Porte-greffe

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Taille du pommier selon le porte-greffe utilisé.

En horticulture, arboriculture et viticulture, en maraîchage ou d'une façon générale, en agriculture, un porte-greffe est un végétal (sauvageon ou cultivar) sur lequel on implante un greffon.

Concernant les cultivars, les espèces (ou variétés) utilisées pour faire des porte-greffes sont peu exigeantes et se multiplient facilement par semis ou le plus souvent par multiplication végétative (bouturage, marcottage).

Elles sont généralement sélectionnées pour leurs qualités (vigueur, morphologie, adaptation au type de sol et au climat, résistance aux maladies…) qu'elles vont transmettre au greffon.

Par exemple, pour les cerisiers, on greffe sur merisier pour les hautes tiges et sur cerisier de Sainte-Lucie pour les espaliers. Les tomates sont fréquemment greffées sur des cultivars hybrides d'autres espèces du genre Lycopersicon afin de leur apporter de la vigueur.

Concernant les sauvageons, les espèces (ou variétés) utilisées pour faire des porte-greffes ont poussé spontanément dans la nature ; ils seront prélevés ou laissés en place et greffés.

Porte-greffes pour agrumes[modifier | modifier le code]

La majorité des agrumes supportent bien les climats froids (voire à température négative pour certains, −20 °C) pour la partie aérienne, mais les racines sont souvent plus sensibles. On utilise donc une espèce rustique, le Poncirus, comme porte-greffe, ce qui permet à certains agrumes greffés dessus de pousser là où ils ne le pourraient pas avec leurs propres racines.

Porte-greffes pour légumes[modifier | modifier le code]

Le greffage des légumes est une pratique ancienne. Elle a été pratiquée sur certaines cucurbitacées telles que la calebasse (Lagenaria siceraria) en Chine dès le Ier siècle av. J.-C.[1].

Il s'est vraiment développé à partir de 1920 au Japon avec le greffage de la pastèque sur courge (Cucurbita). Il concerne essentiellement les légumes-fruits de la famille des solanacées et des cucurbitacées. Les pastèques sur courges, puis les aubergines, les melons, les concombres, et plus récemment les tomates et les piments.

Les plantes sont rendues plus vigoureuses et plus résistantes à de nombreuses maladies.

Les porte-greffes sont souvent des espèces voisines ou des croisements.

La grande majorité des tomates, des concombres, etc, commercialisés aujourd'hui sont aussi produits en serres sur des plants greffés.

Deux nouvelles rubriques pour les portes-greffes ont été crées au Catalogue officiel des espèces et variétés pour les cucurbitacées et les solanacées.

Porte-greffes pour pommiers[modifier | modifier le code]

Les porte-greffes les plus utilisés pour la culture des pommiers ont été développés par la East Malling Research Station en Angleterre. Ils sont connus sous le nom de Malling series et Malling-Merton series.
Dans le cas du jardin familial, des porte-greffe nanifiants permettent d'obtenir des arbres d'environ 2,50 m de haut, donc ne nécessitant pas l'usage d'une échelle.

Plus récemment, les arboriculteurs se sont mis à choisir leurs porte-greffes non pour adapter le verger à la nature du sol mais davantage pour mettre en œuvre des stratégies culturales où les hauteurs d'arbre et les densités de plantation sont savamment calculées. Dans les vergers de pommier, deux tendances se sont développées : 800 à 1000 pieds par hectare avec du MM106 et 1500 à 3000 pieds par hectare avec du M9.

En Asie, de nombreuses espèces de pommiers sauvages sont utilisées comme porte-greffe. C'est par exemple le cas de Malus hupehensis, Malus baccata, Malus toringo ou Malus transitoria.

Porte-greffes pour poiriers[modifier | modifier le code]

Pour greffer des poiriers, on peut utiliser les porte-greffes suivants :

  • les semis de poiriers (Pyrus communis) qui donnent des porte-greffes de forte vigueur et souvent sensibles au feu bactérien. Le franc de poirier Kirchensaller et la série américaine de poiriers OHF (croisements des années 1930 de Old Home et de Farmingdale, résistants au feu bactérien mais difficilement bouturables) sont prometteurs mais encore peu répandus…
  • les semis ou boutures de poiriers de Chine (Pyrus calleryana) utilisés comme porte-greffes pour les poiriers communs et les nashis (Pyrus pyrifolia). Certains cultivars sont résistants aux maladies (chancre, feu bactérien, etc.) mais leur usage est surtout développé en Chine et aux États-Unis.
  • Cormier (Sorbus domestica), sorbier des oiseleurs et aubépine (Crataegus sp.) ont été très utilisés mais sont aujourd'hui d'usage plus anecdotique, réservés aux particuliers et souvent de faible longévité.
  • les cognassiers, qui sont des alternatives de vigueur moyenne très utilisées en France (même si des incompatibilités avec les variétés Williams et Guyot, très cultivées commercialement, posent problème). Si le cognassier tolère des sols argileux, en sols calcaires, il présente une chlorose due au blocage du fer. Cela a amené les sélectionneurs à tenter de nouvelles obtentions d'individus résistants à la chlorose, notamment à partir du cultivar BA29[2].

En parallèle, des croisements de poiriers et des sélections de cognassiers sont toujours testés... Certaines études semblent montrer que certains semis de poirier 'Williams' présentent une vigueur réduite et de faibles symptômes de chlorose[3]

Porte-greffes pour prunus[modifier | modifier le code]

Pour greffer différents types de prunus (cerisiers, pruniers, pêchers, abricotiers, amandiers), on peut utiliser plusieurs types de porte-greffes selon la vigueur mais surtout en fonction du type de sol.

  • pour les cerisiers
    • merisiers pour les grandes formes,
    • cerisiers francs pour des formes plus petites que celles des merisiers,
    • Sainte-Lucie pour une petite taille et en terrain calcaire.


En revanche les autres types de prunus sont greffables entre eux, mais on choisira de préférence  :


  • pour les pêchers
    • pruniers francs (terre forte et fraîche),
    • pruniers myrobalan (tous types de sol),
    • pêchers francs (pour terre franche et drainante, non calcaire),
    • amandier (sol très calcaire).


  • pour les abricotiers
    • pruniers francs (terre forte et fraîche),
    • pruniers myrobalan (tous types de sol), avec quelques incompatibilités avec certaines espèces,
    • pêchers francs (pour terre franche et drainante, non calcaire),
    • abricotiers francs (pour sol drainant et calcaire).


  • pour les amandiers
    • pruniers francs (terre forte et fraîche),
    • pruniers myrobalan (tous types de sol),
    • pêchers francs (pour terre franche et drainante, non calcaire),
    • amandier (sol très calcaire).


Il est à noter que tous ces types de prunus cités précédemment (prunier, pêcher, abricotier, amandier) peuvent aussi se greffer sur du prunellier, mais donnent alors des arbres un peu moins productifs, avec des fruits moins calibrés.

Porte-greffes pour rosiers[modifier | modifier le code]

L’utilisation de porte-greffes pour les rosiers est une pratique répandue dans de très nombreux pays avec des spécificités locales très différentes.

Ils peuvent être produits soit par boutures, soit par semis[4].

Les porte-greffes utilisés pour les rosiers sont souvent des églantiers (rosa canina) qui supportent bien les sols calcaires. Leur enracinement est cependant difficile et ont ils ont tendance à drageonner.

Porte-greffes pour la vigne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Porte-greffe (vigne).

La vigne est greffée, à cause d'un insecte radicicole, le phylloxéra. Il attaque les racines de la vigne et les détruit. Seules les vignes américaines, issues du continent d'origine du ravageur, le tolèrent. Leurs espèces ont été utilisées pour servir de porte-greffe.

Seuls les sols sableux et inondables, lieux où le phylloxéra ne peut survivre, peuvent porter des vignes franches de pied (sans greffage).

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]