piquard, « A France Télévisions, Michel Field dans la tourmente », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  31. (fr) Xavier Eutrope, « A France Télé, Michel Field multiplie les gaffes et subit une motion de défiance - Les Inrocks » (consulté le 26 septembre 2016)
  32. « La motion de défiance contre Michel Field largement adoptée » (consulté le 26 septembre 2016)
  33. Alexandre Piquard, « France Télévisions : Ernotte « confirme » Field à son poste, mais lance une « mission » interne », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  34. « Attentat à Nice: France 2 diffuse des images "choquantes", puis s'excuse » (consulté le 26 septembre 2016)
  35. (fr) « Attentat de Nice : France 2 dérape (et s'excuse) » (consulté le 26 septembre 2016)
  36. « Attentats de Nice : la grogne monte contre France 2 », sur Rue89 (consulté le 26 septembre 2016)
  37. « Le ménage du patron », Le Canard Enchaîné,‎
  38. « Michel Field devrait démissionner après son "ménage" révélé par "Le Canard" en citant Mao Tsé-Toung... », sur medias-cgc.blogspot.fr (consulté le 26 septembre 2016)
  39. « VIDEO. Affaire Bygmalion-Sarkozy : Charline Vanhoenacker tacle Michel Field sur France Inter » (consulté le 10 septembre 2016)
  40. « Affaire Bygmalion: Elise Lucet s’est «engueulée» avec Michel Field, mais «la crise est finie» »,‎ (consulté le 10 septembre 2016)
  41. « Affaire France 2-Bygmalion: Ernotte, Field, Lucet, Sarkozy, tous perdant » (consulté le 26 septembre 2016)
  42. « Michel Field, démission ? » (consulté le 26 septembre 2016)

Lien externe[modifier | modifier le code]