Inhibiteur de germination

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Un inhibiteur de germination, ou anti-germe, est une substance chimique ou naturelle employée pour empêcher ou retarder, pendant le stockage, la germination des pommes de terre ou d'autres tubercules cultivés, tels la patate douce, destinés à la consommation en frais ou à l'industrie de transformation. L'objectif est d'allonger la durée de stockage au-delà de la période de dormance des tubercules tout en limitant la perte de poids et en préservant la qualité des produits, ce qui permet l'approvisionnement des marchés tout au long de l'année.

Les inhibiteurs de germination agissent par blocage des divisions cellulaires. Ils ne doivent pas être employés sur les tubercules destinés à être utilisés comme semence.

Inhibiteurs chimiques[modifier | modifier le code]

Les substances les plus utilisées pour traiter les pommes de terre sont le chlorprophame (CIPC) et l'hydrazide maléique[1]. Ce dernier est un régulateur de croissance qui est appliqué sur les plantes pendant la phase de culture. En France, en 2010, plus de 20 % des surfaces en pommes de terre de consommation recevaient ce traitement qui freine le démarrage de la germination de six à huit semaines par rapport à un non traitement[2]. Le chlorprophame permet lui de garantir une durée de stockage comprise entre 6 et 9 mois selon la vigueur germinative de la variété stockée ainsi que de la température du stockage.

Les produits finis pouvant contenir des résidus de l'inhibiteur de germination, la plupart des pays ont fixé par voie réglementaire des limites maximales de résidus (LMR) ou ont parfois proscrit certaines molécules. Ainsi, dans l'Union européenne, la LMR a été fixée pour le CIPC à 10 mg/kg pour les pommes de terre de table[3].

Inhibiteurs naturels[modifier | modifier le code]

La recherche de solutions de remplacement à l'usage du CIPC a conduit à de nombreuses études sur l'emploi du gaz éthylène qui a un pouvoir inhibiteur de la germination à faible dose, sans laisser de résidu, et à son utilisation effective, notamment au Royaume-Uni. L'effet inhibiteur de l'éthylène étant réversible, il peut être utilisé aussi sur les pommes de terre de semence. En revanche, l'éthylène induit une augmentation de la teneur des tubercules en sucres réducteurs, entraînant un effet de coloration à la friture, plus ou moins marqué selon les cultivars, préjudiciable pour les pommes de terre de transformation destinées à la production de frites surgelées ou de chips[4],[5].

L'utilisation d'huiles essentielles de plantes aromatiques comme anti-germinatifs a également été étudiée et leur efficacité a été démontrée, en particulier pour l'huile essentielle d'eucalyptus ou de menthe verte[6],[7].

Inhibiteurs Nucléaire

En France, les pommes de terre peuvent être soumis à un traitement par ionisation :

Ce rayonnement est obtenu à l'aide de radioisotopes, généralement du cobalt 60, et plus rarement du césium 137. C'est la technologie la plus efficace en termes de coûts, car la pénétration des rayons gamma permet le traitement de palettes entières, ce qui diminue fortement la manutention. Une palette est typiquement exposée au rayonnement pendant plusieurs minutes, selon la dose que l'on veut obtenir. La radioprotection prend la forme de boucliers en béton. La plupart des installations prévoit que la source radioactive puisse être immergée pour permettre la maintenance, l'eau absorbant tous les rayons. D'autres installations comprennent des boucliers mobiles. Il existe une conception qui maintient le cobalt 60 constamment immergé, et les produits à irradier sont placés sous des cloches hermétiques pour leur traitement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Potato sprout inhibitors », University of Maine - Cooperative Extension Potato Program (consulté le 11 novembre 2011).
  2. Pomme de terre : Les antigerminatifs se mettent au naturel.
  3. (en) Ashiv Mehta, Brajesh Singh, R. Ezekiel et Dinesh Kumar, « Effect of CIPC on Sprout Inhibition and Processing Quality of Potatoes Stored Under Traditional Storage Systems in India », Potato Research, vol. 53, no 1,‎ , p. 1-15 (DOI 10.1007/s11540-010-9146-1, résumé).
  4. (fr) Barbara Daniels-Lake, « Recherches récentes sur l'entreposage des pommes de terre menées au Centre de recherches de l'Atlantique sur les aliments et l'agriculture d'Agriculture et Agro-Alimentaire Canada », Agri-Réseau, (consulté le 14 novembre 2011).
  5. (fr) Samuel Morissette, « Expérimentation de l'éthylène comme antigerminatif sur les pommes de terre de semence en situation réelle d'entreposage (projet de recherche) », Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), (consulté le 14 novembre 2011).
  6. (en) D. Gómez, G. Bobo, C. Arroqi, P. Virseda, « Essential oils as sproutnige inhibitors on potatoes tuber », Food Innova 2010 - Universidad politecnica de Valencia, (consulté le 14 novembre 2011).
  7. (fr) D. Gómez, G. Bobo, C. Arroqi, P. Virseda, « Traitements des tubercules de pomme de terre - Les antigerminatifs se mettent au naturel », Réussir Grandes Cultures, (consulté le 14 novembre 2011).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]