Machinisme agricole

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Essor du machinisme par la révolution agricole : une batteuse en 1881.

Le machinisme agricole désigne les différentes machines utilisées en agriculture (tracteurs, moissonneuse-batteuses, etc.), ainsi que, par extension, l'ensemble des doctrines politiques, économiques ou industrielles visant à développer l'utilisation de ces machines en remplacement de la main-d'œuvre ou/et pour augmenter la productivité agricole. Avec la sélection végétale et l'utilisation accrue d'intrants chimiques (engrais chimiques, inventés par Justus von Liebig dans les années 1840, pesticides, fongicides et herbicides), le remplacement de la traction animale par la traction motorisée constitue l'une des dimensions centrales de la modernisation de l'agriculture, se développant au cours du XXe siècle vers un modèle hégémonique d'agriculture intensive. Machinisme, intrants et sélection végétale vont de pair, puisque l'homogénéisation des plants par la sélection (création de variétés homogènes protégées par certificats d'obtention végétale) requiert l'utilisation d'intrants et en retour facilite l'utilisation de machines telles que les moissoneuses-batteuses.

Histoire du machinisme agricole[modifier | modifier le code]

Après la Première Guerre mondiale, le moteur à combustion interne remplace la machine à vapeur qui elle-même remplaçait la force animale et humaine, encourageant et permettant une diminution régulière de l'emploi agricole, et imposant une modification du paysage et des pratiques agricoles.

En tant que doctrine, le machinisme agricole a pu se développer avec l'invention de la machine à vapeur et la disponibilité du charbon, puis du moteur à combustion interne. Un des pères du machinisme agricole est réputé être Célestin Gérard (1821-1885).

Il a été dopé par les inventions mécaniques faites lors de la Première Guerre mondiale. Les fabricants de matériel militaire (chars d'assaut et véhicules du Génie en particulier) se sont reconvertis après guerre dans le domaine du machinisme agricole et forestier, pendant que les fabricants de poudre et explosifs se convertissaient à la fabrication massive d'engrais à base de nitrates et que certains fabricants d'armes chimiques se reconvertissaient dans l'industrie naissante des biocides agricoles (pesticides notamment).

En France, le machinisme, a alors pu être présenté comme une solution idéale et nécessaire pour répondre au « manque de bras » de l'après-guerre et aux besoins urgents de reconstruction du pays. Aux États-Unis, il se développe à grande échelles dans les plaines du Midwest.

À titre d'exemple, la revue Vie à la campagne, lue par les grands propriétaires ruraux français titrait en mars 1929 (peu avant la crise de 1929) dans la rubrique Génie rural : « Vers le machinisme total indispensable » avec le sous-titre : « De formidables progrès techniques sont révélés à un moment où le monde rural, pressé de s'équiper, ne peut le faire à son gré, alors que dans l'intérêt et par l'effort de tous, importe d'accroître la capacité d'absorption du marché[1]. »

Sylviculture et CEMAGREF[modifier | modifier le code]

On sent aussi dans la littérature de cette époque les prémisses d'une mécanisation de la sylviculture, alors que les vastes plantations homogènes, de plants sélectionnés, en parfaits alignements équiennes et monospécifiques, taylorisées, sur coupes rases ou sols dégradés. La forêt s'inspire de l'agriculture avec l'apparition du tracteur, du bulldozer, des engins lourds (à chenilles parfois), et du moteur. (drainage, engrais, planification rigoureuse), eux-mêmes directement issus des chars développés pour la guerre. C'est l'époque où en France, les premières machines à planter les arbres en ligne sont utilisées pour les «forêts de guerre».

Soixante ans plus tard, le CEMAGREF (Centre national du machinisme agricole, du génie rural, des eaux et des forêts)intégrera et développera ces thèmes lors de sa création en 1981 (à partir des équipes techniques constituées par l’État, dans les années 1960-1970 au moment du plein développement de la plantation de forêts financée par le Fonds forestier national (FFN)). En 1986, il devient établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST) mais en restant sous tutelle du ministre chargé de l'Agriculture. Cette double approche, agricole et sylvicole de la mécanisation a contribué à la modernisation de ces activités et à un accroissement important des rendements apparents, concomitant à la disparition d'emplois pénibles et de faible valeur, abandonnés par la main-d'œuvre (exode rural).

Conséquences et critiques du modèle productiviste[modifier | modifier le code]

L'accroissement considérable de la productivité par travailleur a de profondes conséquences sur l'organisation des exploitations agricoles et leurs relations. La main-d'œuvre d'appoint saisonnier (lors de la moisson par exemple) est réduite, et même disparaît totalement dans bien des cas ; la taille économiquement optimale de la ferme augmente sans cesse avec le progrès mécanique, conduisant à un accroissement régulier de la taille moyenne et donc à une réduction équivalente du nombre d'exploitations, ainsi qu'un remodelage du paysage suivant l'accroissement de la taille des parcelles cultivées. Le besoin de capital est croissant, directement pour suivre le progrès technique du matériel, parfois acheté à plusieurs (comme dans les coopératives d'utilisation du matériel agricole, CUMA, en France) ; et indirectement, pour financer l'augmentation de la taille de l'exploitation. La population agricole se réduit, avec toutes les conséquences sociales (poids démographique et politique, vie festive et sociale, etc.).

Il existe un courant minoritaire (en tout cas dans le monde agricole) qui insiste surtout sur les mauvais côtés dans cette évolution, la réalité décrite restant essentiellement la même mais le vocabulaire employé étant connoté négativement :

  • le gain de productivité devient pertes d'emplois et chômage (voir luddisme et partage du travail) et course à l'agrandissement des exploitations ;
  • l'exode rural est traduit en destruction de la structure sociale des communautés rurales et de la petite paysannerie ;
  • le besoin de financement des investissements devient (sur-)endettement ;
  • l'artificialisation croissante du système et ses annexes (remembrement, etc.) devient une atteinte à la nature, à l'environnement ;
  • etc., cette critique du machinisme s'inscrivant généralement dans un mouvement plus global de remise en cause de l'agriculture intensive.

Pour remédier à ce que les tenants de cette conception considèrent comme des « problèmes », des agriculteurs mettent en œuvre d'autres pratiques culturales : agriculture sans labours, volonté de se réapproprier les outils agricoles en promouvant la traction animale (Jean Nolle), promotion de structures agraires alternatives à l'intensification de l'agriculture (comme les AMAP, sachant qu'elles se consacrent aux activités moins mécanisables), etc.

Le machinisme aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Avec la révolution des NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication), le machinisme agricole passe à une nouvelle étape, avec un usage accru de l'informatique, des données satellites voire de drones et de robots.

La France demeure en Europe le pays investissant le plus dans les machines agricoles, avec un marché estimé à 5,6 milliards d'euros en 2014 (dont 1,8 milliards pour les tracteurs), par l'Axema, l'union des industriels du secteur [2]. Diverses multinationales sont ainsi implantées sur le territoire français, dont le japonais Kubota, qui ouvre en 2015 une usine à Bierendyck, à Bierne (Nord), pour un investissement de 40 à 80 millions d'euros et 140 emplois [3]. Le site a été choisi entre autres en raison de sa proximité avec le port de Dunkerque, permettant d'écouler la production sur le marché mondial lorsque, les «mauvaises années» (quand le cours des céréales baisse), l'investissement français en machines baisse [2]. La firme américaine AGCO, no 2 du secteur, possède deux usines en France, dont l'une ouverte en 2013 à Beauvais, qui assemble les tracteurs Massey Ferguson [2]. L'Allemand Claas détient, lui, une usine au Mans, qui était l'ancienne usine de Renault Agriculture [2].

Liste des machines agricoles[modifier | modifier le code]

Traction[modifier | modifier le code]

Travail du sol[modifier | modifier le code]

Plantation[modifier | modifier le code]

Récolte[modifier | modifier le code]

Céréales

Fourrage


Autres cultures

Machines obsolètes

Traitements[modifier | modifier le code]

Élevage[modifier | modifier le code]

Opérations culturales[modifier | modifier le code]

Manutention[modifier | modifier le code]

Liste de constructeurs de machines agricoles[modifier | modifier le code]

Salons du machinisme agricole[modifier | modifier le code]

Sports mécaniques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vie à la campagne,
  2. a, b, c et d "La France, terre de tracteurs", Le Monde, supp. Eco, 17 septembre 2015 (16 septembre sur Le Monde.fr).
  3. Le japonais Kubota ouvre une usine de tracteurs en France, Le Monde, supp. Eco, 4 décembre 2013 (sur Le Monde.fr) parle de 40 millions d'euros; l'article précité du 17 septembre 2015 parle, lui, de 80 millions

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Crochet, 2006. 150 ans de machinisme agricole. Éditions de Lodi, 398 p.